Le retour de Ségo ?

Il parait que le PS aimerait que Ségolène Royal prenne la tête de leur liste aux prochaines élections européennes. A certains d’entre nous, cette nouvelle évoque d’autres souvenirs.

Pigenel

Comme l’a rappelé l’ami Romain, il y a 10 ans jour pour jour, Ségolène Royal échouait à prendre la tête du PS au Congrès de Reims. L’ami Marc Vasseur, au PS à l’époque, avait invité quelques blogueurs dont votre serviteur à suivre cette aventure.

L’ami Gael en avait fait plusieurs videos, tandis que nous relations sur nos blogs respectifs et le blog de l’équipe les crises, les coups bas, les espoirs vrais ou faux de ce Congrès.

 

 

Comme l’a fait remarquer Marc sur Twitter, la plupart des protagonistes, officiels ou simples militants, de ce Congrès se sont éparpillés en LREM et LFI, et quelques-uns, peu nombreux, sont encore « affiliés » au PS moribond. Pour moi-même qui soutenait Ségolène Royal, cette évocation a un goût étrange. Je conserve une admiration pour ce qu’avait réussi à faire politiquement Ségolène Royal vis-à-vis de gens qui n’étaient pas encartés au PS. Le Congrès de 2008 est un souvenir daté et douloureux. Nous sortions de la nuit sarkozyste (Sarko était enfin ultra-impopulaire), mais nous n’avions pas trouvé la voix vers le rassemblement pour déloger l’ancien monarque. Mélenchon était encore au PS, pour peu de temps; Hollande manœuvrait en coulisses contre son ex; les pontes locaux bourraient les urnes dans leurs fiefs pour manipuler les résultats. Dix ans plus tard, tout a changé, et rien n’a vraiment changé. La macronista a remplacé le sarkozysme, mais en extirpant du PS ce qu’il avait d’arrivistes, de résignés avec l’ordre des choses, de naïfs sur les bienfaits de la main invisible du marché.

C’est heureux.

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« Nous ne sommes pas en guerre, ni contre les médias, ni contre la justice. »

« Il ne va pas résister », le commentaire émane de ma chère et tendre alors qu’elle entend la voix fatiguée de Jean-Luc Mélenchon dans sa chronique hebdomadaire. Je le crois solide, suffisamment solide pour résister. Mais j’avoue que cette voix m’a un peu inquiété.

Mélenchon s’explique sur le soupçon d’enrichissement personnel –  une accusation portée par Mediapart, sans preuve, et d’autres médias. Aucune des deux enquêtes préliminaires ne portent sur ce chef d’accusation, mais il fallait sans doute que certains salissent.

 

Mélenchon s’explique aussi sur la « culture de la terreur« , une expression relayée par le JDD voici 10 jours (un journal plus connu pour ses publi-reportages envers les pouvoirs sarkozystes puis macronistes qu’une quelconque investigation). Serge Coronado, ex-EELV et désormais candidat FI a justement un commentaire là-dessus: « Je n’ai pas l’impression qu’à la France insoumise, on soit violenté quand on a un désaccord. »

Le plus important dans cette courte explication vidéo porte sur les accusations (Où sont les preuves de surfacturation ? France info a comparé le temps passé en interne pour certaines des activités avec celles facturées par Mediascop; Mélenchon rappelle que les journalistes accusateurs n’ont pas pris la peine de comparer les prestations incriminées avec celles des autres campagnes), les  auditions, ses rapports à la police et à la justice, et même aux journalistes.

« On est en guerre contre un certain nombre de pratiques (…) mais pas contre la police en tant que telle, (…) pas contre la justice en tant que telle. (…) Non, nous ne demandons pas à être traités différemment des autres. (…) Ces perquisitions ont été disproportionnées. Pourquoi, si c’est disproportionné, le problème, c’est ma colère ? « 

Il le répète: « nous ne sommes pas en guerre, ni contre les médias, ni contre la justice. »

Il était bon de répéter cela. Il a malheureusement suffit de quelques phrases, d’un ton de voix et de quelques courtes vidéos pour que Mélenchon soit portraituré de façon caricaturale une fois de plus.

Répétons le fond des choses, une nouvelle fois: il n’y a pas de mises en examen, ni d’enquête préliminaire sur un éventuel enrichissement personnel. Il n’y a pas de guerre contre les médias, ni a fortiori contre les journalistes dans leur ensemble de la part des dirigeants de la France insoumise.

Il y a en revanche une certaine rage, une véritable colère, le besoin, le droit et le devoir de dénoncer, fustiger, accuser, contester publiquement à chaque occasion qui se présente les pratiques diffamatoires ou mensongères de certains, fussent-ils journalistes, policiers, juges ou ministres.

Chanson du dimanche: « balance ton quoi »

Un peu d’humour

Allez, souriez.

 

Mise au point pour les « abrutis »

Le texte publié par Jean-Luc Mélenchon sur son blog n’est pas si long, mais je n’en sors que des phrases choisies, volontairement, partiellement, subjectivement.

  1. « Nous ne voulons rien cacher : la preuve, nous proposons de débattre publiquement et contradictoirement avec nos accusateurs. »
  2. « nous n’avons commis aucun des faits qui nous sont reprochés. Aucun. »
  3. « Quelles sont les causes de cette opération ? Non pas de faits mais des dénonciations. (…) Une première dénonciation remontant à un an et demi émanant d’une député européenne alors membre du Front national. (…) La seconde accusation part de la dénonciation d’un rapporteur de la Commission nationale des comptes de campagne présidentielle : de Chalvron. »
  4. « Les fichiers de nos partis, nos agendas personnels et professionnels depuis cinq ans, nos correspondances depuis dix ans, nos photos personnelles (pour ma part toutes celles réunies depuis 2006), nos notes personnelles ont été saisies. Aucun inventaire de ces prises n’a été établi. Toutes les belles personnes, les satisfaits, la caste ont hurlé de joie. »
  5. « Que nous est-il reproché à présent ? De la surfacturation. Nous affirmons qu’il n’y en a eu aucune. Aucune. Pourtant la radio d’État a prétendu sans preuve et sans travail le contraire. Ses confrères moutonniers ont répété sans aucun recul ni vérification. « Les journalistes » (d’investigation, s’il vous plait) n’ont procédé à aucune comparaison de tarifs ou de factures. (…) comment est-il possible que nous ayons fait en 12 mois moins de dépenses que Hamon en 3 mois et Macron en 8 mois ? « 

J’ai du mal à critiquer la réaction de Mélenchon parce que je ne suis plus naïf au point de croire que la justice/police agit de pareille façon, de manière si disproportionnée par rapport à ce qu’elle a pu faire pour les affaires Fillon, Sarkozy, Cahuzac, Guéant, Le Pen, ou même Benalla.

Il a fallu attendre dimanche pour entendre enfin quelques personnes, que l’on soupçonnera peu de complaisance mélenchoniste, s’étonner de cette disproportion (Gérard Larcher, Franz-Olivier Giesberg pour n’en citer que deux).

J’ai du mal à critiquer la réaction de Mélenchon non pas parce que je soutiens la France insoumise – je ne suis pas groupie du bonhomme, j’ai du mal avec son caractère comme j’avais du mal avec Jospin, Ségolène Royal, Martine Aubry, Noel Mamère, etc etc… Il faudra que les supporteurs de la monarchie républicaine que nous appelons à abattre puissent un jour considérer que l’on peut se fiche du caractère du leader.

J’ai du mal à critiquer la réaction de Mélenchon parce que je m’étonne du battage médiatique qui suit cette manipulation politico-policière. J’adore Radio France, mais qui peut oser penser que les journalistes sont sacrés et intouchables ? J’ai rencontré des journalistes qui n’étaient que des abrutis, d’autres de vrais cyniques. Quelles est cette posture qui consiste à vouloir protéger à tout prix un journaliste de toute critique sous prétexte que le droit de la presse est sacré (car oui, il est sacré celui-là)? Imaginez vous aux États-Unis: avez vous déjà entendu les journalistes de  Fox News déblatérer les pires mensonges (rappelez vous de l’affaire de la non-citoyenneté américaine de Barack Obama).

Ce texte de Mélenchon me rappelle que lorsque des révélations sont publiées par la presse, il faudrait parfois attendre avant de réagir. J’ai commis des bourdes en applaudissant trop vite Mediapart (Sarko) ou en réfutant Mediapart trop vite également (Cahuzac).

Cette fois-ci, Mediapart ne révèle pas grand chose, et propage le soupçon. Il n’y a rien à contester dans leur révélation sauf une chose: cette extension du soupçon, ce qui est indigne.

Le point Melenchon du jour

Il y a des gens – des proches, des moins proches, des journalistes, des éditocrates, des militants ou simples supporteurs de Macron ou de la droite furibarde – qui se sont émus des propos de Mélenchon contre certains journalistes.

Ces mêmes gens ont soutenu l’allongement de la durée de rétention des demandeurs d’asile, et le raccourcissement de leur délai de dépôt de dossier d’asile, l’enfermement des familles sans-papiers; le matraquage des étudiants, lycéens et collégiens qui protestaient contre la réforme du lycée; la répression à Notre-Dame-Des-Landes; le soutien aux bombardements saoudiens au Yémen; ou la légalisation dans le droit commun de l’état d’urgence.

A cause de ce parallèle, de ces souvenirs, j’ai peine à les écouter, inaudibles qu’ils sont.

C’est Macron qui est au pouvoir. C’est lui qui agit, avec tous les pouvoirs. Les petites rivalités « à gauche » (PS, PCF, FI, EELV, etc) sont sans intérêt. La Macronista applique le programme de Sarko, une présidence des riches qui fait perdurer un régime au profit du plus petit nombre aux détriments du plus grand.

La France insoumise est le seul mouvement à avoir percé suffisamment haut pour se hisser à un bon score à la dernière présidentielle.