Archives pour la catégorie Chroniques culturelles

Chanson du dimanche: « les jours heureux »

Chanson du lundi: « j’ai osé » J-7

Chanson du dimanche: applaudissez

« Don’t be scared to make a change »

« Ne soyez pas effrayé de changer »

Ce que Najat Vallaud-Belkacem nous dit de la France

Je me souviens d’un soir, dans ce bistrot qui fait l’angle avec le Boulevard Saint-Germain et la rue de Solférino, près du siège du Parti Socialiste. Je rencontrai, anonyme, l’une des porte-paroles de campagne du candidat Hollande. NVB avait pris l’initiative, via les réseaux sociaux. La campagne hollandaise avait besoin d’antisarkozysme. Cette anecdote personnelle n’a qu’un objectif, rappeler que l’auteur de ces lignes n’est pas neutre quand il parle de Najat Vallaud-Belkacem. Nous avons conservé le contact, aujourd’hui encore. Et je m’en réjouis.

Cinq ans plus tard, celle qui est encore ministre publie un ouvrage qui n’est ni une biographie, ni un pamphlet (1). C’est un essai sur la destinée d’une jeune berbère marocaine, « née il y a deux cent ans » qui est devenue ministre de la République. Ses confessions personnelles, presque intimes, sont rapidement évacuées, mais elles sont suffisamment précises pour qu’on mesure le chemin parcouru depuis ce puits au Maroc où, enfant, elle allait chercher de l’eau pour la famille.

Le parcours qu’elle décrit vous fait aimer la France. J’ai pourtant tendance à détester l’image que la France donne d’elle-même depuis quelques temps: un pays rance, terrifié et terrifiant; un ensemble nauséabond où la haine décomplexée côtoie le mauvais goût. La lecture de ce livre est vivifiante car elle donne une autre perspective.  Son attaque contre celles et ceux, du FN aux rives de la droite furibarde, réclament la suppression du droit du sol et l’assimilation est simple et directe: « cette logique absurde est une machine à fabriquer du ressentiment identitaire. » Une logique qui sert les intérêts de celles et ceux qui font commerce politique de la peur.

Najat relate que tout est possible. Que la République a su, et sait encore offrir ce qu’il faut pour permettre à une enfant d’ailleurs de s’intégrer et de trouver son chemin. Que l’Education nationale, l’apprentissage de la lecture, ou les concours de la République, permettent d’aller loin. Son témoignage, comme celui d’autres femmes politiques, est aussi celui d’un combat féministe au quotidien. Le monde politique est âgé, blanc, aisé. Il ne comprend pas la vague qui vient, jeune, décontractée dans ses rapports hommes/femmes. La souffrance des attentats (« comment ne pas se sentir salie, ravagée, trahie ? ») a sa part. Son envie de rencontrer pour comprendre comment agir. Ce livre dépeint une femme d’avenir.

Najat est loyale, incroyablement loyale. Loyale à Ségolène, loyale à François, loyal à Manuel pendant la primaire, loyale à Benoit malgré cette campagne présidentielle ratée. Loyale à son passé, son parcours et à la France. Loyale jusqu’au bout.

Cette loyauté puise sa force dans un besoin de comprendre et de saisir la complexité du monde qui l’entoure. Ce que NVB décrit très justement tout au long de son ouvrage.

« Ne nous précipitons pas dans des récits qui se veulent simples mais occultent la complexité des parcours. »

Bravo madame.

(1) « La vie a plus d’imagination que toi »Najat Vallaud-Belkacem, Grasset, mars 2017 .

Chanson du dimanche: « Évidemment »

« Il y a comme un gout amer en nous… »

 

Chanson du dimanche: « monde sauvage »

C’était avant qu’il ne se convertisse à l’islam.