Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Le débat de la primaire de l’abstention

Finalement, le second débat de la primaire de la droite à la télévision a sans doute fait progresser l’abstention.

L’abstention à cause de l’ennui face au vide des idées, de la bêtise de quelques questions, des disputes de famille, et de formules creuses à la « moi je », « l’autorité », et autres appels au « retour de la France ».

On notera avec gêne la haine à l’encontre de François Hollande qui transpirait chez tous les candidats, sauf NKM (qui refusa de confondre adversaire et ennemi) et Juppé (qui appelait au rassemblement). Les plus haineux furent Sarkozy et Fillon, les deux Dupont et Dupont du précédent quinquennat, sans surprise.

La primaire de la droite et du centre est un concours Lépine des incantations égotiques (« moi et les Français ») et des mesures les plus rétrogrades. Le pompon fut atteint et dépassé sur l’Education nationale (le costume, l’apprentissage d’un métier dès le collège, etc).

Fort heureusement, Sarkozy a multiplié les lapsus. Le plus gros fut sans doute celui-ci où, croyant dézinguer le Front républicain contre le FN, déclara exactement l’inverse, qui fut tweeté dans la foulée par son Community Manager: le front républicain, déclara-t-il, provoquera l’explosion des extrêmes.

N’est-ce pas ce qu’il cherchait justement ?

 

primaire

 

//platform.twitter.com/widgets.js

Rions un peu avec Juppé

On sent l’excitation, l’énervement, l’inquiétude à l’approche du premier scrutin de cette présidentielle, le premier tour de la primaire des droites et du ventre. Pardon, « de la droite et du centre ».

Cette semaine, jour des Morts et Toussaint oblige, avec un sens du timing assez élégant, Alain Juppé a dévoilé son affiche de campagne. L’exercice est raté. L’affiche est ringarde à souhait. Juppé nous ramène au-delà des années 70.

6044649lpw-6044684-jpg_3872247

Finalement, nous ferons campagne contre Valls. Manuel Valls.

Il parait que les Vallscistes sont « déchaînés ». Il faudrait donc qu’ils soient énervés pour réagir ainsi.

Les vallsistes sont déchaînés contre François Hollande. Une tentative d’entraver sa candidature qui prend une ampleur sans précédent.

Par et Michel Revol

Les proches de l’actuel premier ministre s’activent pour remplacer au pied levé un président éteint. On croyait que Valls attendrait son tour, il n’en serait rien. La campagne aura le mérite de la clarté: Manuel Valls était, et est toujours, aux commandes du quinquennat. Et le prochain scrutin sera l’occasion de mesurer s’il réussit son coup de force politique et idéologique consistant à ramener l’ensemble du PS sur le terrain de l’ex-UDF.

 « Bien sûr que Manuel sera candidat dans la minute où Hollande se désiste, même si ce n’est pas son intérêt. Car il ne peut attendre le congrès du PS de la fin 2017 au risque de voir le parti se corbyniser sous la pression de 40 000 adhérents. Il est lucide. Il sait très bien que la primaire n’est pas gagnée pour lui. Valls doit pouvoir opposer une candidature sociale-réformiste devant 1 à 2 millions de participants, quitte à perdre face à Montebourg. Mais il y a moins de risques dans une primaire ouverte que dans un congrès face aux militants. » (Un proche)

Nous sommes prévenus.

Vous êtes prévenus.

 

Macron, ce moment gênant

Une minute après le début de cette video officielle, extrait choisi, voici Emmanuel Macron qui débute une Marseillaise.

 

Emmanuel Macron me fait penser à Valéry Giscard d’Estaing.

Sorti d’un siècle précédent, hors sol et hors normes.

Incroyable et drôle.

Qui est Jean-Frédéric Poisson ?

Je l’ai croisé par hasard il y a quelques temps déjà. Jean-Frédéric Poisson était cet élu inconnu si fervent opposant au mariage gay.

« Je considère que la loi Taubira rompt avec le principe d’organisation de notre société qui inscrit dans le droit la différence des sexes. » Jean-Frédéric Poisson

Conservateur, l’homme n’est pas avare de contradictions: « Je suis le candidat le plus à droite et le plus conservateur de cette primaire » explique-t-il au Figaro, « Je ne suis pas libéral. Je suis plus à gauche que Macron » complète-t-il à l’Express.

Certains éditocrates l’ont trouvé efficace et convaincant lors du débat primaire de la droite jeudi 13 octobre dernier. Poisson a l’avantage d’être nouveau. Dans un paysage politique figé, sclérosé et répétitif, la moindre tête nouvelle un peu bonhomme et qui a du vocabulaire rassure et amuse.  Pour Atlantico, Poisson est « formidable« .

Poisson n’est pas formidable.

Sa conception si chrétienne de la communauté nationale le conduit à réfuter les délires anti-burkini des Sarkozy et autres Wauquiez, sa conviction personnelle et profonde est que la laïcité a ses limites. C’est un homme qui réclame  « l’abrogation des lois mémorielles qui imposent une version «officielle» de l’histoire » (quel point urgent dans l’agenda politique de 2016!), la suppression du droit du sol et du « regroupement familial automatique », et l’organisation d’un référendum « pour demander aux Français de décider du type d’aides sociales versé aux ressortissants étrangers et des conditions de leur versement. »

Jean-Frédéric Poisson a le soutien de Louis Alliot, vice-président deu Front national. La réciproque est d’ailleurs vraie puisque le successeur de Christine Boutin à la présidence du groupuscule chrétien-démocrate, a récemment expliqué combien le FN est « un parti comme les autres« .

 

Non, Jean-Frédéric Poisson n’est pas formidable.

Les mauvaises surprises du budget version UMPS

L’exercice était drôle. Dans les colonnes du Monde du 8 octobre 2016, l’actuel secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert (PS) et son probable successeur l’an prochain si la droite l’emporte, Gilles Carrez (LR) s’affrontaient sur la dernière loi de finances du quinquennat Hollande et les promesses délirantes des candidats de la primaire de droite. Le bilan Hollande en matière fiscale est décevant. Après une hausse forte, heureuse et mal assumée des impôts sur les revenus du capital et les plus hauts revenus, Hollande a créé d’incroyables nouvelles niches fiscales pour les entreprises. Incroyable d’inefficacité, le CICE coûte cher, très cher. Au final, Hollande n’a pas réduit les niches fiscales comme il l’avait promis. On sait que le concept est fumeux. Mais quand même. La grande réforme fiscale n’a pas eu lieu, c’est un quinquennat pour rien, ou pas grand chose.

Dans les colonnes du Monde, observer deux représentants de la gauche et de la droite de gouvernement n’écharper sur lequel est le plus orthodoxe avait quelque chose de triste et de prévisible. Ils se critiquent mutuellement leur efficacité respective à respecter les critères de Maastricht, ce traité d’un autre siècle.

D’abord, les deux se disputent bien sûr les hypothèses: Carrez accuse Eckert d’avoir surévaluer les recettes, et vice-versa. Dans ce concours de beauté à qui est le plus rigoureux, les vraies décisions budgétaires (qui paye l’impôt, où notre budget public est dépensé, etc) ne sont que peu abordées. On reste général, on s’abrite derrière des concepts ou des labels.

Gilles Carrez: « il y a une surestimation manifeste des recettes et, d’autres part, les dépenses de l’Etat progressent de 15 milliards par rapport à 2015.

Christian Eckert: « Nous revendiquons 7 milliards d’augmentation des dépenses de l’Etat: 3 milliards sur l’éducation, 2 milliards sur la sécurité, 2 milliards sur le plan emploi ».

On apprend toutefois une chose, au détour d’un échange, sur la réalité des promesses des candidats à la primaire de droite.

Loin de baisser les impôts massivement comme ils l’annoncent, Juppé (28 milliards de baisse) et Fillon (50 milliards d’euros) veulent plutôt « redéployer » la charge fiscale du capital et du travail vers la TVA, impôt oh combien injuste.