Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Le Pen contre Le Pen

Le Vieux n’est pas content. Et il le fait savoir. Car le porte-parole Florian Philippot a critiqué la récente saillie de Valls sur l’Apartheid. Et donc ça agace Le Pen-père qui trouve encore quelque grâce à l’un des régimes politiques les plus racistes et durables que l’humanité ait connue.

« L’apartheid est compris comme une abomination de la désolation par un certain nombre d’imbéciles, y compris de droite, n’est-ce pas, alors que c’était une politique de développement séparé. » (Jean-Marie Le Pen, le 23 janvier 2015)

La semaine dernière, le vieux Le Pen avait déjà évoqué un complot américano-sioniste à propos des attentats de Paris, dans les colonnes d’un média russe. Ce qui avait permis à Florian Philippot de railler le « verre de vodka » de trop de l’ancien président du FN.

Je souhaite longue vie à Jean-Marie Le Pen. Il nous rappelle ce qu’est le FN.

Un réac à propos du soutien à #CharlieHebdo

Nous ne nous préoccupons peu dans ces colonnes de cette frange qui nous fait suffoquer. Cette réacosphère complexée. La période que nous venons de traverser, et dont la traversée n’est pas terminée, m’a divertit.

J’ai été surpris/choqué/déçu/pas déçu par quelques réactions éparses ici ou là de celles et ceux qui raillaient/minoraient/critiquaient les manifestations de ce weekend… à gauche. J’ai raillé/critiqué/fustigé la réaction prévisible du Front national. J’avais négligé les voix dissonantes à droite, au sein de la droite républicaine, celle qui pense que nous faisons partie de la même communauté politique et sociale.

Depuis quelques temps, nous savons qu’il y a de la droite furibarde. Un concept assez simple à résumer en trois mots: l’extrême droite complexée.

Il y a un échantillon peu unique mais très révélateur, prénommé Corto. Dans un récent billet dénommé « Monsieur Elkabbach, vous n’avez pas honte ?« , il ne s’attarde pas sur l’argument: « Le journaliste arrogant, sectaire, qui se croit tout permis ! »

Il parlait de cette interview, lundi au lendemain des manifestations #Charlie. Marine Le Pen était sur Europe1 et Elkabach frappa là où cela faisait mal. Car voyez-vous, Marine Le Pen a réorienté les phobies de son parti des juifs vers les musulmans; ça faisait partie du plan de « normalisation ». Que Elkabach prenne ainsi la présidente du fn en défaut sur sa non-participation aux manifestions faisait tâche dans le parcours mariniste. Une vraie catastrophe.

Mais heureusement, Corto était là pour exprimer son indignation contre le journaliste. Le lendemain, il tentait de minorer le succès de dimanche (les « 5% de de la population française descendant dans la rue avec pour seule arme un stylo et une pancarte »). Quand un maigre million se glissait dans les rues pour fustiger le mariage gay, Corto évoquait un tsunami politique.

Ne cherchez plus à comprendre, il suffit de sourire.

Tu voteras pour qui ?

Lui (à droite): « mais quel bordel… Pourtant, je ne vais pas protester contre la suppression de l’Ecotax. »

Moi: « … »

Lui: « ça va me faire économiser. Mais quel bordel … »

Moi: « ah ça s’est sûr… »

Lui: « Et cette loi Macron, mais quel bordel… »

Moi: « …. »

Lui: « Et tu vas voter quoi ? »

Moi: « Ben Mélenchon ».

Lui: « … ah quand même. »

 

Zemmour et notre nausée

Pourquoi faudrait-il commenter les dernières frasques verbales d’Eric Zemmour ?

L’homme est prévisible. Souverainiste tombé dans la grande marmite fascisante et inquiète, il a commis un ouvrage dont les seuls comptes-rendus ont suffi à me donner la nausée. Chacune de ses interventions ressemble à la précédente et à la suivante. Le mythe du Grand Remplacement, la réhabilitation de Pétain, les caricatures sur l’immigration=insécurité, et tout le toutim, on connaît la chanson.

L’homme est prévisible, et pourtant, il faudrait le tacler à chacun de ses dérapages. Zemmour mérite un blog critique à lui tout seul.

« La France de Zemmour » ?

Mais il n’est qu’écrivain, journaliste, citoyen particulier et non élu. Pourquoi donc mériterait-il qu’on s’attarde ? Zemmour propage sur tous les plateaux une mauvaise haine. Il faut tacler, rappeler ce que veulent dire ces propos.

Le 12 décembre dernier, Jean-Luc Mélenchon était face à Zemmour, sur la radio qui employait ce dernier. Je ne peut qu’applaudir à cette phrase, extraite de l’une des réponses de l’élu aux interrogations énervées de l’écrivain-journaliste:

 » Le fait de devenir constituant forme le peuple lui-même. Contrairement à Éric Zemmour, je ne crois pas que le peuple français se constitue dans le ventre des femmes françaises mais à partir de l’école, de la politique et de la République. Et lorsque le peuple devient constituant, il s’approprie collectivement son avenir en définissant les droits qui sont les siens. Il faut donc, par cet acte-là, en quelque sorte, refonder la France elle-même, l’idéal républicain et le mettre en partage dans toute la population. On est plus intelligents à plusieurs qu’à un seul. Il faut une Assemblée constituante et il faut un pouvoir parlementaire et non pas cette grotesque monarchie présidentielle. »

Eric Zemmour, dans un entretien à un journal italien renommé, a expliqué comment et pourquoi il pensait possible et raisonnable de déporter 5 millions de Français musulmans. Mélenchon reproduit et traduit l’entretien sur son blog.

Etouffant.

Eric Zemmour : « Les musulmans ont leur code civil, c’est le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés de s’en aller. »

Question : « Mais alors que suggérez-vous de faire ? Déporter 5 millions de musulmans français ? »

Eric Zemmour : « Je sais, c’est irréaliste mais l’Histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 que un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France ? Ou bien qu’après la guerre, 5 ou 6 millions d’Allemands auraient abandonné l’Europe centrale et orientale où ils vivaient depuis des siècles ? »

Tais-toi.

Je suis tombé de ma chaise.

Mais je me suis relevé.

Car je n’étais plus surpris.

« Je voudrais quand même rajouter un point : ça dépend aussi de la vision de la société qu’on a. Vous savez, les jeunes Françaises et les jeunes Français, le dimanche, ils n’ont pas tous la chance de déjeuner en famille, de pouvoir faire une sortie culturelle ou une balade au parc.

Il y a beaucoup de Français et de Français qui aimeraient travailler le dimanche pour précisément pouvoir se payer le cinéma. Il faut regarder la France des banlieues, des quartiers périurbains où, travailler le dimanche, ce sera aussi des opportunités qu’on recrée. Parce que ce sera aussi choisi, parce qu’on protégera mieux.

Il ne faut pas réduire la société à un seul modèle, à une seule vision. Il y a beaucoup de Françaises et de Français qui veulent qu’on leur redonne ces opportunités. »

Emmanuel Macron, ministre de l’économie.

Comment améliorer le débat politique

Le blogueur Authueil livre une belle analyse sur les raisons de l’échec de Nicolas Sarkozy dans sa reconquête des faveurs de l’opinion de droite.

Il explique pourquoi Sarkozy a raté son retour. Sans aucune arrière-pensée politique, je ne peux qu’applaudir. Depuis 2004, c’est la seconde fois seulement que je peux me réjouir de l’échec de Sarkozy.  Bien sûr, rien n’est n’est définitif. Mais prenons les plaisirs, même provisoires, quand ils se présentent à nous.

Pourquoi devrais-je m’obstiner à commenter ce qui se passe à droite ? Il y a plusieurs raisons à cela. La première est que Sarkozy a été l’objet quotidien de mon activité  blogosphérique pendant 5 ans. Cela laisse des séquelles. Mais la plus importante est différente: comme d’autres,  je suis plus effrayé de l’état dégradé général de la politique française: à gauche, à droite, à l’extrême droite. Le débat ne porte plus, les invectives caricaturales sont légions. On se réfugie facilement derrière la colère, l’insulte et le raisonnement court pour éviter de convaincre.

Je lis cela à gauche comme à droite, sans distinction.

« crétins décérébrés« , « pourris« , « Enfoirés de socialos « , « merdeux »,  »

Nous sommes devenus incapables de faire le tri et d’adapter nos argumentations, notre attitude, notre ton, aux situations et aux hommes/femmes qui les portent.

Il y a du ménage à faire. A droite, Sarkozy reste une dégradation politique. Politiquement, il est une girouette, il est prêt à tout, même aux arguments les pires, pour conquérir le pouvoir. Au pouvoir, il devient lâche (Je ne vais pas vous résumer 5 ans de chroniques de Sarkofrance. Les archives sont toujours en ligne).

Il faut donc faire le tri entre celles et ceux qui contribuent au débat politique (par la fiabilité et l’honnêteté de leurs arguments, la cohérence de leur positionnement, et même leurs attitudes verbales), et les autres. 

Vous comprendrez alors pourquoi je préfère applaudir Bruno Le Maire contre Nicolas Sarkozy. Pourquoi je souhaite que Bayrou l’emporte contre Lagarde ou Morin. Pourquoi je préférer Cécile Duflot à Jean-Vincent Placé. Pourquoi j’ai fini par applaudir Montebourg contre Hollande. Pourquoi je désapprouve Manuel Valls.

Ces « préférences » ne sont pas des choix de soutien (Valls, Le Maire) ni de désaccord (Placé) politiques, mais simplement un tri personnel, subjectif, et évolutif.

De l’autre côté de l’échiquier politique, notre confrère Gauche de Combat a publié une riposte enragée contre l’attaque écrite et grossière d’un site dont je ne soupçonnait pas l’existence. Le dit site l’accusait d’être complice des rouge-bruns et autres fanatiques de Soral. Dans un échange qui s’est poursuivi sur Facebook (*), le cercle des accusés s’est élargi à votre serviteur et quelques autres consoeurs et confrères. ce fut suffisamment triste et drôle pour qu’on s’en amuse et qu’on en pleure.