Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Macron, jeu de cons en Corse

Je vais dire un truc sympa sur Macron: en Corse, il n’a pas démérité. Les élus nationalistes m’exaspèrent. Ils ont eu davantage que ce qu’ils méritaient.

Certes, Macron n’a pas été poli, il a même été hargneux dans son premier discours, mais je n’étais plus surpris tant le jeune monarque a depuis longtemps convaincu de son arrogance. Président, il aurait du être aussi de la mêlée. En attaquant l’un de ses interlocuteurs, Gilles Simeoni, ancien avocat de Colona, Jupiter a commis une faute.

Mais pour le reste, reconnaissons lui bien généreusement qu’il a renvoyé dans les choux des nationalistes qui sont coincés dans leurs postures symboliques et jusque-boutistes.

Je suis favorable à l’indépendance à de la Corse, rapide, le plus rapidement directe. Et nette, bien tranchée. Merci, au-revoir, adieu, bye bye.

Les représentants d’une communauté, qui n’ont gagné cette fois-ci que sur fond d’abstention, expriment une énième fois leur hargne contre la métropole. Macron leur a offert d’inscrire la Corse dans la Constitution.

Ces gens voulaient des symboles, ils en ont obtenu un et pas des moindres.

Pour le reste, Macron a justement renvoyé les requêtes de ces Napoléons d’opérette.

Publicités

Insoumis, fatigué ?

La semaine dernière, on répétait à l’envie que même le brillant Ruffin commencerait à douter des capacités de la France insoumise à parvenir au pouvoir. Le problème n’est pas là.

Mélenchon reconnait la déception, dimanche dernier, par les résultats de premier tour de deux élections législatives partielles: l’abstention s’est encore creusée. Les Français deviennent -ils indifférents ? a-politiques ?

La faiblesse des mobilisations frappe tous les camps: observez la participation ridicule à l’élection de Wauquiez à la tête de LR, ou la fonte des effectifs de LREM. Le Parti socialiste ne survit que grâce à son implantation locale.

La France est-elle devenue a-politique ?

Plutôt que de gloser sur les tactiques, chacun devrait s’intéresser au fond des actions et des discours, à expliquer ce que nous vivons et voyons. Il faut pour cela inverser sans doute la hiérarchie des informations, comme cela a déjà été évoqué de nombreuses fois dans ces colonnes; prendre le temps d’écouter et de lire; s‘éviter de plonger dans le buzz (difficile), la polémique futile (difficile également), ou les commentaires de la dernière petite phrase d’un ponte de la Macronista. Plutôt que de fustiger l’opposition, les supporteurs macronistes devraient nous aider à comprendre pourquoi l’action de leur mentor est si réussie et si louable. Cet exercice, sans doute passionnant, manque de promoteurs qui ne soient pas dans la répétition d’éléments de langage ou de langue de bois.

S’intéresser à la politique de notre pays, à un moment où il n’y a plus d’enjeu électoral et le marketing macroniste nous endort, mérite un effort, presque un acharnement. Pourtant, la France politique est loin d’avoir atteint un quelconque « point d’équilibre » comme cela a pu le cas, provisoirement, dans son histoire: les inégalités s’aggravent, l’enrichissement de quelques-uns progresse. Et les réponses ou la considération de nos dirigeants aux nouveaux défis – nouvelles formes de précarisation nées de la révolution numérique, catastrophes écologiques, instabilité financière – sont si faibles voire inexistantes que l’on peut penser que la relative indifférence générale n’est que le signe d’un choc à venir, plus grave, plus fort.

La Catalogne donne une leçon de démocratie

La participation à l’élection régionale du 21 décembre en Catalogne a été massive, 82%. Et les Catalans ont exprimé un double choix, qui contredit pas mal d’analyses.

Par l’ampleur de la participation, «  la plus forte participation jamais enregistrée en Catalogne et même en Espagne », le message est clair et sans contestation possible. La légitimité issue des urnes est forte.

Premièrement, le coup de force du premier ministre Rajoy a échoué. Le bloc indépendantiste conserve la majorité. C’est effectivement  une prouesse comme l’écrit la presse locale.

Deuxièmement, le camp Rajoy, soutenu en France par les Macron, Valls et autres, est balayé. Le PP n’a jamais fait de gros scores en Catalogne, mais celui de jeudi dernier est ridicule, 4% et 3 sièges.

Troisièmement, les unionistes de Ciudadanos, mais opposés à Rajoy, réalisent un très joli score, plus d’un million de voix. Ils sont le premier parti de la région. Leur succès, car c’en est un, impose à tous les Catalans la nécessité de négocier leur avenir, plutôt que l’affrontement. Les indépendantistes savent qu’ils doivent composer.

 

L’avenir est « incertain« , paraît-il., parce que l’alliance indépendantiste serait politiquement peu homogène en dehors du sujet de l’indépendance; ou parce que Rajoy peut s’obstiner à nier la réalité politique sortie des urnes et poursuivre son bras de fer.

L’avenir est incertain, mais il n’y a que dans les dictatures et autres autocraties que l’avenir, sombre, est certain.

Le regard lucide de Nicole Ferroni sur Macron

Lucide, lucide, lucide.

 

La France insoumise tenait sa convention.

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais si la retransmission en direct des débats de la Convention de la France insoumise sera toujours accessible en différé. Et pourtant, elle le mériterait. Il ne s’agit pas d’être fan de Mélenchon ou supporteurs gaga de #FI. Le sujet est ailleurs. Il s’agit de juger ce qu’il s’y est dit.

Je retiendrai trois points, ce qui est forcément réducteur.

Primo, Mélenchon, que d’aucuns décrivent comme arrogant, désagréable, détesté, autoritaire comme s’ils voulaient le confondre avec Macron et, surtout, comme si notre politique devait se limiter à juger des personnes et non des programmes et des actes, a justement résumé une ambition: « nous sommes candidats à être les meilleurs, les plus utiles, les citoyens et les citoyennes les plus engagé(e)s au service de l’intérêt général. » Il a ainsi résumé le sentiment qui se dégage des premiers mois d’opposition à l’Assemblée nationale par les député(e)s insoumi(e)s. Ces dernier(e)s n’ont aucune chance numérique de l’emporter. 17 contre plus de 300. Mais ils utilisent la tribune du parlement comme un porte-voix pédagogique.

Secundo, de quelle opposition parle-t-on ? On entend beaucoup parler de faux clivages, de fin des clivages depuis l’élection de Macron. Macron conduit la politique la plus défavorable aux plus modestes que cette République ait connue depuis des décennies. Même le Chirac des années 80 n’y était pas. Pourquoi donc alors les (faux) opposants socialistes s’amusent-ils à s’abstenir ? Pourquoi le président du groupe PS au Sénat applaudit-il le ralliement du socialiste Olivier Dussopt (qui ?) au gouvernement macroniste ?

Tertio, l’expression d’une rage était flagrante. Non pas la rage d’avoir perdu l’élection présidentielle comme quelques esprits étroits le pensent encore, plus de 6 mois après le scrutin. Non, cette rage concerne autre chose, elle nait d’une suffocation qui nous saisit du décalage entre l’action et le propos de cette équipe de neuneus néo-lib 2.0 et une France d’en bas qui souffre en silence. A un moment de cette convention, une enseignante en ZEP a témoigné de ces élèves que les parents tondent à l’apparition des poux, faute de meilleurs soins.

 

1914-1918, les déserteurs avaient raison.

11 novembre oblige, on se souviendra des déserteurs, de ceux qui ont refusé ces combats absurdes.

Paix à leur mémoire.

Il faut revoir Joyeux Noël de Christian Carion et, évidemment et surtout, les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick.