Le sabotage européen de Macron


« Et toi, tu voteras ? »

« Ben oui »

« Tu voteras pour qui ? »

« A ton avis… »

Voici comment Emmanuel Macron a sabordé l’élection européenne.

#1. LREM a caché son programme jusqu’au 8 mai 2019, soit moins de 3 semaines avant le scrutin.

#2. La tête de liste LREM a choisi de débattre avec le représentant du Front National et seulement lui. Elle a refusé tous les autres candidats, histoire de (mal) rejouer le chantage républicain qui avait tant réussi à son vieux jeune monarque.

#3. Emmanuel Macron a abusé des médias grâce à son « Grand débat » pour la promotion de ses idées, sans jamais de son programme européen d’ailleurs.

#4. La Macronie s’est contenté de caricaturer le débat européen autour d’une fausse opposition Nationalistes/Progressistes sans jamais oser entrer dans le détail des programmes des uns et des autres.

Bref.

C’est rageant.

 

La France insoumise défend l’Europe, la revalorisation du Parlement (avec un vrai pouvoir de contrôle et de décision), l’affaiblissement de la Commission – organe technocratique, la place de l’écologie et du social au cœur des politiques, et une attitude humaniste à l’égard des migrants.

Elle a un programme qui est en ligne depuis des mois, gratuitement.

Elle siègera avec Podemos, tandis que les macronistes s’abimeront les espagnols de Ciudadanos qui, en Espagne, ont décidé de s’allier aux nostalgiques de Franco.

Caricatural ?

Non, factuel.

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59 réflexions sur « Le sabotage européen de Macron »

  1. Perso, je sais pour quelle liste je voterais !
    Néanmoins, le taux d’abstentions et de votes blancs attendus me fait penser que les élus ne représenteront qu’eux mêmes

  2. Le conseil de vote de Sapir sous entend que l’on peut voter RN….. Sapir est un abruti.

    1. effectivement Vous avez le droit de voter FN

      mais ce que conseille surtout J.Sapir c’est d’éviter d’éparpiller les votes sur de petites listes très probablement incapables d’atteindre les 5%; il y en a de gauche et de droite; le cas du PCF ou de Dupont Aignan étant indécis.
      celui de la FI évidement pas… si ça ne s’éparpille pas.

      je serai heureux de voir le Ps sans député à cette assemblée fantôche. .

  3. J’ai rejeté le traité de Maastricht avec 12 623 582 autres votants,
    En 1992 Maastricht est passé à 51.04%… il y avait 11 609 583 abstentions..

    En 2005, les français ont rejeté l’UE par la grande porte, à 54.87 % (15 449 508) et je faisais partie de ceux là. On nous l’a fait revenir par la fenêtre en 2008, année où une bonne partie des parlementaires nous ont fait un doigt d’honneur manifeste.

    Ce vote du 26 mai n’a pas vraiment d’importance, puisqu’il s’agit désormais moins d’un référendum que d’une procédure collective de recrutement pour 79 postes de députés français fantoches (10 % du parlement européen)..
    Positif de nature, je serai donc content pour les 79 qui vont avoir salaire plus frais pour nous compliquer l’avenir et détruire la France à petit feu.

    Tout ça pour dire puisqu’on en parle, qu’ à titre personnel, et compte tenu de la trajectoire historique et des répercutions des directives de l’UE sur l’économie de la France :

    – j’ai beaucoup de difficultés avec tous ces gens qui donnent des leçons de démocratie et de bonne conduite de vote depuis 2008..

    – J’irai voter à nouveau contre l’UE en ayant bien l’impression d’être un démocrate, un républicain si j’en juge par le comportement puant des responsables de l’UE, siège des groupes internationaux .

    Quant au cinéma RN / en marche j’ai bien l’impression que Loiseau a été placée où elle est pour siphonner des voix chez des hésitants ou effarouchés par le RN… Chez en marche, extrème centre, tout est calculé au millimètre par algoritme.
    Si j’en juge des articles d’Acrimed, Le Pen est la bienvenue sur les plateaux des suces boules du régime ces derniers temps. C’est un signe..

    Que du cinéma..

  4. Ce devait être l’Europe des peuples, l’ Europe sociale et protectrice …une union formidable …25 ans après quel bilan ?

  5. Le petit marquis, en s’engageant dans la campagne, agit comme un chef de parti et pas comme un président de la République . Bon, N. Loiseau est une tête de liste…transparente, mais quand même .
    Et croire qu’il lui sera possible de refaire le coup de la présidentielle, face à Marion Anne Perrine, c’est se surestimer gravement .!
    Ce gars fait le lit des nationalistes . Soit il ne s’en rend pas compte et c’est une forme d’incompétence ; soit il le sait et c’est un salopard doublé d’un escroc !

  6. Un certain Elie Arié, lorsqu’il tenait un blog, baptisé en toute modestie  » quand Elie pense  » traquait le hors sujet, allant jusqu’à bloquer les commentaires qui lui déplaisaient, ce qui, soit dit en passant, interpelle sur sa notion de la liberté d’expression .
    Aujourd’hui, profitant de l’amabilité de notre hôte, ce même Elie Arié pratique le hors sujet à répétition et se permet d’invectiver les autres commentateurs, allant jusqu’à les qualifier de « secte  » .
    Mon exquise politesse m’avait, jusqu’à ce jour, interdit de livrer le fond de ma pensée mais, son ego dût – il en souffrir, je suis contraint de dire haut et fort que Monsieur Elie Arié est un con !

    1. Alain Bobards
      C’est une opinion qui en vaut une autre, mais qui mériterait d’être un peu plus argumentée.

      On notera simplement

      – que votre qualification de « prétentieux  » du titre de mon blog  » Quand Elie pense » témoigne de votre absence totale de sens de l’humour, du second degré et de l’ autodérision;

      – que je n’ai jamais censuré, sur mon blog, les commentaires contraires à mes opinions ( c’est même ceux qui m’ intéressaient le plus, je ne voulais surtout pas constituer une secte
      comme ici ), mais uniquement ceux hors sujet, et ceux qui injuriaient d’ autres commentateurs – mais pas ceux qui m’ injuriaient moi-même, parce que les imbéciles ont aussi le droit de s’ exprimer.

      1. cest vrai que Le sus-nommé C** n’a jamais pensé par lui-même
        et sa revue de presse qu’il nous inflige illustre parfaitement sa fonction de paillasson de la pensée unique.

        1. @ Charles Michael

          Je serais presque d’accord avec vous sur le fait que les commentateurs de ce blog se caractérisent par une pensée unique, mais le terme de « pensée  » me semble abusif : je parlerais plutôt de réflexe pavlovien ne passant que par la moelle sans remonter jusqu’au cerveau.

      2. Vous avez la mémoire courte, monsieur Arié, en ce qui concerne les blocages des commentaire sur votre feu blog sur lequel, lorsque je m’y rendais, je me contentais d’exprimer des opinions, sans proférer d’insultes – ce n’est pas mon genre – et en m’efforçant de ne pas être hors sujet , et je n’étais pas le seul
        De plus, vous devriez apprendre à lire : où avez vous vu écrit le mot  » prétentieux  » dans mon commentaire ?
        En matière de sens de l’humour et de second degré, ce n’est, certes, pas vous qui pouvez me donnez des leçons !

    2. « Elie Arié est un con ! »

      Analyse qui sous estime largement le rombier. Je ne sais pas s’il se retient par pudeur mais il est capable de faire bien mieux sans la spécialité.

      C’est tout de même un sacré phénomène qui produit de plus en plus d’air après avoir consommé du fayot (Le Monde ou Le Figaro..)

    3. D’ailleurs celui qui évoque « une secte » à propos de ce blog, refile dans la foulée une interview de l’hallucinée de l’IFRAP Verdier Molinié..

      C’est dire à quel point le paon sans roue est d’une objectivité radicale..

      1. Ce qui m’étonne le plus c’est que l’IFRAP ait pu être reconnu d’utilité publique …
        Et rappelons que cette chère Agnès et ses collaborateurs vivent de dons déductibles donc payés en partie par un État qu’elle passe son temps a trouver trop généreux !
        Elle ne veut tout de même pas scier la branche sur laquelle elle est assise ?😀 A moins que …

  7. Mathieu Plane et. Agnès Verdier-Molinié: « Bonnet blanc et blanc bonnet. »

    1. @ Stanislas, Bobards et Spire:

      Comme prévu : vitupérations sur le média, sur celui qui donne le lien (moi) ou sur les 2 analystes…mais pas un seul argument sur leurs analyses.
      .
      Vous comprenez ce qu’ est une secte, maintenant ?

        1. « Que penser du bilan économique de Macron, » …Ce blog en fait régulièrement l’analyse. Les propos de Mathieu Plane et. Agnès Verdier-Molinié ne nous éclairent en rien de ce que nous savons déjà. Le libéralisme économique est devenue une doctrine totalitaire, alors discuter de points de détails du plus ou du moins de libéralisme de la politique actuelle revient à discuter dans le vide.

          1.  » Les propos de Mathieu Plane et. Agnès Verdier-Molinié ne nous éclairent en rien de ce que nous savons déjà….

            Certes.
            Toutefois, si j’avais l’autorisation de poser une petite combinaison de questions à Plane et à l’IFRAP, les supporters de l’efficacité économique, ce serait celle ci:

            – Que pensez vous de l’efficacité économique d’une opération de transfert d’argent public à 84 milliards, dans le secteur marchand, pendant 5 ans pour la seule observation de 100 000 emplois et aucun investissement constatable ? (coût de l’emploi fixé en général par des économistes à 200 000 € pièce)…

            – Quelle remarque vous inspire le fait que dans le même temps (et paf), le gouvernement supprimait quelque 300 000 emplois aidés à 10 000 €/an pour « manque d’efficacité » dans le secteur non marchand ?

            Non allez je déconne, en start up nation, on ne pose pas des questions bassement comptables à des champions du calcul économique..

            1. C’est d’ailleurs une étrangeté de notre époque qui chiffre absolument tout argument pour décrédibiliser sur l’instant la cause visée. Heureusement que les suce boules du régime n’ont pas besoin de présenter des preuves de ce qu’ils avancent momentanément, ils auraient vite l’air cons..

              Exemple :
              – les gilets jaunes ont provoqué la demande de 38 millions de chômage partiel ( chiffre habituel de demande trimestrielle depuis des années sur le site de la DARES)

              – Les chiffres du chômage baissent de 0,.quelque %… (alors qu’en 2018 par exemple la création d’emploi à été catastrophique, 100 000 au lieu des 300 000 de 2017 ( chiffre que met en avant Plane) , que les emplois précaires et les radiations mensuelles sont élevées (sur ce dernier point d’ailleurs on notera qu’avec la dématérialisation des inscriptions à paul emploi, les non indemnisés ne reviennent pas toujours)…

              Liste d’exemples de comptes arrangés ou truandés sur demande…

              Le suce boule type m’objectera que je suis un imbécile, ou que je suis hors sujet, ou que ce n’est pas un argument…

              Finalement Mesdames Messieurs les sectaires, à notre époque, il est bien plus facile et confortables de soutenir un régime de bananes que d’être dans la réflexion..

      1. Misère, vous raisonnez exactement comme un gourou de secte qui cherche à ramener ses ouailles vers sa pensée unique !

        Très cher, vos revues de presse que vous nous infligez à outrance n’intéressent que vous… ceci étant dit en espérant sincèrement que cette info de premier ordre puisse remonter jusqu’à votre cerveau ramollo…

        ***

    1. Le vide repart vide

      dedieu !!! quelle est surprenante la surprise

  8. Voter pour quelle Europe? On ne nous parle que de cette Europe assujettie. « L’Union européenne n’est pas sortie de l’histoire pour la raison qu’elle n’y est pas entrée. » constate Régis Debray:
    « Nous suivons de jour en jour les péripéties de la politique intérieure américaine, et une quinte de toux de Mme Hillary Clinton en campagne fait l’ouverture de nos journaux télévisés, mais nous n’avons pas dix secondes pour un changement de paysage en Roumanie ou en Tchéquie. Les satellites de diffusion et notre paresse intellectuelle mettent New York sur notre palier, Varsovie dans la steppe et Moscou au Kamtchatka. »
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DEBRAY/57764

    1. Venant d’un type qui ne comprend rien au syndicalisme, qui se gargarise d’articles économiques qui ne mènent nul part et qui ne pige pas que ce sont les conneries des partis  » de gouvernement  » , ainsi que de l’Eurogroupe depuis plus de quarante qui engendrent le nationalisme ( que certains, tel Philippot, veulent faire passer pour du patriotisme ) dont le RN fait ses choux gras et qui ne pige pas davantage le découragement de 60% du corps électoral qui envisage de s’abstenir ou de voter blanc, la réflexion est plutôt piquante

      1. Alain, tu pouvais résumer par « qui ne comprend quasiment rien », Arié, lui, ne s’emmerde pas avec des détails quand il lit du fayot et qu’il le re-pète ici..

      2. Allons, Alain,arrêtez vos bobards

        J’ ai été 6 mois président du syndicat des cardios de Paris, et j’ai démissionné quand j’ ai compris qu’ ils avaient un comportement exclusivement corporatiste, sans aucun souci pour la santé publique.

        Je sais très bien que la CGT, tout en entretenant un discours  » révolutionnaire » sur le plan national, signe la majorité des accords d’ entreprise sur le plan local..

        Sur le plan national, j’ ai eu quelques espoirs lorsque, grâce à Louis Viannet, la CGT a rompu ( du moins officiellement ) ses rapports avec le PC, et que Bernard Thibault à engagé une politique réformiste, le rapprochant de la CFDT, et entretenaît de bons rapports de négociations secrètes avec Sarkozy, dont c’était un des  » visiteurs du soir  » Il fallait bien se rendre compte du fait que le discours national n’ a connu que des échecs depuis 30 ans ( et ne me parlez pas du retrait du CPE, opéré uniquement à cause de la révolte des banlieues ).

        Mais continuez donc à accumuler les succès, de Nuit Debout aux Gilets Jaunes…

        1. C’est bien ce qui me semblait : six mois président du syndicat des cardios de Paris et vous croyez avoir tout compris . Perso, j’ai été 5 ans secrétaire de section syndicale et 20 ans délégué du personnel et délégué syndical . Vous n’avez jamais rien pigez au syndicalisme , tout bêtement parce que vous avez le culte du  » chef  » .
          Sachez que j’ai connu Georges Séguy ainsi qu’ Henri Krasucky , lesquels ne brandissaient pas leur carte du P.C. lorsqu’il s’agissait de syndicalisme, mais qui savaient ce que représentaient les sections syndicales d’entreprises, les U.L, les UD et les fédérations .
          Vous apportez de l’eau à mon moulin lorsque je vous explique que la Confédération est représentante des UL. et des U.D . Rencontrer Sarko et Soubies, ça faisait joli dans le décor, sans plus, parce que les réunions de C.E étaient plutôt musclées et Vianney et Thibault ( tout comme leurs prédécesseurs et leurs successeurs ) devaient se plier aux décisions du dit C.E .
          Vous auriez dût faire un tour au moins à Nuit debout ( c’était pas loin de chez vous ) . Ca ouvre l’esprit et vous en avez besoin !

          1. Oui, je vois à quel point ça ouvre l’esprit…D’ailleurs, le bilan des 30 dernières années de luttes syndicales est impressionnant, et vous m’ en avez l’ air très satisfait.

            1. Les trente dernières années de luttes syndicales ont surtout consisté en défense des acquits que la droite revancharde flingue depuis le début des années 70 , ces acquits que le Front populaire, le syndicalisme, le CNR avaient mis en place et dont vous avez, comme les copains, profité à votre retour de chez Franco .

              1. Et vous n’avez toujours pas compris que, depuis que le monde économique et surtout financier , grâce à sa globalisation, a échappé au contrôle du politique, faute d’un pouvoir politique mondialisé, ce monde que vous évoquez à disparu ?

                Quant à Franco, rectifions : en 1940, j’ai voulu m’engager dans les maquis, mais ils m’ont dit de revenir quand j’aurais appris à marcher…Il faut dire aussi qu’ il n’ y avait pas foule dans les maquis avant l’ institution du STO, et que, contrairement à Pétain, ni Franco ni Salazar n’ont livré de Juifs à Hitler.

                1. Comprenez, une fois pour toute, que le taux de chômage est une chose et que le niveau de vie en est une autre . Les G.J et d’autres seront de plus en plus nombreux, tant que l’écart salaires/profits se creusera

  9. À noter donc que toutes les gauches réunies ( y inclus PS et EELV) font dans les 28 %, et toutes les droites réunies dans les 62 % .

    En réalité, il est absurde de réunir les anti-européens et les pro- européens, qui ne pourront jamais gouverner ensemble, aussi bien à gauche ( LFI + PS + EELV) qu’à droite ( LRM +ex-FN).

    Mais la force d’ inertie des divisions classiques héritées du passé (gauche/droite ) empêche les recompositions politiques correspondant aux divisions réelles du moment; inertie due au fait que tout parti politique, outil de conquête du pouvoir, a pour but premier de survivre. Il n’est d’ ailleurs pas étonnant d’avoir vu, aux dernières présidentielles, parmi les 4 candidats arrivés en tête, 2 issus de nouveaux partis ( Macron et Mélenchon ).

    « La crise, c’est quand l’ancien est mort et que le nouveau n’ arrive pas à naître  » Gramsci.

    1. Charles, Iveris publie des articles intéressants. Sur l’Euro, il n’y a pas de sortie possible dans le système d’économie de marché sauf si on envisage une solution « Bancor » qui sera dure a faire avaler par les capitalistes.
      Annie Lacroix Riz, j’apprécie ses analyses à quelques détails près. Le lien que tu donnes est vérolé.

      1. Lacroix Riz shoppé sur Le Grand Soir.
        fait partie d’un petit parti genre Renouveau Communiste (?)

    1. Tant que vous n’aurez que le Figaro à vous mettre sous la dent, vous ne progresserez jamais dans la connaissance du syndicalisme !

    1. Pauvre toubib : la France intègre le top cinq d’un marché où l’investissement baisse de 40%
      ET ça, les G.J n’y sont pour rien !

  10. Portrait plus subtil de Macron ( « Le Monde »)
    ________

    Emmanuel Macron ne séduit plus, notamment à droite

    Le chef de l’Etat, qui a construit sa victoire en 2017 sur sa capacité à rallier des personnalités politiques de tous bords, peine désormais à convaincre.

    Les pleurs ont séché pour laisser place à une rage froide. Jeudi 9 mai, dans le studio d’Europe 1, Gérard Collomb n’est plus ce patriarche ému qui versait une larme au moment de la passation de pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017. « Le président me dit aujourd’hui qu’il a besoin de moi. J’espère que ça va continuer dans l’avenir », grince le maire de Lyon, venu soutenir du bout des lèvres la liste européenne de son ancien protégé.

    Une distance s’est installée entre les deux hommes. A cause de l’affaire Benalla, du manque d’écoute supposé du chef de l’Etat, des municipales lyonnaises à venir… A tel point que leurs contacts sont devenus rares. « Je vois qu’ils se renouent quand les temps deviennent difficiles, soupire le septuagénaire. Peut-être suis-je un homme des temps difficiles. Lorsque nous avions commencé la campagne, nous n’étions pas si nombreux pour porter sa candidature. » « Entre Collomb et Macron, c’était une histoire très affective, il y avait quelque chose qui ressemblait à une filiation », relève un proche du chef de l’Etat. Le dépit amoureux a depuis tout emporté.

    En 2017, Emmanuel Macron avait construit sa victoire sur une capacité de séduction à nulle autre pareille. Hommes, femmes et alliés tombaient dans son escarcelle, semaine après semaine. Les uns, comme Gérard Collomb ou Edouard Philippe, quittaient leurs anciennes affectations partisanes, à gauche et à droite. Les autres, comme Nicolas Hulot, franchissaient le pas de l’engagement politique en devenant ministres. Tous racontaient alors cet art de la persuasion si particulier que le jeune quadragénaire pouvait exercer en tête à tête.

    « Emmanuel, ce que j’aime chez lui, c’est son cynisme absolu. Il rend les gens amoureux de lui », sourit un de ses amis, lui-même conquis. On ne compte plus le nombre de ses interlocuteurs qui se sont sentis uniques après avoir reçu un petit mot de sa part sur la messagerie Telegram. « Comment tu sens les choses ? », « Tu es formidable ! ». Ou, pour ceux que le président de la République n’a pas eu l’occasion de voir depuis longtemps : « Tu me manques. » « Il pourrait séduire une chaise », écrivait à son propos le romancier Emmanuel Carrère dans les colonnes du quotidien britannique TheGuardian, à l’automne 2017.

    Aujourd’hui, Gérard Collomb et Nicolas Hulot sont partis, déçus. En coulisses, certains ont aussi déchanté. « Les tête-à-tête avec Macron, j’en connais les splendeurs et les limites. On ne pèse pas après lui avoir parlé », souffle l’ancien dirigeant d’une grande administration.

    Alors qu’il espérait conquérir le soutien de nombreux élus de droite pour continuer à recomposer la vie politique française, le chef de l’Etat les voit rester pour la plupart dans le giron du parti Les Républicains (LR). Ce n’est pas faute, pourtant, de les avoir reçus à l’Elysée depuis deux ans, ou d’avoir laissé son premier ministre entretenir ces réseaux. « Macron, c’est un allumeur, un hyperséducteur, résume un de ces visiteurs issus de la droite. Vous sortez d’un déjeuner avec lui en croyant avoir tout gagné et que vous pouvez vous reposer pendant trois mois. Mais les séducteurs ne sont pas toujours ceux qui écoutent le mieux. Il ne se rend pas compte des dégâts que ça peut faire. »

    « Ce président jeune, européen, on ressort de son bureau subjugué par son intelligence, mais ça ne suit pas derrière, regrette Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France. On s’attendait à du magnifique, du merveilleux, et le temps des épreuves l’a rattrapé. » L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui a quitté LR en 2018, aurait en théorie dû être un soutien facile à obtenir pour la majorité en vue des élections européennes du 26 mai. « Pour l’instant, je ne suis pas séduit par quiconque », élude l’ancien giscardien, qui doit rencontrer, lundi, la tête de liste macroniste, Nathalie Loiseau. Pour un Jean-Pierre Raffarin arraché aux griffes de la droite – l’ancien premier ministre a participé à un meeting de la majorité, samedi, à Strasbourg – ou un Pascal Canfin à celles des écologistes, combien de transfuges espérés ces derniers mois sont finalement restés dans leurs pénates ?

    Lors de leur dernière entrevue à l’Elysée, le 29 mars, en marge d’une séance du grand débat national, Xavier Bertrand s’est montré clair, une fois de plus, sur sa volonté de ne pas rejoindre le chef de l’Etat. « Nous sommes incompatibles », a glissé le président de la région Hauts-de-France. Le maire de Nice, Christian Estrosi, reçu avec égards à plusieurs reprises au palais de l’Elysée, va pour sa part soutenir LR aux élections européennes. Tout comme le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et celui de Reims, Arnaud Robinet, pourtant considérés comme « Macron compatibles ». « Le soutien des maires ne se négocie pas dans les couloirs parisiens, il se gagne par des preuves », écrivent MM. Estrosi et Robinet dans une tribune au JDD, le 12 mai.

    « Des considérations locales ont joué un rôle important dans cette décision », a estimé lundi dans un entretien au Figarole premier ministre Edouard Philippe, qui continue à croire que « leurs convictions sont très proches de la majorité que je dirige ». Selon Le Point, l’ancien collaborateur de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, Jérôme Peyrat, doit rejoindre l’Elysée comme conseiller politique. Il pourra mettre de l’huile de coude dans les relations entre la Macronie et ces grands élus de droite, notamment en vue des municipales de 2020.

    Les plus anciens savent qu’en politique il est un élixir encore plus puissant que la parole : celui des sondages. Le fidèle François Bayrou avait d’ailleurs prévenu Emmanuel Macron : « Ils viendront si les sondages sont hauts, sinon ils repartiront d’où ils viennent. » Ceux de la majorité sont en berne, et la cote de popularité du chef de l’Etat stagne dans les basses eaux. La « talentueuse solitude » du chef de l’Etat, comme dit un de ses alliés, n’a sans doute pas fini de s’exprimer « 

    1. Mon pauvre toubib, la quasi totalité de ceux qui font grève dans une boite en difficulté ou qui participent à ces manifs qui vous filent des boutons ne sont pas encartés .
      Militer, c’est par conviction ; la perte de confiance qui se développe depuis des années, c’est, souvent, lié à la dispersion de moyens de production et ça plombe, beaucoup, les convictions par la sensation d’isolement .
      Du coup, le ras le bol, ça génère Nuit Debout ou les Gilets Jaunes qui vous donnent de l’urticaire .
      Et vous risquez d’en souffrir longtemps !

  11. On sent bien que c’est maintenant qu’il se sent le mieux le gazier, tout seul …..tranquille peinard..

    moitié allongé dans son fauteuil en skaï, un clope, une bière, quelques caouètes……aaaaaahhh putain le pied qu’il doit se prendre le mec !!!

    Ca faisait tellement longtemps qu’il rêvait de débattre… ouf ..

    1. Au lieu de vos sempiternelles âneries, je vous suggère l’article sur les mésaventures de Galileo dans le « Diplo » de mai .
      Ca donne une bonne idée de ce qu’est l’UE, ce machin ( pour paraphraser le grand Charles )

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