Tous les articles par Juan S.

Pourquoi et comment Tsipras dérange jusqu’à Jacques Sapir

Alexis Tsipras casse les codes d’analyse fréquemment utilisé ici ou là en France.

C’est un leader présenté de la gauche radicale. Tous les commentateurs politiques français l’ont fait,  gauche comme à droite. Pour celles et ceux qui se sentaient simplement de gauche, Tsipras était simplement de gauche. Quand Tsipras a cédé au diktat européen, il est soudainement devenu l’homme de gauche pragmatique. Les europhiles français eurent toutefois besoin d’enfoncer l’homme et d’insister sur son échec. Il fallait que #TINA l’emporte.  De leur côté, les gauchistes étaient sonnés, tristes, en colère ou solidaires. Tsipras, en France, n’avait plus les mêmes soutiens.

L’échec en politique existe. Tsipras n’a pas échoué parce que son programme était théoriquement mauvais mais parce que le rapport de forces lui était défavorable. Nous avons dans ces colonnes et ailleurs toujours insisté sur ce B-A-BA de la politique – le rapport de forces. La réalité politique n’existe qu’en fonction des rapports de forces qu’on n’arrive à créer. Ces derniers sont aussi importants que les idéaux. Certains, à gauche, l’ont oublié. D’autres, à gauche, ne pensent plus qu’à ça. Tsipras nous rappelle que la politique est une affaire d’équilibre.

En Grèce, à la différence du gouvernement français depuis 2012, Tsipras s’est battu, il a essayé. Tous ne peuvent pas dire autant.

Il a échoué, pour l’instant. C’est la vie, c’est comme cela. L’accord qu’il a accepté pour la Grèce est inacceptable. Il doit être combattu. Celles et ceux qui se réjouissent de l’échec au nom d’une mauvaise real-politik ne comprennent pas les dégâts que l’échec de Tsipras a fait à l’idéal européen. On retiendra que les services publics de la Grèce seront vendus à des entreprises étrangères au motif qu’il faut privatiser pour rembourser.

En Grèce, on surveillera le score d’Aube Dorée. Ailleurs en Europe, l’échec de Tsipras et le Diktat européen ont déjà fait d’autres dégâts. On lit ici que Jacques Sapir s’est décidé à souhaiter un rapprochement avec Le Pen.

« La présence de Jean-Pierre Chevènement aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan lors de l’Université d’été de Debout la France est l’un des premiers signes dans cette direction. Mais, ce geste – qui honore ces deux hommes politiques – reste insuffisant. A terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. Il faut comprendre que très clairement, l’heure n’est plus au sectarisme et aux interdictions de séjours prononcées par les uns comme par les autres. La question de la virginité politique, question qui semble tellement obséder les gens de gauche, s’apparente à celle de la virginité biologique en cela qu’elle ne se pose qu’une seule fois. Même si, et c’est tout à fait normal, chaque mouvement, chaque parti, entend garder ses spécificités, il faudra un minimum de coordination pour que l’on puisse certes marcher séparément mais frapper ensemble. C’est la condition sine qua non de futurs succès » Jacques Sapir (lire la suite)

Sapir évoque une « virginité politique » à gauche. Le viol des principes démocratiques et républicains qu’il réalise en envisageant de travailler avec les héritiers du pétainisme franchouillard au motif que ces derniers s’opposent comme lui à la construction européenne est hallucinant. La question des relations avec un parti comme le FN ne se pose pas. Point barre.

Cette crise a cassé l’Europe. Il est aussi terrifiant d’imaginer que l’image européenne est suffisamment abimée pour que certains envisagent donc un rapprochement avec des nationaux-socialistes.

Les europhiles béats, du PS à l’UDI et ailleurs, doivent le réaliser.

 

Helmut Newton, ou Alice Spring

Helmut Newton est mort il y a quelques temps déjà mais nous avons un bel album de ses photos qui trône dans la salon. Le photographe a saisi des gens, des célébrités, parfois nues, parfois pas.

J’ai découvert Newton il y a 30 ans.

Avec cette photo:

A 2637

Son épouse, June, a fait enfin l’objet d’une rétrospective cet été à Paris. Elle était aussi photographe, sous le pseudo d’Alice Spring.

Bilan de vacances.

Comme d’autres confrères et consoeurs, j’écris moins pour toutes sortes de raisons. Des tourments professionnels n’y sont pas étrangers.

L’attentat contre Charlie a maintenu Sarkofrance à flots. J’avais décidé d’arrêter au 400ème billet hebdo, l’attentat eu lieu justement à ce moment là.

Bref.

J’écris parce qu’il est amusant, risqué, enrichissant, de poser ses pensées par écrit puis de lire des commentaires et des réactions. J’écris parce que cela nourrit des échanges. J’écris parce que je sais que mes enfants, liront tout cela plus tard.

J’écris parce que j’espère aussi que quelqu’un reprendra Sarkofrance au moment des élections de 2017. J’en parlerai plus tard. Je ne sais pas comment aujourd’hui pouvoir envisager de faire campagne.

2017, 10 ans.

Bien suffisant.

Grâce au blog depuis 2012, j’ai découvert des ennemis, davantage que j’en ai dans la vie réelle. La période Sarkofrance pré-2012 était éprouvante et joyeuse. L’expérience du pouvoir, et son échec, m’a permis de me brouiller avec toutes sortes de gens avec lesquels les échanges virtuels étaient franchement agréables avant la victoire de Hollande. Il n’y a rien de grave, c’est un constat.

Depuis 2012, un talentueux graphiste 2.0 illustre mes billets du weekend: Croisepattes, que tu sois ici remercié publiquement. Merci, merci.

Les Leftblogs eux même ont souffert, certains sont partis. Chacun a ses raisons. Il y a des soutiens de Hollande et des opposants à Hollande. Je crois que la première catégorie l’emporte sur la seconde.

 

Chanson du dimanche: Joe Dassin, et oui.

Sa carrière démarre en mai 1968 avec un autre titre (« Siffler sur la colline »). France 3 me l’a rappelé vendredi dernier.

« Il me semble qu’un chanteur qui a des opinions politiques ne devrait pas avoir plus de poids qu’un boulanger ».

 

 

L’attentat manqué du Thalys

L’attaque par un passager Amsterdam-Paris, qui serait monté à Bruxelles dans un Thalys de fin de journée ce vendredi, n’est pas surprenante.

Quand j’ai entendu l’affaire, je n’y ai pas crue. Puis j’ai compris quand on a annoncé la venue de Cazeneuve sur les lieux. J’avais un collègue dans un train, mais ailleurs. Puis on nous a dit que deux passagers seraient parvenus à maitriser l’agresseur. Vers 20H, les armes de l’agresseur – une arme automatique, des cutteurs – ont été identifiées.

Sans surprise, sur Twitter, j’ai assez vite lu que certains raillaient l’emballement médiatique. Pire, Nadine Morano a été rapidement indigne. C’était indécent. Il y avait quelques vrauchistes – désolé d’insister sur leur couleur politique, mais votre réaction à chaud était indigne, quelque soit la suite des révélations. Au mieux, il faut se taire, et attendre.

On peut (on doit ;-)) être en opposition avec le gouvernement sans avoir à brailler ainsi pour minorer des catastrophes évitées.

L’assaillant aurait été maitrisé par deux Américains, dont un Marine, dans le train. Pour quelques-uns, USA-phobes, c’est sans doute déjà trop, c’est presque déjà un scandale. Les clichés ont la vie dure et grave.

Ma petite famille est partie en train la veille. Le train, c’est notre transport de vacances. Nous sommes allés en Thalys pour Amsterdam il y a quelques mois.

ON NE SAIT PAS, on ne sait rien, ou peu. Mais on ne doit pas railler. Des gens, deux personnes, ont risqué leur vie cet après midi.

 

 
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Le Ciel d’un jour #56