La baisse du coût du travail ne sert à rien


Dans le dernier opus de Charlie Hebdo (édition du 16 octobre), Jacques Littauer met en rapport le coût d’une proposition de l’Observatoire des inégalités avec le coût du pacte de responsabilité cher à Hollande et Macron.

L’Observatoire des inégalités propose la création d’un revenu minimum de 860 euros par mois pour une personne seul, 1800 euros pour un couple), ce qui couterait 7 milliards d’euros « bruts » par an (« bruts », c’est-à-dire avant prise en compte de tous les effets économiques et sociaux positifs de la mesure). En regard, les banques et assurances françaises ont touché 14 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales grâce au Pacte irresponsable de François Hollande.

Je n’ai rien contre les banques et les assurances. Elles me rendent bien service. Mais ces deux secteurs ont supprimé des emplois, et massivement.

Pour les assurances, les diverses exonérations discales et sociales ont permis de réalisé près de 4 milliards d’euros d’économies aux compagnies d’assurance entre 2014 et 2018 selon la CFDT ( crédit d’impôt compétitivité emploi, suppression de la contribution exceptionnelle de 10,7% de l’impôt sur les sociétés en 2016, suppression de la taxe de 3% sur les dividendes). Pour les banques, l’économie friserait les 10 milliards d’euros. Au total, sur la période 2014 – 2022, ce sont plus de 19 milliards d’euros économisés pour le secteur.

Quelle arnaque !

Littauer le repète: la politique de baisse du coût du travail ne marche pas, et n’a jamais marché: « les entreprises embauchent quand elles ont besoin d’embaucher. Même sur vous proposez de travailler gratuitement, on ne vous embauchera pas si l’on n’a pas besoin de vous ».

Jacques Littauer est un nouveau venu chez Charlie, un économiste atterré comme nous sommes des citoyens atterrés. Merci pour cette contribution qui fait plaisir.

 

21 réflexions sur « La baisse du coût du travail ne sert à rien »

  1. « Faites helvète ou soyez Charlie » (nân, je déconne; ni ne changera grand chose)

    « Sorry We Miss You » (on vous manque, désolé)
    le dernier film de Ken Loach; ou quand l’intelligence artificiel, inventé par qql humain, vous presse mieux qu’un citron ni oublie de facturer votre envie de pisser.
    Ici le lien de 20 Minutes (ou le Figaro) et la B.A :

    https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2631943-20191023-sorry-we-missed-you-ken-loach-va-guerre-contre-emploi-precaire

  2. Rectificatif la baisse ne sert pas l’emploi mais sert allègrement la finance …donc pour Macron ça sert !!!!

    1. C’est depuis que Pigasse a fourgué ses participations dans le Monde que celui-ci s’aperçoit que le néolibéralisme est LE poison de la société ?
      C’est pas des rapides, au Monde !

    2. Les gens sont en forte demande d’une sécurité au niveau social …il y a de cela en France …le fait de travailler et parfois de bien gagner sa vie n’apporte plus d’apaisement…le déclassement et la pauvreté sont devenus une crainte largement partagée …et petit à petit la crainte de devoir tenir jusqu’à un âge avancé avec des revenus en baisse au moment de la retraite ne peut rétablir l’espoir dans l’avenir …La confiance est perdue par qui sera t elle incarnée …je crains le pire …

  3. « les entreprises embauchent quand elles ont besoin d’embaucher », c’est à dire, si et seulement si leurs carnets de commandes se remplissent. Un patron ne crée pas d’emploi pour le plaisir de créer de l’emploi, même s’il reçoit des subsides de l’Etat. Il n’ouvre de nouveaux postes à pourvoir que s’il fait face à un volume présent ou futur de commandes qui le justifie. En attirant plus de clients, une entreprise en croissance les soustrait à ses concurrents qui eux, ne créeront pas d’emplois, voire, licencierons…

  4. Je doute qu’en s’obstinant dans la politique de l’offre, couplée à la baisse du coût du travail , ça puisse créer des emplois pérennes et , surtout, décemment rémunérés !

    1. Je serai assez curieux d’avoir l’analyse du merdologue sur l’éditocrate des médias milliardaires et les foulards rouges qui chient sur le manant en jaune..

      C’est peut être une science trop récente….

      1. Je me disais aussi qu’il pouvait y avoir une spécialité de niche chez les merdologues, comme l’étude des trous du cul…. et là, il y a des débouchés en duo avec les politologues assurés..

  5. Ce qui m’étonne à propos des études qui commencent à fleurir à propos des transferts massifs de fric public en CICE et en pacte et autre, c’est qu’il faille 5ans pour mesurer l’ampleur de » l’expérience » trafiquée depuis le départ…au nom de la création d’emploi…

    1° les groupes privés pratiquent la consolidation comptable, il est donc très difficile ou, au mieux très aléatoire, de tracer la destination ou les décisions prises avec le « surplus » des aides reçues.. (voir rapport du CICE)
    Des rapports sont produits qui tentaient de montrer clairement qu’il est impossible de savoir ce que deviennent les aides .

    Exemple ; le CIR (crédit d’impôt recherche/développement) de 6 milliards par an dont le rapport du sénat a disparu corps et biens il y a quelques années….. il stressait le MEDEF ?

    2° des expériences de tout type en aide existent, puisque les aides aux entreprises sont estimées de l’ordre de 200 milliards depuis des décennies tout en constatant depuis tout ce temps des sorties massives de personnel ..

    sans oublier la mise au feu du droit du travail pour déstresser le MEDEF 😀

    Quant à l’emploi, je rejoins évidemment l’évidence ci dessus, présentée par Robert, avec une précision supplémentaire qui veut que la concurrence sans amortisseurs entre des territoires au coût horaire de 5€ avec d’autres de 35 € ne peut virer qu’aux bidonnages sociaux, fiscaux du » moins disant » qu’on observe aujourd’hui…

    Faut être éditocrate mercenaire, ou corrompu comme un gouvernement des groupes privés, ou intégriste de l’escrocfinance, pour croire au miracle de la création d’emploi par des crédits d’impôts..

    1. Évident au niveau microéconomique. Dans la macroéconomie, la conjoncture d’ensemble est le vrai créateur d’emplois, or les aides d’Etat vont aux entreprises au lieu de la conjoncture. Ses allègements de charges sont de pures aubaines pour des entreprises multinationales qui ne font rien pour dissiper la confusion.

  6. Bien joué, bien vu gaziers et gazières, mais vous l’savez c’est au-dessus de mes moyens.
    Sauf bien sûr les liens aux analogies, annales quotidiennes (et) du trou de balle; hahah! merci.
    Sérieux l’ambition ne s’embarrasse pas de sentiments (héhé, ni ira en s’arrangeant)
    La finance ? ainsi le pouvoir, le militaire zen ou l’autre éternel à égalité: auto disculpé sin problemo; ni s’excuse.
    Aucun but se justifie s’il ne s’acquitte pas.
    Bref disait Sisyphe ou Pénélope, j’en remets une couche,
    /séquence cinéma; British n’empêche pas qql éducation:

  7. En 1 mn25s, Jean Paul Chapel, commentant, au journal du soir de France 2, les chiffres INSEE de la pauvreté , a flingué froidement les « éléments de langage  » gouvernementaux . ( Cf Denis Robert sur le « Média . ) !
    Pour une fois que la télé publique fait son boulot d’information, c’est à marquer d’une pierre blanche !

  8. Un tweet de Vogelsong drôle et bien vu :

    « On va entamer la troisième semaine complète sur le voile.
    Depuis on a réglé les questions de pauvrete, d’inégalités et de climat » 😀 
    (Vogelsong Twitter)

    1. Et dont certains, tel Pépy, pulvérisent leur seuil d’incompétence dans le domaine dont ils ont la charge . Parce qu’enfin, avoir plombé Fret SNCF, laissé le réseau classique en friches, ne même plus arriver à rentabiliser le TGV, délaissé la sécurité pour des économies de bouts de chandelles, c’est pas glorieux du tout !
      Bon, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, ce sont les sociétés privées qui se frottent les mains . Alors, un esprit mal tourné comme le mien y verrait une forme de sabotage organisé .
      Mais j’ai l’esprit mal tourné !

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