Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Le match qu’il fallait continuer

Vendredi soir, TF1 n’a pas interrompu la retransmission du match amical France-Allemagne alors que les attentats avaient débuté vers la mi-temps. L’hebdo Politis s’est fendu d’un billet rageur contre la chaîne au motif que cette dernière n’aurait fait cela que de pour l’audience et l’argent.

« Il n’y aura pas d’interviews d’après match, nous rendrons l’antenne tout de suite car il s’est produit des événements graves dans Paris. » C’est par ces mots que beaucoup de Français ont appris, vendredi soir, peu avant 23 heures, sur TF1, que quelque chose d’anormal venait d’arriver. (lire la suite)

Avec 80.000 personnes dans le stade, que fallait-il faire  ? Interrompre la retransmission sans interrompre le match lui-même n’aurait eu d’autres effets que de propager la panique parmi les spectateurs. Fort heureusement, la retransmission fut intégrale.

Il est peut-être utile, au passage, de préciser que ce n’est pas la chaîne qui décide de la poursuite ou de l’arrêt du match.

Ce n’est que vers 22H / 22H15 environ que les chaînes d’info ont commencé à relayer qu’il se passait. L’enjeu pour les forces de l’ordre, à Saint-Denis, était d’espérer que l’évacuation se déroule calmement.

Enfin, une dernière question: qui était pressé ce soir d’apprendre l’horreur du drame ?

Bref, c’est une  polémique mauvaise et déplacée.

 

 

Ton pronostic ?

Hollande ou Sarko au second tour. Le Pen forcément.

C’est la réponse à mon pronostic pour 2017.

J’ai plutôt tendance à croire que Sarko devancera aisément Hollande au premier tour de 2017 puisque Hollande est parvenu à cristalliser une jolie haine sur sa gauche.

Bref, faisons les paris.

Tranquillement.

Comme disait Riss, de Charlie Hebdo, hier matin sur France Info, il ne faudra pas partir si le blonde est élue.

Combattre Daech

Des vétérans de l’armée française sont prêts à partir à ce qui pourrait ressembler une croisade, prendre les armes et combattre l’Etat islamique. L’Obs puis Mediapart leur ont consacré des articles.

Leur groupe a été baptisé Task Force Lafayette, un clin d’oeil au général La Fayette qui partit aider les insurgés américains contre l’empire britannique peu avant la Révolution américaine. C’était aussi le nom d’une brigade aujourd’hui dissoute qui combattit en Afghanistan.

Le groupe a une page sur Facebook.

L’un des fondateurs, « Geeko », reconnait avoir été soutenu par des proches d’extrême droite. En particulier une société de surveillance  qui a géré un premier appel aux dons et la communication vers le FN et même les néo-nazis soraliens.

Quand j’ai lu cela, je me suis dit qu’il n’y avait pas besoin que je donne quoique ce soit à ces bougres. Leur initiative est louable, courageuse, peut être téméraire. Lisez en tout cas ce ce « Geeko » en raconte. Mais faut-il s’aider des pires racailles que la politique ait connu – l’extrême droite fascisante ?

J’avoue que cet article, très bien fait et très posé, de Mediapart sur le sujet m’a troublé.

 

Pourquoi François Hollande a raté son moment.

François Hollande a raté son moment, l’un des plus grands qui se présentait à lui. La gauche dans son ensemble, d’ailleurs, l’a raté également (*).

Hollande a tardé à accepter la répartition de l’accueil des réfugiés avant de suivre Merkel, et d’agir, enfin, après la publication de la photo d’un enfant mort sur une plage turque. Pire encore, l’actuel président a laissé son premier des ministres clamer sur TF1 qu’il était prêt à fermer nos frontières puisque les Allemands ont décidé de fermer les leurs provisoirement ces derniers jours.

Hollande a raté son moment. Il aurait pu être précurseur. Un homme politique est grand quand il rappelle le droit et l’ambition. Hollande n’a pas agi parce qu’il préférait suivre l’opinion sondagière majoritaire qui récuse tout accueil des réfugiés sur les simples bases du droit d’asile.

Un homme politique peut être grand quand il ose se dresser contre l’opinion majoritaire parce qu’il pense que c’est juste et conforme  ses engagements.

Hollande est resté petit, inexistant à l’aune de l’Histoire.

Car on se souviendra de cette période comme on se souvient de la Retirada.

 

 

 

 

(*) Qu’il était triste d’entendre Mélenchon rechigner à applaudir la décision allemande d’accueillir 800.000 réfugiés cette année. La politique est petite, partout.

contre l’islamophobie

Oublions les disputes de vocabulaires du genre « critiquer la religion musulmane est-il de l’islamophobie ? ».

Le vrai sujet est: n’est il pas nécessaire de pointer les dérapages contre l’islam quand cette religion est caricaturée dans le sang et la barbarie par Daech et quelques autres ?

Nous devrions répondre par l’affirmative. C’est un athée qui vous l’écrit.

Bien sûr, quelques esprits faibles vont trop loin dans la démarche. Ils oublient Daech, minorent le sujet. C’est bien au nom de l’Islam que ces malades agissent. Mais c’est l’Islam qu’ils détruisent par là même.

Une plateforme d’information sur islamophobie a été lancée cette semaine.

« Nous sommes un groupe de militants associatifs, de journalistes, de citoyens préoccupés par les dérives auxquelles nous assistons en France et, plus largement, en Europe.  » (lire la suite)

La profession de foi qui se poursuit est éloquente.

« Le racisme gangrène nos sociétés : contrôles au faciès, destruction de camps roms, agressions de femmes musulmanes, discriminations des personnes portant des noms à « consonance étrangère », projets de loi et circulaires ciblant les femmes voilées, interdiction des repas diversifiés dans les cantines… »

Mais ne nous trompons pas. Jamais dans l’Histoire récente (un ou deux siècles) n’avons nous vécu telle attaque contre les fondements de la culture, l’intelligence, la liberté individuelle par les tenants déraillés et barbares d’une religion.

Jamais.

Toute comparaison avec d’autres évènements historiques, comme par exemple les comparaisons entre les persécutions des juifs et la Shoah et les discriminations et dérapages outranciers contre les musulmans n’ont absolument aucun point de comparaison possible.

Il faut défendre des innocents, veiller à ne pas perdre son âme de République – une République déjà abimée par les dérives sécuritaires des lois sarko-vallscistes – mais de grâce, évitons les comparaisons anachroniques.

les auteurs de « Contre-attaque(s) » veulent éviter ses écueils. Et rappellent que l’islamophobie rappelle l’antisémitisme.

A suivre, donc.

Le site « Contre-attaque(s) » entend donc favoriser les mobilisations en publiant des textes d’analyse et de discussion, en dressant une revue de presse de ce que les médias et les politiques disent de l’islam et des musulmans, en relayant toutes les initiatives locales, nationales et internationales contre l’islamophobie. Il vise aussi à offrir à tous des documents et des kits d’information pour aider à ces mobilisations. Il se veut un lieu de large convergence dans un combat qui engage l’avenir de notre pays.

La fracture que l’on refuse

Il est rare, rarissime que je sois d’accord avec Luc Ferry. Ancien ministre de Chirac, un expérience improbable, Luc Ferry est devenu comme l’idiot utile de plateaux radiophoniques et audiovisuels. Il y a peu de chance que ses idées, toujours vagues et libérales, impriment le peuple ou l’Histoire. Mais Luc Ferry sur Europe 1, dernier lundi d’août 2015, a reconnu l’imparable: la gauche est divisée comme jamais. Cette fracture est historique.

Ferry insistait sur combien Macron et Valls n’étaient que des socio-démocrates donc forcément à « gauche » lui qui ne savait s’il était « çà droite ». S’en suivit une déclaration béate d’admiration incroyable pour Macron, allant jusqu’à citer Aristote (on ne donne que quand on a suffisamment gagné, en substance).

Mais Ferry avait raison sur ce constat, la fracture à gauche pourrait être historique.

Je la refuse.

Je sais bien que les vrauchistes traitent de faucialistes ceux d’en face qui sont politiquement pourtant les plus près d’eux. Mais faites vous mêmes les constats suivants:

1: la droite de gauche sans sa gauche  n’est rien. Si le PS s’allie finalement avec sa droite, dont il conduit très largement la politique socio-économique depuis quelques temps, il terminera comme le PRG ou le Parti Radical, c’est-à-dire une force d’appui dont l’immense majorité d’entre nous a oublié jusqu’à l’existence. Qui donc sait que le PRG rassemblait Taubira ET Tapie ?

2: la gauche expurgée de sa droite de gauche n’est pas majoritaire. Politiquement, c’est un souci.

3: les militants et sympathisants sont autre chose que les appareils. Les campagnes et déchirements ont fait du mal, créé des divisions, mais qu’importe. Il faut les dépasser.

4: Hollande adore les synthèses, je préfère celle que Mélenchon tente de faire, enfin, avec EELV vidée de ses groitistes et les frondeurs du PS.  Mélenchon fut parfois un boulet à force d’invectives. Qu’il change enfin, s’il le fait vraiment, est une bénédiction. Je n’y crois qu’à moitié tant ses déclarations contre Najat Vallaud-Belkacem, ce weekend lors de l’université d’été du PG, furent à nouveau violente.

Bref.

Refusez la fracture non pas entre les appareils, mais entre les sympathisants et militants. Celle-là seule serait dangereuse.