Archives pour la catégorie Chroniques de gauche

Le nouveau président du Medef

Sur la réforme du Code du travail : « Je pense qu’on va d’abord avoir une vague d’embauche avant d’avoir une vague de licenciement. »
septembre 2017, franceinfo

 

Petit homme.

Tout petit homme.

Il faut lire la suite de son best-of.  Cet homme vit dans son idéologie, un monde parallèle.

 

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Les leçons espagnoles

En Espagne voisine, le premier ministre conservateur a été renversé la semaine dernière par une alliance improbable mais convaincue que les faits de corruption reconnus la semaine précédente ne laissaient d’autre choix qu’un changement rapide de gouvernement. C’est une première leçon.

« Jeudi 24 mai, l’Audience nationale, le tribunal espagnol chargé des affaires les plus graves, a finalement condamné plusieurs cadres du PP. Trois d’entre eux, dont l’ex-trésorier du parti Luis Barcenas, ont écopé de peines de prison allant jusqu’à 51 ans. L’ancienne ministre de la Santé, Ana Mato, et le parti ont été condamnés à rembourser près de 300 000 euros indûment perçus. La justice reproche aux condamnés d’avoir participé à « un authentique et efficace système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme de contrats publics », entre 1999 et 2005.  » Source: France Info

L’Espagne donne une leçon d’efficacité à ses voisins, pour une fois.

Voici une démocratie, comme toute récente, qui après une séquence détestable où elle a fait la chasse à l’indépendantiste catalan, s’est débarrassé de son gouvernement une fois que la corruption du parti au pouvoir avérée. En France, Nicolas Sarkozy a bénéficié de la clémence d’un pays dont la justice n’est pas indépendante du pouvoir. Il faut une décennie ou deux avant pour arriver à un jugement.

Bien sûr, rien n’est réglé. Politiquement en tous cas.  Ce n’est certainement pas une victoire « politique« . Le nouveau premier ministre a rapidement expliqué qu’il appliquerait le budget voté par les conservateurs. Mais il veut tenter quelques mesures plus sociales avant les élections anticipées. Alors qu’il a été propulsé au sommet grâce aux votes des 71 députés de Podemos (le PSOE en a 84), le nouveau promu socialiste les a ensuite boudé. Belle erreur sans doute. Pourquoi un PS « pasokifié » se prend-t-il encore pour le centre du monde politique ? En Espagne, c’est le PS qui a refusé l’alliance et la main tendue.

C’est aussi une autre leçon.

 

 

La fête à Macron

Faut-il dresser la liste?

Cette tribune commence ainsi, et la réponse est oui. Oui, il faudra bien dresser cette liste. Un inventaire de cette guerre de classe qui a bien lieu.

Faut-il dresser la liste ?

Elle est longue.

Trop longue.

Ordonnances travail et « nouveau pacte ferroviaire », hausse de la CSG pour les retraités, pour les étudiants, la sélection à l’université, pour les futurs licenciés, ceux de Carrefour, Pimkie et tant d’autres, plafonnement des indemnités, « maltraitance institutionnelle » dans les Ehpad, sans que la ministre de la Santé trouve autre chose à y répliquer que : « La France n’a pas les moyens budgétaires. »
Cette même France du président Macron qui a supprimé l’Impôt sur la fortune pour les actionnaires et plafonné l’impôt sur le capital : les « moyens budgétaires », elle les a trouvés, en milliards et en urgence. Cette même France où les firmes du CAC40 accumulent près de cent milliards de profits, du jamais vu depuis 2007. Cette même France qui vient d’offrir aux multinationales opacité et impunité grâce au «secret des affaires».

En résumé : tout pour ceux qui ont déjà tout ; rien pour ceux « qui ne sont rien ».
Mais tout ne se passe pas aussi tranquillement. Partout ça résiste : les cheminots évidemment, les facs également, Air France, les hôpitaux, les éboueurs, les caissières, les électriciens… Mais en ordre dispersé, sans leur trait d’union. Si ces ruisseaux de colère convergeaient, quel fleuve puissant ne formeraient-ils pas.
Il y a autre chose aussi, moins visible, plus souterrain, mais plus massif, plus explosif : quelque chose qui ressemble à un vaste désir d’autre chose. Quoi? On ne sait pas, ou pas encore. Mais autre chose que cet économisme étroit, cette bureaucratie patronale qui contrôle, qui « manage », qui évalue sans relâche, qui maltraite aussi. Et ne connaît rien d’autre que ses ratios.

 

Le texte du projet de loi sur la SNCF contient 84 fois le mot « concurrence ». Mais 0 fois « climat », « réchauffement », « biodiversité ». Leur projet de société ? Un dogme sans autre finalité que produire et vendre. Sans bonheur commun, sans solidarité, sans avenir ensemble. Les sans-statut dressés contre ceux qui en ont un afin de protéger ceux qui ont tout.

 

Il est probable que Macron ne se rende pas compte que, sous son règne, tout devient très clair, trop clair. Le moment est peut-être venu de lui faire savoir, pour notre part, où nous en sommes. Dans les ordonnances SNCF, se trouvent repliés tous les éléments d’un monde dont nous ne voulons pas. Si ce qui est clair pour nous ne l’est pas pour lui, rassemblons-nous donc pour le lui expliquer un peu plus nettement. Premier anniversaire à l’Elysée ? Qu’il sente non pas la bougie mais le vent du boulet.

La conscience grandit que cette affaire des cheminots nous concerne tous. Et par conséquent que la dispersion des luttes nous fera tous perdre. Nous pensons qu’il n’y a pas d’autre moyen de le dire qu’une grande manifestation nationale à Paris.
Que ce samedi 5 mai signale aux puissances d’argent qu’elles n’ont pas gagné,
et que le plus grand nombre ne veut pas de leur monde.
Et que le 5 mai, ce grand nombre… se met en marche !

(Source)

 

Allez-y.

C’est demain.

 

 

L’excellente réponse de Ruffin à Carine Bécard.

La Team Macron a évidemment largement relayé le portrait à charge qui ne dévoilait rien que l’on ne sache déjà, que la journaliste Carine Bécard a réalisé de François Ruffin. Rien sur le fond, tout sur la  forme et surtout la personne. La journaliste attaque l’homme et non ce qu’il défend. Pas un mot sur les 27 propositions de lois, les innombrables questions et prises de parole à l’Assemblée.

Rien.

Il fallait surtout regarder la réaction apaisée de Ruffin, écouter ses réponses calmes. Il explique qu’il a eu l’occasion de centaine de « petits combats », pour aider des gens précaires. Il reste calme quand il se fait couper la parole par la journaliste d’une question cynique (« Et cela a servi à quoi ? » demande-t-elle en substance).

Il reste calme.

il prend une anecdote pour résumer sa pensée: sa mise en accusation en octobre dernier du labo Sanofi sur les effets du Dekapine, et la meute de journalistes qui l’interroge alors sur sa position personnelle par rapport … à la présence du drapeau européen dans l’hémicycle… Quelle futilité.

La plupart des journalistes ne s’intéressent plus au fond. L’analyse politique est vide à souhait.

Comme d’autres, Ruffin a la patience de penser qu’il peut convaincre même ses adversaires.

C’est louable et fascinant.

 

La lutte des classes et combat personnel.

J’ai tenté de faire le tri dans des vieux billets. Les ranger par année et mandats. Un travail un peu long, et pour quelle utilité ? Mettre en ordre les traces numériques qu’on laisse derrière soi. C’est un peu futile tant le travail est titanesque.

J’ai suivi longtemps des fils Twitter d’ami(e)s décédé(e)s: avaient-ils nettoyé leurs comptes auparavant ?

Sans doute pas.

Bref.

En triant ces billets politiques de Sarkofrance, j’ai du passer en revue des mois, des années d’évolution et de doutes. L’avantage du blog politique est qu’il permet d’écrire plus longuement que ces quelques mots d’humeur lancés sur les réseaux sociaux.  J’ai ainsi pu relire la progressive déception, l’incompréhension manifeste devant l’évolution politique que se déroulait devant nous.

Et en même temps,  la colère qui montait en parallèle.

En relisant quelques-uns de ces billets des deux quinquennats précédents, j’y ai senti la perception grandissante de que la lutte des classes remplaçait les autres clivages.

L’antisarkozysme avait brouillé le combat politique. Le Hollandisme gouvernemental l’a « paradoxalement » clarifié. Le renoncement de Hollande, qui a permis l’élection surprise de Macron, a précipité cette situation.

Nous y sommes.  Non pas que cela me réjouisse. Je sens qu’une fraction croissante d’ex-camarades militants ou sympathisants socialistes le comprennent enfin. La question n’est même plus dans cet illusoire combat de la droite contre la gauche.

C’est une bien une classe dominante mais minoritaire qui gouverne.

Elle a ses représentants, ou ses travailleurs détachés devrions-nous dire. Certains n’en sont pas, mais ils sont zélés dans leur ouvrage. Ils pensent sans doute sincèrement qu’un jour cela va « ruisseler » pour eux. Pour se rassurer, ils ressassent combien ils détestent la personne de Mélenchon (est-ce seulement le sujet ?), combien il n’y aurait pas d’alternative (vraiment ?), combien le programme des autres est irréaliste, etc.

Cette lutte des classes n’a pas trouvé sa traduction politique. C’est un constat parfois désolant, mais qu’il faut bien faire.

Les insoumis, le Media, les économistes atterrés, Fakir, la joyeuse troupe de Charline Vanhoenecker, les éditos faussement humoristiques de Nicole Ferroni, Acrimed, le Monde Diplo, Politis, The Atlantic, l’Huma, quelques socialistes, les communistes, la liste de celles et ceux qui relatent ou combattent, mais toujours s’opposent au monopole politique de la France d’en haut, est longue et fragmentée.

Combien de temps avant la convergence des idées, des mouvements et puis enfin des luttes ?

Michel Barnier et les lobbies

Édifiante vidéo de François Ruffin, définitivement l’un des meilleurs députés de cette législature. Les lobbyistes ont aussi fait l’objet d’une belle enquête du média numérique Les Jours, avec 13 articles déjà.

Comment les entreprises influencent la loi est un secret bien gardé, depuis toujours.

Parce que c’est un peu honteux.

Cela se passe en coulisses. Les entreprises peuvent y consacrer plus de moyens que les particuliers, les associations, les syndicats.

C’est un combat inégal.