Chanson du dimanche: je ne m’habitue pas de t’avoir perdu.

Faut-il rester insoumis ?

Il n’est nullement facile de faire progresser un mouvement sans organisation posée comme celle des partis. Un tel mouvement est trop nouveau monde sans doute pour nombre d’entre vous et nombre d’entre eux. Le schéma du PS, PCF ou LR est connu et rassurant. LREM n’a fait que le reproduire: des écrits, des règles, des règlements, des luttes d’appareils. Des arrangements entre amis, la désignation par le monarque du chef de parti, du président de l’Assemblée ou du chef du groupe des députés.

La France insoumise est un corps « gazeux » disait Guénolé quand il est parti. Il n’avait pas tort sans doute: c’est un ensemble de forces militantes et élues sans réelle structure. LFI est affaiblie par ses départs autant que de ses nouveaux soutiens et élu(e)s . Je ne les connais pas de l’intérieur, mais de l’extérieur je ne sais que deux choses:

Primo, les jugements de celles et ceux de l’ancien monde, y compris macronistes, n’ont que peu de valeurs. Les partis et leurs jeux d’appareils nous fatiguent. L’efficacité macroniste cache un culte, un pouvoir, une soumission sans égale. LFI perd des soutiens fatigués ou en désaccord, cela arrive.

Cela m’est arrivé.

C’est triste.

Secundo, tous les départs affaiblissent un mouvement, certains plus que d’autres. Mélenchon est essentiel, pour l’instant, à la France insoumise. C’est une évidence.  Le mouvement est encore fragile, fragilisé même par son échec aux élections européennes. J’aspire à des rassemblements plus larges, je ne défendrai pas Mélenchon, ni personne d’ailleurs, s’il s’agit de sortir des clous du triple objectif : (1) faire la pédagogie de la lutte des classes qui se déroule sous nos yeux; (2) défendre le programme démocratique, écologique et social; (3) rassembler non  pas les salons mais les classes populaires.

Ces objectifs sont lourds à porter, les insoumis ne peuvent être les seuls. Mais ils sont pour l’instant les seuls pour l’instant, ce qui est triste et terrifiant à la fois.

 

Le cirque parisien de la Macronie

Les élections municipales promettent d’être à la hauteur du débat politique: ridicules et effacées.

A Paris, les macronistes se déchirent sur une proie que l’on dit facile: grâce à Anne Hidalgo et la pression immobilière, Paris se transforme en ghetto bobo-ecolo sur-sécurisé qui aspire chaque matin et recrache chaque soir son lot d’employés miséreux des banlieues limitrophes pour vivre.

La campagne parisienne pour ces municipales est à la hauteur des caricatures. Les crocodiles macronistes se régalent. la ville a sur-voté en faveur de Macron en 2017. Jupiter est l’incarnation parfaite du profil parisien: ni de gauche, ni de gauche. Libéral et libéral.

Mounir Mahjoubi est sans doute le plus drôle. Le gars veut des drones et des boutons d’alerte dans la rue. « Technologie et humanité », il est un résumé de Black Mirror à lui-tout seul.

Villani ne ressemble à rien. Le mathématicien à la tenue curieuse s’est égaré en politique.

Griveaux tient la corde, il a le soutien du monarque et le cynisme des strauss-kahniens. Benjamin Griveaux fut à Macron ce que Frédéric Lefebvre fut à Sarko, un porte-flingue outrancier, menaçant, et menteur. Le voici tout sourire à réclamer un « pacte démocratique » pour Paris, tout en se réfugiant derrière une commission d’investiture de quelques cadres du parti pour obtenir sa désignation. Il a refusé le risque du vote des militants et sympathisants.

Cocasse, n’est-ce pas ?

Griveaux promet de « consulter » pour faire son programme. Il nous refait le coup de Macron: cacher le programme le plus tard possible pour éviter tout débat.

On connait la suite.

Après la Présidence des riches, voici la mairie du ghetto.

 

Chanson du dimanche: « Africa »

3 milliards d’économies sur les petits chômeurs

La voici, cette grande réforme de l’assurance chômage. On y retrouve un gros coup de massue pour les plus précaires « et en même temps » un rabotage pour les plus favorisés des chômeurs. Voici la saloperie habituelle – faire maigrir les maigres et les gras « en même temps ». Devinez qui souffrira le plus ?

Sur les 3,4 milliards d’euros que Macron cherche à économiser sur l’UNEDIC, quelque 2,85 milliards d’économie. seront trouvés sur l’allongement de 4 à 6 mois de la durée de travail sur les 28 écoulés pour pouvoir toucher le chômage.Pour faire bonne figure, la Présidence des riches rogne sur l’indemnisation des hauts salaires: « Les demandeurs d’emploi qui gagnaient plus de 4500 euros brut par mois verront en effet leur indemnisation réduite de 30 % à partir du septième mois de recherche d’emploi » résume Le Parisien.

Il fallait faire le lien avec cette mesure hypocrite annoncée il y a un an: Macron-le-généreux supprimait les cotisations chômage de quelques millions de salariés, tout en basculant une partie du financement de la protection sociale vers la contribution sociale généralisée. Mais cette bascule a été partiellement annulée par les concessions aux Gilets Jaunes. Alors Macron cherche à reprendre ailleurs le cadeau de l’an dernier. Et quoi de plus logique de taper dans l’indemnisation des chômeurs, n’est-ce-pas ?

La Macronista, ignoble à souhait, ressert l’argument sarkozyste, pourtant démenti par les faits: les chômeurs seraient trop bien indemnisés pour avoir envie de retrouver un emploi…. Le cliché a la vie dure, il sert à légitimer la contre-offensive libérale – rabaisser les salaires, assouplir le code du travail, dégrader les conditions des chômeurs.

Au fait, petit rappel: la proportion de chômeurs indemnisés par l’UNEDIC a été dégradé de 10 points en 10 ans: seul un chômeur sur deux est ainsi indemnisé.

Bonne nuit les castors.

 

Chanson du dimanche: don’t