Tous les articles par Juan S.

François Hollande, 3 ans pour finir seul.

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Je laisserai à d’autres le soin de faire le bilan des promesses tenues et non tenues de François Hollande. Mon dernier date d’il y a un an. Si je l’actualise, il sera encore plus détestable.

On va dire qu’on en reste là.

Faire un bilan est toujours utile, souvent nécessaire pour éclairer l’avenir, les pistes que l’on veut suivre, celles que l’on doit écarter.

S’agissant de François Hollande, je ne sais pas trop à quoi cela sert.

De gauche à droite, on s’est déjà envoyé des bilans et contre-bilans. La réalité parle d’elle même. Je ne crois pas trop à l’argument du « traitement de choc » (la France n’est pas en austérité) ni à celui de la « réforme-qui-libère-les-énergies » (la politique de l’offre est une impasse conservatrice). Nous sommes collectivement dans une impasse.

Depuis trois ans, j’ai applaudi François Hollande et riposté contre les critiques des premiers jours. Puis applaudi moins fort, et cherché à comprendre où ce quinquennat nous amenait. Puis critiqué ses lois ANI, sa réforme des retraites, ou les dérapages de son ministre de l’intérieur, et renoncé à comprendre où Hollande allait. Puis divorcé simplement de cette majorité minoritaire, et ralenti nos écrits. Sans les attentats de Charlie, ce blog et le principale seraient arrêtés depuis la 400ème chronique hebdomadaire, celle du … 3 janvier.

C’est un bilan de la gauche toute entière qu’il faudrait faire.

L’urgence politique est à refonder une alliance politique sur autre chose qu’un axe Macron/Valls. Comprenons-nous bien: le centre-droit, puisque c’est de cela dont il s’agit quand on parle d’Emmanuel Macron et de Manuel Valls, a sa place dans une alliance politique si c’est nécessaire pour emporter le pouvoir. En 2007, la candidate Ségolène Royal s’adressait à une large majorité, de gauche au centre-droit. Cela n’effrayait pas nombre de celles et ceux qui aujourd’hui dressent des brevets de « gauchité » à l’équipe vallsienne. Ce besoin d’allier plus loin que le cercle des convaincus est une évidence politique.

N’oubliez pas le projet arc-en-ciel de 2007. Son souvenir m’empêche naturellement d’en vouloir aux soutiens actuels (il y en a encore, si si) de François Hollande. Son souvenir me rend mal à l’aise quand je lis la haine à l’oeuvre dans certaines joutes politiques à gauche.

Le Parti socialiste semble devenu un lieu détestable. Je parle du parti, pas de ses militants ou sympathisants. Une fraction des dirigeants socialistes (Monsieur 5% de la primaire socialiste et quelques autres) n’en a plus rien à faire de sa gauche. Or qu’est-ce que le PS sans la dizaine de pourcents de suffrages sur sa gauche ? Rien, absolument rien. Nada, un parti d’opposition durable, prochainement marginalisé.

 

Mauvais anniversaire, François.

 

Le vote obligatoire

Le débat est revenu récemment, à l’initiative d’un député écologiste désespéré de voir combien l’abstention laissait l’extrême droite progresser sans frein vers le pouvoir.

François de Rugy, élu de l’Ouest, est aussi l’un de ceux chez EELV qui aimeraient entrer au gouvernement Valls. Je rappelle cela au passage. Claude Bartolone, président de l’Assemblée, a également émis la même idée dans un rapport u titre grandiloquent: « Libérer l’engagement des Français et refonder le lien civique« .

Le vote obligatoire suppose quelques précautions, notamment que tous les votes soient autorisés et comptabilisés, notamment le vote blanc. Comptabiliser le vote ne signifie pas compter le nombre de bulletins blancs et laisser ensuite dans un coin. Il s’agit d’en tenir compte réellement dans les seuils de représentation imposés pour valider une élection. En d’autres termes, un vote blanc majoritaire doit pouvoir empêcher une élection et provoquer, par exemple, un troisième tour ou la convocation de nouvelles élections.

Le vote obligatoire force à la diversité. Un confrère blogueur s’inquiète des partis « farfelus« . Je ne crois plus dans les partis « sérieux« . Le PS est dévitalisé, le PC l’ombre de lui-même, le Parti de gauche un groupuscule, et EELV au bord de l’implosion. C’est la vie politique française qui est devenue farfelue.

Le vote obligatoire forcera les partis à se recomposer. Ils n’ont aujourd’hui aucune motivation à le faire puisque la victoire électorale est possible par démission citoyenne.

Le vote obligatoire relativisera le score frontiste. Marine Le Pen a perdu des voix entre 2012 et 2014. Mais on ne retient qu’un pourcentage abscon qui ne signifie rien, sa proportion de voix sur les suffrages exprimés. La Belle Arnaque ! Comptabiliser les votes blanc relativise les cris de victoires.

Le vote obligatoire existe ailleurs, dans des démocraties (la Belgique) et des dictatures (Cuba). A ce propos, je suis tombé sur cet ancien tweet, au plus fort de la campagne présidentielle de 2012.

A l’époque, je faisais campagne activement pour l’actuel locataire élyséen. Cette période me semble loin. Voter utile, c’était voter contre l’Autre dès le premier tour. A l’époque, les écologistes de mon parti avaient quand voulu présenter une candidature de témoignage. Ce fut un désastre. Pour 2017, j’espère qu’une moitié d’EELV, sa moitié compatible, fera alliance dès le premier tour avec le FDG. On a le temps d’en reparler. Mais cela donnerait

Ilan Halimi et les racailles

La stèle en hommage à Ilan Halimi, un jeune juif kidnappé, torturé puis tué parce qu’il était juif, par un gang éparse qualifié fort justement de barbares, a été brisée, ce dimanche 3 mai 2015.

La racaille antisémite est partout.

Briser une stèle n’a rien d’un crime, bien sûr. Le geste n’a blessé physiquement personne.

Il ne vise que le symbole.

Il est aussi pitoyable que lâche.

La plaque en mémoire d’Ilan Halimi, jeune homme français de confession juive tué par le « gang des barbares » en 2006 à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, a été retrouvée brisée samedi 2 mai. Avertie aux alentours de 18 heures par un habitant, la maire de la ville, Marie-Hélène Amiable, l’a fait aussitôt retirer. Elle avait été posée au pied d’un jeune chêne dans un parc du centre de la ville, en 2011. « Elle sera changée dès que possible lundi », a précisé l’élue.
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Les ravages du faits divers

L’affiche était belle, un titre accrocheur, « Night Call ».

J’ai fini par acheter le DVD, et nous restâmes accrochés.


Night Call relate l’histoire d’un jeune homme sans emploi fixe qui se décide à prendre une caméra pour filmer les crashs et meurtres nocturnes qui feront la une des journaux télévisés locaux de Los Angeles. Un free-lance précaire qui réussit rapidement, avec une aisance qui fait froid dans le dos.

Ce qu’on a vu du Népal

C’est devenu chose habituelle. Une catastrophe, cette fois-ci naturelle, envahit nos télé, nos radios et nos smartphones. L’information est là devant vous. Heure après heure, le nombre de victimes s’alourdit: 1.000, 2.000, bientôt 10.000. Vendredi 1er mai, six jours après la catastrophe, il manquait encore 160 Français à l’appel.

Du Népal, on a vu des images de gens fauchés, surpris, choqués. Sur cette  video postée jeudi sur YouTube, il y a un homme, sur quelque chose qui ressemble à tracteur. Il avance lentement quand un immeuble s’effondre quasiment sur lui. La poussière retombe, des passants viennent l’aider.

Il se relève,  péniblement. C’est comme si on était là-bas, à côté de lui, dans cette rue, surpris comme lui. On est comme ces passants qui viennent à son secours passé le tremblement de terre.

On est sur place.

 

 

A côté d’autres images de déchainements de haine collective, celles-là, pourtant terriblement tristes, rassemblent l’humanité dans un même lieu symbolique, une fragilité commune face à l’imprévu naturel.

On se sent solidaire, et coupablement soulagé d’avoir échappé, pour l’instant, à cette statistique meurtrière.

 

 

Avec les réseaux sociaux, j’ai appris qu’une ancienne relation professionnelle l’avait échappée bel. Elle faisait du trek dans la zone du séisme. Plus proche, deux amies ont pleuré la mort de deux des victimes françaises confirmés cette semaine dont elles étaient proches.

Je me suis dit que le monde était petit.

Les touristes avaient des assurances, qui envoyèrent hélicoptères et moyens pour rapatrier les rescapés. Les Népalais n’en avaient pas. C’est comme cela. Des milliers de personnes attendent des secours.  Des villages entiers sont encore inaccessibles. Une catastrophe naturelle dans un pays pauvre reste une catastrophe longtemps après l’évènement.

Sur cette video, non authentifiée, une avalanche déboule sur des touristes occidentaux et leurs guides locaux, dans l’un des camps au pied de l’Everest.


La vie continue.