Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Loi Travail: contre les leurres idéologiques de la novlangue macroniste

Deux économistes peut être atterrés se sont récemment émus d’une autre manipulation de vocabulaire de la novlangue en vigueur pour justifier la contre-réforme du code du travail sur la base des quasi-pleins pouvoirs attribués par cette majorité « novice » mais surtout docile au gouvernement Macron.

« Cette réforme du marché du travail parachève la fusion entre technocratie et autoritarisme » expliquent-ils. Ils fustigent les postures de prétendus experts.
Mais ils rappellent une évidence historique: le libéralisme n’a jamais existé autrement que la loi et la répression. La libre et simple loi du marché , en particulier en matière de travail, n’a jamais existé. Elle s’est imposée à coup de lois et/ou de répression.
Depuis le XIXe siècle, le libéralisme n’a jamais hésité à la coercition au nom d’une certaine conception de la liberté, voire à recourir à la violence armée (comme en témoigne l’histoire de la colonisation) ou briser les solidarités populaires (comme le montre l’histoire du mouvement social) pour mettre en œuvre un laisser-faire qui est tout le contraire d’un non-interventionnisme.
Le non-interventionnisme , prétendument perturbé par l’intervention étatique au cours du XXème siècle est une chimère. La loi libre du marché s’est imposée parfois dans le sang, toujours par la force de la loi, pour contraindre la libre-force des inte-actions et rapports sociaux. Pour vous le dire autrement, la lutte des classes est la loi libre et naturelle du « marché« .

Ne pleurez pas.

Le patron « moderne » a besoin de loi qui le protège. Les explications « techniques » selon lesquelles la future loi travail « d’assouplissement » du code du travail serait une nécessité « naturelle » sont simplement des présupposés idéologiques et/ou des ressentis personnels sur des rapports sociaux en entreprise qui n’existent que par la bonne volonté du législateur.

Sans rire.

Seconde imposture de la novlangue macroniste, le mythe d’un « marché du travail » « libre et équilibré« . Quel rapport entre une TPE et une multinationale ? Pourquoi donc réclamer des assouplissements au nom de la première pour cacher les intérêts de la seconde ?

Quel rapport entre un artisan et un instituteur ? Pourquoi donc vouloir « réduire le lien social à un lien marchand, ignorant l’ensemble des mythes, d’histoires, de mœurs et de coutumes fondant notre identité collective et vouloir enserrer celle-ci dans un marché ‘autorégulateur’  » qui n’est qu’une « dangereuse utopie » ?

N’en déplaise à la ministre du travail, la législation sociale n’est pas une « friction« , elle est la norme des rapports sociaux. Son libéralisme bisounours qui masque mal le projet de dérégulation contrainte des grandes entreprises serait une exception historique que seul le hold-up politique de ces élections 2017 aura permis.

 

 

L’arnaque de la loi Travail se dessine.

A quand la colère ?

Difficile de prévoir, le plan est bien exécuté. Il découragerait les plus aguerrit.

#1. La loi Travail ne sera connue que lorsque celles et ceux qui le peuvent seront en vacances. C’est malin.

#2. Depuis 6 semaines, une concertation a été mise en place par le gouvernement avec les syndicats, pas les députés. C’est habile.

#3. Une concertation n’est pas une négociation. Même le conciliant Mailly de Force Ouvrière ne dit pas autre chose: il ne sait pas ce qu’il y aura dans la loi.

#4. Cette concertation avec les syndicats permet de justifier auprès de l’opinion publique et de quelques éditocrates complaisants que le gouvernement ne « passe pas en force« . Cette semaine, des novices vont voter la possibilité au gouvernement de faire passer sa loi sans débat parlementaire.

#5. La loi El-Khomri n’est pas pas intégralement entrée en acte qu’il y aurait urgence à l’approfondir.

#6. La novlangue fait le reste: ainsi le CDD sans durée déterminée, révocable à souhait et sans indemnité de précarité est-il rebaptisé « CDI de chantier ».

 

A quand la colère ?

Difficile de prévoir, le plan est vraiment bien exécuté.

Le dernier caprice de Manu 1er

Emmanuel Macron invite Trump le 14 juillet, qu’importe. La société du spectacle n’a jamais aussi bien porté son nom. Macron a fait du casting utile en invitant l’un des bouffons le plus dangereux du moment.

Macron invite Le parlement réuni en Congrès à Versailles. Cette faculté très monarchique a été introduite dans notre Constitution par la réforme de Sarkozy de 2008. Sarko l’a ensuite utilisé une fois, pour tenter de relancer son quinquennat. Hollande aussi, au lendemain des attentats de Paris. Le premier jouait au monarque. Le second cherchait le recueillement et l’unité nationale. Macron suit Sarko. Il a été elu à plus de 60% des suffrages voici 6 semaines. Il a obtenu une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Et voici qu’il a encore besoin de se montrer, d’incarner seul le pouvoir. Il n’attend même pas que son premier ministre soit installé.

Caprice monarchique. Rien de plus, rien de moins.

Réunir le parlement en Congrès pourrait être l’occasion d’annoncer des réformes structurelles, voire constitutionnelles. Et la, il y aurait danger. Comment avec 15% des suffrages, l’une des majorités les plus élues pourrait elle prétendre être  légitime pour cela ?

Regretter Hollande ?

Emmanuel Macron a reçu Poutine à Versailles, c’était son premier accueil en grandes pompes d’un chef d’Etat sur le sol national depuis qu’il est entré en fonction. Ne souriez pas. Après toutes les caricatures débiles « Melenchon-est-un-suppot-de-Poutine » que  nous avons entendu et entendons encore, cet accueil devrait faire taire les macronistes de bonne foi.

Dans les colonnes de ce blog, j’ai déjà exprimé combien la real-politik de Mélenchon à l’encontre de Poutine m’avait gênée. Avec Macron, la même real-politik nous conduit à Versailles. C’est plus grandiose encore. Merci Manu, je n’en attendais rien de mieux.

Puis Macron a laissé Poutine inaugurer enfin son église orthodoxe, rutilante au milieu de Paris.

Il a laissé un chef d’Etat étranger inaugurer une église en France.

Je vous laisse méditer.

 

Hollande avait refusé de laisser Poutine venir inaugurer ce moment à cause de ses positions en Syrie.

 

 

Refuser de dialoguer avec Poutine était une erreur. Lui refuser cette inauguration facile et indécente fut tout à l’honneur de François Hollande.

 

Pourquoi Ariane Chemin a utilisé l’enterrement de François Delapierre

Le portrait de Jean-Luc Melenchon par Ariane Chemin a choqué.

La journaliste du Monde est pourtant talentueuse. Je la lis depuis longtemps, très longtemps. Elle a écrit quelques articles et ouvrages mémorables. On y était parfois mal à l’aise, car elle navigue soivent entre narration du privé et interprétation des propos et actes publics. Mais Ariane Chemin est douée, très douée.

Ce weekend, elle fait le portrait de Mélenchon dans les colonnes du Monde. Mais elle ne nous épargne aucun cliché, et pas les pires. Sa description de l’enterrement de François Delapierre, comme la manifestation d’un groupuscule sectaire est glaçante. Elle emprunte beaucoup à un réflexe de classe, ou l’ignorance d’une réalité – que la souffrance exprimée dans ces moments difficiles doit être libre de surinterprétation.

Ariane Chemin a écrit un portrait pour inquiéter et dépeindre, in fine, Mélenchon comme un adorateur de l’autocratie vénézuelienne. Et pour servir cet argument, tous les moyens sont bons.

Pourquoi sinon serait-elle allée jusqu’à cette sur-interprétation de ce que les survivants du défunt, au premier rang desquels son épouse aujourd’hui candidate de la France insoumise ?

Ariane Chemin emprunte la voie usuelle de la caricature. En 2015, elle expliquait déjà que le mauvais génie de Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon « avaient les mêmes schémas de pensée ». On peut avoir des désaccords avec JLM sans recourir à ce point Godwin de la facilité. Abuser d’un moment intime, le dernier hommage à un mort, n’est pas la meilleure des démarches journalistiques.

 

 

Surprise! Macron a nommé un premier ministre de droite.

Franchement, on devrait s’en amuser et rire si le sujet n’était grave.

Emmanuel Macron a nommé un élu des Républicains, bien sûr pas le pire, à Matignon.

Quelle surprise.

« Je suis un homme de droite » a déclaré l’heureux désigné.

Emmanuel Macron précipite une recomposition politique qui nous fait bien plaisir.