Les médias alternatifs


Un soir il y a quelques semaines, nous étions à l’anniversaire d’u e amie. L’atmosphère était joyeuse, l’assistance populaire, mais l’une des convives, plus âgée encore que moi, ne cessait de regarder son téléphone portable. Elle vérifiait les news, répondait, s’activait. Puis je l’ai reconnu, une journaliste anciennement célèbre. On engage la conversation, et je glisse forcément sur les médias.

« Je ne peux plus lire, écouter, regarder comme avant » lui expliquais-je. Les médias dits traditionnels – les chaînes de télévision, les radios qui trônent sur les podiums, les journaux quotidiens les plus subventionnés – défendent le statu-quo, l’élite, la conservation des privilèges des plus riches, l’entre-soi des puissants. Parfois, ils se donnent bonne conscience avec une enquête par ci, une couverture par là. Au mieux, ils mettent sur un pied d’égalité les intérêts de quelques-uns avec ceux de l’immense majorité des gens. Ils laissent leurs ondes et la place à BHL et méprisent et raillent Jérôme Rodriguez. Ils tremblent quad le ministre de Rugy démissionne car ils ont été de ces repas au homard.

Cette ancienne journaliste est ébahie, alors je répète, je me répète. J’ai commencé à lire la PQN à 15 ans, avec LE MONDE. Puis en Libé, Le nouvel Obs, Politis, L’Evènement du Jeudi, Marianne. Je me souviens de l’Heure de Vérité de François-Henri de Virieu.

30 ans plus tard, je n’en peux plus. Je lis Mediapart, Les Jours, Basta, Reporterre, Lundi Matin, Le Lanceur, le Bondy blog, toujours Politis. Mais aussi Le New York Times, des podcasts. Je préfère écouter Ruffin ou Mélenchon dans leur videos pédagogiques que les petites phrases retenues par le Parti Mediatique. Je feuillette le Monde et Libé. Non pas qu’il n’y ait pas de bons journalistes. Il y a certainement parmi les meilleurs. Mais ils ont une ligne qui ne correspond plus à autre chose qu’un mépris de classe aisée envers le reste du pays.

 

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15 réflexions sur « Les médias alternatifs »

  1. Je lis le « Canard » , le « Diplo »,  » Courrier international  » et le « Dauphiné » . Enfin, dans le « Dauphiné « , plutôt les pages locales et, un peu, les pages nationales lesquelles m’agacent ou me font rire, tellement c’est décalé par rapport à ce qu’on peut observer dans la vie de tous les jours .
    A ce propos, hier, au journal de la Deux, il y avait un reportage sur les camping cinq étoiles . J’ai trouvé réconfortant que certains, ayant pratiqué ce type de camping, en étaient revenus aux deux étoiles parce que « dans ces campings, on discute avec les voisins, on se fait des relations de vacances, ce qui n’est pas le cas dans les cinq étoiles où chacun reste de son côté  » . Mais il fallait être attentif : le reportage était axé sur le côté fric et donc profit, de ces cinq étoiles !

  2.  » …J’ai trouvé réconfortant que certains, ayant pratiqué ce type de camping, en étaient revenus aux deux étoiles parce que « dans ces campings, on discute avec les voisins, … »

    Ma fille a fait la même réflexion
    Bon, ceci dit elle a fait du camping une seule fois et dans le meilleur dès confort.😀

      1. Hélène
        Faut un commencement à tout !
        Ceci dit, lorsqu’on regarde le reportage sur le Cinq étoiles, on se dit aussi que le mot  » camping » est plutôt galvaudé !

        1. je connais un 5 étoiles où il n’a pas de piscine, encore moins de jeux aquatiques, ni de jeux d’enfants, seulement des emplacements de rêve sous des arbres centenaires et le torrent qui les borde.
          Les gens qui y viennent sont des sportifs pour la plupart, vélo, grimpette en montagne. L’ambiance est très sympa, mais pas de barbeucs, pas de fêtes, juste le plaisir de vivre dehors. A vol d’oiseau c’est pas loin de chez toi … mais en voiture c’est pas à côté.

          1. Lorsque je disais que le mot  » camping » est galvaudé, c’est parce que, dans la plupart des cinq étoiles, les emplacements sont occupés par des bungalows . Finis les guitounes et les caravanes .
            A côté de ça, il y a, pas loin de chez moi, un « camping » où les bungalows sont tellement les uns sur les autres qu’on a l’impression qu’il s’agit de baraquements d’un camp de concentration . Mais d’autres sont très accueillants et sympas !
            La qualité de l’accueil, ça dépend beaucoup, à mon humble avis, de la qualité du proprio/gérant !

  3. « Je pratique sans vergogne le délit de sale gueule : tous ceux qui la ramènent dans le poste, sur la toile, sur la moindre tribune, tous ceux qui veulent se vendre, me convaincre, me bourrer le mou, me pédagogiser, qui me font du chantage moral, me prennent pour plus con qu’eux qui ont tout compris, tous ces agents moraux, ces spécialistes, ces infatués auteurs, ces pipoles, ces baratineurs intarissables, ces faux cul, ces lèche-cul, ces groins sonores, journalistes, écrivains, philosophes, chroniqueurs, acteurs, politiques, animateurs de talk-show, etc…, tous ceux qui me prennent de haut ou, encore pire !, pour leur semblable ! etc… » (Louis Watt-Owen)
    http://lamaindesinge.blogspot.com/2018/01/eloge-du-delit-de-sale-gueule.html

  4. @ Juan

    Votre dernière phrase mériterait une petite démonstration, au lieu d’être avancée comme une évidence.

    Et je vois que  » Le Média « , dans lequel vous placiez tant d’espoirs lors de sa création, ne figure plus ( à juste titre ) dans vos lectures depuis les guerres de pouvoir pourtant si prévisibles Chirikou-Lancelin-Miller-etc.

  5. Je lis tout ou presque …ça permet de mieux décoder et de comprendre la manipulation …ou tout simplement de mieux comprendre nos differences…mais parfois ceux avec lesquels on est en désaccord ne sont pas les pires …ils permettent souvent d’aiguiser nos convictions…je cherche avant tout la sincérité…par contre je ne regarde plus la télé pour m’informer ..

  6. En matière de transports ferroviaires, je suis abonné à des revues spécialisées. Ca a pour intérêt de relativiser les âneries de grands médias, même si la bien pensance n’est pas exclue des dites revues .
    Kif – kif en matière d’aviation et de transports aériens !
    En fait, les médias d’informations sont un complément – positif ou négatif – aux observations qu’on peut faire en regardant et écoutant autour de soi !
    Par contre les « éditorialistes  » ne sont, pour la plupart à mes yeux, que le reflet des  » diners en ville  » et, de fait, il y a plus à laisser qu’à prendre
    dans leurs écrits . Les blogueurs sont plus diversifiés, quand bien même on n’adhère pas forcément à leurs points de vues !

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