Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Le soir où Christine Angot a parlé pour les gens

Rien ne prédestinait Christine Angot à ce rôle. Jeudi soir sur France 2, l’auteure s’est confrontée calmement mais sûrement à François Fillon sur le plateau de l’Emission Politique.

Avec une rage froide et une maitrise assez incroyable, elle a parlé pour beaucoup. Elle a été sifflée et raillée par des invités de Fillon sur le plateau.

Pourtant, c’est Fillon qui a trébuché.

Angot a fait perdre toute hauteur, si tant est qu’il en avait encore, à Fillon.

Elle a rappelé l’incroyable séquence de révélations, ce qu’elles avaient de choquant pour le commun des citoyens.

Elle a provoqué trois dérapages de plus de François Fillon. L’ancien premier ministre a balancé qu’il avait rendu ses costumes hors de prix à son donateur. Il a dénoncé un cabinet noir à l’Elysée. Et enfin ceci.

Elle a insisté sur le risque évident: qui votera pour lui en cas de second tour face à Le Pen, à part ses fans ? Christine Angot a expliqué pourquoi je m’abstiendrai en cas de pareil choix.

Comment peut il espérer rassembler plus large que son camp quand il se révèle si cupide et menteur ? La réponse de Fillon, plus tard dans l’émission, fut grotesque: si je ne suis pas qualifié, mes électeurs voteront Le Pen, a-t-il justifié en substance.

Elle lui a posé qui nous brûle les lèvres: pourquoi ne s’est-il pas retiré alors que la morale, à défaut de la justice, le réclamait ?

 

 

 

Merci Christine Angot.

Comment Marine Le Pen veut-elle « corriger » les médias ?

Marine Le Pen égrène les noms de journaux, parfois celui de leurs propriétaires ou meilleures plumes, pour mieux les faire siffler dans ses meetings. La petite avalanche de révélations et confirmations sur l’ampleur de la fraude et son organisation au sommet du parti frontiste a ravivé ces haines anti-médias, faisant oublier combien les mêmes médias n’ont cessé (1) d’assimiler Le Pen et Mélenchon ce qui profita à la première bien plus qu’au second, (2) louer la « normalisation » du FN depuis l’accession de la fausse blonde présidente à sa tête.

Alors, juste retour de bâton ?

Oui, assurément.

Car ces « révélations » n’en sont pas. Le FN reste un parti violent, au nombre record de responsables condamnés, et les accusations de détournements de fonds publics ne sont pas nouvelles. La seule info de ces derniers jours est la fraude aux cotisations sociales dénoncée par un député européen ex-frontiste.

Marine Le Pen, comme Fillon, accuse et fustige les médias. A chaque attaque, j’attends qu’un journaliste pose la question ultime: et si vous étiez a u pouvoir, que feriez vous pour corriger les médias ?

J’ai vaguement entendu Florian Philipot promettre l’instauration d’un collège de la société civile au sein du CSA. On imagine déjà des représentants frontistes désignés au coeur de l’institution. Mais pour le reste, le programme du FN à l’encontre des médias est étonnement vide.

Horriblement vide.

Dangereusement vide.

 

 

 

Les bonnes affaires de Marine Le Pen

Cet homme a gagné plus de 40 000 euros de rémunération sur fond public en tant qu’assistant parlementaire, pour 3 mois de « travail« . La somme donne déjà le tournis. Quand on ajoute qu’il y a soupçon d’emploi fictif…

Thierry Légier est en fait le garde du corps de Marine Le Pen, et l’un des soupçonnés d’emploi fictif qui valent à la présidente du FN une prochaine mise en examen.

La liste des crapuleries et autres accusations est longue. Il faut lire cette enquête de Society Magazine cette semaine, qui fait parler quelques-uns de  ce tiers d’élus locaux frontistes qui ont démissionné de leur mandat, dégoutés. 400 élus sur 1500 !

Vingt emplois fictifs au frais de l’Etat, une fraude organisée, pensée, mise en oeuvre sciemment.

Sa présidente refuse une convocation de la justice au motif que cela dérange sa campagne. Même hors campagne, elle a toujours refusé de répondre et de se défendre. Quelle idée se fait-elle de la justice ? Demanderait elle une immunité plus grande encore que celle que la République procure même à ses crapules ?

Douze frontistes ou proches du FN sont déjà mis en examen pour fraude au financement des campagnes électorales de 2014 et 2015.

Le FN n’a pas besoin d’être diabolisé.

On voit tout de suite ce dont il est capable.

 

 

De quel candidat suis-je le plus proche ?

C’est l’ami Nicolas qui s’est lancé et m’a donné l’idée. Comme à chaque élection fleurissent des tests de proximité avec des candidats.

Celui-ci, JeVote.info, est plutôt bien fait. est un peu réducteur sur certains sujets: par exemple, il ne propose que deux possibilités à la question des traités européens (les conserver avec le libre-échangisme général qui va avec ou les récuser). Il y a bien des variantes et le programme de la France insoumise ne se reconnaît pas dans ces deux alternatives.

Le test ne couvre pas tous les candidats: je sens que Nicolas Dupont-Aignan va porter plainte ! N’imaginez pas non plus trouver les deux groupuscules trotskystes, ni le lunatique Jacques Cheminade.

Sur certaines questions, plusieurs réponses sont possibles, ce qui est bien.

Mais j’ai fait le test, et le résultat est sans appel ni surprise:

testsatkofrance

Je suis visiblement plus proche, par ordre décroissant, de Mélenchon, puis de Hamon et enfin de Macron.

Sans surprise également, Le Pen devrait trouver plus de grâce à mes yeux que Fillon, ce qui est pour le coup faux mais s’explique. Le test a un biais évident: pour une même question, deux réponses d’apparence proche peuvent témoigner d’approches politiques radicalement différentes. Par exemple, le test nous demande si l’on souhaite augmenter les allocations et/ou si on souhaite les augmenter mais que pour les Français et/ou les réduire. Je suppose que l’algorithme va juger plus proches les deux premières réponses. Me concernant, il n’en est rien: si d’aventure j’avais le choix entre augmenter les alloc mais que pour les Français ou les réduire, je … m’abstiendrai.

 

Ce fichu dîner du CRIF

J’en ai marre.

Chaque dîner annuel du CRIF charrie son lot de commentaires sur « l’argent ». Certes, ce dîner n’est pas donné. Il sert même à financer le CRIF. Mais l’association Juif/argent évoque autre chose chez quiconque a peu d’Histoire en tête. Le dîner du CRIF n’est pas une fête populaire, BREAKING NEWS. J’ai échangé hier soir avec un estimé journaliste qui relayait le prix, exorbitant, du dîner. Qu’on se le dise ici, l’association Juif/argent suscite chez votre serviteur une rage indicible.

Désolé, nous ne sommes pas responsables de l’Histoire que nous avons vécue.

Ceci étant rappelé, passons à l’essentiel, l’immonde bêtise du président du CRIF.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine », a justifié Francis Kalifat ce mercredi 22 février sur RTL.

Cette déclaration est une misère, une profonde misère.

Et donc nous applaudissons, san sconteste et avec plaisir au communiqué de Mélenchon:

 « Me comparer au parti d’extrême droite dont l’histoire européenne est mêlée aux pires atrocités commises contre les Juifs, est une faute morale et politique. (…) Si le CRIF représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de Netanyahou, ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU. « 

Oui, le CRIF défend le gouvernement d’Israël, par ailleurs coupable d’une politique xénophobe assez hors normes.

 

Ce que le FN dit vraiment de Jean Zay

Marine Le Pen fait feu de tout bois pour trianguler à gauche. En ce sens, elle s’inscrit dans la droite ligne de l’extrême droite des années 30, avec les quelques modifications contemporaines qui s’imposent (comme la substitution du juif par le musulman dans son argumentaire xénophobe).

La dernière récup en date concerne Jean Zay, ministre de l’Education nationale du Front populaire, exécuté par les collabos en 1944. Le Pen cite en effet Jean Zay dans son programme présidentiel pour justifier ses positions laïques.

La fille de Jean Zay a répondu à cette tentative.

« On connaît le programme de Marine Le Pen depuis longtemps (…) mais qu’elle ose citer le nom de Jean Zay, qui est exactement à l’opposé de tout ce qu’elle représente, ça m’a mise en colère et j’ai écrit ce texte parce que c’est d’un cynisme extraordinaire (…). Elle fait un amalgame. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que cette circulaire est faite contre les gens dont elle est les héritiers. »

En 2014, le projet de placer les cendres de Jean Zay au panthéon a fait rager les rageux d’extrême droite, Bruno Gollnisch en tête.

En 2017, la  Ligue des droits de l’Homme, dont Jean Zay était membre avant sa mort, se voit expulsée par  le FN municipal qui lui refuse désormais local et  subventions.

 

Marine Le Pen n’a jamais honte, c’est sans doute cela qui la différencie des autres.