Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Dimanche, #JeSuisCharlie

Donc le tri a été fait.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que certains récusent la légitimité de la manifestation. En cause, il y aura du voisinage infréquentable lors de la manifestation d’hommage.

Qui ? Vous avez le choix, chacun y va de son tri personnel sur les réseaux sociaux: les premiers à protester furent les fachos-fans de Marine Le Pen. Normal, elle avait été exclue dans la première version « politique » de la manif, celle annoncée jeudi matin avant la poursuite du drame.

Puis, d’autres, à gauche, s’offusquèrent de la présence d’Angela Merkel. Il y aura aussi Sarkozy, le premier ministre espagnol Rajoy, l’italien Renzi; Pire encore, David Cameron. Pire encore, le président ukhrainien celui-qui-gouverne-avec-des-nazis; et même, pour atteindre le Graal de l’indignation, le sinistre Viktor Orban. Imaginez que Poutine se déplace. Et pourquoi pas Obama ?

Et vous ? Et moi ?

J’espère qu’on sera très nombreux pour signifier aux potes des assassins de Charlie Hebdo qu’ils ont raté leur coup.

C’est tout.

Pour le reste, faites votre choix, librement.

Le coup de gueule de 13 heures 13.

Un mort, un scandale, une enquête, des manifestations, des heurts, des dérapages, de l’auto-justice.

La mort de Rémi Fraisse, qui a été enterré la semaine dernière, n’en finit pas d’être salie par des dérapages en tous genres. Il y a des manifestations, parfois interdites. Certains éructent contre la « dictature« , il faudrait qu’ils se dépêchent d’aller en Syrie, en Tchétchénie ou ailleurs.

Il suffisait peut-être d’appeler à une marche blanche, c’est-à-dire un moment de recueillement, de silence et de mémoire, en l’honneur de Rémi Fraisse.

D’autres jouent à mai 1968 pour bloquer des lycées. Le Figaro s’est ému de heurts au lycée Montaigne, dans l’un des plus riches arrondissements de Paris.

Est-ce cela la révolution en marche ? 

Dans la video qui suit, on voit quelqu’un qui nous est présenté comme un parent d’élève matraquer un manifestant cagoulé avec un extincteur. Cette video est là pour le buzz.

Bandes de blaireaux.

 

 

Pour la mémoire de Rémi Fraisse, taisez-vous.

 

 

Cette phrase que Hollande n’a pas dite

A force de raconter des conneries sur Hollande, il va finir par nous être sympathique.

Hollande a été victime d’une jolie cabale, la répétition d’une phrase qu’il n’a pas dite, jamais prononcée, ce jeudi 6 novembre 2014, devant 8 millions de Français.

Il y eut pourtant quelques crétins – mon coeur s’emballe – pour dire et répéter le contraire. Il y eut heureusement quelques vrais journalistes pour dénoncer à froid et calmement cette imposture.

Cette phrase que Hollande n’a jamais prononcée, la voici:

« Ce n’est pas cher, c’est l’Etat qui paye. »

Cette phrase jamais prononcée, quelques habituels habitués des « rezosocios » l’ont abusément répétés.

Dimanche, la trêve politique ?

Quelques blogueuses/rs ont pris l’habitude de publier des billets plus légers, plus courts, plus reposants le dimanche, quand elles/ils n’ont pas cessé d’écrire tout simplement.
La citation de Melclalex, la pin-up d’El Camino, le sketch de Jacques Ambroise, la belle dame d’Elie Arié, des « liens pour le weekend » chez Olympe (mince, je manque d’exemples féminins).

C’est comme une trêve, comme un appel au calme, involontaire, après des publications ici ou ailleurs qui ont suscité tensions, altercations, insultes parfois.

Son effet dure dure généralement peu, jusqu’au dimanche après-midi.

Hong-Kong, sans révolution

Il n’y a sans doute aucune espèce de chance que les protestataires chinois réussissent à changer quoique ce soit à HongKong. Le gouvernement chinois leur a imposé un changement de gouvernance – voter parmi des candidats choisis par le pouvoir… La protestation a fait du bruit. Tout ou presque est rentré dans l’ordre la semaine dernière.

Sans surprise.

« Les manifestants prodémocratie de Hong Kong n’ont «presque aucune chance» d’infléchir la position de Pékin sur l’instauration du suffrage universel, a déclaré dimanche le chef de l’exécutif local, Leung Chun-ying, à la télévision. » Source: Libération

Cette photo est illustre un reportages dans la dernière édition de l’hebdomadaire Marianne. Elle m’a rappelé la suivante, prise en avril dernier quand j’y étais.

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En France, on ne vote plus trop.

Je sais bien que l’argument est facile – la démocatrie s’use quand on s’en sert pas. Notre démocratie nationale est très usée. Je suis stupéfait par certains débats politiques que nous avons, l’occasion d’un autre billet sans doute.

 

Jeudi, l’exécutif hong-konguais a semblé faire une avancée.

Tout serait-il possible ?

 

Retour sur le livre de Laurent Mauduit

L’un des co-fondateurs de Mediapart, Laurent Mauduit, vient de livrer son ouvrage: « A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient ».

Mauduit n’a jamais soutenu Hollande. Il fut l’un des premiers à entrer publiquement dans l’opposition « de gauche » à François Hollande. Dès le mois de mai 2012, il a signé les articles les plus virulents contre la nouvelle équipe au pouvoir.

Son défaitisme m’a toujours surpris.

Car c’est bien de défaitisme dont il s’agit. Je l’écrit avec d’autant plus de recul que j’ai moi-même « tranquillement » basculé vers l’opposition de gauche également. Mauduit avait-il un temps d’avance ? je ne le crois pas, et, franchement, ce n’est plus vraiment le sujet.

Revenons au défaitisme de Laurent Mauduit.

Dans son dernier bouquin, il l’explique sans le comprendre dès les premières pages:

« s’il faut instruire le procès des dirigeants socialistes qui gouvernent la France depuis la mi-2012, il faut examiner des charges sans doute plus sévères: des charges d’intelligence avec le camp adverse ».

En une phrase, page 21 de cette première édition, Mauduit résume tout, et très bien. Il s’agit d’un procès, d’ennemis, de haine et de rage.  L’échec de Hollande est du à la duplicité de son artisan principal. C’est l’explication centrale. Mauduit n’ose penser que le virage à droite de Hollande ait été contraint par les circonstances, que le mur d’une réalité protéiforme – de l’absence de solutions politiques alternatives à la pression extérieure d’une économie mondialisée – ait pu agir d’une quelconque manière. Il réfute l’exercice du pouvoir lui-même, et se réfugie derrière l’explication la plus puérile qui soit, la plus simple pour le plus simple des esprits: s’il y a échec pour la gauche (et je soutiens moi-même que la politique de Hollande est un échec des plus cinglants), c’est la faute à une somme de traitrises individuelles et rien d’autres.

Autrement dit, selon Mauduit, quiconque de sincère et d’honnête qui aurait tenté de véritablement conduire une autre politique l’aurait réussi.

Cette attitude me paraît défaitiste et anti-démocratique.

Défaitiste, car elle fuit la réalité. Plutôt que d’évaluer les obstacles, de pondérer leur importance relative, d’imaginer les rapports de forces nécessaires pour les surmonter, Mauduit – comme d’autres – se réfugie dans l’explication la plus simple, celle qui ne requiert aucun effort d’analyse sur la réalité.

Anti-démocratique, car Mauduit, paradoxalement, ne comprend pas la démocratie ni les rapports de force. Espérer que le Monarque une fois élu respectera ses promesses initiales est une autre version de cette naïveté si « Vème République ».

La question de savoir si Hollande, Valls ou on-ne-sait-qui est « gauchiquement » pur a peut d’intérêt pour la situation présente: (1) Hollande a été élu avec des voix très variées – de droite et de hauche, mais majoritairement de gauche. (2) la « gauche de la gauche » est électoralement, politiquement, ultra-majoritaire – je le regrette bien volontiers.

L’argument est si caricatural qu’il m’a fait mal. D’autant plus mal que je suis d’accord sur le constat d’échec. D’autant plus mal parce qu’il est désespérant.

Dans un autre billet, nous évoquerons la suite du procès « Mauduit contre Hollande« .