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L’exercice de pédagogie, en direct sur internet #JLMChiffrage

L’exercice est inédit, quatre ou cinq heures d’antenne, en direct sur internet, pour expliquer les propositions et leur chiffrage du candidat de la France insoumise.

C’est assez simple, et cela sort des canevas habituels.  C’est parfois techniquement un peu brouillon, c’est incroyablement professionnel et réfléchi sur les propositions.

Parler chiffrages, c’est parler du fonds, de la réalité d’un projet politique, là où d’autres restent volontairement flou (Macron annonce son projet… pour le 2 mars prochain), l’équipe se lance.

retraite

J’ai écouté l’échange sur les retraites. Retour à la retraite à 60 ans, 40 ans de cotisations, une réévaluation des petites retraites (au-dessus de 1000 euros ), un cout de 18 milliards.  Et un rappel, malgré les réformes Sarkozy puis Hollande des retraites, les salariés du privé sont expulsés de leur emploi en moyenne à 59 ans.

Alexis Corbière traite ensuite du chômage, graphiques à l’appui. Mélenchon est là, en coulisses, on le voit. Il prend parfois le micro. Puis voici le sujet du mal-logement – création de 38 000 places, 700 millions d’euros. Ailleurs sur internet, Macron fait mine de dévoiler son programme,  avec quelques propositions peu nombreuses et souvent creuses ou triviales.

L’équipe de la France insoumise poursuit. Création de 200 000 logements publics par an (contre 80 000 en moyenne ces dernières années), un million sur le quinquennat, 18 milliards d’euros d’investissement.

Puis le plan de lutte contre la pauvreté. Et un plan jeunes.

L’après-midi est longue et studieuse.

 

 

De quelle union de la gauche parle-t-on ?

Sur le papier, on a tout pour s’entendre. Valls éliminé, le trio Mélenchon, Jadot, Hamon devrait pouvoir discuter sereinement et, éventuellement, s’allier pour la présidentielle. La presse propulse désormais des sondages pour nous expliquer que Melenchon, quelques points derrière, devrait se rallier à Hamon.

Il y a quelques obstacles. Mélenchon les a rappelé dans un simple courrier, limpide. On ne fait pas campagne pour gagner à n’importe quel prix, sinon on déçoit. Hollande est un exemple. Le Pen est la conséquence.

Il y a quelques obstacles à ce rapprochement d’une frange de l’appareil socialiste (hamon et les frondeurs) et le reste de la gauche.

En premier lieu, le comportement infantile, et médiatisé, des uns et des autres. Commenter en public les facilités ou difficultés à se parler est crétin et contre-productif.  Quand Hamon appelle à la discussion avec Mélenchon, il … n’appelle pas Mélenchon. Allez comprendre. Ou plutôt, nous avons compris.

« Je ne lui en veux pas. Benoît Hamon n’a pas eu le temps de me téléphoner depuis sa victoire contre Valls. Pourtant il disait dans sa campagne qu’il me contacterait dès le lendemain du vote interne au PS. » Mélenchon sur son blog, le 9 février 2017, 10 jours après le second tour des primaires socialistes.

Finalement, Mélenchon a écrit une longue lettre à Hamon. Au moment où où le sympathique mais crépusculaire Jadot propose une union.

En second lieu, de qui Hamon est-il le candidat ? Bien sûr qu’une alliance électorale suppose des compromis. C’est la loi du genre, et dans tous les camps. Mais Hamon, incarnation d’une fronde jamais en divorce avec le quinquennat Hollande doit gérer l’aile légitimiste du PS, en gros, ces 40% qui ont préféré Valls (Valls ?!!) au second tour de la primaire socialiste. Mélenchon a été assez clair, même si je regrette qu’il ait cédé à la facilité de désigner quelques noms (El Khomri, Valls) en pature pour illustrer son propos: de qui Hamon est le candidat ? Est-ce que Hamon cherche à faire une synthèse entre ceux qui défendent le quinquennat et ceux qui s’y opposent ? Le cas échéant, cette démarche est vouée à l’échec. Pour l’instant, Hamon est coincé: il est devant Mélenchon dans les sondages (pour ce que cela veut dire), donc il refuse de faire le moindre pas vers Mélenchon. Mais il n’ose clarifier de qui est le candidat, la gauche frondeuse ou le camp légitimiste.

Qu’il clarifie et tout ira plus vite, plus simplement.

« La question de fond posée par Mélenchon est celle de la cohérence. Et là-dessus il a raison » Cécile Duflot

Ce que la victoire de Hamon ne dit pas

Hamon a largement emporté la primaire socialiste contre Valls, laquelle primaire a un peu mieux mobilisé qu’au premier tour. 

Premier enseignement, Valls a pulvérisé son score de 2011. En 5 ans, si l’on ajoute une partie des intentions sondagieres de vote en faveur de Macron on peut conclure que le centre politique du Ps a sacrément glissé sur vers la droite. Celles et ceux qui pensent que la victoire de Hamon est un recadrage à gauche de l’ancien parti majoritaire font une erreur d’analyse. 

second enseignement, la victoire de Hamon est une avancée politique quand même. Hamon a repris peu ou prou ce que raconte Melenchon. Les convergences sont évidentes. Les effrayés des cercles socio-liberaux et autres neo-cons se réjouissent déjà que Hamon marche sur les plate-bandes de Melenchon et, ce faisant, l’affaiblisse. Ils ratent un point essentiel, un point que les supporteurs (dont votre serviteur) de cette France insoumise ne doivent pas oublier: une victoire politique se construit sur une victoire des idées. l’aggiornamento culturel nécessaire au pays pour sortir de l’ornière libérale suppose que davantage de candidat(e)s répètent les mêmes constats sur la réalité, défendent des propositions similaires pour l’améliorer. 

si Valls avait vaincu, imaginer le concert libéral auquel nous aurions assisté dans les prochains débats politiques. 

Bref, c’est un bon début. 

« On fait quoi dimanche ? » #reposprimaire

Il faut espérer que cette histoire s’efface lentement; que la primaire socialiste n’attire pas davantage au second qu’au premier tour.

Je lis ici ou là de l’incrédulité. Je ne parle pas des opposants au PS. Je lis ici ou là un désarroi évident. Le renoncement de  Hollande n’a pas fini de faire des dégâts. Vincent Peillon en est sans doute la meilleure des incarnations. Réalisez qu’il n’a pu choisir pour le second tour au nom du devoir d’union entre deux candidats que tout désunit.

Incroyable ou improbable ?

Benoit Hamon est une fausse surprise. Il n’a sans doute aucune espèce de chance de gagner quoique ce soit après le second tour de cette primaire socialiste. Sa proposition de revenu universel est venteuse; un vent sympathique, un concept peu préparé. Pour le reste, Hamon déroule un programme qui a pas mal de convergences avec celui de Mélenchon mais ses supporteurs vous expliqueront qu’il n’en est rien. Hamon lui-même insiste sur des désaccords qui n’en sont pas (Poutine ? Il faudrait cesser de caricaturer, surtout quand on se réclame d’un parti de gouvernement qui finit toujours par accepter la real-politik. La révision des traités européens ? Là aussi, il faudrait cesser de caricaturer. Mélenchon ne prône pas de « Frexit ». Lisez le programme.

Allez comprendre.

Hamon arrive sur le tard, mal préparé, peu clair sur les idées, et demi-frondeur.

Quand à Valls… bref… vous savez.

Donc dimanche, on fait quoi ?

On a piscine.

 

Pourquoi (ne pas) voter à la primaire socialiste

Voici 9 raisons, au moins.

  1. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  2. Parce que si Hollande s’est défilé, c’est qu’il y avait une bonne raison.
  3. Parce qu’il faut enfin précipiter la recomposition à gauche.
  4. Parce que le changement, c’est vraiment maintenant.
  5. Parce que les débats ont été chiants.
  6. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  7. Parce qu’on est pas socialiste (cette remarque ne s’applique qu’aux non-socialistes).
  8. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  9. Parce qu’aucun des candidats n’a une stratégie de second tour.

Macron, candidat du clic, contre Valls, candidat des claques.

Quelques heures avant le dernier débat du premier tour d’une primaire socialiste qui semble mal partie pour convaincre grand Monde dimanche, Emmanuel Macron a proposé à tout un chacun de s’inscrire sur son site internet pour postuler à une candidature de son mouvement à la députation pour les élections législatives prochaines.

Quel mépris assez incroyable.

Ne cherchez pas de programme, de « Prôjeeeeeeeeeeeeet » (l’accent est de Macron), il n’y en a pas. L’envolée de Macron dans les sondages et le succès public de ses meetings (qui n’a pourtant rien à envier au succès public, moins commenté, des meetings de Mélenchon) fait sans doute beaucoup pour affaiblir le Parti socialiste sur sa droite. Mais ces petits jeux sont sans intérêt. Il ne faut pas oublier l’essentiel.

Macron n’a pas dévoilé son projet. Il n’y a d’ailleurs même pas de rubrique projet sur son site internet. Les deux seules mesures que d’aucuns se sont amusés à commentés son un transfert du financement de la Sécu vers l’impôt (hausse des impôts, donc) et … le remboursement des lunettes et des soins dentaires à 100% (mais sans financement).

On comprend que Macron n’en dévoile pas davantage. A l’inverse d’un Mélenchon qui trace son sillon politique – supporteurs ou opposants doivent au moins lui reconnaitre cela – Emmanuel Macron entretient au contraire le flou le plus total sur son Prôjeeeeeeeeeeeeet pour brasser large, percer large, et déstabiliser son plus proche rival politique, Manuel Valls. Car le Valls est coincé dans cette primaire socialiste. Il se prend des claques. Il « s’abaisse » à jouter avec Benhamias sur le cannabis, de Rugy qui lui tresse des lauriers, Pinel qui se croit un destin, les deux frondeurs Hamon et Montebourg qu’il déteste et, pire, un Peillon parachuté dans cette primaire par des soutiens aubryistes qui veulent le torpiller. Le pauvre Valls est obligé de glisser le mot « gôche » toutes les deux phrases pendant que son rival metrosexuel Macron joue au Tony Blair rajeuni et décomplexé. Macron fait une campagne de second tour tandis que Valls est coincé dans la primaire socialiste de qualification pour le premier.

Quelle injustice ! Rions un peu.

Macron n’a aucun intérêt, bien au contraire, à dire ce qu’il ferait. Son Prôjeeeeeeeeeeeeet est pour l’instant inexistant, un simple concept, des mots creux, des injonctions triviales (« probité, efficacité, renouvellement, parité »).

 

Macron embrasse les règles les plus viles du marketing.

Plus tard, nous reviendrons ici sur l’agence de com’ qui se cache derrière cette succession de coups de communication aussi médiatiquement réussis que politiquement vides.Pour l’instant, profitons encore un peu de cette Star-Ac incroyablement artificielle de la vie politique 2.0.

Enjoy.