Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Comment illustrer la Macronista?

J’ai longtemps cherché comment illustrer le quinquennat de Sarko, pour retenir le sépia, illustration rance d’une période rance.

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Puis celui de Hollande, au début rose, puis toujours colorée tendance bleue, puis en vrac.

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Avec Macron, la dominante fut rapidement le noir et blanc.

 

Le choix d’une illustration est évidemment une décision. Personnellement, ce choix m’amuse parfois plus que la lecture des lois ou de l’actualité. Il envahit aussi les archives numériques de Google (tapez donc macronista ou sarkofrance pour voir les dégats de cette insistance esthétique). Ce choix est un réflexe peu réfléchi de repeindre la réalité avec sa juste couleur.

Noir et blanc comme un film ancien.

 

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Mediapart, et après ?

Je n’ai pas toujours été tendre dans ces colonnes à l’encontre dub site d’information. Je me suis parfois trompé, je me suis souvent énervé. Mes critiques étaient moins contre le journal lui-même qu’envers les excès, ou perçus comme tels, du talentueux Fabrice Arfi ou d’Edwy Plenel dans leurs attaques éditocratiques contre les insoumis et quelques autres.

 

JLM

 

Bref.

Pourtant, s’imaginer que le journal ait pu être perquisitionner, visiblement pour découvrir ses sources dans le cadre de l’affaire Benalla, a quelque chose de stupéfiant et d’inquiétant qui mérite notre plein soutien, notre plus grand soutien.

« Je rappelle qu’il y a des faits dont la justice est saisie par des juges d’instruction sur monsieur Benalla. Vendredi, je recevais une demande de la police – à la demande des juges – de donner nos éléments factuels, d’enregistrements, de preuves, Qui permettent de montrer la violation du contrôle judiciaire par monsieur Benalla, [mais aussi] les faits d’effacement de preuves par messieurs Benalla et Crase, l’histoire du contrat russe etc. Tout cela était pour les juges. Et deux jours après, manoeuvre du parquet – qui je le rappelle dépend du pouvoir exécutif – qui essaye de venir faire cette perquisition à Mediapart », a ajouté Edwy Plenel avant de conclure : « Nous vivons une époque où il faut défendre l’honneur de la presse tout le temps. » Edwy Plenel

Les Gilets Jaunes ont ouvert le champs médiatique

Les Gilets Jaunes ont ouvert le champs médiatique.

Ils ont bousculé les médias dominants.

Ces derniers ont vite réalisé avec effroi le mépris puis parfois la haine que leur traitement partiel et partial de l’actualité suscite, alors que leur domination repose d’abord sur des soutiens financiers puissants et l’octroi de canaux de diffusion historiquement privilégiés. Cette haine a pris des formes inacceptables, quand quelques journalistes de terrain ont été frappés par des manifestants. Des reporters ont été également pris pour cible par les forces de l’ordre.

Mais les Gilets Jaunes ont ouvert la porte à d’autres médias. Des milliers d’amateurs ont filmé et diffusé ce qu’ils vivaient en direct sur Twitter, Facebook ou YouTube. L’antenne française de RT, la télévision d’Etat russe, s’est aussi régalé à donner la parole aux seuls qui acceptaient de venir. On préfère les traitements de Brut et du Media TV aux insupportables commentaires « off » et suffisants de l’éditocratie réunie au chaud sur les plateaux des médias officiels. Le Media TV, si raillé par la presse officielle depuis sa création, n’a jamais quitté le terrain, offrant ses antennes et ses colonnes aux Gilets Jaunes.

Il a offert le contrepoint nécessaire. Dimanche 20 janvier, le Media est encore sur le terrain aux côtés des Gilets Jaunes qui investissent le Champs de Mars, au pied de la Tour Eiffel.

La stratégie du chaos

Semaine après semaine, elle suit son petit bonhomme de chemin et nous explique ces temps troublés.

Merci à elle.

Pourquoi Macron peut dire merci aux Gilets Jaunes

Voici une jolie vidéo courte et pédago. Le premier ministre a donné quelques précisions depuis la publication de cette vidéo. Puis mardi, le gouvernement a annulé d’autres mesures, annoncées en novembre. Puis les a rétabli.

Bravo les gars.

La politique économique et sociale de Macron asphyxie l’économie. C’est encore l’INSEE qui le raconte le mieux: « Depuis le début 2018, le climat des affaires se replie de manière quasi continue.« 

Et les mesures annoncées par Macron sous la contrainte, pour limitées qu’elles apparaissent, valident l’inanité de la politique économique suivi jusqu’alors: elles devraient aider un retour, certes encore timide, de la croissance:

« Différentes mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été annoncées le 10 décembre 2018 et seraient mises en œuvre début 2019 : annulation, pour une certaine tranche de revenus, de la hausse de CSG intervenue en 2018 pour les retraités ; défiscalisation et exonération de cotisations sociales des heures supplémentaires ainsi que d’une prime exceptionnelle de fin d’année que pourraient verser certaines entreprises ; augmentation de 100 euros par mois des revenus perçus par les salariés au niveau du Smic.
Les modalités de mise en œuvre de ces mesures ne sont pas encore précisément connues au moment où s’achève la rédaction de cette Note de conjoncture (13 décembre 2018). Elles ont néanmoins été intégrées globalement au scénario de prévision. L’ordre de grandeur de l’impact global serait d’environ +0,5 point de RDB au premier trimestre 2019. »

Voilà.

Merci les Gilets Jaunes.

Alors comme ça, Macron va re-gagner l’élection ?

Il est si bas dans les sondages, qu’il fallait qu’on sorte un sondage sur l’élection présidentielle, 3 ans et demi avant le prochain scrutin.

Formidable.

L’argument est simple: Macron est peut être très impopulaire (autant de Hollande à la même période de son mandat), mais il resterait seul qualifié pour le second tour face à Marine Le Pen, et donc élu pour un second mandat.

1/ On n’a pas besoin d’un sondage pour savoir que les oppositions soient encore affaiblies et divisées. Prenez l’ex-PS, il est éparpillé façon puzzle entre le contingent macroniste « de gauche » qui boit les mesures libérales (loi travail, etc) et xénophobes (Code de la Honte) jusqu’à la lie, les groupuscules Génération.s et autres Glücksmaneries parfois sympathiques et la vieille maison PS qui vient de déménager à Ivry, politiquement réduite à son étiage de la IV République. Le PCF boude. Les insoumis restent visiblement en tête de ces oppositions, même s’ils n’ont pas rassemblé.

2/ Puisqu’on en est à se faire projeter dans une hypothétique élection présidentielle, autant se projeter jusqu’au bout: en cas de 2nd tour FN/LREM, je laisserai les loups et les autruches entre eux. En d’autres termes, abstention. Ce n’est pas de la bouderie mais simplement du découragement. Macron est un tremplin vers le FN pour deux raisons au moins – il dévitalise la politique, et il conduit le pays à l’échec violent pour les classes populaires.

3/ Personne ne sait où nous serons dans 3 ans et demi. Fillon n’est plus la, est ce que Wauquiez ira ? Fera t il alliance avec Le Pen ?La gauche sera t il unie ? Les écologistes existeront ils encore? A la même époque, Hollande pensait sans doute qu’il serait candidat à sa réélection.

Un sondage ponctuel est comme un Polaroïd. Il ne dit rien des dynamiques politiques.