Archives pour la catégorie Chroniques écolo

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot.

Voilà, c’est fait.

 

Après la démission de Nicolas Hulot, voilà ce qui reste de la politique écologiste du gouvernement Macron, de l’hypocrisie et du brassage de vent.

 

 

La démission de Hulot est un bol d’air.

Il ne s’agit pas trouver tous les mérites à un homme après l’avoir critiqué 15 mois durant.Hulot reste Hulot, il reste ce qu’il est. Il est criticable pour ce qu’il a fait et, surtout, n’a pas fait.

Mais on peut applaudir sa décision de démission, et comment il l’a mis en scène. Son retrait est fracassant, et à la hauteur de l’écoeurement qui a du le saisir après 15 mois au gouvernement.

Nous pouvons comprendre cet écœurement, nous devons le comprendre. Nous le  partageons chaque jour, chaque heure, chaque minute.

Hulot a giflé Macron et ses suppôts de la pire et de la meilleure des façons qui soit: brutalement et sans prévenir. Il est le premier à le faire, le premier dans cet ensemble informe et désormais infirme qu’est la Macronista, cet ensemble politique composé d’archi-convaincus et de mous sceptiques, d’anciens centristes devenus extrémistes du libéralisme violent et d’opportunistes du pouvoir à claquer la porte en dénonçant l’hypocrisie du prétendu « nouveau monde. »

Espérons que cette démission serve d’électro-choc chez quelques macronistes, mais surtout dans l’opinion. La défense de l’environnement devrait être un sujet transverse, qui influe sur toutes les politiques d’un  gouvernement.

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot, un merci sincère et sans arrière pensée.

 

 

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Voter sur le nucléaire

De mémoire d’adulte, je n’ai pas souvenir qu’on m’ait demandé une seule fois mon avis sur ce choix énergétique pourtant majeur.

Mon premier vote fut lors d’un référendum à propos de la Nouvelle Calédonie. Je me suis senti plus concerné par cette votation  sur l’énergie nucléaire organisée par la France insoumise.

Attirer l’opinion publique, ou une petite fraction d’entre elle, sur pareil sujet n’est pas aisé. Il y avait des videos explicatives, des textes, du débat, mais un débat principalement porté par celles et ceux qui sont opposés. Mais cela ne suffit pas: l’agenda médiatique est fixé ailleurs. Cette semaine, la France politique s’est bien gardé de célébrer le triste anniversaire de Fukushima. Nous sommes pourtant la nation la plus nucléarisée au monde (en proportion de sa population). Mais nul débat, nul échange. Au contraire, Macron était en Inde pour finaliser la vente de 6 EPR .

Cette votation a également souffert, nous l’avons déjà noté, de l’absence de soutien d’autres organisations politiques. les disputes à la petite semaine n’en finissent plus d’être ridicules.

Le vote était ouvert aux opposants et aux partisans du nucléaire civil et militaire. Les résultats sont encourageants: plus de 314 000 personnes se sont exprimées, à 93% pour la sortie du nucléaire.

L’essentiel des votants ont choisi le vote en ligne: le contrôle des identités était assuré par une validation des coordonnées sur les lites électorales. Plus intéressant est le score dans les bureaux de vote: 54 000 suffrages pour la sortie contre 24 000 pour son maintien. En d’autres termes, le score  pro-nucléaire fut largement plus important dans les bureaux de vote physiques qu’en ligne.

Comme d’autres, j’ai lu pas mal de mépris contre cette votation: la France insoumise ne serait pas légitime; la question aurait été mal posée ou aurait été trop caricaturale. Ou mieux encore, le sujet serait trop complexe pour s’autoriser un vote.

Bref, comment dire.

1. Il me parait difficile de reprocher à un mouvement politique d’inciter chacune et chacun, sans stigmatisation aucune, de documenter une réflexion sur un sujet aussi majeur.

2. Le nucléaire coute cher et est dans l’impasse: on ne sait pas recycler les centrales, la nouvelle génération EPR est hors de prix, les déchets sont irrécupérables. Et la priorité au nucléaire, en France, a affaibli les énergies renouvelables.

3. Le nucléaire est un tabou français. Ce vote permet de montrer qu’on peut en parler, sans éructation.

 

 

Voter… contre le nucléaire

Puisque jamais le sujet n’est soumis au vote, il faut bien s’en charger.

La France insoumise a organisé une votation citoyenne sur le sujet, du 11 au 18 mars, sept ans après la catastrophe de Fukushima. La démarche n’a pas rassemblé les autres partis sollicités. Ils sont tous grincheux, ou énervés, sans doute jaloux. Ils sont surtout mourants, ou effondrés. Mêmes mes anciens amis de EELV s’agacent, mais que représentent-ils ? Et les hamonistes de Génération.s, combien de divisions pour se permettre de râler ? Le site Reporterre se fait l’écho de ces difficultés. Les ONG anti-nucléaire ont également refusé de s’associer à la démarche d’un parti politique, tout en louant l’opération.

« On a trouvé que l’initiative était un excellent support pour discuter de la sortie du nucléaire. C’est rare, et bienvenu, pour un parti politique. » Martial Château, administrateur du réseau Sortir du nucléaire.

Au final, des rassemblements locaux ont eu lieu, et se déroulent un peu partout en France: à Rennes, à Colombes, à Angoulême, ou à Quimper. Et ce 11 mars, le vote commence.


Quelque soit le résultat de cette opération citoyenne, il y a un hic. Il est difficile de lutter contre la Blitzkrieg médiatique du monarque élyséen.

Attirer l’attention à contre-courant des sujets imposés par la Macronista (une réforme par jour, autant de contrefeux médiatiques en tous genres) est une gageure.

Notre-Dame-Des-Landes, le feuilleton que Macron peut encore rater.

Faux suspense. Le Conseil des ministres a entériné l’abandon du projet d’aéroport de notre-des-Landes. Il a cédé, Jupiter. Le suspense est clos. Il fallait observer, mercredi, Philippe, Collomb et Hulot débouler devant les caméras l’air gêné. « Je fais ce que je dis » promettait Jupiter. Promesse non tenue, et réjouissances à gauche et chez les écolos.

A l’Assemblée, le premier ministre gâche ce rare moment d’applaudissements à gauche. Quand la députée Mathilde Panot de la France insoumise le félicite, puis l’interroge sur  Edouard Philippe répond, grimaçant, qu’il lâchera les gendarmes si les zadistes ne dégagent pas après la trêve hivernale.

On a connu meilleure attitude d’apaisement…

 

 

On comprend le malaise au sein de la macronista: depuis cet abandon, la droite furibarde et la quasi-totalité des grands médias matraquent les citoyens avec un double argument imparable: primo, comme le gouvernement a cédé ici, il enverrait un « mauvais message » dans les autres zones où des projets d’aménagements, légaux, sont contestés illégalement pour des motifs écologiques.Quel mauvais message ? Qu’un projet aberrant mérite d’être annulé ? NDDL était un sujet pourri, une aberration économique, un projet malheureusement légal.  Chacun devrait se féliciter de cette décision.

Secundo, les zadistes sont rapidement dépeints comme des « voyous« , des hordes sauvages prêts à lever leur campement à NDDL pour se déplacer sur d’autres terrains de lutte. Notons la cocasserie de la situation: l’équipage Philippe/Macron prend une bonne décision, mais la pourrit en laissant croire qu’il a cédé face la pression de « voyous« . Même Hulot a levé le doigt en prévenant que « l’état de droit doit revenir« .

Et pourtant dès le lendemain, tranquillement, les zadistes ont annoncé qu’ils réouvraient la « route de la chicane », première exigence gouvernementale. Pourquoi ne pas avoir au contraire tenu la main aux projets locaux ?

 

Le jour du dépassement, et nous ?

Il y a 4 jours, Mélenchon publiait sa 37ème revue video de la semaine, la dernière de la saison, et peut-être la dernière tout court.

Il y a cet horrible bruit de fond, des coups de marteau qui rendent le début de cette intervention drolatique. Mais le reste de la video est terriblement paisible. Mélenchon détaille le changement climatique.

 

La semaine dernière, tandis que certains partaient en vacances et d’autres pas, nous étions ce 2 aout le jour du dépassement. Mélenchon n’est pas le seul à s’en préoccuper, mais il est le seul dont j’écoute les chroniques avec une certaine régularité. Son propos est inquiétant. J’ai l’impression de vivre un film-catastrophe. Comme dans tous les films catastrophe, il y a cette majorité qui ne voit rien, qui détourne le regard de l’évidence.

 

Bonnes vacances.

 

 

 

Pardon Youtube ? #WTF!?!

Vous vous souvenez tous de cette gentille YouTubeuse, invitée par les gentils de Youtube, pour poser des questions gentilles au sympa Jean-Claude Juncker de la gentille Commission Européenne.

Une arnaque de communication qui … n’a pas eu lieu. Parce que la gentille Youtubeuse n’a pas joué le jeu. Elle a préparé les questions qui fâchent, les seules qui valaient la peine d’être posées – la corruption, TAFTA, l’évasion fiscale en Europe.

Le film qui explique ce qui s’est passé, comment cela s’est passé, et surtout pourquoi cela s’est passé, est enfin en ligne.

Il démontre une chose essentielle: il y a de lucidité et du courage partout.

Bravo, chapeau.