Tous les articles par Juan S.

Trump, dangereux

Donald Trump n’est pas seulement drôle. Il est dangereux. Ce vendredi 24 février, le président des Etats-Unis a décidé d’interdire la présence de cinq médias dans les press briefings de la Maison Blanche. Croyez-vous qu’il s’agisse de journaux gauchistes ou crypto-communistes ? Rien de tel.

Reporters from the New York Times, Los Angeles Times, CNN and Politico were all refused access to an off-camera press briefing by Sean Spicer, President Donald Trump’s press secretary. (Lire la suite)

Il y a quelques jours, Donald Trump avait commencé sa conférence de presse par un long laïus incroyable contre « les médias« , « les journalistes« , ces « êtres humains les plus malhonnêtes de la planète » dixit Trump.

Une charge assez inédite.

Cette fois-ci, Trump exclut quelques médias de ses briefings officiels (ou de ceux de ses collaborateurs). Certains journalistes ont trouvé la parade, une parade simple qui s’appelle la solidarité: reprendre la question, ou l’enquête, d’un(e) confrère/consoeur censuré(e) par la Maison Blanche, au-delà de la compétition.

Grâce à Obama, il nous faut déclarer nos comptes sociaux (Facebook, Twitter, etc) quand on demande un « ESTA« , ce visa à 14$ valable deux ans pour entrer aux Etats-Unis.

On ne te dit pas merci, Barack, d’avoir joué, comme d’autres ailleurs dans les démocraties occidentales, l’idiot utile des racailles qui te succèdent.

Trump, cet homme est dangereux.

 

Ce fichu dîner du CRIF

J’en ai marre.

Chaque dîner annuel du CRIF charrie son lot de commentaires sur « l’argent ». Certes, ce dîner n’est pas donné. Il sert même à financer le CRIF. Mais l’association Juif/argent évoque autre chose chez quiconque a peu d’Histoire en tête. Le dîner du CRIF n’est pas une fête populaire, BREAKING NEWS. J’ai échangé hier soir avec un estimé journaliste qui relayait le prix, exorbitant, du dîner. Qu’on se le dise ici, l’association Juif/argent suscite chez votre serviteur une rage indicible.

Désolé, nous ne sommes pas responsables de l’Histoire que nous avons vécue.

Ceci étant rappelé, passons à l’essentiel, l’immonde bêtise du président du CRIF.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine », a justifié Francis Kalifat ce mercredi 22 février sur RTL.

Cette déclaration est une misère, une profonde misère.

Et donc nous applaudissons, san sconteste et avec plaisir au communiqué de Mélenchon:

 « Me comparer au parti d’extrême droite dont l’histoire européenne est mêlée aux pires atrocités commises contre les Juifs, est une faute morale et politique. (…) Si le CRIF représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de Netanyahou, ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU. « 

Oui, le CRIF défend le gouvernement d’Israël, par ailleurs coupable d’une politique xénophobe assez hors normes.

 

Bayrou/Macron, la réincarnation de Lecanuet

 

Je n’étais pas né quand George Pompidou a été élu contre Alain Poher, lequel était soutenu par les centristes de droite, en 1969. Mais j’ai l’impression de revivre le même match.

Voici François Bayrou, figure du centrisme de droite qui n’aime plus la droite, qui se rallie à l’héritier de François Hollande, Emmanuel Macron.

Quelle surprise.

Un centriste rejoint un centriste.

BREAKING NEWS

On ne sait pas comment Bayrou conciliera son aversion pour les « puissances de l’argent » avec Emmanuel Macron . On espère, pour lui, pour nous, qu’il trouvera.

Le ralliement de Bayrou donnera un jolie impulsion au candidat « ni de gauche, ni de gauche ».

Politiquement, c’est très cohérent, sans conteste. C’est aussi sans surprise. Sociétalement sympathique, économiquement patronale, la « vision« , à défaut de programme puisqu’il n’y en a pas, est un écho à Jean Lecanuet, Alain Poher et Valery Giscard d’Estaing.

François Bayrou vient de nous en donner une confirmation supplémentaire cette semaine.

 

Marianne, les blogs

La nouvelle, mal expliquée de ma part, que Marianne fermait son espace blog a laissé croire que ce blog et Sarkofrance fermaient également. Mille excuses, ce n’est pas le cas. Mille excuses, nous continuons encore un temps.

Je réalise que l’une des motivations à l’écriture reste cet énervement quotidien à lire ce que d’autres écrivent.

 

Au-revoir Marianne

Il y a bientôt 7 ans, l’hebdomadaire Marianne acceptait l’une de mes premières chroniques. Puis il a hébergé mon blog. Marianne a été un incroyable relais. Tout a démarré grâce à Philippe Cohen et Bénédicte Charles. Le premier est mort, la seconde est partie pour devenir scénriste. J’ai plus tard rencontré Jack Dion et Joseph Macé-Scaron.

« Je ne remercierai jamais assez Philippe Cohen et Bénédicte Charles pour leur soutien. Marianne2 est à mon sens l’un des rares sites de presse qui a trouvé le créneau pertinent, approfondir le traitement de l’actualité du magazine, être une immense caisse de résonance avec le ton et la réactivité nécessaires.

Cet hébergement proposé par Marianne2 permet à quelques-uns d’entre nous de toucher de nouveaux lecteurs, de promouvoir nos billets, d’apporter notre pierre à l’indépendance de l’information.

Aux lectrices et lecteurs, je tiens à préciser quelques points. Je ne suis pas journaliste, ni salarié de Marianne2 ou de Marianne. Mes chroniques et billets n’engagent que moi. Je ne suis pas toujours d’accord avec la ligne éditoriale des articles de Marianne ou de Marianne2. Je ne me suis cependant jamais senti en porte-à-faux suffisant pour renoncer à cette association.

Sur ce blog hébergé par Marianne2, vous retrouverez donc certains billets de Sarkofrance. La « galaxie » Sarkofrance s’enrichit donc, à côté du , , , et les brèves,

Bonne lecture, et merci à tous. »

Marianne a été un chouette hebdo. Il a permis d’amplifier ma diffusion. Il m’a laissé carte blanche. Parfois, une fois ou deux, Philippe m’a appelé pour me signifier qu’il fallait que je retire un nom qui menaçait le magazine.

En 2007, Marianne était à la pointe de l’antisarkozysme quand tous les autres hebdo étaient encore sous le charme. Il a coïncidé politiquement et médiatiquement avec un moment politique nécessaire, l’antisarkozysme.

Marianne nous a accueilli, j’ai rencontré d’autres blogueurs, dont l’Hérétique, Slovar et quelques autres consœurs et confrères.

Mon confrère Elie Arié a déjà annoncé sa fermeture. Pour ma part, j’ai supprimé tous mes billets sauf les chroniques hebdomadaires. Il faut bien qu’il reste un souvenir.

Merci à tous.

 

Enervé, mais calme

« Des gens manifestent leur humeur, ça m’arrive à moi aussi, vous savez. Je me fais aussi engueuler. » Ainsi commentait-il les concerts de casseroles qui accompagnent certains déplacements de Fillon.

Je poursuis cette chronique à distance de la campagne de Mélenchon, choisissant des extraits que la presse ne retient pas, des phrases que les principaux médias ne relaient pas.

Cela fait un certain moment déjà que Melenchon n’est plus la caricature que l’on dépeint. Il y a une sorte de sérénité, l’expérience sans doute des échecs passés. Bien sûr, certains voudront toujours caricaturer.

C’est inutile.

Mélenchon n’a pas, n’a jamais eu d’agenda caché.

Il suffit d’écouter, patiemment. D’éviter de ne commenter les extraits et petites phrases. De suivre un peu pour comprendre beaucoup.

Mélenchon n’est qu’un porte-parole, avec ses qualités et ses défauts. Je lui ai toujours trouvé davantage de défauts que de qualités. Mais je n’ai jamais cru aux vertus du régime présidentiel, à cette sur-incarnation du pouvoir. La conduite d’un pays n’est pas un concours de TV réalité.