Ce qu’ils disaient de l’hôpital public…

Il est temps de relire ces articles qui écrasaient, fustigeaient, raillaient, moquaient les fonctionnaires et « ceux qui ne sont rien ». Il est temps de s’en rappeler, d’abord parce que nous avons le temps du confinement, ensuite parce que c’est à chaud que les esprits évoluent.

CAPITAL, décembre 2018 – « Fonctionnaires : leurs heures sup’ nous coûtent une fortune« 

RTL, débat le 20 avril 2016 – Hôpitaux publics et absentéisme : faut-il rétablir le jour de carence ?

IFRAP, Agnès Verdier-Molinie : « Cost-killing : Ces administrations où les dépenses pourraient être réduites sans atteindre à la qualité des services publics »

 » Supprimer le jour de carence maladie dans la fonction publique hospitalière entravera leur lutte contre l’absentéisme des salariés.  » IFRAP, mai 2013

On a aussi oublié Fillon qui déclarait: « Vous voulez que je fasse de la dette supplémentaire? » à une infirmière à bout.

Ou Manuel Valls, en avril 2014: « Le gouvernement veut réaliser 10 milliards d’euros d’économies dans la santé d’ici à 2017 »

Ou bien: «l’hôpital ne souffre pas d’un manque de moyens», Sarkozy, janvier 2009

« L’hôpital doit se transformer, il y aura moins de lits, plus de chirurgie ambulatoire » Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, avril 2012

Et enfin quelques chiffres, en rappel.

De 2013 à 2018, 17.500 lits d’hospitalisation complète ont ainsi été fermés, soit une baisse de « 4,2 % en cinq ans », selon ce rapport. Et entre le 31 décembre 2017 et le 31 décembre 2018, soit lors de la deuxième année du quinquennat d’Emmanuel Macron, 4.172 lits supplémentaires ont bien disparu, passant de 399.865 à 395.693 (-1 %, la Drees ayant arrondi le chiffre à 396.000). (source)

Chanson du dimanche: tu seras ok

Avez vous peur ? #COVID-19

Bizarrement, pas moi. Et pourtant je suis hypocondriaque, à tendance asthmatique, je déteste être souffrant, je fais tout un cas du moindre rhume. Mais là, je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à craindre ce virus pour mon propre cas personnel. Je le crains pour mes proches – mon père, assesseur, sans gout ni odorat pendant 10 jours; ma mère, seule dans son appart – mes beaux parents à l’autre bout du pays, ma famille et mes amis qui vivent aux Etats-Unis où le Clown de la Maison Blanche laisse la grande catastrophe arriver ; la nouvelle Grand Crise qui détruit mon employeur, mes amis indépendants du jour au lendemain privé de tout revenu.

Je vois bien l’inquiétude de mes Racailles.

La soudaineté de ce confinement et de ses conséquences n’a d’égal que mon énervement contre l’impréparation du gouvernement, contre son insistance à tenir des élection qui coutera la vie à des centaines de citoyens, contre celles et ceux qui réclament le soutien de cet Etat qu’ils dénigraient encore hier.

Macron est loin d’être le plus responsable ou le plus odieux, mais il est au pouvoir, il n’a rien fait sauf aggraver la situation. J’espère que cette crise replacera les curseurs politiques là où ils doivent être : la solidarité et l’environnement.

Les insoumis ont publié 11 propositions. Certaines prolongent des mesures annoncées par Macron. D’autres, plus nombreuses, sont urgentes. Au regard des milliards soudainement votées pour sauver l’économie (ah le MEDEF qui réclame des nationalisations… ), ces mesures n’ont rien d’anormales, elles paraissent presque évidentes.

 

 

Chanson du mercredi : ceux qui sauvent des vies

#Confinement

 

Manu Dibango

Je suppose qu’il va falloir s’habituer à ces disparitions.

Tous notés

Confinement oblige, j’avais commandé quelques livres pour le weekend à la FNAC, livres rapidement livrés, et voici que je reçois un email de Chronopost me demandant de noter … le livreur. Ce n’est pas la première fois, mais j’avais oublié. Je commande peu de livres en ligne (peu de livres tout court, la grande lectrice est ma chère et tendre qui dévore quatre ou cinq livres par semaine).

Dans ma livraison, il y avait la dernière édition de la Revue Dessinée, un chouette trimestriel qui publie des enquêtes et reportages… mais en bande dessinée. Et justement, le premier sujet du numéro de mars est sur les notations des gens devenues systématiques dans nombre de secteurs et d’entreprises.

Je me suis surpris à relever toutes ces entreprises que j’utilise plus ou moins régulièrement et qui demande à ce que l’on note leur service et/ou leurs collaborateurs (et vous ?)

fnac

amazon

G7

Uber (que j’utilise à l’étranger)

sncf

chronopost

laposte

Apple

Booking

air france

orange

ameli

edf

les toilettes de ma gare SNCF

 

A chaque fois, je dis que je suis ravi. La notation systématique est l’un des travers de l’esclavage  consumériste moderne, une bêtise de consultants.