Tous les articles par Juan S.

Chanson du dimanche: Chanter pour eux.

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L’excellente réponse de Ruffin à Carine Bécard.

La Team Macron a évidemment largement relayé le portrait à charge qui ne dévoilait rien que l’on ne sache déjà, que la journaliste Carine Bécard a réalisé de François Ruffin. Rien sur le fond, tout sur la  forme et surtout la personne. La journaliste attaque l’homme et non ce qu’il défend. Pas un mot sur les 27 propositions de lois, les innombrables questions et prises de parole à l’Assemblée.

Rien.

Il fallait surtout regarder la réaction apaisée de Ruffin, écouter ses réponses calmes. Il explique qu’il a eu l’occasion de centaine de « petits combats », pour aider des gens précaires. Il reste calme quand il se fait couper la parole par la journaliste d’une question cynique (« Et cela a servi à quoi ? » demande-t-elle en substance).

Il reste calme.

il prend une anecdote pour résumer sa pensée: sa mise en accusation en octobre dernier du labo Sanofi sur les effets du Dekapine, et la meute de journalistes qui l’interroge alors sur sa position personnelle par rapport … à la présence du drapeau européen dans l’hémicycle… Quelle futilité.

La plupart des journalistes ne s’intéressent plus au fond. L’analyse politique est vide à souhait.

Comme d’autres, Ruffin a la patience de penser qu’il peut convaincre même ses adversaires.

C’est louable et fascinant.

 

Hollande contre Macron

Il était pas mal finalement, sur France inter. François Hollande se lâche et se fâche, gentiment. Il a la rancune souple et douce, fragile mais précise. Hollande a peu de regrets, c’est bien dommage. Il vit dans un monde parallèle.

François Hollande est détaché mais attentif. Il explique facilement comment Macron l’a trahit. Je me demande ce qu’en pensent celles et ceux qui après l’avoir soutenu sont devenus maintenant des zélés soldats de la macronista.

Dimanche soir justement, un pugilat entre Plenel et Macron, sous les yeux ébahis de Bourdin, a rappelé combien la démocratie française n’a plus l’habitude de voir des hommes politiques secoués par des questions qui fâchent.

Il était drôle de compter combien de journalistes serviles fustigeaient en live sur Twitter les questions non complaisantes de Plenel ou Bourdin.

Drôle et triste à la fois.

 

 

Chanson du dimanche: « berceuse pour un soldat »

NDDL: l’affrontement, mais pour quoi ?

 

C’est un lopin de terre qui n’emmerde plus grand monde puisque Macron a fort heureusement décidé de renoncer à l’aéroport. Donc ce terrain se trouve sans destination ni véritable exploitant, pour l’instant.

Pour l’instant, et surtout à part toutes celles et tous ceux qui y vivent. Les fameux Zadistes, un terme qui désigne des gens très différents par ailleurs, ont été sommés de vider les lieux. Plutôt que d’organiser une « concertation » (vous savez, ce terme très à la mode en milieu macroniste) sur l’avenir du lieu maintenant qu’il n’y aura plus d’aéroport, Macron a décidé de faire un exemple de son autorité. C’est le sentiment que nous donne (1) l’absence de temps donné à la concertation et l’ultimatum, (2) l’ampleur des moyens militaires déployés avant même le début des opérations.

« Mais c’est le respect de la loi ! » nous dit-on. Dans d’autres cas où la loi n’est pas respectée, Macron est incroyablement patient. Mais sur ce sujet-là, non.

Il lui faut un symbole.

 

Ce photographe de l’AFP a écrit sur cette semaine de violences: les provocations politicères, dès les premiers jours, la foule très diverses des Zadistes, la réplique violente des plus jeunes.

 

« Un collègue Libération s’est pris des éclats de grenade au niveau de l’oreille et du cou. Comme il saignait beaucoup, nous avons obtenu des CRS de le laisser franchir leur barrage. Mais ils nous ont refusé le passage, même avec nos cartes de presse. »

On chercherait une forme d’embrasement qu’on ne s’y prendrait autrement. A moins que Macron soit nul.

Dangereux, ou incompétent.

Ce sondage sur le clivage gauche/droite

Moi qui n’aime pas les sondages, je me suis pris à décortiquer cette dernière livraison d’Ipsos qui interrogeait un échantillon de sondés sur leur vision du paysage politique actuel.

L’enseignement le plus commenté dans la presse fut qu’une majorité de sondés considérait enfin La République En Marche pour ce qu’il est, un parti de droite.

Je laisse mes anciens camarades devenus macronistes méditer sur ce constat qui, par ailleurs, est autant partagé par les sympathisants de gauche que de droite ou du centre;

Mais il y a d’autres enseignements tout aussi intéressants.

#1. Environ 80% des sondés se positionnent encore sur un clivage gauche/droite: 32% entre « très à gauche » et « au centre-gauche »; 37% entre « très à droite » et « au centre-droit ».

#2. Sociologiquement, il y a également eu un vote de classe en 2017: « On retrouve la même coupure selon l’auto-positionnement social, avec un vote Macron ou Fillon chez ceux qui se situent en haut de l’échelle sociale et un vote Mélenchon et Le Pen parmi les Français qui s’identifient plutôt aux catégories populaires. « 

#3. Les moins de 35 ans sont ceux qui s’intéressent le moins à la chose politique dans ce sondage.

#4. La majorité des préoccupations sont sociales: chômage, inégalités, impôts, protection sociale. On regrettera, comme souvent, le biais de certaines questions. Ainsi celles sur les préoccupations mentionne « la maîtrise de l’immigration » (mais rien sur l’accueil, la solidarité, la paix dans le monde).

#5. Les vieux (>60 ans) sont les plus stressés par l’immigration. Les jeunes (<35 ans) les moins intéressés par la question.

#6. Les jeunes sont les intéressés par « l’amélioration du niveau de vie des Français », les vieux les moins intéressés.

#7. Les deux tiers des sympathisants LERM se déclarent convaincus d’une différence entre la gauche et la droite (LOL!)

 

J’ai cessé moi-même d’abuser des termes gauche ou droite. Macron est d’abord un conservateur réactionnaire dont le programme habillé de modernité publicitaire ressemble à un grand retour en arrière pour quiconque se souvient d’où vous venons collectif. C’est un résumé un caricatural, je vous l’accorde, mais qui correspond à ma vision de cette action politique d’autant plus dégoutante qu’une large fraction de sympathisants socialistes ou de centre-gauche y participent. Le sujet n’est pas de se donner des étiquettes de « vrauchisme » (cela m’agaçait déjà quand je soutenais Hollande au tout début de son quinquennat), mais d’identifier qui sert cette politique de classe et qui s’y oppose.