Chanson du dimanche: « berceuse pour un soldat »

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NDDL: l’affrontement, mais pour quoi ?

 

C’est un lopin de terre qui n’emmerde plus grand monde puisque Macron a fort heureusement décidé de renoncer à l’aéroport. Donc ce terrain se trouve sans destination ni véritable exploitant, pour l’instant.

Pour l’instant, et surtout à part toutes celles et tous ceux qui y vivent. Les fameux Zadistes, un terme qui désigne des gens très différents par ailleurs, ont été sommés de vider les lieux. Plutôt que d’organiser une « concertation » (vous savez, ce terme très à la mode en milieu macroniste) sur l’avenir du lieu maintenant qu’il n’y aura plus d’aéroport, Macron a décidé de faire un exemple de son autorité. C’est le sentiment que nous donne (1) l’absence de temps donné à la concertation et l’ultimatum, (2) l’ampleur des moyens militaires déployés avant même le début des opérations.

« Mais c’est le respect de la loi ! » nous dit-on. Dans d’autres cas où la loi n’est pas respectée, Macron est incroyablement patient. Mais sur ce sujet-là, non.

Il lui faut un symbole.

 

Ce photographe de l’AFP a écrit sur cette semaine de violences: les provocations politicères, dès les premiers jours, la foule très diverses des Zadistes, la réplique violente des plus jeunes.

 

« Un collègue Libération s’est pris des éclats de grenade au niveau de l’oreille et du cou. Comme il saignait beaucoup, nous avons obtenu des CRS de le laisser franchir leur barrage. Mais ils nous ont refusé le passage, même avec nos cartes de presse. »

On chercherait une forme d’embrasement qu’on ne s’y prendrait autrement. A moins que Macron soit nul.

Dangereux, ou incompétent.

Ce sondage sur le clivage gauche/droite

Moi qui n’aime pas les sondages, je me suis pris à décortiquer cette dernière livraison d’Ipsos qui interrogeait un échantillon de sondés sur leur vision du paysage politique actuel.

L’enseignement le plus commenté dans la presse fut qu’une majorité de sondés considérait enfin La République En Marche pour ce qu’il est, un parti de droite.

Je laisse mes anciens camarades devenus macronistes méditer sur ce constat qui, par ailleurs, est autant partagé par les sympathisants de gauche que de droite ou du centre;

Mais il y a d’autres enseignements tout aussi intéressants.

#1. Environ 80% des sondés se positionnent encore sur un clivage gauche/droite: 32% entre « très à gauche » et « au centre-gauche »; 37% entre « très à droite » et « au centre-droit ».

#2. Sociologiquement, il y a également eu un vote de classe en 2017: « On retrouve la même coupure selon l’auto-positionnement social, avec un vote Macron ou Fillon chez ceux qui se situent en haut de l’échelle sociale et un vote Mélenchon et Le Pen parmi les Français qui s’identifient plutôt aux catégories populaires. « 

#3. Les moins de 35 ans sont ceux qui s’intéressent le moins à la chose politique dans ce sondage.

#4. La majorité des préoccupations sont sociales: chômage, inégalités, impôts, protection sociale. On regrettera, comme souvent, le biais de certaines questions. Ainsi celles sur les préoccupations mentionne « la maîtrise de l’immigration » (mais rien sur l’accueil, la solidarité, la paix dans le monde).

#5. Les vieux (>60 ans) sont les plus stressés par l’immigration. Les jeunes (<35 ans) les moins intéressés par la question.

#6. Les jeunes sont les intéressés par « l’amélioration du niveau de vie des Français », les vieux les moins intéressés.

#7. Les deux tiers des sympathisants LERM se déclarent convaincus d’une différence entre la gauche et la droite (LOL!)

 

J’ai cessé moi-même d’abuser des termes gauche ou droite. Macron est d’abord un conservateur réactionnaire dont le programme habillé de modernité publicitaire ressemble à un grand retour en arrière pour quiconque se souvient d’où vous venons collectif. C’est un résumé un caricatural, je vous l’accorde, mais qui correspond à ma vision de cette action politique d’autant plus dégoutante qu’une large fraction de sympathisants socialistes ou de centre-gauche y participent. Le sujet n’est pas de se donner des étiquettes de « vrauchisme » (cela m’agaçait déjà quand je soutenais Hollande au tout début de son quinquennat), mais d’identifier qui sert cette politique de classe et qui s’y oppose.

Chanson du dimanche: tête en l’air

Et oui…

 

77 % des conducteurs en grève.

« Le sens de la grève à la SNCF dépasse la SNCF. (…) Il y aura moins d’arrogance. chez Macron. »

Dimanche soir sur BFM TV, François Ruffin a bien résumé l’enjeu. Il y a bien sûr le projet de réforme spécifique à la SNCF – « adapter » l’entreprise à l’ouverture à la concurrence. Il y a aussi toutes les autres luttes contre des réformes sans débat (on préfère parler de « concertation« ) ou l’absence de décision, l’immobilisme coupable comme dans les Epahds ou les hôpitaux.

La grève mardi et mercredi s’annonce massive. Les lignes les plus perturbées seront les TGV. La concertation promise par le gouvernement était artificielle. Et l’ex-directrice de la stratégie de la SNCF (2002-2007) devenue ministre des transports ne peut que déclamer son mépris et son incompréhension devant l’ampleur du mouvement de grève pour ces 2 premiers jours.

C’était drôle et cocasse.

Ce début de grève est un succès.

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Ceci n’est pas un poisson d’avril.

« On Thursday, Emmanuel Macron, the president of France, gave a speech laying out a new national strategy for artificial intelligence in his country. The French government will spend €1.5 billion ($1.85 billion) over five years to support research in the field, encourage startups, and collect data that can be used, and shared, by engineers. The goal is to start catching up to the US and China and to make sure the smartest minds in AI—hello Yann LeCun—choose Paris over Palo Alto.

Directly after his talk, he gave an exclusive and extensive interview, entirely in English, to WIRED Editor-in-Chief Nicholas Thompson about the topic and why he has come to care so passionately about it. »

(lire la suite, en anglais, … et oui).