Besancenot, Melenchon et le vrai-faux malentendu

Olivier Besancenot n’apprécie pas.

Il est agacé;.

Il a l’indignation sincère.

« Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. Salutations internationalistes »

Besancenot réagissait à ce propos de Mélenchon, qui lui-même réagissait aux prises de position de Sahra Wagenknecht.

Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux !

Besancenot a tort.

Ou il fait mine d’avoir tort.

Il ne s’agit pas de dire que « les immigrés volent le travail des Français« . On laisse cela à Le Pen. Car Mélenchon a commencé par une autre déclaration, dans le même discours, au même moment, quasiment dans la même phrase, que Besancenot ne répète pas:

Je veux parler d’un sujet qui serait, dit-on, difficile pour nous : les vagues migratoires. Nous refusons que la politique nationale soit entièrement happée par une peur qu’on chercherait à répandre : non, il n’y a pas d’«invasion».

Le capitalisme a ce talent de savoir discriminer entre les pauvres et les plus pauvres. Opposer les ”locaux” et immigrés.

Ne pas le comprendre est surprenant.

Salutations.

 

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Voter « Maintenant le peuple ! »

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Depuis 2012, j’ai voté à toutes les élections pour le Front de gauche puis les insoumis, malgré pas mal de désaccords, pour l’essentiel en matière de politique étrangère: le Vénézuela, Poutine, Assad, l’anti-américanisme systématique, etc.

Autant dire que le scrutin européen n’est pas le plus simple pour votre serviteur. Et pourtant…

Primo, l’Union européenne a déçu, gravement déçu. Elle s’est même davantage éloignée de l’idéal que l’on nous vend. L’exemple grec a illustré dans la douleur, une douleur extrême, combien l’UE n’était pas solidaire. L’idéal européen était bien loin, il s’agissait de sauver non pas la Grèce mais de lui faire rendre gorge pour sauver les banques françaises et allemandes qui lui avaient complaisamment prêtées. Le traitement des migrants est un autre exemple: où est passée l’Europe terre d’accueil ? La compromission de Macron avec les positions de repli xénophobe européen (réduction du droit d’asile en France, traque aux migrants en Europe) le disqualifie pour tout discours europhile.

Secundo, l’europhilie aujourd’hui ne peut s’incarner dans des partis qui, en France comme ailleurs, saborde les services publics et défendent une politique de classe contre le plus grand nombre. Il est absurde et ringard de croire encore les discours lénifiants pro-européens d’un Macron quand son Europe n’est rien d’autres qu’un asservissement supplémentaire des peuples. Prenez deux exemples récents. La réforme de la SNCF et celle du secret des affaires. Ces deux textes nous ont été « vendus » comme l’application de textes européens. La privatisation du rail d’une part, et le musellement des journalistes et lanceurs d’alerte d’autre part… Merci du cadeau…

Tertio, terminons avec la France insoumise. le Venezuela est devenue une anecdote pour trolls. Macron va davantage de bisous avec Poutine que Mélenchon. Et la real-politik que je reprochais à Mélenchon à l’égard d’Assad est largement suivie par Macron. Enfin, les insoumis ne sont pas seuls. Ils sont dans une alliance européenne cohérente. Comme dans toute alliance, il faut du compromis. J’entends les caricatures: « Mélenchon est contre l’Europe »; « les insoumis sont contre l’Europe ». Ces caricatures, car il ne s’agit de rien d’autres, ne servent à rien sauf à salir l’image de celles et ceux qui les relayent. Prenez le temps de lire les propositions (elles sont à lire ici, sur le site de la France insoumise) et, au passage, faites nous passer le programme macroniste (ah moins qu’il ne s’agisse que du programme présidentiel de 2017… qui sait ?).

Il va se passer encore du temps d’ici le printemps prochain et le scrutin. Mais pour l’heure, le choix parait évident: « maintenant le peuple ! »

 

« Si jamais on nous dit qu’on ne veut pas de notre plan A, dans ce cas on fera notre plan B : on le fera quand même. Et on le fera avec tous ceux qui seront d’accord pour le faire avec nous. Notre programme ne peut s’appliquer dans les traités européens actuels. Si nous arrivons au pouvoir, nous ferons donc une proposition à nos partenaires européens pour changer les traités européens. C’est le plan A. Il n’y a pas d’Europe possible sans la France.  » Jean-Luc Mélenchon

JLM Twitter

 

 

 

 

 

 

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot.

Voilà, c’est fait.

 

Après la démission de Nicolas Hulot, voilà ce qui reste de la politique écologiste du gouvernement Macron, de l’hypocrisie et du brassage de vent.

 

 

La démission de Hulot est un bol d’air.

Il ne s’agit pas trouver tous les mérites à un homme après l’avoir critiqué 15 mois durant.Hulot reste Hulot, il reste ce qu’il est. Il est criticable pour ce qu’il a fait et, surtout, n’a pas fait.

Mais on peut applaudir sa décision de démission, et comment il l’a mis en scène. Son retrait est fracassant, et à la hauteur de l’écoeurement qui a du le saisir après 15 mois au gouvernement.

Nous pouvons comprendre cet écœurement, nous devons le comprendre. Nous le  partageons chaque jour, chaque heure, chaque minute.

Hulot a giflé Macron et ses suppôts de la pire et de la meilleure des façons qui soit: brutalement et sans prévenir. Il est le premier à le faire, le premier dans cet ensemble informe et désormais infirme qu’est la Macronista, cet ensemble politique composé d’archi-convaincus et de mous sceptiques, d’anciens centristes devenus extrémistes du libéralisme violent et d’opportunistes du pouvoir à claquer la porte en dénonçant l’hypocrisie du prétendu « nouveau monde. »

Espérons que cette démission serve d’électro-choc chez quelques macronistes, mais surtout dans l’opinion. La défense de l’environnement devrait être un sujet transverse, qui influe sur toutes les politiques d’un  gouvernement.

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot, un merci sincère et sans arrière pensée.

 

 

Quand Mélenchon lance la campagne des Européennes

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Avant que Jean-Luc Mélenchon ne parle ce samedi 25 août à Marseille devant 3000 personnes, on a entendu beaucoup de bêtises sur la campagne des élections européennes de la France insoumise. L’objectif premier des leaders macronistes était simple, assimiler les insoumis et d’une façon générale toute opposition à leur programme (d’ailleurs quel est-il ?) à du nationalisme étriqué et/ou populisme dangereux; tenter de faire croire qu’insoumis et frontiste, Melenchon et Le Pen, c’est finalement la même chose; ou que Mélenchon veut sa revanche de la présidentielle (allez vous répéter cet argument à chaque élection ? #lol).

« Dites-moi monsieur , quels sont vos alliés pour une coalition européenne ? Parce que nous nous pouvons vous répondre. Nous sommes des internationalistes. Nous avons fait une coalition européenne : «Maintenant le peuple !» »

Ce samedi-là à Marseille, Mélenchon a donc répondu et clarifié, n’en déplaise à certains adeptes du TINA.

1/ Mélenchon a évoqué l’immigration, et notamment l’alliance avec Die Linke, ou plutôt avec le mouvement lancé par Sahra Wagenknecht, laquelle avait rappelé récemment que « Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi. » En France, quelques grincheux macronistes se sont précipités pour l’assimiler à Le Pen. Les mêmes qui applaudissent au vote du Code de la Honte, qui excusent l’attentisme criminel de Jupier face aux migrants, ceux-là donc donnent des leçons « d’accueil » à nos voisins d’Outre-Rhin lesquels ont accueilli près d’un million de migrants en une année: « honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux ! »

« Nous refusons que la politique nationale soit entièrement happée par une peur qu’on chercherait à répandre : non, il n’y a pas d’«invasion» », a répété Méluche. « (…) Si vous voulez faire quelque chose d’utile en matière d’immigration, arrêtez de demander aux paysans africains de s’intégrer dans le marché mondial, arrêtez de faire des traités de pêche qui détruisent les réserves halieutiques. »

Sur le devoir d’humanité, nulle hésitation: « L’Aquarius, c’est quoi ? C’est 191 personnes qui ont été sauvées de la noyade. Nous disons : bravo l’Aquarius ! Bravo l’Aquarius ! Le soutien à ceux qui sont dans la détresse est un devoir pour nous ! »

2/ Les élections européennes seront-elles un référendum anti-Macron ? Nul ne sait. Doivent-elles l’être ? Assurément. Pour deux raisons simples. Primo, Macron s’est auto-érigé en modèle et champion de la Commission européenne, de cette conception libérale, pro-marché, anti-écologiste, anti-sociale de l’Europe. Macron défend une vision passéiste de la construction européenne, une conception qui néglige le rapport de forces et acce^te le consensus systématique du plus petit dénominateur commun: « Monsieur n’existe pas. Il est juste le copiste de la Commission européenne. Sa «réforme» du code du travail est une demande de la Commission. De même que sa «réforme» de la . »

Les élections européennes seront l’occasion de voter pour ou contre le glyphosate, pour ou contre privatiser les barrages, pour ou contre l’Europe de la Défense, pour ou contre la régulation de la finance, pour ou contre le protectionnisme européen.

Bref, cette élection est évidemment, également, et avant tout une élection pour ou contre Macron tant ce dernier incarne l’affaiblissement de la République sociale et populaire.

« Nous allons faire de l’élection européenne un référendum anti-. Nous allons inviter les Français à lui mettre une raclée. Démocratique. »

 

 

 

 

 

Chanson du dimanche: la madrague

La fin de l’été…

 

23 août, le pacte de la honte ?

Il y a 79 ans se signait le pacte de non-agression entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Hitler, Staline, la belle alliance des deux hydres du totalitarisme moderne. Il y a des explications de real-politik cruelle évidentes à ce pacte – Hitler et Staline croyaient chacun de leur côté qu’ils n’étaient pas prêts à se faire la guerre. Le boucher nazi voulait nettoyer l’Ouest, le boucher russe voulait moderniser son armée que ses innombrables purges et son incurie avaient déstabilisées.

Ce pragmatisme a eu d’autres conséquences dont ces deux là: (1) en France, le silence des communistes aux premières heures de la guerre face à l’offensive nazie, même si les militants communistes ont ensuite plus que pris leur part dans la résistance; (2) à l’étranger, la collaboration de l’URSS avec les nazis comme cette « livraison à la Gestapo d’un millier environ de communistes allemands réfugiés sur son sol et de quelque 60 000 autres Allemands, juifs pour la plupart, qui fuyaient le nazisme« .

Staline qui fait livrer des résistants communistes aux nazis…

De temps à autre, un esprit polémiste tente de renvoyer dos à dos tous les communistes à cette histoire qui, pourtant, est aussi déchirée que ce que l’on constate chez d’autres camps politiques de cette période.