Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Ceux qui menacent toujours Charlie

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L’ami Fred Camino s’en est fait l’écho la semaine dernière. Dans l’édition de la semaine de Charlie Hebdo comporte une pleine page de reproductions de menaces de mort et d’insultes reçues par le journal sur sa page Facebook à l’occasion de sa couverture sur la mort de Mohammed Ali et le début de l’Euro.

C’est édifiant.

Si l’on prend le temps de cliquer sur les noms de certains de ces menaçants, on réalise qu’ils paraissent jeunes, très jeunes. Et cons aussi, très cons. Difficile de savoir si leur identité FB est réelle ou factice. Il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel parmi ces bavards de la haine. Le plus stupéfiant reste qu’un dessin les mette en rage à ce point là. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que les réseaux sociaux (FB, twitter, etc) se prêtent à de ce genre de vomi verbal. Faut-il les prendre à la lettre ?

Je ne lisais que très rarement Charlie avant les attentats. Je n’ai pas cessé depuis, c’est un rituel de fin de semaine. Je ne suis pas devenu un groupie du journal, mais simplement un fidèle lecteur.

Lire Charlie dans ce contexte intolérant est une façon de prendre le thermomètre d’une société qui suffoque: cela permet de voir semaine après semaine quelles sont donc les limites de ces fanatiques.

La dernière récup de Daech

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50 morts plus tard, et voici Daech qui pointe son museau pour revendiquer le massacre à l’arme automatique dans une boite emblématique gay d’Orlando en Floride.

 « L’attaque armée qui a visé une boîte de nuit gay dans la ville d’Orlando, dans l’État américain de Floride, qui a laissé plus de 100 morts ou blessés a été menée par un combattant État islamique » Daech

Saloperie.

 

Le meurtrier, Omar S Mateen, un Américain d’origine afghane, aurait prêté allégeance à Daech.

Dès son identité révélée, des pages Facebook ont été créées à son nom.

En fait, n’importe quel taré peut prêter allégeance à l’organisation terroriste, et hop ! La récup est en place. On dirait une secte. Une facilité sectaire assez incroyable puisque rien ne dit que l’affaire avait été préparée avec un quelconque soutien logistique de Daech.

Cet attentat révèle une fois de plus, une fois de trop, combien il est facile de se procurer des armes. Mais il y aura encore des gens pour penser qu’il vaut mieux en avoir soi-même pour se défendre.

Daech peut récupérer ainsi tous les tarés de la Terre qui se réclament d’elle.

Pas de tri, aucun filtre.

Il suffit d’un rien, et la moindre racaille est enrôlée sans souci.

La lutte des classes, ça existe.

Même à droite, très à droite, « ils » le reconnaissent.

Au sein d’un centre politique assez vaste, qui court du PS à l’UDi voire jusqu’à LR, certains s’imagine que le renard négocie avec les poules et poulets en bonne intelligence et parfaite harmonie. C’est la grande faiblesse, ou la véritable hypocrisie de ce centre-mou de considérer que de nier les rapports de forces.

C’est vrai et faux à la fois.

Les salariés sont souvent attachés à leur boite. J’ai plus de 20 ans de maison dans le privé. Chez le même employeur. Je connais quasiment tous les représentants du personnel. J’observe que les plus jeunes de mes collègues  (22-30 ans) se sentent plus libres, moins attachés, plus distants. Plus lucides peut-être.

Récemment, j’ai eu cette discussion éclairante avec l’un des délégués syndicaux. Je lui demandais pourquoi il ne partirait pas s’il en avait l’occasion. Il m’a répondu qu’après 20 ans de boîte, il considérait cette entreprise autant la sienne que celle du nouveau patron (on vient de changer d’actionnaire). Il n’a pas tort. Il a même franchement raison.

Contre la lutte des classes, on nous oppose souvent l’image du patron qui a créé sa boite. Le patron-entrepreneur-avec-peu-de-salariés-qu’il-traite-forcément-bien est le symbole porté aux nues par le MEDEF et ses dirigeants-salariés de multinationales.

Quelle hypocrisie.

Quand vous évoquez la lutte des classes, les patrons réels ou dans l’âme prennent inconsciemment peur. Ils s’imaginent la guerre, le conflit et le blocage. Il faut se calmer. Il suffit de clamer que la lutte des classes désigne un conflit entre des intérêts parfois qui se rejoignent, souvent irréconciliables.

Ce n’est ni grave, ni sale, ni détestable.

C’est la vie.

Trop de 6 mai.

6 mai 2007, qui a oublié ?

 

« Bonjour

Je voudrais par cette lettre rappeler quelques unes des promesses du nouveau Président.

Pour que ceux qui ont voté pour lui s’en souviennent, sans démagogie;

Pour que ceux qui ont voté contre lui conservent espoir :

– le plein emploi dans 5 ans,
– la surveillance des comportements violents des enfants dès l’âge de 3 ans, par le biais d’un carnet de suivi,
– la reconduite à la frontière des immigrés ne maîtrisant pas la langue française,
– la non-interdiction des OGM
– la reconnaissance du rôle positif de la colonisation
– la création d’un bouclier fiscal limitant à 50% des revenus (salaire et patrimoine) le taux d’imposition maximal
– la non imposition à l’IS et aux charges sociales des heures supplémentaires au-delà des 35H hebdomadaires
– le scrutin proportionnel partiel au Sénat
– la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, soit 68 Mds € par an.
– le maintien de 90% du salaire « aussi longtemps que nécessaire » par tout licencié économique qui suit une « formation qualifiante »
– la suppression des indemnités chômage pour tout chômeur « refusant deux emplois sans justification »
– la création d’un « contrat de travail unique plus souple pour les entreprises »
– l’équilibre financier des retraites grâce à la suppression des régimes spéciaux ,
– l’obligation aux élèves de se lever en classe quand le professeur entre en classe
– la suppression de la carte scolaire
– la suppression des droits de donation et de succession
– la création de peines planchers pour les multi-récidivistes, et ce, dès l’âge de 16 ans
– la création d’un Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration
– le déplafonnement des heures supplémentaires dans les services de santé

Ces promesses sont tirées de son programme et de ses meetings de campagne depuis septembre 2006.

Pour ma part, je n’oublierai rien.  »

Source: Sarkofrance, 6 mai 2007

 

6 mai 2012.

« Nicolas Sarkozy avait perdu, mais rien n’était gagné.

Il faudra défendre François Hollande, l’empêcher de dériver, l’obliger à écouter. Il a promis d’être normal. Le candidat socialiste a été sous-estimé par tout le monde. Par son camp, par ses adversaires. La présidence normale doit s’incarner, et être soutenue. La Vème République est un sale régime qu’il faudra bien un jour démocratiser.

Il faudra aussi rester vigilant. Il faudra soutenir François Bayrou et son énième tentative centriste. Il faudra voter Front de Gauche, parce que la gauche doit être populaire. Il faudra aider celles et ceux qui à droite, auront à coeur de reconstruire une droite républicaine qui a le coeur républicain suffisamment arrimé pour éviter les excès xénophobes de ces derniers jours.

La gauche, comme la droite ou le centre, n’a aucun complexe avec l’exigence de sécurité et de laïcité. Nicolas Sarkozy a dû plonger à l’extrême droite, c’était triste et indigne.

Nicolas Sarkozy n’était pas seul. Nous avons déjà repéré Jean-François Copé et Laurent Wauquiez, deux politiciens de la pire espèce. Le premier a la vertu de croire à ce qu’il dit. Le second a le défaut de dire ce qu’il faudrait croire. »
Source: Sarkofrance, 7 mai 2012

6MAI2012

 

Une « nuit debout » très courte

Nous voulions aller voir de près, sur place, à République. Ecouter des débats, observer ses échanges. Et comme c’était les vacances, nous pouvions y aller avec nos racailles même tard la nuit.

Nous avons été déçus. Et pour cause. Le jour même, des manifestations un peu partout en France, et jusque dans Paris, avaient généré de la tension avec les forces de l’ordre. Nuit Debout n’était pas là, ce jeudi-soir. Nous étions loin de ces messages de soutien et d’appel au dialogue que je reçois à domicile.

Arrivés vers minuit trente, ce jeudi 28 avril, nous passons facilement un barrage de CRS pour déboucher sur une place peu occupée mais fermée à chaque avenue par des compagnies casquées. Au centre, après un no man’s land de plusieurs dizaines de mètres, entre 150 ou 200 personnes sont rassemblées près de la statue, quasiment toutes debout, une sono étouffe le bruit des discussions. Les gens observent surtout. Au sud de la place, les CRS ont sortis les boucliers. Quelques manifestants visiblement amochés par l’alcool commencent à jeter des bouteilles en verre.

La tension est palpable.

 

Jeudi 28 avril 2016, Place de la République, Paris, minuit trente.

 

 

Une vingtaine de minutes après notre départ, les CRS ordonnent l’évacuation, puis évacuent la place.

Un piéton filme l’intervention. Au moins cinq manifestants arrêtés sont frappés alors qu’ils étaient menottés. La police n’est-elle pas payée, entraînée pour se maîtriser dans de pareilles situations ?

 

Dimanche, Nicolas Sarkozy livre une interview au JDD, sans intérêt, beaucoup de bêtises. L’homme passe encore à côté de son époque, d’une envie de dialogue.

 

Cette curieuse affiche de la CGT

Il a fallu une affichette de la CGT figurant une matraque de crs, ensanglantée et cet appel «  La police doit protéger les citoyens et non les frapper !  » pour déclencher la polémique.

Cette polémique en valait bien d’autres, notamment une autre plus récente assez stupéfiante de superficialité sur un sous-clown télévisuel giflé gentiment par un rappeur fatigué.

Impossible de réagir à chaud à cette affiche de la CGT. Simplement parce qu’elle amène des réactions ambivalentes.

Les violences de certains policiers sont une réalité. Les récents dérapages contre un lycéen, ou une journaliste en marge des manifestations contre la loi el Khomri en sont une illustration. Les bavures que dénonce la CGT ne sont pas des excès de zèle sécuritaire – gardes à vue injustifiées, perquisitions abusives, etc – . Non, la CGT ne dénonce que des violences lors de manif, le coup de matraque de trop qu’on n’attend pas de forces de l’ordre républicaines.

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Mais la CGT avait-elle besoin de cette expression caricaturale ?  Je pense aux milliers de policiers et de gendarmes épuisés par des heures supplémentaires de gardes depuis les attentats de 2015; à ces flics courageux dans les premiers moments de l’assaut terroriste du Bataclan. A ces policiers exécutés par les frères Kouachi. Au choc psychologique des centaines d’autres présents sur les lieux des massacres parisiens de novembre dernier.