Archives pour la catégorie Chroniques culturelles

Chanson du dimanche: le temps dans une bouteille

Publicités

Chanson du dimanche: aux armes !

Chère Sophia Chikirou

Camarade,

Je comprends ta rage. Moi aussi des médias m’exaspèrent. Je préfère dire « des médias » que « les médias »  car j’écoute Le Media, Libé, les Jours, Mediapart (et oui), le Bondy Blog, Fakir, Regards, Politis et quelques autres.

« Je ne parviens pas à ressentir de compassion sincère pour ces journalistes » écrivais-tu hier sur la page de l’un des GAFAs défiscalisés. Il n’est pourtant pas souhaitable que des journalistes de terrain soient conspués (car je ne pense pas que tu pensais à autre chose, n’est-ce pas ? ). Cela ne sert à rien, cela ne vise même pas celles et ceux (surtout ceux, puisque ce sont généralement des hommes) qui nous exaspèrent. je vise là les éditocrates – des gens jamais sur le terrain, à délivrer leur opinion sur tout, toujours alignés sur la raison du plus fort libéral.

Je n’aurai pas de compassion si l’on conspuait ces éditocrates-là – quinqua, blancs, bourgeois. Mais laissons les pigistes de terrain tranquille.

Second point, les réseaux sociaux ne valent pas mieux. On y reste enfermer entre nous. On se confronte à des conversations de bistrots. On s’abime dans une attention capturée par les tweets et les messages. La manipulation y est immense car le temps d’analyse et de vérification y est ridicule.

Troisième point, la justification de la colère. Je te rejoins presque, tu as presque raison quand tu écris que « leur niveau de corruption mentale, leurs mensonges et la désinformation qu’ils nous imposent, sont autant d’éléments qui justifient la colère« .

Presque raison.

Il y a journalistes qui font leur métier, d’autres pas. Il y en a aussi qui le font un jour et pas le lendemain. La récente saillie de la cellule investigation contre Mélenchon en est un exemple. Une enquête incomplète, partielle et partiale. Mais la même cellule fournit parfois d’autres remarquables enquêtes. Les journalistes doivent comprendre qu’ils ne sont pas au-dessus des critiques. Qu’ils méritent la même pression que tout un chacun. Raquel Garrigo détaille dans son dernier bouquin ce qui aurait pu être un tribunal d’arbitrage des médias: une instance de recours pour les citoyens, sans punition financière pour les médias condamnés, une instance gérée de façon indépendante des pouvoirs politique et médiatique.

Je te rejoins partiellement sur ton constat final: « Évitons de donner le prétexte aux journalistes de se victimiser. Ne les lynchez pas : ne leur parlez pas, ne les lisez pas et ne les regardez pas ».

Oui, les journalistes, surtout celles et ceux qui travaillent pour les médias à forte audience, ne réalisent pas combien leur forte audience les engagent. Céline Pigalle, directrice de la rédac de BFM, s’est expliqué mardi matin sur France inter: « nous faisons une telle audience »,expliquait-elle en susbtance, « que chacun se sent un peu propriétaire de nous ».

Elle a raison.

Elle a une immense responsabilité.

Plus tard, peut-être maintenant, je serai ou je suis journaliste, chère Sophia Chikirou, Et je n’aimerai pas, malgré mes convictions, que l’on se trompe de combat à mon égard.

Amitiés.

Chanson du dimanche: la fille du pays du nord.

Playlist du dimanche #1

Les aimables suggestions ici ou ailleurs de chansons chaque dimanche m’ont donné envie de les reprendre dans une playlist, voici la première, pour terminer ce weekend.

Bonne rentrée !

 

Chanson du dimanche: hit sale