« On n’est pas à Caracas », vraiment ?


Une grosse demi-heure, simple et directe, sur la perquisition matinale du numéro deux de la liste européenne. Un constat amer, la colère est froide. Il n’y pas d’incompréhension, on a très bien compris.

Aux critiques qui brailleront sans écouter le propos Mélenchon, le député n’accuse pas « la Justice » ni « la Police » en tant qu’institutions, mais le zèle de ces exacts instructeurs-ci. Il ne s’insurge pas qu’on lui demande des comptes sur ses dépenses de campagne – il offre tous les jusitificatifs à qui veut bien les lire. Il s’étonne que sa campagne d’une part, et les assistants parlementaires insoumis à Bruxelles soient les seuls aussi étudiés alors que d’autres rivaux politiques sont dans le même cas: nulle perquisition similaire chez En Marche ou au Modem ( pour les mêmes affaires). Ces instructeurs zélés ont leur raison que la Macronista n’ignore pas.

Même votre humble serviteur, qui chérit notre République, aime sa police, ne désespère pas de ses juges, et applaudit à la loi républicaine, finit par se décourager: la répression ou la pression étaient hier du côté du privé – dans les découragements à l’action syndicale, citoyenne et politique que le monde de l’entreprise sait entretenir à l’encontre de ses employés; il émane désormais aussi de la sphère publique. Ces quinze dernières années ont été un immense recul des libertés, parfois au nom de la lutte contre le terrorisme, parfois pas.

La ministre de la justice, garde-chiourme de Macron et ex-socialiste, Nicole Belloubet, braillait à l’Assemblée: « on n’est pas à Caracas ».

Sans doute pas encore.

Mais on en prend la pente.

 

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6 réflexions sur « « On n’est pas à Caracas », vraiment ? »

    1. Ca va forcément finir très mal, parce que les GJ qui sont dans la rue sont en minorité, que les autres mouvements d’humeur passent inaperçus, donnant à chacun de croire qu’il est seul à se révolter..

      et ceux de la majorité passive qui ne voient pas le problème vont aussi passer à la casserole avant la prochaine élection larbinentielle…

      Il sera peut être trop tard. Il s’agit d’une course de vitesse encore gagnable à condition que tout le monde s’y mette sans culpabiliser qu’il est un extrémiste à protéger sa liberté, son avenir et celui de ses descendants.

      C’est peut être le moment d’honorer nos ancêtres, ceux qui se sont battus pour conserver la liberté et la dignité…

      1. Les macroniens ont oublié le vieil adage populaire « Gentil n’a qu’un œil ». Ils n’auraient pas dû permettre ces tirs qui éborgnent des manifestants; la populace voit plus clair….

  1. En France désormais il y a le code  » Benalle » et le code pénal ..et il y en a un des deux pourtant legal qui diminue de plus en plus les libertés…et légitime les injustices ..

  2. La chancellerie donne des « directives », le parquet les exécute sans états d’âme !
    La séparation des pouvoirs en prend un sacré coup, lorsqu’il s’agit de nuire à des adversaires politiques mais, surtout, vrais opposants au petit marquis et à sa clique LREM !

  3. Mr Ferrand dans sa colère entièrement légitime dit que  » rien ne justifie les violences » et oh combien je le comprends et condamne ce qui lui arrive…
    ..pour autant les propos de Castaner qui se substitue à le justice sont graves…car à cette heure rien ne prouve un parallèle avec l’action des gilets jaunes…..et que Castaner écoute son collègue  » Rien ne justifie les violences ».. toutes les violences.

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