Le racisme blanc tue.


On se réfugie derrière l’explication facile que l’Amérique a un problème avec les armes. Les tueries successives, le weekend dernier, à El Paso (Texas) puis à Dayton (Ohio) ont dirigé l’attention vers deux points:

1/ Trump a « réhabilité » le clivage raciste en temps que manœuvre politique.

2/ Le libre-port des armes permet aux dégénérés de la gâchette de s’équiper.

Le racisme tue en Amérique plus que le terrorisme islamiste. A ce rythme, il y a aura bientôt plus de victimes des délires racistes blancs que du terrorisme islamiste dans nos contrées occidentales à cause des seules Etats-Unis. Ce racisme qui tue n’est pas du racisme anti-blanc mais le délire de quelques suprémacistes blancs.

Interrogé à la télévision, un professeur noir a eu cette réaction, bouleversante, sur ce que cela signifie de l’Amérique: certains là-bas ont peur, peur de comprendre que leur pays n’est plus ce mythe WASP.

 

10 réflexions sur « Le racisme blanc tue. »

  1. Vos mots sont tristement justes Juan…..je ne suis pas anglophone comme d’autres sans doute. Ça serait sympa de donner un bref résumé de ce que dit ce professeur !

    1. Je vais tenter de vous en faire une traduction :
      « Les États-Unis ne sont pas uniques dans leurs péchés en tant que pays. Pour être honnête avec vous, nous ne sommes pas uniques dans nos maux. Je pense que là où nous nous montrons singuliers, c’est dans le refus de les reconnaître, et les légendes et les mythes que nous nous racontons à propos de notre bonté inhérente pour les cacher, les couvrir, les dissimuler afin de pouvoir maintenir une sorte d’ignorance volontaire qui protège notre innocence. »

      Il rappelle ensuite que le Tea Party de l’époque d’Obama n’était pas uniquement alimenté par un populisme économique, mais était surtout une manifestation de l’horrible fondement du pays (difficile de traduire « ugly underbelly », alors si quelqu’un a une meilleure idée). Il continue en disant que le massacre d’El Paso, où des parents ont brisé les os de leur bébé en tentant de le protéger d’un tireur raciste, n’est que le dernier exemple qui fait les Américains se poser la question : « Oh mon Dieu, est-ce ce que nous sommes ? »

      « Ce que nous savons, c’est que ce pays fait de la politique depuis longtemps sur cette haine – nous le savons. Il est donc facile pour nous de tout déposer sur les épaules de Donald Trump. Il est facile de placer Pittsburgh sur ses épaules. Il m’est facile de placer Charlottesville sur ses épaules. Il est facile de placer El Paso sur ses épaules. »
      Il ajoute, en frappant des mains: » C’est nous ! Et si nous voulons dépasser cela, nous ne pouvons pas en vouloir à Trump. Il est une manifestation de la laideur qui est en nous. »

      1. « Toni Morrison : Discréditer la langue de l’autre est la première chose à laquelle s’emploient ceux qui tiennent les fusils ; quand on a une armée et une marine, on peut dire à l’autre que sa langue n’est pas une langue, que ce qu’il dit tient plus du langage des animaux. Savoir gérer cette position subordonnée par rapport à la langue est un problème fondamental pour tous les peuples dominés. » (dialogue entre Pierre Bourdieu et Toni Morrison)
        https://vacarme.org/article807.html

  2. Triste constat de Floréal (« Quiet days in Kaboul ») sur son blog: « Régulièrement, le gouvernement des Etats-Unis publie une liste des pays à éviter pour les citoyens américains qui désirent voyager.
    Il apparaît pourtant que l’endroit au monde le plus dangereux pour eux reste leur propre pays. En quelques heures, vingt personnes sont mortes au Texas et neuf autres dans l’Ohio, victimes des 250e et 251e fusillades de masse depuis le début de l’année. On compte environ 10.000 morts par an et par armes à feu dans ce doux pays. Même l’Afghanistan est plus sûr ! »

  3. On peut se poser la question des statistiques ethniques aux U.S. utilisées dans le cadre du recensement décennale Elles contribuent certainement à la xénophobie ambiante dans le pays .
    Quand aux armes de guerre que n’importe quel clampin peut acquérir, c’est aussi, et surtout, le vrai problème . Mais la NRA a un tel pouvoir de nuisance politique …!

    1. L’absence de statistiques n’est pas moins contributrice de la xénophobie. J’ai déjà rencontré des gens convaincus qu’il y avait 45 millions de Noirs et d’Arabes en France. Des statistiques leur aurait permis d’avoir une idée plus réaliste des choses, encore que je suis persuadé que certains ne croiraient jamais les statistiques, préférant s’en remettre à leurs fantasmes, et à leur idée que le gouvernement serait complice d’un Grand Remplacement.

      1. La connerie n’a pas de limites, avec ou sans statistiques . Disons que cibler les ethnies, les religions et quelques autres critères tout aussi biscornus, n’arrange pas les choses !

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