Archives pour la catégorie Chroniques de droite

LREM=LR=RN=FI

A force de caricatures, on en arrive à des bêtises.

LR m’a écrit, comme chaque semaine depuis que je me suis inscrit à leur newsletter, pour s’indigner de « l’immigration de masse ». C’est drôle car Macron a fait voter ce qu’Eric Besson recommandait quand il était ministre de l’identité nationale de Sarko il y a 10 ans.

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LR s’aligne sur les éructations xénophobes du Rassemblement National de Marine Le Pen. Ce qui est cocasse, c’est que la Macronista accuse régulièrement FI et RN de collusion politique.

Donc il faut récapituler, sinon on s’y perd.

LREM valide la politique migratoire sarkozyste, que LR devrait soutenir. Mais LR reprend les slogans du RN, lequel est accusé par les macronistes d’être comme les insoumis.

LREM=LR=RN=FI ??

 

Que c’est drôle…

 

Si l’on cherche des clivages qui « recomposent« , l’immigration et l’asile en sont justement un qui placent LREM, RN et LR dans un mouchoir de poche idéologique, et les insoumis bien loin de cette merde.

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Des violences en République

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Il n’est jamais bon de taper un flic.

L’ultra-diffusion sur les chaînes d’information et les réseaux sociaux de cette video d’un policier casqué pris à partie puis tabasser par des Gilets Jaunes est triste. « La violence divise un mouvement plutôt que de rassembler » a justement rappelé Adrien Quatennens.

 

 

Cette violence est une mauvaise réponse. Certes, elle permet à BHL de nous amuser quand il a l’indignation républicaine facile depuis sa villa de millionnaire à Marrakech. J’avoue avoir souri en lisant que Griveaux avait eu des sueurs froides dans son ministère. Rarement avare de formules ridicules, il s’est indigné qu’on attaque à travers lui « la maison France ». Pour qui se prend-il ? Il a posé dans l’édition de Noël de Closer. 

Un peu de modestie républicaine, non ?

J’avoue, j’ai souri, mais je n’aurai pas du. La violence est une mauvaise réponse. Elle permet à chacun de s’invectiver sous le coup de l’émotion.

Cette violence caricature aussi le mouvement. Elle occulte les manifestations pacifiques. Elle permet à des perroquets macronistes de sombrer dans des outrances. Elle aliène des soutiens potentiels. La violence appelle la violence. Cette autre vidéo d’un policier gradé qui frappe un homme noir passif est plus choquante encore.

 

« La violence divise le mouvement parce qu’elle dissuade des gens d’y participer. Je ne suis partisan ni de la violence, ni des formes d’intimidation politique personnelle. C’est le cas de Benjamin Griveaux. J’ai aussi regretté le silence du gouvernement lorsqu’il y a eu plusieurs morts du côté des manifestants, de nombreux blessés. Ça ne profite à personne. Maintenant, la violence n’est pas représentative de ce mouvement. »

J’observe ces violences avec une distance grandissante: ça tape d’un côté, l’autre braille des insultes et son indignation. Puis ne dit rien quand ça tape de l’autre sans davantage de raison. Lequel camp s’indigne à son tour.

Le gouvernement n’a rien compris. Et comme il est le pouvoir, comme il a tous les pouvoirs y compris celui de la violence « légale« , l’exigence qui pèse sur lui est plus grande. il n’empêche.

Faites des sit-ins.

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Source: La Dépêche, 2 décembre 2018

Jupiter a changé

Si si.

Yo!

Macron

 

J’imagine ce qu’on aurait dit si Sarko, Hollande, ou Trump avaient fait de même.

 

 

Le politiquement correct de l’extrême droite

L’extrême droite pollue les ondes de cette rentrée audiovisuelle, mais il faut bien évidemment la laisser faire, déverser sa rage, vomir sa haine. Cela s’appelle la démocratie, et ces thuriféraires seraient trop heureux de brailler à la censure.

Sur les plateaux télévisés, voici Charlotte d’Ornellas, de Valeurs Actuelles et Boulevard Voltaire. Elle s’est récemment distingué avec une saillie sur le racisme anti-blanc (nous aurons l’occasion d’y revenir).

Plus récemment encore, elle s’est rapidement démarquée du lot des braillards en prenant une dizaine de minutes d’antenne sur CNEWS dans l’émission de Pascal Praud pour déblatérer contre un propos de Manuel Valls que l’intéressé n’a jamais proféré.

La dame avait confondu une imitation de Nicolas Canteloup …

Sans rire.

 

Aux Etats-Unis, Charlotte d’Ornellas aurait été bannie des plateaux. Et Pascal Praud aurait sans doute perdu son job de brailleur professionnel pour CNEWS.

 

Forcément, une bourde pareille attire l’intérêt. Et voici Daniel Morin qui se lâche avec talent et provocation.

 

Le plus drôle vient après. Sur les réseaux sociaux, Fdesouche s’indigne du propos, aussitôt suivi par une horde de quelques-un(e)s des milliers de Twittos qui le suivent sur cet réseau.

Que des fachos en appellent au politiquement correct était ce soir là… cocasse et gentiment délicieux.

 

Chanson du dimanche: « les marionnettes » … de Macron.

Quand il était jeune, Christophe ressemblait à Macron. Et du coup, cette chanson semble terrifiante, une dédicace musicale à tous les godillots qui répètent sans réfléchir la parole de leur Jupiter.

Une chanson sur mesure.

 

Les élections européennes sont-elles un piège ?

Nombreux sont celles et ceux qui se sentent profondément européens, qui n’ont rien contre le concept de fédération ou d’union, et qui pourtant se sentent mal à l’aise de façon croissante à l’encontre de l’Union européenne telle qu’elle existe. Ces Européens-ci ne se reconnaissent pas dans l’accusation de « nationalisme » ni de « souverainisme«  » dont les eurobéats libéraux les affublent.

Pour le prochain scrutin, certains tentent déjà de placer le débat dans une opposition binaire – pour ou contre l’Union européenne, nation contre union. J’ai pu constater combien le simple fait d’émettre un doute, par exemple de critiquer la façon indigne dont l’Union européenne s’est comportée avec l’un des siens, la Grèce, débouchait rapidement sur des accusations de souverainisme étriqué. Critiquez Juncker, et vous voici complice d’Orban. Critiquez l’attitude conjointe des gouvernements italien et français à l’égard des migrants de Méditerranée (où l’équipe Macron s’est objectivement, factuellement aligné sur la position xénophobe des neo-fascistes italiens), et vous voici sommez de justifier si et comment vous voulez sortir de l’intégralité des accords de l’Union européenne.

Cette manière de caricaturer l’Europe n’est pas rendre service à l’Europe.

Prenez le Breixit. C’est certainement une belle bêtise, voté sur fond d’abstention record, défendue par des racailles néo-libérales ET nationalistes qui pour la plupart se sont ensuite débinées. La gauche Corbyn s’est abimée dans un affrontement quasiment identique à celui que les macronistes souhaitent nous imposer pour le prochain scrutin: droite contre droite/extrême droite.

Fustigez le dumping social ou fiscal, et les eurobéats s’exclameront: « mais tu es contre la  libre circulation des biens et des personnes ?!? »

La libre circulation des biens et des personnes ? Tiens, parlons-en. Parlons donc des migrants. L’Europe version Macron a choisi de s’aligner sur les positions nationalistes de fermeture des frontières, la réduction du droit d’asile et la traque des sans-papier. Les mêmes – Orban, Salvini, Macron – vont aujourd’hui nous faire le jeu de la fausse opposition.

Quand on défend le marché unique, la libre concurrence des Etats les uns contre les autres, « et en même temps » la traque des migrants et la réduction des droits sociaux, il semble qu’un peu d’humilité et de silence serait les bienvenus.