Castaner, le clown dangereux #JusticepourSteve

Il fallait les voir, le premier ministre et son Rantanplan des affaires intérieures, l’air pincé et faussement triste, tous les deux inquiets des conséquences de l’identification du corps de Steve, près de Nantes.

Castaner est si décrédibilisé qu’il faut Philippe à la rescousse. Plus personne n’écoute le ministre de l’intérieur: trop de provocations verbales, trop d’encouragements à la police de frapper fort et dur contre ‘importe quel manifestant; trop d’indulgence avec les mutilations, les tirs de grenades sans précaution, les innombrables vidéos de policiers frappant à plusieurs des civils à terre.

En à peine un an de ministère, Christophe Castaner s’est juché au Panthéon des indignes.

Il a décrédibilisé la police.

 

 

Depuis la nuit du 21 au 22 juin 2019, Steve a disparu après une intervention policière « musclée« .

Nantes, aux alentours de 4h30 le samedi 22 juin. – La fête de la musique se termine sur le quai Wilson et progressivement les différents soundsystems coupent le son. L’un des DJ fait de la résistance et lance un dernier morceau : Porcherie, de Bérurier Noir. La police décide d’intervenir. « Ils nous ont direct arrosés de lacrymos, sans sommation », raconte Gwen de l’asso Media’Son. « Le DJ s’est fait taser », raconte-t-il. « Le reste des troupes a chargé les gens avec les chiens. Ils nous traitaient de sales gauchistes quand ils nous frappaient. » Coups de matraques, tirs de LBD, l’intervention est brutale. Plusieurs fêtards tombent dans la Loire. Quatorze personnes seront repêchées par les pompiers. Mais le compte n’y est pas : Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans, manque à l’appel.(source: Streetpress)

Depuis cette date, aucun des membres du gouvernement ne s’est indigné, aucun élu macroniste ne s’est dit inquiet ou choqué. Il y a eu des manifestations de soutien pour demander une enquête, des reportages de la presse, des vidéos nombreuses, mais rien n’y a fait, le gouvernement s’est tu.

Steve a disparu dans la plus grande indifférence officielle possible.

Dans les heures qui ont suivi les faits, un représentant syndical de la police s’est indigné publiquement des ordres irresponsables du commissaire local, mais rien n’y a fait, le gouvernement s’est tu.

« Cela faisait pourtant plus de 20 ans que les fêtards se réunissaient là chaque année. L’Etat avait donc conscience des risques énormes engendrés par une telle intervention [de la police, NDLR], il n’a pourtant pas hésité. Le message est clair, la répression est en marche ! » Communiqué de la coordination nationale des sound system, 30 juillet 2019

Alors que son corps est enfin retrouvé et identifié, la police publie un rapport de l’IGPN qui dédouane les forces de l’ordre de toute responsabilité.

Sentez-vous cette nausée qui monte ?

Steve est donc mort, et voici des déclarations lénifiantes.

 

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La polémique algérienne – J+8

C’est un jour sans fin, le concours des imbéciles, un engrenage prévisible. L’Algérie gagne et quelques supporteurs de cette équipe multiplient les provocations, qui sont évidemment filmées et relayées pour mieux effrayer les gens sur cette « 5ème colonne« .

Lire les bêtises d’Eric Ciotti fut aussi pénible que cette courte video d’une poignée d’abrutis hilares et supporteurs de l’équipe d’Algérie nous expliquer qu’ils étaient heureux de « coloniser la France ».

La bêtise rassemble, c’est toujours terrifiant.

A Charleville-Mézières, les flics se lâchent, et verbalisent à tour de bras. A Nice, un conducteur de bus flippe et blesse (légèrement) un supporteur. A Evreux, des supporteurs dégradent une statue de De Gaulle. Quand des fans du PSG ou de l’OM avinés commettent pareille bêtise irresponsable, qui en sort une analyse politique ?Un accident de la route, cette fois-ci impliquant un conducteur supporteur de l’équipe d’Algérie, est immédiatement récupéré par la droite furibarde comme s’il s’agissait d’un attentat sur le sol français.

Quels blaireaux…

Au final, une semaine après les faits, on dénombre 200 interpellations.

Nous avons un problème politique et historique avec l’Algérie, plus qu’avec d’autres ex-colonies. Il nous parait collectivement si difficile de le digérer qu’une simple compétition footballistique suffit à raviver ces rancœurs.

C’est d’un triste, et si insignifiant à la fois.

 

 

Chanson du dimanche: Kokoko!

Découvert grâce à la série Face A/Face B des Jours

Féministe ?

C’est en lisant quelques livres et articles, notamment une bio un peu longue mais instructive de Michelle Obama, que la question est revenue: « mais pourquoi faudrait-il être féministe quand on est un garçon? »

Me concernant, c’est venu tôt, mais de façon incomplète. Il n’y a que récemment qu’il me semble avoir compris que l’égalité femme/homme était un sujet autrement plus vaste que la simple courtoisie ou la lutte contre les inégalités salariales.

L’homme fatigue, littéralement. Il nous fatigue, il me fatigue. L’homme me fatigue depuis que je suis né. Il a cette façon si particulière d’avoir à s’imposer aux autres, depuis des millénaires. Placez des hommes dans une même salle – un vestiaire, une salle de douche à l’armée, une réunion de travail. Il y aura toujours un mâle « alpha« . Celui qui exprimera sa virilité et emmerdera les autres. Celui qui roule des mécaniques, celui qui cherche à abimer son prochain, son voisin, pafois son ami. Celui est naturellement homophobe.

Il y a quelques centaines de millions, peut-être des milliards d’hommes qui ne sont pas comme ce modèle dominant, mais c’est ce modèle qui crie, rote, et fait chier son monde qui domine les autres.

Parfois, quand vous pensez qu’un homme est sensible à l’autre genre, voici que vous le surprenez à parler trop fort, à interrompre, à rire gras.

L’homme cache ses faiblesses qu’il a trop nombreuses, il n’a officiellement jamais peur.

Il excuse sa laideur par la virilité.

Il croit bien sûr que « c’était mieux avant ».

Il est convaincu que les femmes sont plus fragiles.

Je pose la question: mais qu’y-a-t-il d’attirant dans tout ça ?

Le patriarcat est sans doute la chose la plus intime que j’ai pu vivre. Alors que j’en suis théoriquement le principal bénéficiaire, il m’insupporte, me hérisse, me fatigue.

Il est ringard, il abime l’Humanité.

Il fait honte.

Mais il existe encore.

Je reste stupéfait, aujourd’hui encore, malgré les « progrès » de l’humanité, de voir combien ce patriarcat résiste.  Et combien les résistances des mâles sont si variées .

 

Ciel d’un jour #76

Chanson du dimanche: Scaterlings of Africa

 

Respect et hommage au Zoulou blanc.