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Fatigue législative

Le marathon électoral français est épuisant, franchement épuisant.

La campagne législative aurait pu être l’occasion de reprendre le débat raté de la présidentielle sur les programmes. Entre les déboires de Fillon et les oukazes au front républicain, nous avons en effet peu débattu des programmes eux-mêmes. Même Macron n’a dévoilé le sien que très tardivement, début mars, soit quelques semaines avant le premier tour.

Pourtant, l’essentiel des analyses politiques médiatiques porte encore et toujours sur (1) les affaires, (2) les tactiques politiques, (3) les candidat(e)s, (4) les sondages,  plutôt que sur les mesures défendues, comme si la messe était dite; comme si nous étions déjà rassasiés par la campagne présidentielle.

Prenez les sondages. Ils promettent une victoire absolue et sans conteste aux candidats du jeune monarque avec … 28% des suffrages au premier tour. Cette République est-elle si atrophiée que personne ou presque ne réclame un changement de scrutin ? La proposition de VIème République défendue par les insoumis vise justement à corriger cette erreur démocratique: donner une prime hors normes au vainqueur, dans un régime par ailleurs très monarchique, est une erreur, ce n’est pas nouveau, mais rares sont celles et ceux qui veulent bien ouvrir ce débat sur la place publique.

On nous explique que la tactique macroniste est d’exploser la droite comme il a réduit en bouillie le Parti socialiste. Prenons le point: comment donc Macron peut-il espérer « exploser la droite«  sans en reprendre une bonne partie de son programme ? LR a bien senti le danger d’ailleurs. Ses candidats braillent partout que le programme Macron est trop timoré pour « libérer » le travail.

Libérer le travail ?

La Suisse vote la sortie du nucléaire. Pourrait-on débattre en France du nucléaire ?

Mélenchon livre son interprétation sur YouTube.

Et Macron ?

 

 

Allez-y, les insoumis(es)!

Samedi, la France insoumise rassemblait ses candidats aux élections législatives. Le programme est connu, ai-je rappelé dans la chronique  hebdo.

Mélenchon s’explique. Il a repris ses chroniques video. Plutôt que d’éructer, il suffirait à certains de prendre le temps d’écouter, comme les opposants à Macron le font avec les discours et propos de Macron. C’est une démarche simple, et plus honnête que de commenter des extraits publiés ou interprétés sur les réseaux sociaux.

 

Comme à chaque semaine, je ne partage pas tout des propos de Mélenchon. Comme certainement nombre de celles et ceux qui ont quand même voté pour lui. Mais puisque nous sommes en campagne, encore et à nouveau, je ne parlerai que des points de convergence, à l’exception d’un désaccord, que vous trouverez ci-après.

#1. « Nous, on ne s’est pas battu pour une personne ». C’est vrai, mille fois vrai.

#2. « Macron n’a pas (encore) de majorité politique » et la cohabitation est une possibilité. Cela devrait suffire à motiver pour voter en juin prochain.

#3. Mélenchon explique que le programme L’Avenir en commun ne change pas. On peut lui rétorquer que s’il veut être majoritaire, il faudra le faire évoluer pour constituer des alliances. C’est la base de la politique, et Meluche le reconnaît par ailleurs. Si je raille avec plaisir les compromis macronistes, c’est pour illustrer combien le jeune président n’est en fait qu’un vieil héritier, qu’il faudrait qu’il assume publiquement, puisqu’il le pratique en coulisses, ce que signifie faire de la politique.

#4. Le lien entre la campagne présidentielle et celle législative doit être visible, évident, total. Il s’agit d’éviter le flou et de tenter de remporter l’essai. Le programme de Macron est la prolongation fusionnée des mandats Sarkozy/Hollande. Qu’on se le dise.

#5. La seule présence de Marine Le Pen est une invitation à voter pour l’autre, rappelle-t-il. C’est une évidence, le constat que nous nous sommes tous faits au soir du débat de l’entre-deux tours.

#6. Mélenchon se porte candidat à Marseille dans une circonscription socialiste. On raille, on braille, on grince des dents. C’est amusant.  Il y a un enjeu politique à remplacer le PS: ce parti s’est effondré. On le laissera tout seul faire le bilan. Mais on ne peut laisser la gauche ainsi. A Marseille, dans cette circo, il y a aussi une évidence: dans la circonscription que vise Mélenchon, il a fait 39% à la présidentielle. Il est arrivé premier. Et voici qu’il faudrait qu’on ne mette pas toutes les chances de notre côtés pour l’emporter ? Rooooo… Le candidat socialiste sortant aurait préféré que Mélenchon ne vienne pas… « Nous avons fait un choix politique. (…) j’espère que cela va booster tous les candidats ». 

Pourquoi Le Pen est l’idiote utile de tous les systèmes.

« Marine Le Pen, vous symbolisez l’esprit de défaite. »

« Emmanuel Macron, vous êtes le candidat de la soumission. »

Le ton a été donné très vite, trop vite. Ce débat unique du second tour de l’élection présidentielle a ensuite tourné au pugilat permanent. Les deux candidats sont vite entrés dans le grand n’importe quoi, une cascade interminable d’invectives, d’interruption, laissant les deux journalistes quasiment silencieux et franchement inutiles.

« Je vous ai tout donné, Monsieur Macron », répétait-elle sans ne rien proposer. « Marine Le Pen, vous ne proposez rien » répétait Macron.

Reconnaissons à Macron son efficacité: il n’a rien cédé, il a justement taclé. Il a même évité le piège de la pédagogie libérale chiante. Macron était sympathique comme un produit bien pensé, bien vendu. Le Pen était odieuse, et surtout nulle et bête. Incapable d’argumenter sur son programme (les rares propositions qu’elle a fait n’ont pas dépassé le quart de son temps de parole), elle a multiplié les approximations, les insinuations et les mensonges sur la réalité.

« Madame Le Pen, vous êtes en train de lire une fiche qui ne correspond pas au dossier. »

Ce débat est parti fort. Marine Le Pen s’est fait désosser pendant la première demi-heure. Elle a ensuite accumulé les bêtises: elle a accusé Macron d’avoir vendu SFR, puis autorisé la vente de SFR par Vivendi à Numericable (faux). Elle ment aussi quand elle affirme que le chômage était moins élevé dans les années 90 avant l’Euro qu’aujourd’hui. Elle ment encore quand elle entame le chiffrage de son programme. 

Macron: « Comment financez vous cela ? »

Le Pen: « Je rends leur argent aux Français »


Elle a ensuite multiplié les outrances. Par exemple, accuser Macron de complicité avec le fondamentalisme islamiste, il fallait oser. Elle a osé, et il était glaçant, ensuite, d’imaginer cette Immonde un jour au pouvoir: « Il faut éradiquer l’idéologie du fondamentalisme islamiste. Mais vous ne le ferez pas. Car vous êtes soumis. »

Bizarrement, Marine Le s’est très tôt, dès la première séquence, plonger dans ses fiches. Elle a surtout multiplié les bêtises. Ce fut incroyable mais ne nous y trompons pas. Donald Trump aussi disait des bêtises plus grosses que lui, et il a fini par gagner.

« Mme Le Pen, votre téléphone portable et peut-être vos dossiers sont fabriqués ailleurs. »


On croyait qu’il ne fallait pas débattre avec Marine Le Pen parce qu’elle était fasciste. Elle est surtout si nulle pour mériter autant d’attention.

Elle a même osé parler de moralité.

 

 

Marine Le Pen ne passera sans doute pas dimanche, mais il faudra une autre opposition à Macron que cette défaillante fasciste. Le Pen s’est révélé non pas seulement dangereuse mais ridicule. À force de bêtises sur tous les sujets, accompagnées d’un sourire grimaçant qui cachait mal son propre malaise, Marine Le Pen a rendu service à son adversaire. Le Pen est apparue comme elle, l’idiote utile d’un système politique et médiatique qui ne demandait pas mieux, idiote utile des islamistes terroristes qui ne demandent pas mieux qu’une dirigeante qui éructe la haine et affaiblirait nos renseignements; idiote utile des partisans de l’Union européenne telle qu’elle est àlvue l’impréparation crasse de ses propositions sur le sujet.

Bref, Le Pen est le repoussoir idéal qui permet de limiter la réflexion critique et l’opposition argumentée aux inégalités et travers du moment. Elle est l’idiote utile de tous les systèmes. 

Bref, nous méritions mieux. Nous méritons mieux qu’un nouveau duo politique UMPS relooké a la sauce Macron contre cretinisme mariniste. 
Votez contre Marine Le Pen si vous voulez ensuite dégager Macron. Tout commence le 8 mai. 

« Pour être debout, je n’ai pas besoin de salir, madame Le Pen. »

 

 

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Les insoumis au cœur du second tour.

La veille d’un débat entre les deux candidats minoritaires, la journée fut riche, très riche. Les commentaires pauvres, très pauvres.

#1. Primo, la consultation des insoumis a livré une surprise: près d’un sur deux n’est pas allé voter. Retenons ce chiffre. L’abstention. Je crois surtout que nous sommes fatigués des oukases, mobilisés pour la suite.

#2. « Pour la première fois depuis le 21 avril 2002, » écrit l’un des rédacteur du site Marianne, « un candidat a repris du terrain sur le FN, sans se perdre comme la droite Buisson dans ses thèses nauséabondes. »
Il faut comprendre cela: il est impossible de reprendre des voix à Le Pen, et de contribuer à faire taire l’Immonde, en se ralliant sans débat à un front prétendument républicain qui confond la République avec Uber, la solidarité avec la précarité.

#3. Pour la grosse moitié qui s’est exprimée, dont votre serviteur, le résultat est sans appel.

Close depuis ce mardi 2 mai à 12H00, cette consultation a permis l’expression de 243128 insoumis.es et donne à voir des avis partagés :
– 87818 insoumis.es, soit 36,12%, pour un vote blanc ou nul;
– 84682 insoumis.es, soit 34,83%, pour un vote Emmanuel Macron;
– 70628 insoumis.es, soit 29,05%, en faveur d’une abstention.

#4. Si l’on en croit les sondages, une juste majorité des électeurs de Mélenchon du premier tour iront voter Macron. Le site pro-Poutine Sputnik consacre un large article à un électeur noir et inconnu de Mélenchon au premier tour qui aurait décidé de voter Le Pen. La belle histoire, la belle arnaque… La vérité est ailleurs: les mélenchonistes semblent répéter la même antienne, avec une formidable consistence: Macron est une impasse, Le Pen est danger, et nous refusons cette alternative.

#5. Il y a encore des beuglements contre cette position. La lutte antisfasciste mérite mieux que des raccourcis. Comment éviterez-vous Le Pen en 2022 ? Les beuglements des complices volontaires ou pas du duel « Tous contre Le Pen » sont encore nombreux – Dominique Sopo, Jean Birbaum , Thomas Legrand  …

#6. Plus ridicule encore, l’obstination de Macron à réclamer la mise en oeuvre de son programme alors qu’il n’a recueilli que 24% des suffrages est surréaliste.

« Mais je veux insister sur la responsabilité d’Emmanuel Macron. Ni mon vote, ni celui d’une majorité de ceux qui se porteront sur son nom ne vaudront quitus à son projet puisque nous votons pour sauver la République. Le hollandisme continué ou aggravé est un des carburants du score si élevé de Marine Le Pen. Nos désaccords profonds ne sont pas anecdotiques. Sa persistance à vouloir l’ignorer est une faute grave. L’arrogance du candidat Macron renforce le vote d’adhésion en faveur de Le Pen, qui risque bien de l’emporter dans les têtes malgré la défaite dans les urnes. » Julien Bayou, EELV

#7. Rares sont ceux qui s’inquiètent du ralliement en masse d’électeurs de Fillon à la candidature Le Pen. Laquelle Le Pen a outrageusement et bêtement plagié un discours de Fillon d’ill y a 15 jours lors de son « mega-discours » de Villepinte. Quelle bêtise … Un ancien frontiste, toujours souverainiste, et récemment rallié à Fillon, estime qu’il s’agit d’une convergence évidente. Le pauvre homme…

« Un vieux monde politique est mort. »

#8. La conclusion est raide, réelle, et elle émane d’Alexis Corbière. L’un des porte-paroles de la campagne de la France insoumise était sur France info mardi soir pour commenter

Je voterai Macron dimanche prochain, avec un immense nausée. Non pas une nausée d’orgueil, mais avec le frisson dans le dos que cela ne servira qu’à reculer l’inévitable.

Quel psychodrame Mélenchon ?

C’est pourtant simple, mais ça fait encore enrager.

#1. Jean-Luc Mélenchon et les leaders de la campagne de la France insoumise ont voulu résister au coup de force attendu du second tour, abjurer ou mourir (politiquement). Le chantage au ralliement sans condition ni débat n’a pas fonctionné. L’occasion était trop belle. Mélenchon a voulu résister à cette tentative d’écraser le mouvement lancé autour de la France insoumise pour le neutraliser pour plus tard. Grâce lui en soit rendu. N’en déplaisent à certains, Macron n’a pas eu la hauteur de vue ni la grandeur nécessaires au soir du premier tour et dans les premiers jours du second pour appeler au sursaut antifasciste, bien au contraire.

#2. L’objectif de cette prise de recul de Mélenchon n’était pas de réfléchir à pour ou contre voter Le Pen (mon dieu, qui ose penser cela ?) mais de tenter de conserver une cohérence politique conforme à celle du premier tour pour construire l’avenir. Les 7 millions d’électeurs de Mélenchon au premier tour ne sont pas une masse compacte et uniforme. Ils/elles proviennent d’horizons multiples, ils/elles avaient des motivations diverses. Ils ne se sont reconnus ni chez Hamon, ni chez Macron, ni chez Le Pen, Poutou ou Artaud. L’enjeu de tenter de les conserver était et est toujours essentiel.

#3. Les plus rageux contre cette position de recul ont été celles et ceux qui … n’ont pas voté Mélenchon au premier tour. On les remercie de leurs conseils. La question n’est pas de savoir si nous pouvons éviter Le Pen en 2017, mais comment l’éviter en 2017, 2022 et au-delà. Nous défendons l’idée que Macron n’est pas la bonne réponse. Qu’il faut donc qu’il soit convaincu que sa victoire sur Le Pen le 7 mai ne doit rien, absolument rien à son projet. Encore faut-il qu’il y ait une victoire.

#4. Il y a eu médiatiquement et politiquement plus de bruits contre Mélenchon que contre Le Pen ou même pour Macron. Allez comprendre la cohérence. Si vous étiez si pressés à convaincre, vous auriez agi différemment. Il y avait selon moi un autre agenda, effacer les efforts et les acquis de la France insoumise. Cet autre agenda a échoué comme nous l’avons dit au point #1. A mi-campagne du second tour, l’indécision progresse chez les électeurs Hamon et surtout Fillon. Les intentions de vote blanc ou d’abstention sont passés de 12 à 18% chez les premiers; de 15 à 20% chez les seconds: évidemment, personne n’en parle. Chez les électeurs de Mélenchon, elles ont grimpé de 30 à 40%, pour redescendre à 35%. Évidemment, tout le monde braille.

#5. La victoire de Trump en novembre dernier m’a convaincu d’une chose: les incarnations du statu-quo, de l’oligarchie ou du « système« , sont voués à l’échec contre des vociférateurs prêchant la haine de l’autre comme solution à tous les maux du moment. Juppé s’est fait croquer en un rien de temps. Macron s’affaisse déjà. Malheureusement pour nous, il ne nous reste que lui pour cet instant fugace du second tour.

 

Il reste moins une semaine avant le choc du 7 mai. Et à peine 5 jours de campagne. Macron a bien transpiré. Qu’il transpire encore.

L’une de ses chances est la décision qu’a prise Marine Le Pen de confier Matignon à Nicolas Dupont-Aignan.

Ce dernier est un clown.

 

 

Le jour où nous avons uberisé Emmanuel Macron

Il a suffit que Jean-Luc Mélenchon explique, très tôt dans la soirée, qu’il attendrait les résultats définitifs puis une consultation sur la conduite à suivre pour le second tour de la présidentielle pour qu’ils se déchaînent.

Osons une question: l’élection présidentielle est-elle si débilisante qu’il n’y plus de place pour le libre-arbitre et le recul ?

`La revue du sujet en 9 points.

#1. Très tôt hier soir, des soutiens de Macron ont expliqué que Mélenchon était comme Le Pen. Bravo, clap, clap clap. On a applaudit. On a connu meilleure façon de rallier les mélenchonistes déçus. L’un des plus odieux tweets de cet acabit fut de Bernard-Henri Levy.

Adieu BHL.

#2. Sur les réseaux sociaux, j’ai été interpelé comme d’autres. Je pose, comme d’autres, pourtant une question simple: qui peut sérieusement penser qu’une coalition de Wauquiez à Mélenchon en passant par Hamon n’est pas la pire réponse politique à Marine Le Pen ? Marine Le Pen n’attend qu’une chose, le front républicain. Elle n’espère qu’une situation: tous contre elle. Pouvoir expliquer et brailler qu’ils sont « tous pareils », c’est son rêve et nirvana politique.

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#3. Je peux comprendre que les militants macronistes stressent. J’ai connu cela en 2012. Soutien de Hollande, j’ai senti un moment où la campagne anti-sarko était devenue  violente avec certains du Front de gauche. Comment allions nous nous rassembler après ? C’est une question qu’il faut se poser avant. Avant de caricaturer Mélenchon et ses soutiens en doubles frontistes, fans de Chavez, gagas de Poutine, affreux anti-Européens, et autres billevesées. Car après, imaginez donc que les mêmes caricaturés répondent : « chiche! Soyons la caricature que vous avez dépeint », et voici nos macronistes qui transpirent, crient, braillent et hurlent au déshonneur. C’est bien facile. C’est si peu courageux. Ce n’est simplement pas lucide.

#4. Il est trop tôt pour répondre à la question du 7 mai. Nous avons besoin de temps. J’ai besoin de temps. Même Emmanuel Macron a pris un jour off ce lundi. Pourquoi faudrait-il se plier, se coucher et sourire dès le soir de la défaite annoncer ? Une seconde campagne démarre, tout le monde le répète. Calmez-vous. Les insoumis(es) n’aiment pas les injonctions, a résumé mon amie Laure.

#5. Rien dans l’attitude de Macron dimanche soir ne méritait un ralliement rapidement. Son dîner à la Rotonde, son discours aussi creux que victorieux, un candidat qui fait acclamer son épouse, le soir où l’extrême droite rassemble plus encore que son parrain pétainiste en 2002 ? Les sourires, la joie, le champagne dans une brasserie huppée du 14ème arrondissement étaient indécents.Le journaliste Gérard Miller, soutien de Mélenchon pendant cette campagne, a parfaitement résumé notre désarroi: Mélenchon a revitalisé la politique. Même ses adversaires le reconnaissent. Macron a dévitalisé la politique. Même certains de ces soutiens s’en amusent. Dans quel monde puéril ou hors sol vivons-nous ? Macron donne l’impression de concourir à cette présidentielle comme d’autres emportent un marché. Sans plus d’affect que cela, sans plus de sincérité qu’un joli marketing. La France n’est pas un marché.

#6. Le même Gérard Miller a ajouté un point essentiel qui explique notre ras-le-bol: 2002, c’était il y a 15 ans. Et depuis 15 ans, nous avons eu Chirac, Raffarin, Sarkozy, Fillon, Hollande, Valls. Des politiques souvent à droite, rarement à gauche, toujours libérales. Et pour quel résultat ? La fille Le Pen au second tour avec 4 millions de voix de plus que son paternel en 2002. Face à l’urgence d’éviter Le Pen à l’Elysée faut-il oublier que le vainqueur désigné, Macron, approfondira une politique qui renforce quinquennat après quinquennat l’extrême droite en France ? A quoi bon ? Pourquoi n’avons nous pas le DROIT de POSER CETTE QUESTION ?!

#7. On nous explique que ce n’est pas gagné. C’est vrai. Marine Le Pen peut gagner. Je vous l’écrit chers Insoumis(es), je ne veux pas de Marine Le Pen à l’Elysée. Parce qu’il y a l’Immonde en face. Marine Le Pen est immonde. Nul doute, nulle confusion. Mais je ne veux pas de Macron élu à 80%. 2002 est loin. Pas deux fois. Macron doit transpirer du slip, fut-il en soie.

#8. On nous explique que la France serait affaiblie si Marine Le Pen échouait de peu le 7 mai prochain. Vraiment ? Je n’en suis pas si sûr. J’adorerai un vote blanc massif, un de ceux qui priverait le vainqueur de crier qu’il a été plébiscité. Mais c’est un joli risque à courir , n’est-ce pas ?

#9. Le Pen est un danger national. Nous prendrons autre chose que les urnes si cette racaille parvient à l’Élysée. J’avais quinze ans quand je me suis dit cela après l’élection d’un groupe parlementaire frontiste à l’Assemblée. Pourquoi continuer à suivre les injonctions de vote anti Le Pen et qu’importe le résultat 30 ans plus tard ? Se poser cette question mérite-t-il l’opprobre ?

Pourquoi devrions-nous céder, applaudir et nous taire dès le soir du 1er tour ?

Finalement, ce fut cocasse. dimanche soir, et le lundi qui a suivi, Emmanuel Macron a été uberisé. Mélenchon a en effet annoncé que nous voterions sur internet. Et il n’y aura que 3 choix: blanc, abstention ou Macron.

Macron dépend d’un clic.

Emmanuel, bienvenue dans ton monde moderne.

Le 7 mai, je voterai Macron, ou pas.  Dans les deux cas, j’aurai un goût de vomi dans la bouche.