Archives pour la catégorie Chroniques de droite

200 000 représentants du personnel en moins

Vous souvenez-vous des belles déclarations rassurantes à l’occasion de la présentation de la loi Travail ? A l’été 2017, le gouvernement nous promettait que le remplacement de toutes les instances de représentation de salariés ( comité d’entreprise, CHSCT, etc) par un « comité social et économique » n’allait rien changer, bien au contraire. Pénicaud assurait en juillet dernier qu' »il n’est pas question de baisser la garde sur les questions de sécurité et de santé » mais que la fusion du CHSCT au sein du comité social et économique est un moyen de « faire monter ses sujets dans la stratégie d’entreprise« .

Sans rire.

Avant la loi Macron, les entreprises comptaient quelques 700 000 représentants du personnel dans ces différentes instances. Le 31 janvier dernier, le ministère du travail prévenait les organisations syndicales: quelque 200 000 postes de représentation syndicale allaient disparaître à cause de la loi Travail.

200 000 représentants du personnel en moins… au service du dialogue social…

 

De qui se moque-t-on ?

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De la théorie du ruissellement en Socialie

Je suis tombé, par hasard, sur cette curieuse et habituelle formule de Pierre Moscovici: « Il faut produire avant de distribuer« . L’ancien socialiste, qui fait mine de travailler à la commission européenne (tiens, les îles Caïmans viennent d’être sorties de la liste des paradis fiscaux…), s’en prenait à son ancien camarade Stéphane LeFoll. Mais c’est la conclusion de son trop long tweet qui résumait le problème: « Il faut produire avant de distribuer« .

Moscovici m’a involontairement rappelé l’un de ces classements qui nous permet de poser nos hommes et femmes politiques sur cette échelle de gauche à droite :

Distribuer /  Produire avant de distribuer / Produire sans distribuer.

L’argument de Mosco nous a été servi en long, en large et en travers pendant le quinquennat de François Hollande. « Il faut produire avant de distribuer« . La formule est belle comme un slogan, simple comme une lapalissade. Elle résiste mal à l’analyse.

Produire avant de distribuer ? Mais distribuer quand ? Et comment ? A ces deux questions, les thuriféraires de la politique de l’offre ne répondent pas. Ils promettent que l’herbe sera plus verte plus tard, mais qu’avant il faut faire des « efforts« . La France est déjà la championne d’Europe pour le montant de dividendes versés par les entreprises à ses actionnaires, rappelait récemment l’Oxfam.

Et cela ne suffit pas.

Avec Macron, la « distribution » a déjà commencé, mais pour les plus aisés. On nous dit que cela sert « l’investissement productif ». Pourtant la suppression de l’ISF et la baisse de l’imposition des revenus du capital ont été mises en œuvre sans contrepartie d’engagements en cette faveur ou de fléchage particulier vers l’économie.

« Le nombre de milliardaires français est passé de 15 à 38 entre 2016 et 2017 et leur richesse cumulée a été multipliée par plus de trois depuis 2009. En France, en 2017, 32 milliardaires français possèdent à eux seuls autant que les 40 % les plus pauvres de la population française. »
Source: Oxfam France.

Il serait temps que ces « socialistes » réalisent ce qu’ils racontent.

Les consultations de la macronista

Avec plus ou moins de publicité, la Macronista nous convie à des consultations numériques. Deux d’entre elles sont en ligne depuis des semaines sans que grand monde n’en parle.

La première a été lancée sur une énième réforme du droit des entreprises, la loi PACTE promise pour le printemps. Lancée il y a 3 semaines, cette consultation sur internet sur des propositions concoctées par des groupes de députés et de chefs d’entreprises. Aucun syndicaliste, ni ouvrier, ni employé. Bizarre ? Puisque la démarche consistait à associer des représentants civils objet de la future législation (l’entreprise), pourquoi donc ce biais patronal ? Nos entreprises sont aussi constituées de salariés, et pas seulement d’entrepreneurs. Et ce n’est pas le profil sociologique des député(e)s de la macronista qui rééquilibre l’affaire. Cette obstination de la France d’en haut, dont les député(e)s macronistes se révèlent n’être que les travailleurs/ses zélé(e)s et détaché(e)s, n’est ni une surprise ni une bonne chose.

Cette consultation est un bel échec: elle n’a intéressé à mi-parcours que … 4 400 personnes: les citoyens en marche seraient-ils déjà lassés des artifices macronistes ?

C’est Agnès Maillard qui m’a fait découvrir une seconde consultation numérique, une « consultation citoyenne sur la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes » lancée également il y a 3 semaines. Le parallélisme avec la première ne s’arrête pas là: ici aussi 6 thèmes ont été retenus. Mais pas de préparation préalable cette fois-ci par les députés, avec ou sans des partenaires du terrain et les parties concernées. Non, cette fois-ci, on passe directement au sondage numérique. Il s’agit d’occuper la galerie médiatique. En arrivant au pouvoir, Macron avait déjà de nombreuses mesures prêtes dans son prograaaaaaamme (loi travail, suppression de l’ISF, flat tax, intégration de l’état d’urgence dans la loi ordinaire), mais sur la pauvreté, fut-elle celle des enfants, il sèche. Il a besoin d’une « consultation citoyenne ». Jupiter a ses limites.

Sur le site, il y a d’abord un quizz, super !

Ces consultations sont des outils de propagande. L’impact sociétal est nul. Politiquement, ces démarches servent à dire que le gouvernement « travaille« , se sent « concerné« , qu’il est « actif » sur le sujet.

Et, surtout, qu’il agit « en concertation ».

Politiquement, ces démarches prolongent l’artifice marketing d’En Marche, né en 2016, quand on a voulu nous faire croire que notre nouveau Louis-Napoleon Bonaparte aka Jupiter aka Macron était né et propulsé par  un mouvement populaire. L’arnaque, belle et jolie, concoctée par des agences et quelques financiers, se poursuit au sommet de l’Etat. Rappelez-vous Sarko et son infâme débat sur l’identité nationale.

Les sujets cette fois-ci sont plus nobles, moins clivants, mais l’arnaque intellectuelle est la même: nous élisons des députés pour qu’ils travaillent. Pas pour que le gouvernement, qui est théoriquement leur émanation, nous ponde des quizz à la Buzzfeed.

A bon entendeur…

 

Samu Social ou Chambord ?

 

Pourquoi Macron nous fait penser à Sarkozy.

Je lis avec tristesse ces témoignages d’électeurs macronistes de gauche qui préfèrent répéter combien ils ont eu raison de voter Macron à l’élection présidentielle dernière pour mieux éviter de défendre une à une les mesures et l’attitude du jeune monarque.

Qu’on se le dise, et comptez sur moi pour le répéter, Macron ressemble furieusement à Sarkozy, le sourire en plus. Le quinquennat débute à peine, mais si l’on pense que ce sont les premiers mois qui impriment une mandature, alors celle-ci va être douloureuse.

Je comprends ces électeurs macronistes. J’ai voté Hollande en 2012 et encore aujourd’hui je ne le regrette pas. Il fallait dégager Sarko. J’ai même au changement, c’est-à-dire à la fermeture d’une parenthèse néfaste. Mais il a fallu s’éloigner quand Hollande n’a pas compris par quelle majorité composite il avait été élu.

En 2017, une France découragée s’est couchée. La France insoumise a fait son trou, un score inégalé en millions de voix. Mais insuffisant pour l’emporter. La seconde surprise fut ce mauvais compris, « un peu à gauche, un peu à droite » qui grâce à ce positionnement pour l’essentiel flou a réussi à parvenir de justesse en première place au 1er tour. Le référendum anti-Le Pen a fait le reste.

Quand on interroge ces électeurs macronistes de gauche qui rechignent à critiquer Macron, on est toujours surpris par leur hargne à critiquer la planète politique entière sauf Macron. Réveillez vous donc. Vous allez terminer tels les dindons d’une farce au goût douteux. Une présidence des riches puissance 1000 matinée de modernisme ringard.

Macron conduit avec davantage d’efficacité politique l’exacte politique que Nicolas Sarkozy aurait voulu conduire. Il nous manque les quotas d’immigrés et l’identité nationale, qui effraieraient la gente bourgeoise libérale, mais sinon tout le reste est là, en pire.

Réveillez vous donc.

Ou pleurez en silence.

LREM, le syndrome du parti unique

La République en Marche s’est désigné son chef, un pantin choisi à l’Elysée parmi les plus fidèles, le nouveau converti Christophe Castaner. Il n’est pas président, seul Jupiter peut l’être. Il est « délégué général ». Et quand il termine son show samedi sur une estrade sur-éclairé, le premier ministre le rejoint et nous entendons ce délicieux moment où le premier ministre se fait interpelé par un « ça allait, mon poulet ?  »

LREM est une diversion politique puissante, très puissante. Une machine à broyer puis régurgiter des éléments de langue de bois par milliers, millions, milliards chaque jour qui passe dans les médias. Prenez le temps d’écouter simplement. Puis fermez les yeux. Et réfléchissez en silence sur les premières mesures « urgentes » de ce quinquennat:

  • la suppression de l’ISF sur le capital
  • le plafonnement de l’impôt et des cotisations sociales (à 30%) pour les revenus tirés de la spéculation, les dividendes et l’épargne.
  • l’introduction dans la loi ordinaire de la surveillance sur simple soupçon.
  • la création d’un contrat de travail révocable à merci;
  • la suppression des comités hygiènes et sécurité dans les entreprises,

Ce ne sont que 5 exemples.

Cinq exemples dégoutants de cette République en recul.

Mardi, le premier collaborateur de Jupiter a sans surprise expliqué que Castaner pouvait diriger le parti et rester au gouvernement en charge des relations avec le parlement.

« Est-ce que Christophe Castaner est capable d’être un bon ministre, présent dans la mission que je lui confie au sein du gouvernement, et par ailleurs d’exercer un engagement politique qui est consubstantiel à la vie politique?. (…) Moi, je pense qu’il est tout à fait capable d’exercer ces deux fonctions. »

Le « poulet » a raison. Quelques esprits faibles reprendront aussitôt cette morale toute sarkozyste qui consiste à dire que c’est moins hypocrite ainsi. C’est vrai, ils/elles ont raison, rien ne vaut mieux que lorsque l’outrance s’affiche en public.