Archives pour la catégorie Chroniques de droite

Le jour où j’ai appris que j’étais un islamo-gauchiste.

Le Figaro Magazine nous gratifie d’une couverture alléchante sur l’islamosphère.

Le « dossier » est piloté par Judith Waintraub, une éditorialiste que l’on entend souvent à la radio ou à la télévision, et qui a cette manie de tweeter après chaque attentat islamiste: « #padamalgame », sans jamais oser préciser ce qu’elle voulait bien dire par là.

D’amalgame, il en est bien question dans ce dossier: Plenel, Ramadan, Obono, Autain, etc , on y trouve de tout. L’article fleure bon le complotisme. « Ils sont partout! » Il faut faire peur et, surtout, ne jamais s’interroger sur les causes géopolitiques du terrorisme islamique. 

« L’islamosphère étend son influence dans le monde intellectuel, politique, dans les médias et les réseaux associatifs. Elle a ses rendez-vous annuels, comme les Y’a bon Awards. Sous couvert de «distinguer» les auteurs de propos racistes, cette cérémonie s’est muée en tribunal médiatico-mondain de l’ «islamophobie». Le «camp d’été anticolonial» est également très prisé, même s’il est «réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français», autrement dit, s’il est interdit aux Blancs. »

Judith Waintraub appelle même Elizabeth Badinter à la rescousse: « les islamo-gauchistes sont certes une minorité mais influente et largement relayée par les grands médias et journalistes de gauche » explique l’essayiste. Certes, on a tendance à voir partout ce que l’on déteste beaucoup, mais cela n’empêche pas d’avoir un peu de discernement: la liste même des « islamo-gauchistes » publiée par le Figaro est la simple preuve de l’inanité de cet argument: non, ces « islamo-gauchistes » n’accaparent pas les « grands médias »... ils sont même plutôt rares si on compare leurs apparitions médiatiques à celles de plumes du Fig, du Point, de l’Express, du Nouvel Obs, etc. 

Judith Waintraub ne recule devant aucun amalgame. Ainsi s’attaque-t-elle au Bondy blog en expliquant combien ce site d’info a accueilli le blogueur Medhi Meklat (ce qui est vrai), dont fut révélé plus tard qu’il tweetait sous un pseudo des propos mysogines, antisémites et racistes.  Mais la « journaliste » omet de préciser, bien au contraire, que le Bondy Blog s’est désolidarisé dudit blogueur dès que ces propos furent connus.

Judith Waintraub attaque Benoit Hamon quand il déclarait que le sexisme n’est pas l’apanage des musulmans. Le pauvre est donc amalgamé au grand complot islamiste parce qu’il a osé rappeler une évidence: non, l’islam n’est ni la première ni la dernière des religions ou des cultures à discriminer la femme. Comme Danièle Obono ou Edwy Plenel, je pense que malheureusement le sexisme n’est pas cantonné à l’islam.

Ces amalgames récurrents empêchent de voir le vrai sujet: comment épargner encore les millions de musulmans qui vivent ici et ailleurs des surenchères islamistes ? Comment faire en sorte que Daesch et les autres échouent à antagoniser nos sociétés ? Contre une situation de quasi-guerre, ne faut-il dresser quelques gardes-fous pour éviter les dérapages ?

Athée, toutes les religions m’indisposent. Et l’islam qui tue plus que les autres évidemment. Mais l’on peut s’éviter ce genre de vomi journalistique si l’on veut comprendre ce qui se passe, et en particulier les causes géopolitiques de ce bordel. La thèse défendue en creux dans ce dossier est celle qu’il vaut mieux s’aliéner la totalité des musulmans, que toute défense dune discrimination dont les musulmans est suspect de complicité avec l’islamisme. C’est bête, c’est inefficace, et c’est injuste.

 

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La bande de Valls

Cela ne mérite même pas un billet.

Heureusement, Les Républicains nous font rire.

Leur ancien champion pour la présidentielle émarge désormais pour une banque d’affaires qui lui offre des voyages à Singapour et ailleurs tout en capitalisant sur son « carnet d’adresses ». En d’autres termes, Fillon se goinfre , merci, on n’oublie pas.

Nicolas Sarkozy s’est trouvé un successeur en la personne de Laurent Wauquiez, triste sire, incarnation du « cancer social » qu’il dénonce.

Joli succès, les postes principaux de la Macronista sont occupés par des UMPistes.

Et voici que LR lance des « ateliers de la refondation » sur « pourquoi la droite a du mal à s’assumer« .

Ne riez pas.

Macron est à l’Elysée.

Vous avez gagné.

 

Ce que disent les racistes de Charlottesville

Le reportage, édifiant, émane de Vice. Certains aimables commentateurs de ces colonnes l’ont mentionné. Je l’ai regardé à mon tour.

Stupéfiant.

Charlottesville, ceux qui minimisent.

Nombreux ont été ceux qui ont minimisé les évènements de Charlottesville (Virginie) du week-end dernier. Cette liste n’est pas exhaustive, ni de ma rage ni notre dégoût.

 

Donald Trump: il a tardé à réagir, puis sa première brève déclaration a été désastreuse car il plaça les suprémacistes blancs et les contre-manifestants sur le même plan. Il a perdu de nombreux soutiens, y compris des chefs d’entreprise. Il a semblé ensuite faire amende « honorable » dès dimanche soir, pour re-sombrer dans tous les amalgames mardi 15 août. Sa conférence de presse ce jour-là fut terrifiante: il mis le général confédéré Lee sur le même plan que George Washington (légitimant l’action des suprémacistes blancs venus manifester), et renvoya à nouveau les deux camps.

 

 

André Bercoff: l’essayiste français a publié quelques tweets pour minimiser la portée du drame. L’un des plus ignobles fut celui où il expliquait que Trump et Poutine étaient les seuls sauveurs de l’Occident disponibles au moment même des manifestations racistes de Charlottesville.

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Quelques journaux français se sont permis, 2 jours après le drame, de minimiser l’attentat qui fit un mort et 19 blessés en expliquant que la voiture était « folle ».

LePoint

 

 

Le journaliste Jean Quatremer n’a pas voulu minimiser l’horreur raciste et néonazie qui défilait dans la haine à Charlottesville, mais il a cherché à minimiser la nouveauté de ces évènements en relayant qu’un rassemblement nazis de quelques 20 000 personnes avait déjà eu lieu en 1939 au Madison Square Garden aux Etats-Unis. Le procédé est douteux (ne s’est-il pas passé quelques évènements, drames, génocide et guerre depuis 1939 ?), et prétentieux (combien de sympathisants nazis hors d’Allemagne, et notamment en France ?).

Charlottesville: ces nazis que Trump refuse de nommer.

Depuis vendredi 11 août, des suprémacistes blancs – c’est-à-dire ces gens qui pensent que (1) des races distinguent fondamentalement les hommes entre eux  et (2) que la blanche est supérieure aux autres – se sont rassemblés à Charlottesville, en Virginie, au grand damn des autorités du coin.

Le lieu de ce rassemblement de « la droite unifiée » (« Unite the Right » – comme ils se sont appelés) n’est pas du au hasard. La municipalité veut déplacer une statue du général sudiste Lee, et cela fait grogner les nostalgiques haineux de la Sécession.

Les heurts entre nazis et contre-manifestants ont été violents.

Samedi 12 août, l’un des suprémacistes racistes a foncé avec son véhicule contre des militants antiracistes, tuant une personne et en blessant 19 autres.

« Witnesses to the crash said a gray sports car accelerated into a crowd of counterdemonstrators — who were marching jubilantly near the mall after the white nationalists had left — and hurled at least two people in the air. » (New York Times)

Quand Donald Trump est intervenu, après 24 longues heures de silence assourdissant, il s’est contenté de parler peu (moins de cinq minutes sur le sujet lors d’un point de presse consacré aux vétérans), et surtout il a renvoyé dos à dos les violences « des deux côtés« , tout en refusant de nommer celles et ceux qui manifestaient au nom de la « race blanche« .

« We condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry and violence, on many sides. On many sides. It’s been going on for a long time in our country. Not Donald Trump, not Barack Obama. This has been going on for a long, long time. »

(« Nous condamnons, dans les termes les plus forts possibles, cette représentation flagrante de la haine, de la bigoterie et de la violence, de plusieurs bords. De plusieurs bords. Cela dure depuis longtemps dans notre pays. Pas depuis Donald Trump, pas depuis Barack Obama. Cela dure depuis plus longtemps.« )

Mettre sur un plan racistes et antiracistes, il fallait le faire, le clown de la Maison Blanche l’a fait. « Il est difficile d’imaginer une déclaration aussi peu présidentielle à un moment où le pays attend de son président qu’il se dresse contre l’intolérance et la haine », a commenté un éditorialiste de CNN.

Cette prudence de Trump n’a pas plu à l’un des « théoriciens » racistes, ancien leader du KKK,  qui inspire le mouvement. David Duke, c’est son nom, 43 000 followers sur Twitter, a rappelé Trump à l’ordre.

Duke

(« Je vous recommande de bien regarder dans le miroir et de vous rappeler que ce sont des Américains Blancs qui vous ont porté à la Présidence, pas des radicaux gauchistes.« )

Les Etats-Unis ont vécu une nouvelle éruption identitaire. Ils sont ainsi faits qu’ils laissent des racistes haineux défiler dans leurs rues et accuser d’antipatriotisme et de gauchisme toute personne de couleur ou tout critique.

 

Petit souvenir cinématographique, pour le plaisir.