Chanson du dimanche: la loi des Coquettes

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Gilets Jaunes, l’incompréhension

Parler des Gilets Jaunes clive fortement, le sujet en stresse si fortement et en réjouit si aisément d’autres. Les Gilets Jaunes ont fait irruption dans notre vie politique il y a bientôt une trentaine de semaines. Et tout a été dit: les accusations ont été variées – populisme, jacquerie, racisme, antisémitisme, fascisme, etc.

Malgré une popularité largement supérieure à celle de l’actuel monarque, sans discontinuité, les Gilets Jaunes continuent d’être méprisés, raillés, marginalisés par les commentateurs du Parti médiatique, les macronistes et tout ce que compte le pays de bourgeois inquiets.

Il n’y a pas un samedi où les critiques ne raillent le nombre de participants, ces mêmes critiques applaudissent à l’incroyable popularité de leur monarque jupitérien. Il n’y a pas un samedi où les critiques ne se moquent des visages les plus connus – Maxime Nicolle, Eric Drouet, Jérôme Rodriguez, etc – et ces mêmes critiques tolèrent la prétention et l’incompétence crasse des jeunes pousses arrivistes de la Macronie. Il n’y a pas un samedi où les critiques n’enjoignent les Gilets Jaunes à se taire, à respecter la légitimité électorale d’un gouvernement élu sur un coup de force démocratique. Ces mêmes critiques ne comprennent pas combien l’action macroniste est jugée illégitime.

Ce mépris effrayé se combine facilement avec une hypocrisie politique: les Gilets Jaunes font peur car leur rage fait peur, car elle n’est pas comprise. L’ampleur de la répression armée surprend les associations humanitaires, mais pas nos « bons bourgeois » pourtant si libéraux. Depuis Décembre, la macronie a fait basculer le pays dans un état qui a la loi pour lui, fut-elle inique, mais plus l’honneur. Imaginez quelques instants que Le Pen agisse ainsi: combien de bons esprits aujourd’hui si tolérants avec cette répression au nom de l’Etat de droit se dresseraient contre elle ?

Il fallait une réponse politique, et non policière, aux Gilets Jaunes.

Elle n’est pas venue. La Macronie peut bien se réjouir de l’éparpillement de l’opposition. Elle peut bien se réjouir d’être en tête des sondages, ou même des élections, avec une quinzaine de pourcents des citoyens en âge de voter (car 25% des suffrages mâtinés de 50% d’abstention comme on nous le prédit pour le scrutin 2019, comme c’est déjà arrivé en 2017), cela n’a pourtant rien de réjouissant. Cela n’annonce qu’un état prochain qui sera de rage et de guerre.

La gauche n’a pas réussi à capter le mouvement des Gilets jaunes. Elle a fait la moue. Elle est de surcroit tellement éparpillée.

Retour vers le futur (#politique)

C’est l’ami @Bembelly qui m’a fait penser à cet exercice que je prisais avant: revenir quelques temps en arrière et lire ce que j’écrivais sur l’actualité. Ces derniers mois, j’ai l’impression d’être coincé dans une mauvaise version de l’excellent « Un Jour Sans Fin« .

Il y a 11 ans, je titrais ma 49ème chronique hebdomadaire, « Sarkozy, chef de clan« : déstabilisation, vacarme, clanisme, politique de classe.

Il y a 10 ans, je m’inquiétais de la fatigue de l’ancien monarque: « Après une semaine internationale très chargée par un G20, un sommet de l’OTAN et un déplacement à Prague, Nicolas Sarkozy a levé le pied. A l’exception d’un bref déplacement surprotégé en province, le président français s’est surtout reposé. Mal lui en a pris. Avec une loi piratée à l’Assemblée, un contre-discours de Ségolène Royal à Dakar et quelques mensonges médiatiques sur les banques et l’immigration par Eric Besson interposé, cette 101ème semaine de Sarkofrance ne fut pas des plus agréables. »

Il y a 9 ans, « Sarko, faux président, vrai fébrile: cette 153ème semaine de Sarkofrance a débuté comme souvent depuis 2007 : vaudevillesque, ridicule et incontrôlée. Sarkozy avait lâché ses proches et une partie de l’appareil d’Etat à l’assaut des auteurs des rumeurs d’infidélités conjugales au sein de son couple. » Et oui, la fébrilité de Sarkozy faisait enfin débat. Il fut finalement impossible à l’ancien monarque de se « re-présidentialiser » avant son échec en 2012.

Il y a 8 ans, on croit qu’il y a un rebond: « 206ème semaine de Sarkozy : pourquoi Sarkozy sent bien sa réélection. » Éparpiller les centristes, faire croire à la reprise, jouer social, rester présidentiel et anxiogène, tout était encore possible.

Il y a 7 ans, on approche de la fin, on a fait campagne avec Hollande pour dégager Sarkozy. On sent qu’on y est enfin: « 258ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, assiégé par la réalité: Le 8 avril dernier, le candidat sortant trônait en couverture du Journal du Dimanche: je sens la vague monter, déclarait-il, sûr de lui. De quelle vague parlait-il ? Comme un coup du sort, sa cote sondagière s’effondra soudainement quelques jours plus tard. Rien n’était perdu, voulait-il croire. Il en appela à la « majorité silencieuse ». Il se mit à hurler contre François Hollande, promettant la faillite de la France « en deux jours » si son rival l’emportait le 6 mai. Ce regain de hargne cachait mal son doute ou la prise de conscience que la fin du sarkozysme peut-être finalement très proche. »

Il y a 6 ans, le président Hollande souffrait déjà beaucoup. Il « accélère
… et une France a peur. On lui reprochait d’être lent, malgré une multitude de réformes qui frise la boulimie. On lui reprochera de vouloir accélérer. La « vraie » Gauche s’en indigne par avance. Billets, tweets et articles pullulent contre cette perspective. On veut débattre des réglementations immobilières ! Si, si, on vous l’assure ! La Gauche, même la vraie, est moins unie quand on évoque la taxation (ou la réduction) des allocations familiales pour les familles aisées. La caisse sera déficitaire de plus de 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2016. Bizarrement, l’UMP et le Front de Gauche sont ensemble pour dénoncer une attaque à la politique familiale. »

Il y a 5 ans, Valls est nommé premier ministre et c’est la goutte d’eau qui fait déborder mon vase. « Le pire avait dépassé le ridicule. »

VISUEL+JUAN+SARKO+CE+VIRUS

Il y a 4 ans, je m’amuse, avec l’aide de l’ami Croisepattes: « Sarkozy, Le Pen, Hollande… Ils ont tous changé !! »

Tous, sauf Valls.

« Manuel Valls n’a pas changé. On attendait un Patriot Act à la Française après les attentats de Charlie. On s’en approche. Pour l’heure, le projet de loi légalisant sans mesure ni contrôle ni validation judiciaire un espionnage informatique massif de nos concitoyens déboule à l’Assemblée. Le Sénat de droite n’y a rien trouvé à redire. Après les lois sécuritaires de Sarkofrance, voici une nouvelle pièce au puzzle.

Que dira-t-on le jour où l’effroyable troupe du Rassemblement Bleu Marine s’emparera du pouvoir ? Elle n’aura rien à faire. Les outils seront là, en place et bien rôdés pour tirer le trait sur la République et ses contre-pouvoirs.  »

Il y a 3 ans, je m’amuse encore: « comment Macron rate son entrée en politique« . Je ne sais pas que je me trompe. Macron a finalement gagné. Pour le reste, on comprend vite que Macron n’est qu’un défenseur de l’oligarchie. « Micro collé au menton, il présente son « mouvement politique qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche ». Ou plutôt « ni de gauche, … ni de gauche ». Ses fondateurs, ses soutiens, ses références et ses idées, tout arrime ce mouvement à la grande tradition du conservatisme libéral depuis Smith, Ricardo et les autres. Même les Français sondés ne s’y trompent pas: selon une récente enquête Odoxa, l’actuel ministre est jugé plus proche de Juppé que de Hollande par deux tiers d’entre eux. Macron peut être ministre de Hollande, et jugé premier ministre potentiel d’un Juppé président après 2017. »

Il y a 2 ans, je m’inquiète. Est-ce enfin la fin de la Vème République ? #présidentielle

Il y a 1 an, …

 

Chanson du dimanche: l’échappée belle

Sibeth NDiaye et Maxime Nicolle, même réflexe ?

Betise

Que c’est cocasse…

 

Quand le Gilet Jaune Maxime Nicolle s’est fait piéger par le journaliste publicitaire Hugo Clément à propos de l’attentat de Strasbourg, l’entièreté de la Macronie, et bien au-delà, lui est tombé dessus quand il a expliqué qu’il doutait dub caractère terroriste de l’attentat puisqu’il ne l’avait pas vu. Nicolle a regretté depuis, mais le mal était fait.

Quelques mois plus tard, voici une autre victime des mondes parallèles, elle est porte parole du gouvernement, et visiblement, la charge est lourde.

Bisous les castors.

 

Les insoumis, souverainistes… européens

C’est un grand jeu, chez les castors, que d’amalgamer France insoumise et Rassemblement national, surtout quand on parle d’Europe. Or justement sur l’Europe, il suffirait de lire les propositions. Et pas besoin de chercher bien loin, c’est en première page du programme, écrit en gros, puis détaillé plus bas.

LFI

Oh bien sûr, LFI propose … de « proposer la sortie des traités européens actuels en cohérence avec notre stratégie plan A / plan B : nos députés européens demanderont que soit engagée la procédure de révision des traités prévue par l’article 48 du traité sur l’Union européenne pour aboutir à un nouveau traité fondateur« . Qui n’a pas envie d’un nouveau traité ? Quel est le rapport entre cette proposition et le Brexit (comme nous l’entendons parfois) ?

L’UE est aujourd’hui gouverné par la Commission européenne (non élue) et le Conseil des chefs de gouvernement. On explique souvent que ce dernier est une preuve démocratique puis l’UE ne comprend que de démocratie dont ces présidents ou premiers ministres sont les représentants. Bel abus de concept ! Quand un chef de gouvernement fait passer une loi dans son propre pays, au sein de l’UE, il la fait voter par son parlement. C’est un minimum qui fait râler quand il n’est pas respecté, et qui pourtant n’existe même pas au niveau européen où le Parlement n’a qu’un rôle soit consultatif soit de véto (depuis le traité de Lisbonne).  Ce minimum ne vaut pas pour tous les sujets: la politique de concurrence (sacré sujet, non ?) échappe à tout contrôle ou vote du Parlement européen, sauf avis consultatif.

La France insoumise propose que le Parlement ait l’initiative des lois européennes, rien que ça: oui, c’est du souverainisme… européen.

Finissons par une remarque: les macronistes, en tête dans les sondages, n’ont même pas dévoilé leur programme à 6 semaines du scrutin.

Allez les castors, bisous et bonne lecture.