La fin des blogs


Cela fait longtemps que je ne me suis demandé pourquoi bloguer. Les blogs politiques, ces alternatives au discours médiatique dominants, sont morts ou affaiblis, comme les blogs en général. Il faut lire à ce propos le récit historique de l’ex-blogueur/influenceur @mry qu’il m’est arrivé de croiser à la regrettée et estimée émission Des Cliques et des Claques qui me réjouissait tant. Nicolas, un ancien blogueur politique, en parle aussi régulièrement, et encore récemment pour chambrer un ami. Les blogs ont été emportés, noyés, effacés, supplantés par les réseaux sociaux, ceux-là même qui encombrent désormais nos vies de centaines de notifications quotidiennes. Comment voulez vous survivre parmi les milliers de messages de Twitter ou Facebook ? Comment pouvez vous lutter contre Youtube, SNAP ou FB Watch ?

Les blogs politiques ont disparu, mais quelle importance ? L’ampleur des échanges sur les réseaux sociaux, au point que l’on s’inquiète des manipulations massives, révèle que le mouvement échappe à tout le monde. Certain(e)s d’entre nous continuent d’écrire non parce qu’il s’agit de s’accrocher, mais parce qu’on en éprouve le besoin. Je n’écris plus comme avant, même si la période ressemble fichtrement à la Sarkofrance qui n’avait fait sortir de mes gonds. Je ne chronique plus pour l’audience, ni pour convaincre les foules, ni pour contre-carrer le parti médiatique. Mon rythme s’est ralenti. Le quinquennat de Hollande a finalement été désagréable puisqu’il a fallu se chercher, puis se détacher, puis s’opposer.

 

Je chronique car j’éprouve ce besoin d’écrire le récit de ce que je vois et comprend. Comme dans une course de fonds. Parfois, je me fatigue, je suis tenté de cesser la course. Puis un fait d’actualité me rattrape. Ou la lecture d’un ouvrage. Et je pense à ce moment, plus tard, quand je pourrai regrouper ces textes et revivre cette période historique, stupéfiante.

 

14 réflexions sur « La fin des blogs »

  1. Perso, j’écris pour archiver mon avis en plus de 280 caractères. Twitter c’est bien mais bon.
    Je ne blogue pas pour l’audience, ni pour convaincre, juste pour le plaisir de poser sur une page – numérique – mes réflexions du moment. Que ça sorte pour passer à autre chose, une sorte «thérapie personnelle» pour ne pas s’embourber dans des cogitations alambiquées. Après édition, le sujet est évacué et je me sens bcp mieux. Libre.
    J’écris moins, mais toujours, pour m’en servir +tard si besoin dans une bonne écriture beaucoup plus globale.
    ▪️Longue vie aux blogs!

  2. Il me faut maintenant une loupe pour vous lire cher Juan mais c’est toujours avec le même plaisir et la certitude qu’avec vous je continue d’apprendre malgré le temps qui passe .Merci pour tous vos billets, continuez à donner votre avis.

  3. Aujourd’hui où la politique n’est plus qu’un souvenir, les blogs resteront les témoins de cette époque.

    L’histoire vue d’un autre angle que celle de la pensée unique.
    Objectif autrement supérieur à la simple critique politique.
    Et vous avez superbement travaillé à cela sans le savoir.

  4. Les réactions d’émotion à la seconde, en moins de 50 mots, ne conviennent pas aux blogs, ça c’est sûr..

    De toute façon, si ça continue, pour exprimer la contradiction au régime de la réprivé faisandée, va falloir prendre le maquis et réapprendre le morse.

  5. On s’ exprime mieux sur un blog car on a pris le temps d’écouter, d’observer et de réfléchir !
    Ensuite, ma foi, tout est question de ressentit !

  6. Blogophile je suis et resterai 🙂 Plaisir et liberté de choisir des blogs sympas, indispensables ou futiles, de lire, de prendre son temps, de commenter les articles et de partager !
    Les réseaux sociaux ont leurs limites que les blogs n’ont pas.

  7. De mon point de vue, le blog de Juan (les semaines) a opéré une mue salutaire et se démarque du « blog politique », par de fines et documentées analyses chiffrées des opérations de rafle des escrocs.

    Marron et sa bande de mercenaire des groupes privés ne fait pas de politique mais de la comptabilité à la petite semaine.
    Les demeurés de la start up nation, ne dirigent pas un pays sur le temps long, qui doit prendre en compte la démographie, la succession de générations, mais se préoccupent de l’efficacité de la ligne X ou Y de budget pour la rendre « efficace » à la fin de l’année en cours..

    Expliquer ce qui se passe aujourd’hui par le prisme politique de gauche-droite et ses cinquante nuances, ne signifie plus rien..
    D’ailleurs les politologues professionnels qui voient le danger de dissolution de leur métier essaient péniblement de faire gober au peuple la nouvelle alternative :

    « extrème centre  » en marche et la récupération des radeaux des migrants de LR, PS, PC et leurs nuances

    contre

    extrème droite et gauche populistes et tous ceux qui ne se rallient pas aux escrocs…..

    selon la formule du mercenaire des banques ; « qui n’est pas pour moi, est contre moi »

    1. « le blog de Juan (les semaines) a opéré une mue salutaire et se démarque du « blog politique », par de fines et documentées analyses chiffrées … »
      C’est exactement ça.

      Il devrait les faire relier, comme devraient le faire ceux qui n’ont pas la même conception des choses, mais qui auraient une vision hors cadre politico/médiatique.

      Important pour les générations futures.

  8. «Il y a des gens qui pensent que pour changer les choses, il suffit de constamment juger et critiquer les autres»
    Barack O (la semaine dernière)

    Peut-être, le blog échappe t-il davantage aux vilenies..
    ni douter que certains soient spécialisés; ni nécessairement visités: l’imagination suffit (le singe que je suis tente parfois d’imiter ceux de la sagesse, en masquant tantôt les yeux, la bouche ou les oreilles; reculer pour mieux sauter ?)

    Autres technologies prennent le relais, la génération suit.
    L’âge du capitaine et de ses passagers ?
    les Coulisses, par ex., n’en sont pas exemptées, ni partout où passe le temps, va et vient, inconstant, donc il arrive aux acteurs, aussi aux objectifs de changer de bivouac.
    Ou de disparaître.

    J’ai le souvenir, au tout-début, d’une expression supplantant qql idéologie, plus sûrement la mienne:
    – « échange et partage », devenue caduc (tout va si vite)
    Pourquoi la plaider, il y a tant d’urgences, fuites de gaz, ..avant inexistantes ? et si peu de sparadrap.

    Mais pas d’andouilles ! autre explication de défection: trop nombreuses ou pas assez ?! (hello mr Nicolas)
    La libre ou l’unique pensée n’y est pour rien, les deux ont de l’avenir (cf. leurs passés; d’ailleurs une de mes affections pour « le sport », ..le meilleur gagne, Et on recommence)

    Analogie du bistrot ? ouiz, ou des « radios libres », fin 70’s, ont-elles donné un ton ? ouvert une voie ? un peu des deux.
    Tiens, formulé au passé composé.
    Reste à trouver le mythe (sans lui on est rien)

    Bien sûr: « se raconter c’est raconter »,
    la personne, en gnl, est moins paumée avec elle même, Et ce que ou qui il croise.
    Le narcissisme, la vanité (etc) ne sont pas obligés.
    Je dirais bien: « faites-vous plaisir », mais par expérience je sais la phrase contrariante, donc condamnable.
    ..qu’est-ce qu’on s’marre ! avis perso, évidemment.

    Dans ‘chacun’ y a tu, il, nous, vous, elles, et JE l’estime.
    Marotte, archive ou catharsis: untel a une opinion, souvent fâcheuse, genre sévère ou complaisante, sa vérité et raisons, spirituel ou technique, humour ou susceptible.
    Un autre est messager ou l’ingurgite, brave ou craintif, confiant ou bilieux, sinon vindicatif.
    L’aigri, l’amer, ..ni me taper le dictionnaire des caractères, adore le réseaux.
    Sans oublier le conseilleur, en principe radin.
    Zen, ..nous sommes tous un peu de toussa.

    L’un veut vaincre le monde, elle gagner la paix.
    Ah oui de tout ! c’est divers en toute saison.
    Chouette !?

    Nous croisions l’individualisme (il se porte bien, merci) le critique -appréhender une valeur- lui immuable, prend le raccourci confortable (pourquoi tarder) du mépris ou de l’arrogance; ça se marie.
    Eh hop! on se sent mieux. Merveilleux.

    J’aime le blog (yo, 65 ans) billet ou chronique, lui Est multimédias !
    Et on y souscrit (débattre) ou pas.

    Serais-je lassé de redire les mêmes âneries aux mêmes gaziers et gazières ?
    ainsi qql « merci Juan », aussi étanche mais perfectible que nous tous (c’est un compliment)
    ..peut-être,
    celui qui n’a jamais eu un coup de mou frisant l’abandon me jette son clavier (ouille)

    ps, je négligeais deux mots: besoin et sensibilité; voilà.
    Et signer de mon pseudo: ti suisse,

  9. Meeeeuh non, les blogs ne sont pas morts : rien que sur le billet hebdo, y a un quidam qui représente 50% des commentaires .
    Bon, pour ce qui est de la qualité des dits 50% de commentaires…!

    1. C’est bien triste l’acharnement dont fait preuve le viré de mon frigo pour dénigrer Juan sur les blogs de Dgoux et de Jégoun… Il ressort de ses commentaires qu’il est toujours très vexé de son éviction des Coulisses… et ne sait plus trop quoi évoquer pour contraindre Juan à le reprendre…
      Il y a des limites, il serait mieux que ce blog ne soit plus jamais pourri par des trolls méprisants et prétentieux tel que votre quidam…

      «  Les Coulisses de Juan » est un blog libre et de qualité que j’apprécie et que je suis régulièrement depuis plus de dix années. Merci Juan, courage pour continuer, et surtout ne changez rien à votre ligne d’expression.

      ***

  10. Quelques blogs politiques suivent cette tradition d’hommes et de femmes politiques adeptes du « Girouettisme », avec cette devise « Je vole au secours du vainqueur », mise en exergue dans le journal « Le Nain Jaune » dés 1814.
    Il est vrai que Macron, avec son « ni gauche, ni droite », a su utiliser l’arme du girouettisme. Cette tactique « imposant des rotations de cous incessantes de droite à gauche (…) permet d’éjecter du manège ceux qui désirent garder leurs principes et rester la tête droite. On les fait passer pour des retardés, qui ne comprennent pas la marche du temps et qui s’enferment eux-mêmes dans leur camisole idéologique, incapables de chausser les nouveaux godillots de la République pour se mettre en marche derrière le chef. » (Pierre Serna)

  11. Y a, au moins, un truc sur lequel on peut être d’accord avec le petit marquis : l’OTAN est  » en état de mort cérébrale  » . En fait, l’OTAN est mort depuis la fin de la guerre froide mais les Américains en ont besoin pour justifier leur politique impérialiste !

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