Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

1914-1918, les déserteurs avaient raison.

11 novembre oblige, on se souviendra des déserteurs, de ceux qui ont refusé ces combats absurdes.

Paix à leur mémoire.

Il faut revoir Joyeux Noël de Christian Carion et, évidemment et surtout, les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick.

 

 

Publicités

Ceci est la Catalogne

Mon pseudo a des origines.

Catalanes.

Dans la démarche vers l’indépendance, les Catalans sont restés pacifiques. Ils ont tendu la main. Ils n’ont reçu que des coups jusqu’à la repression policière ces dernières semaines et la déclaration hallucinante du premier ministre Rajoy vendredi 27 octobre 2017.

L’Espagne a connu une guerre civile, puis une dictature, puis le terrorisme indépendantiste basque. La situation actuelle est donc devenue gravissime.

Les autres pays européens, dont la France au premier chef, ont une réaction déraisonnable et indigne. Au lieu de proposer leur médiation, ils ont affiché leur soutien inconditionnel à Rajoy.

L’Histoire jugera.

 

Cette drôle de petite musique…

Vous l’entendez sans doute comme moi, cette drôle petite musique.

Une variante consiste à expliquer que Macron et ses député(e)s ont été élu(e)s avec une telle majorité qu’il ne faut ni critiquer ni s’opposer.

Une autre consiste à railler la trop faible opposition, ou à moquer sa division. Comme si le nombre l’emportait sur la justice, comme s’il fallait suivre Macron puisque l’opposition était faible.

Oui, le combat oppositionnel est difficile.

Oui, certaines manifestations ne réussissent pas.

Oui, Macron a gagné l’élection présidentielle, y compris avec certaines de nos voix puisque nous étions traités de traîtres à la République si nous ne votions pas Macron.

Mais l’argument selon lequel la faiblesse de l’opposition devrait nous convaincre d’applaudir le jeune monarque est l’un des plus lâches qu’il m’est été donné d’entendre récemment.

Oui, l’un des plus lâches.

Un moment d’égarement, de stress peut-être. Revenons à l’essentiel: disputons-nous sur le fond de cette politique.

C’est déjà bien suffisant.

Le jour où j’ai appris que j’étais un islamo-gauchiste.

Le Figaro Magazine nous gratifie d’une couverture alléchante sur l’islamosphère.

Le « dossier » est piloté par Judith Waintraub, une éditorialiste que l’on entend souvent à la radio ou à la télévision, et qui a cette manie de tweeter après chaque attentat islamiste: « #padamalgame », sans jamais oser préciser ce qu’elle voulait bien dire par là.

D’amalgame, il en est bien question dans ce dossier: Plenel, Ramadan, Obono, Autain, etc , on y trouve de tout. L’article fleure bon le complotisme. « Ils sont partout! » Il faut faire peur et, surtout, ne jamais s’interroger sur les causes géopolitiques du terrorisme islamique. 

« L’islamosphère étend son influence dans le monde intellectuel, politique, dans les médias et les réseaux associatifs. Elle a ses rendez-vous annuels, comme les Y’a bon Awards. Sous couvert de «distinguer» les auteurs de propos racistes, cette cérémonie s’est muée en tribunal médiatico-mondain de l’ «islamophobie». Le «camp d’été anticolonial» est également très prisé, même s’il est «réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français», autrement dit, s’il est interdit aux Blancs. »

Judith Waintraub appelle même Elizabeth Badinter à la rescousse: « les islamo-gauchistes sont certes une minorité mais influente et largement relayée par les grands médias et journalistes de gauche » explique l’essayiste. Certes, on a tendance à voir partout ce que l’on déteste beaucoup, mais cela n’empêche pas d’avoir un peu de discernement: la liste même des « islamo-gauchistes » publiée par le Figaro est la simple preuve de l’inanité de cet argument: non, ces « islamo-gauchistes » n’accaparent pas les « grands médias »... ils sont même plutôt rares si on compare leurs apparitions médiatiques à celles de plumes du Fig, du Point, de l’Express, du Nouvel Obs, etc. 

Judith Waintraub ne recule devant aucun amalgame. Ainsi s’attaque-t-elle au Bondy blog en expliquant combien ce site d’info a accueilli le blogueur Medhi Meklat (ce qui est vrai), dont fut révélé plus tard qu’il tweetait sous un pseudo des propos mysogines, antisémites et racistes.  Mais la « journaliste » omet de préciser, bien au contraire, que le Bondy Blog s’est désolidarisé dudit blogueur dès que ces propos furent connus.

Judith Waintraub attaque Benoit Hamon quand il déclarait que le sexisme n’est pas l’apanage des musulmans. Le pauvre est donc amalgamé au grand complot islamiste parce qu’il a osé rappeler une évidence: non, l’islam n’est ni la première ni la dernière des religions ou des cultures à discriminer la femme. Comme Danièle Obono ou Edwy Plenel, je pense que malheureusement le sexisme n’est pas cantonné à l’islam.

Ces amalgames récurrents empêchent de voir le vrai sujet: comment épargner encore les millions de musulmans qui vivent ici et ailleurs des surenchères islamistes ? Comment faire en sorte que Daesch et les autres échouent à antagoniser nos sociétés ? Contre une situation de quasi-guerre, ne faut-il dresser quelques gardes-fous pour éviter les dérapages ?

Athée, toutes les religions m’indisposent. Et l’islam qui tue plus que les autres évidemment. Mais l’on peut s’éviter ce genre de vomi journalistique si l’on veut comprendre ce qui se passe, et en particulier les causes géopolitiques de ce bordel. La thèse défendue en creux dans ce dossier est celle qu’il vaut mieux s’aliéner la totalité des musulmans, que toute défense dune discrimination dont les musulmans est suspect de complicité avec l’islamisme. C’est bête, c’est inefficace, et c’est injuste.

 

Ces actions gratuites et l’ISF de M. Macron

La quasi-suppression de l’ISF par cette présidence des riches n’a pas fini de faire couler de l’encre. Le gouvernement a confirmé qu’environ 4,2 milliards sur les 6 que rapportait l’ISF seraient « rendus ». Les heureux bénéficiaires sont moins de 350 000 foyers.

On a aussi rapidement compris que, puisque seul le patrimoine immobilier serait désormais taxé, des biens tels que les lingots d’or, les yachts, les belles voitures de collection, ou les oeuvres d’art seraient exonérés de cette fiscalité sur la fortune. Le weekend dernier, le gouvernement mal à l’aise d’avoir  été pris les deux mains dans le pot de confiture a annoncé qu’il ne s’opposerait pas à une hausse de la fiscalité sur ces signes symboliques et ostentatoires de richesse. Vous êtes trop bons! 

Mais tout Le monde a oublié les actions gratuites. Depuis le milieu des années 2000, les grandes entreprises cotées en Bourse ont progressivement délaisser le mécanisme des stock-options au profit des dotations d’actions gratuites pour récompenser leurs cadres dirigeants. Les stock-options étaient ces options d’achat d’actions à un cours prédéfini, exerçables au bout de quelques années. Le moment venu, le dirigeant pouvait alors acheter des actions à un cours inférieur au cours de Bourse du moment, et empochait au passage une plus-value.

La hausse de la fiscalité des revenus du capital (essentiellement grâce au gouvernement Ayrault 2012-2013, il faut le dire et le reconnaître et le répéter) a rendu désuet ce dispositif.

Ces entreprises ont préféré les actions gratuites. Le principe est simple: chaque année, l’Assemblée générale des actionnaires vote l’autorisation de créer des actions qui seront destinées à être données à des salariés de l’entreprise, en général les cadres dirigeants de la dite entreprise.

Ces actions gratuites sont indisponibles pendant au moins deux ans, puis les bénéficiaires peuvent soit les conserver (et toucher chaque année les dividendes comme n’importe quel actionnaire), ou les vendre en Bourse.

A ces heureux élus, Jupiter fait deux jolis cadeaux, peu commentés dans les médias même critiques: primo, ces actions gratuites ne seront plus comptabilisées dans le patrimoine imposable grâce à la réforme de l’ISF. Secundo, la plus-value générée par leur vente éventuelle sera imposée non pas comme un revenu du travail (ce qu’elles sont techniquement puisqu’elles sont données en récompense du travail fournis à des cadres dirigeants!) mais comme un revenu du capital, donc avec ce taux réduit, cette « flat tax » à 30% que Macron a prévu de faire voter cette année. (Depuis 2012, ces cessions d’actions gratuites étaient soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux).

Merci Macron, merci patron.

Pourquoi taxer le patrimoine ? Parce qu’il n’est souvent pas productif. Ces actions gratuites en sont la caricature: elles ne servent à l’économie que lorsqu’elles sont vendues en Bourse et le cash ainsi récupéré réinjectés dans l’économie. La sur-épargne des plus riches, très bien décrite il y a quelques années par Robert Reich notamment, asphyxie nos économies.

 

Ce n’était pas mieux avant.

C’est que j’essaye de dire à mes P’tites Racailles devenues grandes. C’était aussi ridicule avant.