Archives pour la catégorie Chroniques écolo

Notre-Dame-Des-Landes, le feuilleton que Macron peut encore rater.

Faux suspense. Le Conseil des ministres a entériné l’abandon du projet d’aéroport de notre-des-Landes. Il a cédé, Jupiter. Le suspense est clos. Il fallait observer, mercredi, Philippe, Collomb et Hulot débouler devant les caméras l’air gêné. « Je fais ce que je dis » promettait Jupiter. Promesse non tenue, et réjouissances à gauche et chez les écolos.

A l’Assemblée, le premier ministre gâche ce rare moment d’applaudissements à gauche. Quand la députée Mathilde Panot de la France insoumise le félicite, puis l’interroge sur  Edouard Philippe répond, grimaçant, qu’il lâchera les gendarmes si les zadistes ne dégagent pas après la trêve hivernale.

On a connu meilleure attitude d’apaisement…

 

 

On comprend le malaise au sein de la macronista: depuis cet abandon, la droite furibarde et la quasi-totalité des grands médias matraquent les citoyens avec un double argument imparable: primo, comme le gouvernement a cédé ici, il enverrait un « mauvais message » dans les autres zones où des projets d’aménagements, légaux, sont contestés illégalement pour des motifs écologiques.Quel mauvais message ? Qu’un projet aberrant mérite d’être annulé ? NDDL était un sujet pourri, une aberration économique, un projet malheureusement légal.  Chacun devrait se féliciter de cette décision.

Secundo, les zadistes sont rapidement dépeints comme des « voyous« , des hordes sauvages prêts à lever leur campement à NDDL pour se déplacer sur d’autres terrains de lutte. Notons la cocasserie de la situation: l’équipage Philippe/Macron prend une bonne décision, mais la pourrit en laissant croire qu’il a cédé face la pression de « voyous« . Même Hulot a levé le doigt en prévenant que « l’état de droit doit revenir« .

Et pourtant dès le lendemain, tranquillement, les zadistes ont annoncé qu’ils réouvraient la « route de la chicane », première exigence gouvernementale. Pourquoi ne pas avoir au contraire tenu la main aux projets locaux ?

 

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Le jour du dépassement, et nous ?

Il y a 4 jours, Mélenchon publiait sa 37ème revue video de la semaine, la dernière de la saison, et peut-être la dernière tout court.

Il y a cet horrible bruit de fond, des coups de marteau qui rendent le début de cette intervention drolatique. Mais le reste de la video est terriblement paisible. Mélenchon détaille le changement climatique.

 

La semaine dernière, tandis que certains partaient en vacances et d’autres pas, nous étions ce 2 aout le jour du dépassement. Mélenchon n’est pas le seul à s’en préoccuper, mais il est le seul dont j’écoute les chroniques avec une certaine régularité. Son propos est inquiétant. J’ai l’impression de vivre un film-catastrophe. Comme dans tous les films catastrophe, il y a cette majorité qui ne voit rien, qui détourne le regard de l’évidence.

 

Bonnes vacances.

 

 

 

Pardon Youtube ? #WTF!?!

Vous vous souvenez tous de cette gentille YouTubeuse, invitée par les gentils de Youtube, pour poser des questions gentilles au sympa Jean-Claude Juncker de la gentille Commission Européenne.

Une arnaque de communication qui … n’a pas eu lieu. Parce que la gentille Youtubeuse n’a pas joué le jeu. Elle a préparé les questions qui fâchent, les seules qui valaient la peine d’être posées – la corruption, TAFTA, l’évasion fiscale en Europe.

Le film qui explique ce qui s’est passé, comment cela s’est passé, et surtout pourquoi cela s’est passé, est enfin en ligne.

Il démontre une chose essentielle: il y a de lucidité et du courage partout.

Bravo, chapeau.

Quand il n’y aura plus de glace

C’est une video d’il y a un an que les algorithmes de Google ont poussé vers moi ces derniers jours. Une simulation graphique et bien faite d’une fonte des glaces généralisée.

Le résultat est saisissant.

 

La nouvelle erreur de François Hollande

François Hollande voudrait une candidature écologiste à la prochaine élection présidentielle qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Des dissidents d’EELV ont créé leur groupuscule, « Ecologistes! ». A moins de deux ans de la fin d’un mandat fatigué et fatiguant, ils clament qu’ils « exercer des responsabilités ». Soit.

Du côté de la direction d’EELV, on murmure que l’Elysée est à la manoeuvre. Les écolos n’ont pas besoin de Hollande pour se disputer, se déchirer, ou divorcer. Mais certains pensent que ces déchirements servent la candidature de l’actuel président à sa propre réélection en 2017. S’il veut espérer franchir la premier tour, Hollande doit avoir le moins de rivaux possibles.

En l’occurrence, la création de ce parti écolo, dont il est assuré qu’il ne fera rien pour gêner l’actuel locataire de l’Elysée, est l’une des pires nouvelles qui soit pour Hollande. Car elle incitera plus que jamais EELV vers l’autonomie, … y compris lors de la prochaine présidentielle.

Le piège écolo

Un cycle s’achève, François de Rugy a raison. Le député élu sous l’étiquette EELV avec le soutien du Parti socialiste en juin 2012 quitte le mouvement écolo sur ce constat.

« Je quitte Europe écologie-Les Verts car pour moi EELV, c’est fini. Le cycle ouvert par Daniel Cohn-Bendit en 2008 est arrivé à son terme. »

Un cycle s’achève sans qu’on devine encore le suivant. Les écologistes se divisent, et durement, puisque Jean-Vincent Placé à son tour a quitté le parti. Très franchement, j’attendais ce craquement. Incapables de choisir entre soutien et opposition, EELV est dans une posture politiquement intenable.

Objectivement, et quelque soit l’avis que l’on porte sur l’actuel gouvernement, EELV n’a absolument rien à attendre en matière de transformation écologique. Nous entamons la dernière année « normale » d’un quinquennat épuisant. sur quoi donc ces écologistes veulent-ils peser « de l’intérieur » pour faire avancer la cause de l’écologie politique « réaliste« . Fermer eux-même la centrale de Fessenheim ?

Hollande ne comprend que le rapport de force. Se priver de cet atout est dommageable et politiquement crétin.

De Rugy et Placé ne pèsent plus. Mais sans doute gagneront-ils un strapontin lors du prochain remaniement de décembre.

Les écologistes ont deux possibilités. S’allier rapidement au Front de gauche sur la base d’un programme négocié. Ou faire pression sur Hollande pour obtenir le scrutin proportionnel, même partiel, lors des prochaines législatives de 2017.

Dans les deux cas j’applaudirai.

Mais sinon.

Comment dire…