Vivons nous en autocratie ?

Le gouvernement veut expérimenter la reconnaissance faciale dans les lieux publics et pour se connecter aux services publics. Elle est déjà très répandue ailleurs, notamment au Royaume Uni. Et en Chine. Choisissez votre modèle.

Cette nouvelle est triste comme ce régime.

Il n’y a aucun plaisir, aucune satisfaction à entendre que cette « expérimentation » soit le cours normal des choses. J’ai peu d’ami(e)s qui s’inquiètent de l’envahissement sécuritaire que nous vivons. J’entends certains m’expliquer quand tant qu’on a rien à se reprocher,  tout va bien. C’est exactement l’argument des régimes autocratiques. La démocratie consiste à l’inverse, la liberté et l’égalité, l’équilibre des pouvoirs. Il n’y a pas d’équilibre des pouvoirs quand le pouvoir de l’Etat devient hors de portée, hors normes, absolu.

J’ai un iphone X pro depuis un an. Il fonctionne avec la reconnaissance faciale (« FaceID« ). Pour rassurer ses utilisateurs, Apple a expliqué ceci:

« Les données de Face ID ne sortent jamais de votre appareil et ne sont jamais sauvegardées sur iCloud ni ailleurs. Ces informations ne sont transférées depuis votre appareil que dans le cas où vous souhaitez fournir des données de diagnostic Face ID à AppleCare pour obtenir une assistance. Même dans ce cas, les données ne sont pas envoyées automatiquement à Apple. Vous pouvez passer en revue les données de diagnostic avant d’approuver leur envoi. »

Il y a cette précaution, artificielle, selon laquelle on serait libre. Avec Apple (ou les autres GAFAS), peut être, peut être pas.

Avec l’Etat, jamais.

Dans notre régime actuel, on peut être arrêté, emprisonné, interdit de manifestation, interdit de visite, interdit de déplacement sur simple soupçon de « menace contre l’Etat« .

Où sommes nous ?

 

 

Chanson du dimanche: Buena Vista Social Club

Retraites, le braquage

Les camarades d’Osons Causer ont toujours la bonne pédagogie, et avec de l’humour en plus.

 

Travailler jusqu’à 65 ans

J’avais fait mes calculs avant la réforme des retraites de Macron. A cause de Sarkozy, puis (un peu) de Hollande, il fallait que je bosse jusque 66 ans. Mon premier boulot date de mes 23 ans. Comme je suis cadre, j’aurai 7 ans d’espérance de vie supplémentaire en moyenne qu’un ouvrier.

Avec Macron, je découvre comme d’autres que tout le monde sera logé à la même enseigne, bosser jusque vers 65 ou 67 ans sauf à perdre en pension. Le gouvernement a publié un « simulateur ». Il est truqué car il a calculé ses estimation de revenus futurs et donc de retraite sur la base de progression salariale que l’on a pas atteinte depuis plus de 10 ans.

Malgré ce trucage, les retraites sont prévues à la baisse avant 65 ans.

Toutes les retraites de la génération 1980.

Régime spécial ou pas, le gouvernement anticipe une baisse des retraites avec sa réforme par rapport à aujourd’hui.

Un exemple ?

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Joyeux Noël.

 

Chanson du dimanche: c’est un rebelle

Corbyn, Mélenchon et l’antisémitisme

Le billet de Mélenchon après la défaite du Labour a fait jaser, non pas pour le jugement politique mais pour sa critique de l’attitude de Corbyn vis-à-vis des accusations d’antisémitisme.

Mélenchon a écrit ceci:

« Au lieu de riposter, il a composé. Il a du subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires. »

Puis il a conclu un peu plus loin par ceci:

« En tous cas je n’y céderai jamais pour ma part. Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogante des communautaristes du CRIF : c’est non. Et non c’est non. »

La droite conservatrice s’est empressé de plonger dans le panneau. Ainsi Christophe Castaner a-t-il accusé Mélenchon d’antisémitisme. Aux Etats-Unis, le même faux procès est adressé à Bernie Sanders, qui est par ailleurs juif et dont la famille a été déportée par les nazis dans les camps de la mort.

L’accusation est facile, elle sert à discréditer. Elle est infondée, mais elle permet de frapper les esprits faibles dans un monde où certaines opinions se forgent sur un tweet, une demi-phrase ou une micro-séquence.

Claude Askolovitch, dans un très bon billet, pense qu’il ne faut pas attaquer le CRIF en tant qu’institution. Je ne le crois pas. Au contraire, le CRIF défend sans recul depuis trop d’années la politique d’extrême droite du gouvernement israélien.

Mélenchon défend que Corbyn n’est pas antisémite. Qu’importe, Corbyn a laissé prospérer un climat nauséabond au Labour Party qui a attisé des haines qui, elles, étaient antisémites.