Tous les articles par Juan S.

L’après-débat

Il fut moins chiant que prévu, ce premier débat du premier tour de la présidentielle.

Que pouvions-nous retenir ?

Hamon, sympa, hors sol, motivé mais pas là. Hamon voulait nous convaincre qu’un autre futur était possible, sympa, joli, beau.

Mélenchon fut simple, direct. Son message d’introduction fut râté. Mais après, il a emmené le débat. Il a clarifié. Il n’était ni Chavez ni Staline. Il fut courtois avec un Hamon bien en peine mais sympathique. Il fut offensif contre Le Pen. Il fut direct avec Macron. Melenchon était loin des caricatures de lui que d’aucuns propagent. Il était ce prof parfois fatigué d’avoir à rappeler des évidences.

Le Pen, coincée dans sa xénophobie, coincée jusqu’au bout. Même quand elle parle d’écologie ou d’agriculture, elle fustige l’Etranger. Son « moment  » immigration fut orgasmique. On entendait Chatillon ou Loustau faire un pogo en coulisses.

Macron, « premier de la classe« , fut nul sur son programme, une gigantesque ventilation, un long moment gênant. Il veut prolonger la loi El Khomri. Il veut aller « plus loin » que Fillon. Mais Macron fut bon, très bon, quand il fut attaqué par Marine Le Pen. Son image joue pour beaucoup.

Fillon, le visage pincé, la croix au-dessus de la tête. Le candidat de la droite, mouillé dans des affaires qui ont révélé sa cupidité, était constipé, minoritaire et braqué.

Les bons moments

Il y eu quelques moments, trois au moins, où l’on a vu que Macron, Hamon et Mélenchon étaient irréconciliables avec Fillon et Le Pen. Et c’est sans doute que ce que je retiens:

D’abord ce moment, nécessaire, quand Mélenchon rappela que seuls Fillon et Le Pen étaient visés par des enquêtes pour détournements de fonds.

Il y a eu ensuite ce moment où Le Pen a éructé sur la laïcité. Elle fut taclée sur le concordat alsacien. Le Pen dut concéder que sa conception de la laïcité ne concernait évidemment que l’islam.

Quand Fillon a expliqué la suppression des heures sup (i.e. des 35 heures), nous avons eu un moment savoureux. « Quelle est votre référence légale pour les heures sup ? » a demandé Macron. « Il n’y aura pas de référence légale » a répondu à contre-coeur Fillon. « Les gens, ce gars vous prend 4H » a complété Mélenchon à propos de Fillon.

Ce débat a eu aussi son lot de surprises: Marine Le Pen fut mauvaise, taclée, coincée, parfois ridiculisée. Macron parut éteint la plupart du temps. Hamon était sympa mais plus lunatique et hors sol que toutes les caricatures que l’on a faites de Mélenchon.

 

Mélenchon, la force tranquille

Le rassemblement de la France insoumise a dépassé les 100 000 participants samedi 18 mars à Paris. Si nous étions fillonesques, nous dirions qu’ils étaient 3 millions. Contentons-nous de 100 ou 130 000, un joli score.

Un score hors d’atteinte pour le candidat socialiste qui pourtant s’obstine à poursuivre sur la base de sondages à peine favorables.

« Entre Bastille et République, Mélenchon réussit son pari » (Le Monde)

« Démonstration de force de Mélenchon, pression maximale pour Hamon » (Le Parisien)

« Présidentielle, Jean-Luc Mélenchon monte en puissance » (La Croix)

« Mélenchon remet sa candidature en marche » (Les Echos)

 

Cette manifestation, calme, simple, massive, fut une réussite.

Bravo aux organisateurs.

 

Bien sûr, il y aura les grincheuses et râleurs, les effrayés devant ces appels à l' »insurrection » (mon dieu !). En 2012, Mélenchon avait réussi pareil succès au même moment dans la campagne, dans une autre campagne qui était d’abord un référendum contre Sarkozy. Les temps ont changé. Il s’agit d’éviter le faux dilemme que Hollande, Macron, Valls, ou Juppé préconisent, ce tête à tête entre l' »UMPS » et le FN.

Ce scenario, également souhaité par le Front national, est le pire, la fin de la République puisqu’il signifierait la fin de tout débat politique.

Mélenchon a montré ce samedi 18 mars que l’on pouvait refuser ce destin.

 

 

 

 

Chanson du dimanche: Saint James Infirmary

Une chanteuse disparue il y a tout juste vingt temps, une grande voix.

 

Merci à La Revue Dessinée

Ne te trompe pas #presidentielle

On peut douter de #Macron.

On doit douter.

Le candidat assure la brillante relève de Hollande. Voici le cercle des jeunes juppéistes qui le rejoint.

On peut s’amuser aussi.

 

Fillon sifflé, Macron inquiet, Le Pen cachée

Marine est au courant de tout. C’est le titre d’un ouvrage de deux journalistes, de Marianne et Médiapart. La blonde présidente est mal entourée. Ses amis les plus fidèles se rincent sur de juteux contrats de com’ pour le FN, trinquent au Reich et « négationisent » tranquillement. Même Louis Aliot s’en émeut sur Twitter.

La suite, s’il y a une suite, se déroulera dans un procès pour détournement de fonds de public ou abus de biens sociaux.

Emmanuel est au courant de tout. Une affaire toute bête, l’une de celles auxquelles on ne fait pas gaffe quand on navigue dans les sommets, entre grands de ce monde. Il était encore ministre, et décida à la dernière minute de faire une belle soirée avec notre argent lors d’un show high-tech à Las Vegas, cela ne s’invente pas. Le budget, faramineux pour un exercice aussi vain, 380 000 euros, fut confié sans appel d’offre à Havas. Le directeur de communication de Macron était chez Havas au même moment.

La vie est belle.

François est au courant de tout. Ses costumes offerts, l’enveloppe parlementaire versée à ses enfants qui lui reversent en retour, les conférences rémunérées par des labos, les vols en jet de la République pour rentrer le weekend dans la Sarthe, etc, etc. François sait tout, mais il ne comprend pas pourquoi on le siffle . Il était encore jeune quand Chirac recevait des valises de billets, ou faisait employer des cadres du RPR par la Mairie de Paris.  François sait tout, mais il ne comprend pas pourquoi on n’écoute pas quand il promet l’impunité zero, la lutte contre les « voyous », et une charte contre les conflits d’intérêt.

La vie est belle.

Le problème Fillon

Imaginez qu’il soit votre candidat naturel.

Il a embauché sa femme avec de l’argent public pour un salaire de cadre sup.

Il a embauché ses deux enfants étudiants , mais la fille moins  cher que le garçon, avec de l’argent public pour un salaire de cadre sup également.

Il s’est fait offrir pour 33 SMICs de costumes taillés sur mesure.

Il a facturé des prestations de conseil à des labos avant de suggérer de privatiser la Sécu.

Il a bénéficié d’un prêt de 32 fois le SMIC, sans intérêt, par l’employeur de sa femme.

Sa femme est soupçonné d’emploi fictif à deux reprises.

Il a utilisé le jet de la République pour se rendre à la maison, à deux heures de train de Paris.