Archives pour la catégorie Chroniques d’opposition

Cessez de publier vos tweets sur Facebook

Y en a marre, hein ?

C’est Nicolas J qui m’a signalé combien c’était agaçant. J’ai pris l’habitude de déverser sur FB tout ce que je tweete. Puis de lire les interactions.

« Lançons une pétition pour que Juan Sarkofrance arrête de publier ses tweets dans Facebook. »

Nicolas a raison, et la chose a donc été corrigée. C’est terminé. J’ai déconnecté le lien twitter/FB.

Facebook est (re)devenu une plateforme de partage. Elle est moins hystérique que Twitter. Plus intrusive aussi. FB est comme Google l’un de ces nouveaux monopoles de l’espionnage post-moderne de nos données personnelles.

Bref.

 

Nuit Debout, la sale polémique

Il fallait s’y attendre. La persistance de ces états généraux du débat démocratique chaque nuit dans quelques villes de France agace, stupéfie, interroge.

Donc forcément, il y a des critiques « de travers », celles qui attaquent « à côté ». Non pas sur le fonds , mais sur la forme: la composition sociologique des participants. Sans surprise, on retrouve l’habituelle accusation fournie par Emmanuel Todd contre les #JeSuisCharlie: NuitDebout serait un mouvement blanc et bobo, rien de plus. Des étudiants, des « intellectuels précaires », et des retraités. La France du XXIème siècle a-t-elle besoin de cette exigence d’un mouvement « pur » c’est-à-dire représentatif de toutes les franges du pays ? Pourquoi faudrait-il regretter qu’un mouvement sans parti, sans leader, qui cherche à dialoguer en dehors des lignes imposées par le cercle médiatico-politique habituel parvienne ainsi à mobiliser jour après jour ?

En banlieue, un autre mouvement cherche la jonction.

« Les Nuits debout se multiplient dans les banlieues d’Île-de-France. Mais la convergence des luttes n’a pas encore abouti entre Parisiens et habitants des quartiers populaires. Pour rétablir la confiance, il faut que les jeunes de la place de la République aillent soutenir les habitants des cités, estiment plusieurs militants des quartiers populaires. » (lire la suite)

Ensuite, il y a eu l’expulsion d’Alain Finkielkraut de la place de la République. L’intellectuel porte-drapeau de la droite réac de notre monde moderne a été « refusé« . Pour certains, c’est un scandale. Pour celles et ceux les plus volontaires à exclure, ignorer, refuser la parole dissidente dans leurs enceintes médiatiques habituelles, que l’un de leurs symboles soit ainsi exclu était quelque chose de scandaleux et de stressant.

finky

J’ai été ravi que Finkielkraut soit expulsé. J’ai détesté cependant les conditions dans lesquelles il a été expulsé. On l’entend trop souvent. On n’a pas besoin, au moins pour quelques mois, de l’entendre davantage.

#PanamaLeaks, la déchéance du libéralisme

Ils ont crié, ils ont pleuré. Certains, mouillés, ont démissionné.

Les révélations d’un collectif de journaux du monde entier sur les comptes secrets d’un cabinet d’avocats au Panama, lundi 4 avril, a levé le voile opaque et sale de l’évasion et de la fraude fiscale. Des responsables politiques ont été sommés de s’expliquer de leur impuissance. Des responsables attaqués ont chuté, comme ce premier ministre islandais dont le nom a été cité parmi les premiers dans les bénéficiaires de ces comptes secrets. Le pompon de la soirée d’hier fut cette réaction du Panama qui menace la France de rétorsions économiques après que Hollande eut promis de réintégrer ce pays dans la liste grise.

« Au Panama, il existe une loi qui prévoit des mesures de rétorsion contre les pays qui incluraient le Panama sur les listes grises ». Un responsable panaméen.

Ces quelques noms jetés en pâture médiatique sont moins importants que l’ampleur d’un système connu que l’on expose à nouveau. On se souvient des coups de menton et des tressautements d’épaules d’un Nicolas Sarkozy au plus fort de la Grande Crise de 2008 (« les paradis fiscaux, c’est terminé« ). L’ancien monarque nous promettait que le G20 nouvellement créé allait faire sort à cette finance incontrôlable.

D’autres dans le monde, et surtout Barack Obama, ont réussi à faire plié des Etats comme la Suisse. Le combat fut long et est loin d’être gagné. On peut couiner que ce n’est pas parfait, qu’ils sont « tous pourris » et/ou « incompétents ».

On doit couiner.

En premier lieu, nos Etats, la France en premier, réagissent parce qu’ils ont … lu les journaux. Voilà à quoi en est réduit l’action publique.

Ensuite, comment croire qu’ils ne se doutaient pas ?

Sur les ondes de BFM TV, Julien Bayou, le porte-parole d’EELV rappelait mardi 5 avril vers 22h30 la grande expérience bancaire de certains élus de la Nation et ministres de la République. Forcément, ces gens savent comment cela marche. Ce n’est que la pression de la rue (fut-elle médiatique), et des faillites provoquées par la Crise qui ont permis de véritables avancées ces dix dernières années.

Mais on oublierait presque que cette affaire n’est qu’une anecdote dans un problème plus vaste: le monde libéral et électronique que certains promeuvent provoque, accélère, facilite de tels abus.

Au passage, la mise en cause de quelques très proches de Marine Le Pen devrait éclairer les supporteurs de cette dernière: oui, le FN est bel et bien normalisé. Après les accusations de financement politique illégal et de détournement de fonds publics, voici l’évasion fiscale.

Le voile, cette « libération »

Grâce à Laurence Rossignol, ministre de la cuisine, du travail à la maison et du droit des enfants, nous avons droit à une nouvelle discussion sur le port du voile. Un récent édito de Riss dans les colonnes de Charlie Hebdo (un hebdo satirique, rappelons-le) a provoqué un peu d’émoi. L’auteur expliquait son ras-le-bol des tolérances exigées sous peine d’être taxé d’islamophobe à l’encontre du voile, des boulangeries sans sandwich au jambon ou des prêches de Tariq Ramadan.

Voici une troisième « anecdote » pour jeter un peu d’huile sur le barbecue, certaines hôtesses d’Air France refusent de porter voile et pantalon dans les futurs vols Paris-Téhéran dont la ligne va être ré-ouverte après une trentaine d’années d’absence.

En théorie, le personnel féminin peut choisir entre un uniforme avec une jupe, et un autre avec un pantalon. Mais dans le cadre de la réouverture de la ligne Paris-Téhéran, nous avons reçu un mémento interne expliquant que les femmes seraient obligées de porter un pantalon, une veste longue, et de se voiler les cheveux dès la sortie de l’avion.

« La tolérance et le respect des coutumes des pays que nous desservons font partie des valeurs de l’entreprise » répond l’entreprise. Les représentants du personnel réclament a minima la possibilité de ne pas faire ces vols pour les hôtesses qui ne le souhaiteraient pas. Personnellement, je les comprends. La tolérance semble ici à sens unique. Personne n’empêche les Iraniennes (et les autres) de porter voile (du moment qu’il ne couvre pas le visage), pantalon et autre tenue stricte.

Pourquoi la tolérance est-elle à sens unique ?

En visite dans un émirats pour des raisons professionnelles, l’un de mes proches s’est vu exiger de retirer son collier de baptême qui apparaissait sur le bord de son cou au motif que c’était un signe extérieur de religion inacceptable dans le pays.

Qui parlait de tolérance ?

L’une des auteures de Charlie Hebdo, qui est en rupture totale avec Riss par ailleurs pour un conflit qu’elle explique dans son prochain livre, ne disait pas autre chose dans les colonnes de Paris Match:

« Dans la justice ou dans l’associatif, le religieux tente en permanence de grignoter le légal. Prenons l’association BarakaCity, dont le responsable dit publiquement : “Je ne serre pas la main aux femmes parce que c’est ma religion.” S’il disait : “Je ne serre pas la main aux homosexuels, ou aux Juifs, ou aux Noirs”, cela choquerait. Mais “aux femmes”, ça passe car c’est sa religion. Heureusement, la loi et la magistrature sont plutôt du côté de la laïcité. » Zineb El Rhazoui, dans Paris Match.

Rejoindre Anonymous contre Daech

Ce message a été publié le 22 mars. Ce n’est pas la première fois que les Anonymous s’adressent à Daech.

Il est tout aussi difficile de cerner le réel impact de leurs actions. Comme d’autres, j’ai lu des critiques sur les actions revendiquées par les Anonymous, à savoir dévoiler ou fermer des comptes attribués à des partisans de Daech gênerait les services de renseignement. D’autres au contraire applaudissent.

J’imagine que les mêmes « débats » avaient lieu pendant une autre Résistance, il y a bientôt 70 ans. Les Anonymous font peut-être des erreurs. Mais n’attend-on pas de chacune et chacun qu’il agisse ou réagisse à la mesure de ses capacités contre pareille menace ?

 

 

 

Ami socialiste

Réfléchis, et barre-toi.

Laisse-les.

Quelle image veux tu que ton parti dépose dans l’Histoire ?

Des exonérations de cotisations sociales, la déchéance de nationalité, la réduction des accords de branche, le travail, le dimanche, le silence face aux migrants, ou l’espionnage individuel ? Nous aurons le temps, dans les mois qui viennent, de faire le bilan de ce quinquennat. Il aurait brillamment réussi sur le terrain économique que nous aurions eu la critique acide. Mais l’acidité est désormais dans l’autre camp, celui qui gouverne et se fait applaudir par les rangs conservateurs à chaque brèche dans les digues politiques et sociales qui composent notre  vision du monde.

Ami socialiste,

Réfléchis, et barre-toi.

Laisse-les.