Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Brexit – de l’intérieur

C’est stupéfiant. Mes amis britanniques n’y croient pas. Et pourtant, ce pourrait être demain.

Personnellement, malgré mon aversion pour le libéralisme européen qui pousse au nivellement social vers le bas, je ne peux me résoudre à penser que ce Brexit soit autre chose qu’une bêtise motivée par de la xénophobie, une isolation vouée à l’échec.

Vu de Londres, le Brexit semble une réaction épidermique d’une fraction des « gens d’en bas ».

Il y a du mépris pour les Brexiters.

 

 

 

Castaner, le clown dangereux #JusticepourSteve

Il fallait les voir, le premier ministre et son Rantanplan des affaires intérieures, l’air pincé et faussement triste, tous les deux inquiets des conséquences de l’identification du corps de Steve, près de Nantes.

Castaner est si décrédibilisé qu’il faut Philippe à la rescousse. Plus personne n’écoute le ministre de l’intérieur: trop de provocations verbales, trop d’encouragements à la police de frapper fort et dur contre ‘importe quel manifestant; trop d’indulgence avec les mutilations, les tirs de grenades sans précaution, les innombrables vidéos de policiers frappant à plusieurs des civils à terre.

En à peine un an de ministère, Christophe Castaner s’est juché au Panthéon des indignes.

Il a décrédibilisé la police.

 

 

Depuis la nuit du 21 au 22 juin 2019, Steve a disparu après une intervention policière « musclée« .

Nantes, aux alentours de 4h30 le samedi 22 juin. – La fête de la musique se termine sur le quai Wilson et progressivement les différents soundsystems coupent le son. L’un des DJ fait de la résistance et lance un dernier morceau : Porcherie, de Bérurier Noir. La police décide d’intervenir. « Ils nous ont direct arrosés de lacrymos, sans sommation », raconte Gwen de l’asso Media’Son. « Le DJ s’est fait taser », raconte-t-il. « Le reste des troupes a chargé les gens avec les chiens. Ils nous traitaient de sales gauchistes quand ils nous frappaient. » Coups de matraques, tirs de LBD, l’intervention est brutale. Plusieurs fêtards tombent dans la Loire. Quatorze personnes seront repêchées par les pompiers. Mais le compte n’y est pas : Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans, manque à l’appel.(source: Streetpress)

Depuis cette date, aucun des membres du gouvernement ne s’est indigné, aucun élu macroniste ne s’est dit inquiet ou choqué. Il y a eu des manifestations de soutien pour demander une enquête, des reportages de la presse, des vidéos nombreuses, mais rien n’y a fait, le gouvernement s’est tu.

Steve a disparu dans la plus grande indifférence officielle possible.

Dans les heures qui ont suivi les faits, un représentant syndical de la police s’est indigné publiquement des ordres irresponsables du commissaire local, mais rien n’y a fait, le gouvernement s’est tu.

« Cela faisait pourtant plus de 20 ans que les fêtards se réunissaient là chaque année. L’Etat avait donc conscience des risques énormes engendrés par une telle intervention [de la police, NDLR], il n’a pourtant pas hésité. Le message est clair, la répression est en marche ! » Communiqué de la coordination nationale des sound system, 30 juillet 2019

Alors que son corps est enfin retrouvé et identifié, la police publie un rapport de l’IGPN qui dédouane les forces de l’ordre de toute responsabilité.

Sentez-vous cette nausée qui monte ?

Steve est donc mort, et voici des déclarations lénifiantes.

 

On ne regrettera pas Tsipras

Il va partir dans l’indifférence. La droite, désormais enrichie de quelques neo-nazis reconvertis, devrait reporter les élections législatives en Grèce. Au scrutin européen, la « Nouvelle Droite » l’a emporté grâce à l’abstention de la gauche. Cette abstention s’explique facilement, on appelle cela du découragement.

Tsipras perd dans l’indifférence. Il s’est couché devant la Troika européenne, et l’Union européenne a révélé combien elle savait être détestable.

Selon une compilation de sondages réalisés pour les principales chaînes de télévision grecques, Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, sera le futur Premier ministre de la Grèce post-crise, sa formation Nouvelle Démocratie (ND) ayant recueilli 40% des suffrages contre 28,5% pour Alexis Tsipras. (source)

Les gens de droite ont un faux pincement de coeur devant la défaite de Tsipras. On imagine que François Hollande sera triste. Cet homme ne comprend pas que lorsque tu trahis tes électeurs, tes promesses et ton âme, tu seras purgé.

 

 

 

Le cirque parisien de la Macronie

Les élections municipales promettent d’être à la hauteur du débat politique: ridicules et effacées.

A Paris, les macronistes se déchirent sur une proie que l’on dit facile: grâce à Anne Hidalgo et la pression immobilière, Paris se transforme en ghetto bobo-ecolo sur-sécurisé qui aspire chaque matin et recrache chaque soir son lot d’employés miséreux des banlieues limitrophes pour vivre.

La campagne parisienne pour ces municipales est à la hauteur des caricatures. Les crocodiles macronistes se régalent. la ville a sur-voté en faveur de Macron en 2017. Jupiter est l’incarnation parfaite du profil parisien: ni de gauche, ni de gauche. Libéral et libéral.

Mounir Mahjoubi est sans doute le plus drôle. Le gars veut des drones et des boutons d’alerte dans la rue. « Technologie et humanité », il est un résumé de Black Mirror à lui-tout seul.

Villani ne ressemble à rien. Le mathématicien à la tenue curieuse s’est égaré en politique.

Griveaux tient la corde, il a le soutien du monarque et le cynisme des strauss-kahniens. Benjamin Griveaux fut à Macron ce que Frédéric Lefebvre fut à Sarko, un porte-flingue outrancier, menaçant, et menteur. Le voici tout sourire à réclamer un « pacte démocratique » pour Paris, tout en se réfugiant derrière une commission d’investiture de quelques cadres du parti pour obtenir sa désignation. Il a refusé le risque du vote des militants et sympathisants.

Cocasse, n’est-ce pas ?

Griveaux promet de « consulter » pour faire son programme. Il nous refait le coup de Macron: cacher le programme le plus tard possible pour éviter tout débat.

On connait la suite.

Après la Présidence des riches, voici la mairie du ghetto.

 

Les drôles leçons du Brexit

Les élections européennes sont derrière nous, et on oublierait le Brexit.Les Birtanniques ont voté, et, provisoirement, les 27 Etats membres n’ont que 74 élus par pays, au lieu de 79.  Au R-U, les Brexiters sont arrivés en tête, et pourtant, cette sortie de l’Union européenne ne livre pas les leçons qu’on en attendait.

Il y a 2 semaines, quelques heures avant un scrutin auquel elle ne pensait jamais participer, Theresa May a déclaré forfait et sera remplacée au 10 Downing Street cette semaine, vendredi 7 juin.

Il y a 3 ans, elle était opposée au Brexit. Et pourtant, telle une mercenaire politique, elle a opportunément remplacé David Cameron pour le mettre en œuvre.

Elle s’est même alignée sur les bêtises des plus extrêmes des Brexiters, à savoir que sortir de l’UE serait simple. En janvier 2017, dans un fameux discours, elle a même assuré qu’elle était prête à une sortie sans accord avec l’UE en mars 2019: « no deal for Britain is better sans a bad deal for Britain. » Elle a cru jouer d’une pression efficace, ce fut l’inverse. Elle a brauqé les autres pays européens contre elle.

May a aussi provoqué des élections anticipées; croyant renforcer ainsi son pouvoir. Au contraire, elle a perdu des sièges et restreint encore davantage sa majorité, contrainte de gouverner avec les unionistes irlandais.

Les Brexiters n’avaient pas anticipé la complexité du cas irlandais. Le cas particulier irlandais a détruit la crédibilité interne de Theresa May: la paix en Irlande repose notamment sur l’absence de frontières entre le Nord et le Sud. Pour faciliter le Brexit, Teresa May a inventé que cette absence de frontière subsiste.
Et quand May est parvenue à un compromis de sortie avec le reste de l’UE, elle a été incapable de recueillir le vote nécessaire du Parlement.

Theresa May a finalement contribué à transformer le Royaume Uni en épouvantail. Et sa scène politique en monstruosité curieuse. On ne retiendra pas grand chose de cette dame. Mais se souviendra que le Brexit a été porté par des conservateurs xenophobes (Boris Johnson, Nigel Farrage), obtenu grâce à l’abstention lors d’un référendum initié par un autre conservateur, puis aggravé par cette baudruche.

A bon entendeur…

Les drôles de leçon des élections européennes

Mes enseignements de ce scrutin européen ne sont peut être pas les vôtres.

Le parti présidentiel a reçu une claque, une baffe en pleine face. Non pas tant parce qu’il est arrivé second, mais parce que le voici avec un score stagnant de premier tour: 78% des suffrages exprimés se sont portés ailleurs que sur la liste présidentielle alors que (1) l’Europe serait le cœur du projet macroniste; (2) Macron a ratissé le plus large possible (dans sa liste, dans son programme), et (3) Macron s’est mis en avant.

Avec le score désastreux des Républicains, on peut aisément considérer que la seule réussite de Macron aura été de siphonner l’électorat de droite (on a du mal à voir où sont passées les troupes fillonistes ailleurs que chez Macron).

L’écologie a gagné: même si elle est éparpillée sur plusieurs listes, elle a assurément remporté cette élection: toutes les listes, à part l’extrême droite (RN, Dupont Aignan) ont des propositions concrètes ou pas. Le score de Jadot confirme que EELV n’a de place politique qu’aux scrutins européens.

Le résultat de la France insoumise, malgré une belle campagne, est décevant. Je reste persuadé que LFI défendait le programme le mieux construit, le plus adapté. Mais … on n’en a pas vraiment parlé. Cette campagne a été sabordée par le premier des partis (le parti présidentiel qui a refusé de faire campagne avant 15 jours précédent le scrutin), et l’éparpillement à gauche.

Glucksman sauve les meubles. Le réflexe loyaliste de quelques caciques socialistes, Hollande en tête, lui a sauvé la mise.

Les candidatures Hamon et Brossat ont été sympathiques, mais leur 6% réunis ont fait défaut ailleurs à gauche. Libre à chacun(e) de deviner à qui.

Le Rassemblement national n’a rien rassemblé. Il gagne la première place, avec un programme inchangé. Comble de l’ironie, l’un des voisins du jeune champion Bardella sur l’estrade pour son discours de victoire est l’un de ces suprémacistes blancs, ex-Génération Identitaire, Philippe Vardon. L’extrême droite change de logo, elle ne change pas … d’identité.