Archives pour la catégorie Chroniques de droite

On ne regrettera pas Tsipras

Il va partir dans l’indifférence. La droite, désormais enrichie de quelques neo-nazis reconvertis, devrait reporter les élections législatives en Grèce. Au scrutin européen, la « Nouvelle Droite » l’a emporté grâce à l’abstention de la gauche. Cette abstention s’explique facilement, on appelle cela du découragement.

Tsipras perd dans l’indifférence. Il s’est couché devant la Troika européenne, et l’Union européenne a révélé combien elle savait être détestable.

Selon une compilation de sondages réalisés pour les principales chaînes de télévision grecques, Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, sera le futur Premier ministre de la Grèce post-crise, sa formation Nouvelle Démocratie (ND) ayant recueilli 40% des suffrages contre 28,5% pour Alexis Tsipras. (source)

Les gens de droite ont un faux pincement de coeur devant la défaite de Tsipras. On imagine que François Hollande sera triste. Cet homme ne comprend pas que lorsque tu trahis tes électeurs, tes promesses et ton âme, tu seras purgé.

 

 

 

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Le cirque parisien de la Macronie

Les élections municipales promettent d’être à la hauteur du débat politique: ridicules et effacées.

A Paris, les macronistes se déchirent sur une proie que l’on dit facile: grâce à Anne Hidalgo et la pression immobilière, Paris se transforme en ghetto bobo-ecolo sur-sécurisé qui aspire chaque matin et recrache chaque soir son lot d’employés miséreux des banlieues limitrophes pour vivre.

La campagne parisienne pour ces municipales est à la hauteur des caricatures. Les crocodiles macronistes se régalent. la ville a sur-voté en faveur de Macron en 2017. Jupiter est l’incarnation parfaite du profil parisien: ni de gauche, ni de gauche. Libéral et libéral.

Mounir Mahjoubi est sans doute le plus drôle. Le gars veut des drones et des boutons d’alerte dans la rue. « Technologie et humanité », il est un résumé de Black Mirror à lui-tout seul.

Villani ne ressemble à rien. Le mathématicien à la tenue curieuse s’est égaré en politique.

Griveaux tient la corde, il a le soutien du monarque et le cynisme des strauss-kahniens. Benjamin Griveaux fut à Macron ce que Frédéric Lefebvre fut à Sarko, un porte-flingue outrancier, menaçant, et menteur. Le voici tout sourire à réclamer un « pacte démocratique » pour Paris, tout en se réfugiant derrière une commission d’investiture de quelques cadres du parti pour obtenir sa désignation. Il a refusé le risque du vote des militants et sympathisants.

Cocasse, n’est-ce pas ?

Griveaux promet de « consulter » pour faire son programme. Il nous refait le coup de Macron: cacher le programme le plus tard possible pour éviter tout débat.

On connait la suite.

Après la Présidence des riches, voici la mairie du ghetto.

 

Les drôles leçons du Brexit

Les élections européennes sont derrière nous, et on oublierait le Brexit.Les Birtanniques ont voté, et, provisoirement, les 27 Etats membres n’ont que 74 élus par pays, au lieu de 79.  Au R-U, les Brexiters sont arrivés en tête, et pourtant, cette sortie de l’Union européenne ne livre pas les leçons qu’on en attendait.

Il y a 2 semaines, quelques heures avant un scrutin auquel elle ne pensait jamais participer, Theresa May a déclaré forfait et sera remplacée au 10 Downing Street cette semaine, vendredi 7 juin.

Il y a 3 ans, elle était opposée au Brexit. Et pourtant, telle une mercenaire politique, elle a opportunément remplacé David Cameron pour le mettre en œuvre.

Elle s’est même alignée sur les bêtises des plus extrêmes des Brexiters, à savoir que sortir de l’UE serait simple. En janvier 2017, dans un fameux discours, elle a même assuré qu’elle était prête à une sortie sans accord avec l’UE en mars 2019: « no deal for Britain is better sans a bad deal for Britain. » Elle a cru jouer d’une pression efficace, ce fut l’inverse. Elle a brauqé les autres pays européens contre elle.

May a aussi provoqué des élections anticipées; croyant renforcer ainsi son pouvoir. Au contraire, elle a perdu des sièges et restreint encore davantage sa majorité, contrainte de gouverner avec les unionistes irlandais.

Les Brexiters n’avaient pas anticipé la complexité du cas irlandais. Le cas particulier irlandais a détruit la crédibilité interne de Theresa May: la paix en Irlande repose notamment sur l’absence de frontières entre le Nord et le Sud. Pour faciliter le Brexit, Teresa May a inventé que cette absence de frontière subsiste.
Et quand May est parvenue à un compromis de sortie avec le reste de l’UE, elle a été incapable de recueillir le vote nécessaire du Parlement.

Theresa May a finalement contribué à transformer le Royaume Uni en épouvantail. Et sa scène politique en monstruosité curieuse. On ne retiendra pas grand chose de cette dame. Mais se souviendra que le Brexit a été porté par des conservateurs xenophobes (Boris Johnson, Nigel Farrage), obtenu grâce à l’abstention lors d’un référendum initié par un autre conservateur, puis aggravé par cette baudruche.

A bon entendeur…

Les drôles de leçon des élections européennes

Mes enseignements de ce scrutin européen ne sont peut être pas les vôtres.

Le parti présidentiel a reçu une claque, une baffe en pleine face. Non pas tant parce qu’il est arrivé second, mais parce que le voici avec un score stagnant de premier tour: 78% des suffrages exprimés se sont portés ailleurs que sur la liste présidentielle alors que (1) l’Europe serait le cœur du projet macroniste; (2) Macron a ratissé le plus large possible (dans sa liste, dans son programme), et (3) Macron s’est mis en avant.

Avec le score désastreux des Républicains, on peut aisément considérer que la seule réussite de Macron aura été de siphonner l’électorat de droite (on a du mal à voir où sont passées les troupes fillonistes ailleurs que chez Macron).

L’écologie a gagné: même si elle est éparpillée sur plusieurs listes, elle a assurément remporté cette élection: toutes les listes, à part l’extrême droite (RN, Dupont Aignan) ont des propositions concrètes ou pas. Le score de Jadot confirme que EELV n’a de place politique qu’aux scrutins européens.

Le résultat de la France insoumise, malgré une belle campagne, est décevant. Je reste persuadé que LFI défendait le programme le mieux construit, le plus adapté. Mais … on n’en a pas vraiment parlé. Cette campagne a été sabordée par le premier des partis (le parti présidentiel qui a refusé de faire campagne avant 15 jours précédent le scrutin), et l’éparpillement à gauche.

Glucksman sauve les meubles. Le réflexe loyaliste de quelques caciques socialistes, Hollande en tête, lui a sauvé la mise.

Les candidatures Hamon et Brossat ont été sympathiques, mais leur 6% réunis ont fait défaut ailleurs à gauche. Libre à chacun(e) de deviner à qui.

Le Rassemblement national n’a rien rassemblé. Il gagne la première place, avec un programme inchangé. Comble de l’ironie, l’un des voisins du jeune champion Bardella sur l’estrade pour son discours de victoire est l’un de ces suprémacistes blancs, ex-Génération Identitaire, Philippe Vardon. L’extrême droite change de logo, elle ne change pas … d’identité.

 

 

Macron et l’Algérie

Saïd Bouteflika a été arrêté ces jours derniers. C’est sans doute l’une des conséquences de la sortie de son frère de la présidence algérienne. La nouvelle a son importance.

Par l’intermédiaire d’Alexandre Benalla, en 2015, Emmanuel Macron s’est rapproché de différents dirigeants et patrons algériens, dont Ali Haddad,  Farid Belkacemi et Saïd Bouteflika, ou des patrons opposants tels Issab Rebrab. Certains font aujourd’hui l’objet de purges, mais la question qui nous intéressent ici n’est pas là.

C’est dans ces moments troubles que sont révélés parfois d’autres secrets. On l’a vu avec la chute de Kadhafi, qui a permis d’accélérer une cascade de révélation sur le supposé financement occulte de la campagne de Sarkozy en 2007.

En 2016, Macron manquait d’argent. Avant d’obtenir ses 800 donations pour couvrir 8 millions de frais de campagne, il était à découvert. Le journaliste Marc Endeweld n’apporte pas la preuve d’un financement illégal en Algérie ou ailleurs en Afrique. Mais il note l’ampleur des relations tissées sur place.

Donc on va suivre tout ça.

 

Le dernier hommage de Macron à Pétain

Le 1er mai est un jour de repos, et de manifestations syndicales, sociales et politiques depuis des lustres. Il est un hommage aux grévistes de Chicago le 1er mai 1886 qui réclamaient la journée de 8 heures.

Même le Figaro sait cela.

Le 1er mai 1886, une grève généralisée – suivie par près de 350.000 travailleurs – paralyse un nombre important d’usines outre-Atlantique. Les salariés réclament la journée de travail de 8 heures mais les patrons s’y opposent. La contestation est particulièrement vive à Chicago, dans l’Illinois. Le 3 mai, environ 10.000 ouvriers grévistes se massent devant les usines Mc Cormick pour protester contre les briseurs de grève et les conspuer. La police charge alors la foule puis l’armée intervient, faisant 6 morts et de nombreux blessés. Le lendemain, un meeting de protestation réunit près de 150.000 personnes. La ville est en état de siège et une bombe explose tuant 15 policiers. Si les manifestants obtiennent gain de cause, le bilan est lourd avec plus de dix morts du côté des travailleurs.

L’an dernier, Alexandre Benalla et son comparse Bruno Crase y ont été filmés déguisés en policiers en train d’agresser des manifestants. On sait depuis que les deux étaient bien importants dans le dispositifs macronien que simplement des vigiles de renforts à l’Elysée.

Cette année, Macron s’est inspiré de Pétain pour requalifier de façon erronée le 1er mai en une célébration du travail:

 

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Le 1er mai 1941, première fête du travail de l’Etat Français depuis l’armistice, le maréchal Pétain disait en effet ceci:

« Le 1er mai a été, jusqu’ici, un symbole de division et de haine ; il sera désormais un symbole d’union et d’amitié parce qu’il sera la fête du travail et des travailleurs.

Le travail est le moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort. Un homme qui sait accomplir une tâche avec courage et expérience représente toujours une valeur pour ses semblables. La plus saine fierté que l’on puisse trouver est de se sentir utile par le travail bien fait. Aucun privilège de nom et de fortune ne donne à quelqu’un autant de confiance dans la vie et de bienveillance à l’égard d’autrui.

Le travail répond à cette loi sévère de la nature que rien ne s’obtient sans effort. Cette loi du travail a été marquée par une formule de malédiction : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ». C’est donc à tort qu’on a fait luire à vos yeux le mirage d’une cité future où il n’y aurait plus de place que pour les plaisirs et pour les loisirs.

Mais si le travail est pour l’homme un passe-temps, il est aussi un bienfait. Il est, en effet, une condition de la bonne santé morale et physique, de l’équilibre et du développement des facultés humaines. C’est une erreur de croire que l’on puisse conserver intacts les dons de ses facultés dans l’oisiveté. Nous ne développons nos capacités, nous n’augmentons nos forces que par l’exercice que nous nous donnons. »

 

Mais ce n’est pas tout. Pour ce 1er mai 2019,

  • Le gouvernement a voulu décourager les bonnes gens de se rendre aux manifestations car, prédisait son ministre de l’intérieur, il y aura des violences et milliers de violents.
  • Des CRS ont tiré dans le tas leur gaz et autres grenades de désencerclement. On a filmé un CRS jetant un pavé sur la foule.
  • Des intrus sont entrés avec violence dans un hôpital.
  • La police a été incapable de maitriser ni d’empêcher les Black-blocs alors qu’elle était prévenu, preuve que le dispositif gouvernemental a été inefficace et que Castaner, premier flic de France, est un incompétent.

 

Quelle honte.