Pourquoi je soutiens le Media

Le Media aurait vécu sa première vraie crise de croissance, à en croire quelques confrères pas toujours bien attentionnés.  Le nouveau media a tous les défauts des autres médias: c’est un journal qui demande beaucoup, peut-être trop; c’est une entreprise qui gère sa vie interne du salariat et du management, qui a ses conflits et ses réconciliations.

Ainsi a-t-on beaucoup commenté les arrivées, les départs, la gestion et la personnalité de celles et ceux qui le composent. Le tout avec une attention que d’autres médias n’ont pas.

La Media a des difficultés financières. Quelle surprise ? A part le supplément publicitaire hebdomadaire du Monde, la presse financière, l’Opinion financée par quelques actionnaires anonymes, Le Canard Enchainé et le Figaro de la famille Dassault, la presse est fragile.  BFM a couté des millions avant d’être rentable, CNEWs est un gouffre. Qui a des actionnaires puissants pour laisser un journal audiovisuel prendre son envol ?

La mauvaise presse – au sens littéral du mot « mauvais« , c’est-à-dire, celle qui veut du mal et le fait parfois avec talent – affuble le Media du complément « proche des insoumis ». C’est de bonne guerre.

Moi-même, je lis avec assiduité Le Monde proche de Macron, Le Figaro proche de Sarkozy, Libération proche du PS, L’Obs proche de Macron ou du PS, L’Express proche de Macron, Le Point  proche de Macron, Challenges proche de Macron, Les Echos proche de Macron, l’Opinion proche de Macron. Je regarde les actualités de  TF1 proche de Macron, France 2 proche de Macron, France 3 proche de ?, M6 proche de Macron, LCI proche de Macron, BFM proche de Macron, CNEWS proche de Macron ou de LR. J’écoute parfois Les Grandes Gueules proche de Le Pen, l’humour de France Inter proche des insoumis, le traitement politique de France inter proche de Macron.

Je m’efforce d’affubler chaque média de son trait politique dominant. Faites de même, cela repose.

J’aime le Media malgré ses défauts de jeunesse, pour une raison essentielle: le Media s’efforce de couvrir une actualité qui attire peu, pas, ou moins l’attention de la presse de la France d’en haut: celle des luttes sociales,  des mal-nés, des mal-logés, des invisibles, de l’envers de la « start-up nation« . Une actualité de la lutte d’une classe contre toutes les autres, pas encombrée de ces religions qui nous fatiguent non plus.

Un media progressiste de plus, cela fait du bien. Comme les Jours, Mediapart le Canard, Charlie, le Bondy Blog, Regards, Fakir, Bastamag, Politis ou quelques autres, la petite galaxie indépendante, qui parfois se déchire en son sein, mérite notre attention.

 

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Les Bleus contre les bleus

La victoire de notre équipe nationale est réjouissante. Réjouissante car symbolique à plus d’un titre.

Point.

Ensuite, le reste peut provoquer nausée et tiraillements.

La rapidité et le soin apportés à la récupération macroniste ne surprennent pas. Jupiter a répété son geste de victoire. Il a pris soin de se faire photographier par l’agence TASS. Puis le cliché de double bras tendu a été publié. Il fallait récupérer, incarner la macronista dans cette victoire.

Faire oublier les bleus d’une politique clivante, xenophobe, antisociale grâce à ces Bleus black-blancs-beurs, la tentation est grande. Le jeu donne la nausée.

« On est champion!! »

Mais qui est champion ? Les 11 Bleus, la vingtaine de l’équipe, leurs entraîneurs et le brillant Deschamps.

Merci à la patrouille de France

L’équipage de l’avion qui s’est autorisé à lâcher du rouge plutôt que du bleu lors de son passage aérien au-dessus du jeune monarque sur les Champs Elysées le 14 juillet 2018 sera sans doute sanctionné. Pourtant, cette erreur humaine a plutôt suscité amusements que commentaires rageux, et ce fut heureux. Merci à al patrouille de France d’avoir rappelé que l’erreur est humaine.

En ce weekend caniculaire, chacune et chacun attendait surtout cette finale footballistique.

J’hésite encore à profiter du plaisir du spectacle, la joie est communicative et celle-là, bigarrée à souhaits, l’est assurément. J’imagine aussi la rage haineuse et raciste qui s’exprimera si les Bleus perdent cet après midi face à la Croatie. Il y a 20 ans, la joie était immense, mais nous sommes à un autre moment. Depuis cette fameuse coupe Black-Blanc-Beur, nous avons connu le 11 septembre 2001, les Le Pen à deux reprises en finale de l’élection présidentielle, la droite furibarde, la haine sécurité, le terrorisme islamiste, et les attentats de 2015-2016 en France.

Quelque soit l’issue de cette finale, notre sentiment collectif sera différent.

Nous sommes collectivement différents.

 

 

 

(Une heure avant le match France/Croatie, 15 juillet 2018. )

Chanson du dimanche: « je ne veux pas me battre »

Le nouveau président du Medef

Sur la réforme du Code du travail : « Je pense qu’on va d’abord avoir une vague d’embauche avant d’avoir une vague de licenciement. »
septembre 2017, franceinfo

 

Petit homme.

Tout petit homme.

Il faut lire la suite de son best-of.  Cet homme vit dans son idéologie, un monde parallèle.

 

Lire

Ce spectacle du foot

Je n’y arrive pas. Je n’arrive à m’intéresser à cette coupe du monde. En 1998, ma petite fille venait de naitre, et j’avais été attrapé par cette compétition qui nous avait tous surpris.

Cette année, elle est plutôt chouette, cette équipe.  L’équipe belge aussi était réjouissante. Les Belges sont plus divisés que nous, Flamands contre Wallons.. A Bruxelles, il faut certains commerçants flamands refuser de parler français, pour saisir qu’il y a du lourd entre ces deux communautés. Les Belges se sont incarnés dans leur équipe nationale.

Certes, ces joueurs sont tous de gentils millionnaires dont on découvrira plus tard que certains échappaient à l’impot. Certes, le foot est un cirque, ces coupes et championnats sont nos jeux du cirque, l’opium du peuple, toussa, toussa.

Mais mais mais… on n’oubliera pas l’incarnation de la diversité et, surtout, le parcours de ces jeunes, le plus souvent issus de la France d’en bas.

Bravo les black-blancs-beurs !