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Macron « ne me satisfait pas ».

L’actuel ministre de l’économie a lancé son mouvement car, explique-t-il, « la gauche ne le satisfait pas. »

 

« Moi je ne mens pas aux gens, je dis ce que je pense, je le dis depuis le début. Je suis de gauche, c’est mon histoire. Mais la gauche aujourd’hui ne me satisfait pas. »
Emmanuel Macron
J’aimerai que Macron nous lâche avec les étiquettes. Il est certainement persuadé que droite et gauche sont des concepts dépassés. Tous les « modernes » de l’Editocratie et la Politique au pouvoir nous l’expliquent trop régulièrement.
D’ailleurs, Macron, dans cette même interview à ARTE, l’explique très bien: sa gauche signifie la réforme quand, pour d’autres, elle signifie d’abord la protection des plus fragiles.
« A mes yeux, le vrai clivage dans notre pays (…) est entre progressistes et conservateurs, c’est ce clivage que je veux rebâtir maintenant et je ne veux pas attendre 2017 »
Il faudrait donc que Macron laisse la gauche, ses symboles, ses sympathisants, ses électeurs, tranquilles.
Juste tranquilles.
Macron est devenu un « moulin à paroles ». Pour celle ou celui qui du mal à finir le mois; le chômeur de longue durée ou le malade sans mutuelle, qu’un ministre de la République explique qu’il est impuissant ou révolté en « touchera une sans faire bouger l’autre ».
Car le gars, comme le rappellent les pontes de la Hollandie, est quand même … ministre de l’Economie. Et avant cela, il était … secrétaire général adjoint de l’Elysée, en charge des sujets économiques  pour François Hollande. Macron est un peu le François Pérol de Hollande.
L’entendre expliquer aujourd’hui que le pays mérite changements, révolutions et alternances est presque cocasse.

Mais qui sont les 13000 adhérents des Macronneries ?

Piqué au vif, le jeune ministre a lâché que son mouvement lancé moins d’une semaine plus tôt avait déjà convaincu 13.000 adhérents au JT de France 2 dimanche soir.

Fichtre ! Un succès assurément, nous assure dès le lendemain un grand reporter de l’Express.

Un chiffre impressionnant. Selon Emmanuel Macron, qui s’exprimait dimanche soir au JT de France 2, le mouvement « En Marche! » qu’il a lancé il y a moins d’une semaine compte déjà 13 000 adhérents. Soit plus qu’EELV, qui n’en revendique que 10 000, et l’équivalent d’un dixième du PS, qui a déclaré 131 000 adhérents l’été dernier. Une petite armée de recrues « de gauche comme de droite » que le ministre de l’Economie compte désormais faire marcher sur les routes de France.

Franchement, le chiffre est surprenant. On en vient à penser que le jeune ministre a confondu les « like » sur Facebook ou les visionnages de ses videos sur YouTube avec des adhésions.

Rappelons la procédure pour adhérer à En marche.

D’abord, c’est gratuit. On est assez loin des mouvements politiques ou associatifs qui, exception faite, parfois, des cas particuliers de précarité, exigent un minimum de contribution financière.

 

  1. Adhérer c’est gratuit.

  2. Participer activement à la vie du mouvement.

  3. Disposer d’outils de participation.

  4. Participer à l’Assemblée Générale.

  5. Etre tenu au courant de l’actualité du mouvement

 

 

La seule video du discours de Macron à Amiens n’a été vue que 2 500 fois en 6 jours.

2500 visionnages… 13 000 adhérents… Comment dire que nous sommes surpris ?

En d’autres termes, près de 8 « adhérents » sur 10 n’auraient même pas pris la peine de regarder la seule et unique video disponible de leur mentor à propos de son nouveau mouvement ?

Le clip publicitaire (et bidonné) d’Emmanuel Macron, avec ses figurants australiens, allemands ou américains, a été vu 60.000 fois en 6 jours. L’histoire ne dit pas combien de vues ont été achetées, comme c’est le cas habituellement sur YouTube.

Sur Twitter, le fil officiel compte déjà 16 200 abonnés, joli succès. Sur Facebook, 26.000 « like ».

Est-ce à dire que 50 à 80% de ces « fans » sur réseaux sociaux ont « adhéré » ? L’image est facile. Macron recycle le vocabulaire des mouvements politiques et associatifs. Rappelons que Sarkozy a un million de fans sur Facebook. Alors que son parti compte trois fois d’adhérents.

En d’autres termes, il semblerait que M. Macron ait abusivement, volontairement, cyniquement qualifié d’adhérents toutes sortes d’approbations motivées, sincères, ou simplement curieuses.

Dans le monde numérique qu’il connait pourtant si bien, on appelle cela « sur-estimer l’engagement ».

Il faudra rappeler à ce non-élu ce que signifie l’adhésion politique.

La vraie.

 

Ah mince, Juppé séduit chez les Hollandistes

C’est un drame, ou presque. Ou bientôt.

Les sondages s’accumulent et se ressemblent. L’une de ces dernières enquêtes, publiée par Libération le 24 mars dernier, m’a surpris plus que d’autres.

« Même à gauche, on est plus favorable au maire de Bordeaux qu’à Hollande : 52 % des sympathisants de gauche – et 62,5 % des socialistes ! – pensent que Juppé ferait un bon président en 2017. Alors que seul un tiers des sympathisants de gauche ont la même opinion de l’actuel chef de l’Etat. »

Alain Juppé est devenu le pire cauchemar de ses rivaux à droite (c’est naturel), mais aussi de François Hollande.

Juppé, comme Hollande, sera l’homme d’un seul mandat.

Ce débat à droite risque d’être lassant.

Les trolls hollandistes

Moi aussi, comme d’autres, j’aurai pu/du les traiter de pauvres types, de salopards, ou de traitres, à en suivre les revirements de leur mentor. Il n’en fut rien, et pour quelques raisons simples. Pourtant la tentation est grande.

 

Comparer le Front de gauche au FN, l’attaque émane habituellement de Nicolas Sarkozy. L’ancien monarque l’a répété de nombreuses fois. Cette fois-ci, et ce n’était pas la première fois, la grossièreté venait d’ailleurs.

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J’aurai pu, j’aurai du fustiger ces anciens camarades de campagne plus fortement. Le désaccord n’explique pas tout. Je me souviens des mêmes comportements chez quelques trolls vrauchistes dont la motivation militante faisait déraper l’esprit pendant la campagne de 2012. Ils avaient une rage que je peut comprendre aujourd’hui. Pire, quelques messages gênés d’autres camarades socialistes m’ont convaincu que cette démarche outrancière et facile, et qui soulage à coup sûr, n’est pas la bonne.

Une poignée d’ultra-militants fidèles à Hollande s’amusent ainsi à troller quiconque fustigent leur mentor. Nous en avons déjà parlé dans ces colonnes. Pour être efficace, le troll doit viser juste.

Il est largement temps de faire un peu de mea culpa. J’ai traité le quinquennat précédent avec un antisarkozysme primaire assez tenace. La pratique politique de Sarkozy était primaire, son opposition devait l’être. Mais je mesure aujourd’hui combien nous sommes tous engagés, surtout sur internet, dans un combat sans nuance ni alliance.

Les Hollandistes, pourtant, devraient montrer un autre exemple. Leur mentor est un trop fin tacticien pour penser que vomir de l’insulte à longueur de journée à l’encontre de tous les critiques (83% de la population en âge de voter d’après ces effarants sondages) est la meilleure façon de séduire.

 

 

 

La présidente Le Pen

C’est une BD assez terrifiante car terriblement réaliste et déjà un carton en librairie (plus de 100.000 exemplaires vendus):  Le Pen présidente, victorieuse devant Hollande au second tour d’une présidentielle à suspense ?

La suite, les auteurs la prévoient. Ils se basent sur l’exact programme du FN, et tentent de deviner la réaction de l’environnement: Les caisses en faillite, la chute de notre monnaie, l’isolement économique, l’autoritarisme qui se met en place sans grand changement législatif (puisque tout est en place – merci qui ?), les rafles, l’état d’urgence permanent, la dissolution du conseil constitutionnel par référendum.

 

Le FN, ni à gauche, ni à droite.

Régulièrement, la question du positionnement politique du Front national refait surface au milieu du débat. Il y a peu, le parti s’est rassemblé en séminaire. Comment briser ce plafond de verre qui empêche le FN à faire des alliances.

Aidons nos commentateurs.

  1. D’abord un premier rappel: le Front national n’est pas un parti républicain. La République a toujours toléré nombre de partis qui n’étaient pas républicains, sans pour autant les déclarer hors-la-loi. Le FN n’est pas républicain car son programme est suffisamment systématiquement discriminatoire pour ne pas l’être.
  2. Le Front national est électoralement de droite. La majorité des électeurs frontistes votaient à droite. Cela se confirme aussi dans les reports de voix aux élections. Cela ne signifie pas que des électeurs qui votaient à gauche ne votent jamais pour le FN. Cela signifie que les électeurs du FN sont surtout des électeurs qui votaient ou votent encore pour des candidats de droite.
  3. Le Front national est politiquement à droite. Si l’on oublie quelques souverainistes qui tentent d’égarer la galerie, le FN constitue ses rares alliances locales avec la droite; chipent des élus et des responsables à la droite; partage avec la droite un libéralisme économique et un autoritarisme envers les libertés publiques qu’on trouve majoritairement à droite.
  4. Comme Sarkozy, Valls ou Hollande, Marine Le Pen aime trianguler pour élargir son audience. Chiper la laïcité pour mieux fustiger l’islam; défendre la retraite à 60 ans pour mieux dézinguer le droit aux allocations des immigrés travailleurs; etc. La triangulation – i.e. chiper à l’adversaire l’une ou l’autre des moins gênantes de ses idées – est une tactique fortement empruntée ces dernières années.