Archives pour la catégorie Chroniques politiques

Le Watergate d’Emmanuel Macron

Cette affaire ressemble au Watergate.

Les faits stricto sensu sont évidemment très différents – le Watergate était l’un des sièges du Parti démocrate où des poseurs de micro ont été arrêtés. La double enquête journalistique a permis de remonter quasiment directement … à la Maison Blanche.

Dans l’affaire des barbouzes de l’Elysée, on retrouve ce même lien direct entre des délinquants et le bureau même du chef de l’Etat.

C’est triste et fascinant, incroyable, peu croyable.

« Et en même temps »…

Le sentiment de toute puissance semble habiter la Macronie depuis sa création ex-nihilo.

 

 

 

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5 raisons d’aimer, ou pas, les réseaux sociaux.

Pourquoi participe-t-on aux réseaux sociaux ? On a l’éclosion, l’essor puis la (pseudo) chute des blogs politiques, l’irruption de ces « échanges » et publications sur les réseaux sociaux fut fascinante et déstabilisante. En premier lieu, de quels réseaux parle-t-on ?

Quand on parle d’hystérisation du « débat » public, voire de la disparition du débat public, Twitter, davantage que Facebook, est désigné plus généreusement à la vindicte. Twitter ne permettait initialement que 140 caractères pour s’exprimer (maintenant 280), d’où l’impression d’un raccourcissement de l’expression. Twitter est aussi moins exigeant que Facebook sur les identités. Twitter permet les saillies d’humeur, Twitter permet de masquer, bloquer, dénoncer. Twitter est un gigantesque bistrot. Twitter est caricatural. Twitter vous enferme dans vos followers.

Alors reposons la question: mais pourquoi participe-t-on aux réseaux sociaux ?

S’agissant de Twitter, je vois plusieurs plaisirs et davantage d’interrogations. L’une des dernières émissions de La Grande Table, sur France Culture, permet aussi d’y voir plus clair. Olivia Gesbert  recevait Laurence de Cock (« Les éditocrates 2. Le cauchemar continue« ) et Marylin Maeso (« Les conspirateurs du silence« ).

LdC

Voici mes 5 raisons:

    1. Parce que les réseaux sociaux permettent de diffuser ses messages. Ils aident à faire valoir des « contre-voix ». L’historienne, et Twittos, Laurence de Cock appelle cela de « l’éducation populaire ». Ce rôle publicitaire est flagrant. Sur Twitter, avec 5 ou 10 000 followers, le nombre de contacts d’un tweet atteint rapidement les 1000 ou 3000 vues. Dans le monde physique, ce serait impossible. Les réseaux sociaux permettent de contrer les argumentaires officiels, déloger la mauvaise foi, débusquer « live » les éléments de langage.
    2. Parce que les réseaux sociaux sont des sources d’information. Corollaire du point précédent, ils agissent comme des medias sans contrôle, parfois à l’excès. Grâce à eux, nous apprenons autre chose que ce que les médias dominants proposent. En ces temps de concentration capitalistique, c’est heureux.
    3. Parce qu’ils permettent de structurer une expression – réfléchie ou pas, construite ou pas. Parfois concise, comme sur Twitter, et c’est un exercice de style.
    4. Parce que les réseaux sociaux permettent d’être a-social. C’est l’un des côtés obscurs, le plus visible, le plus désagréable, celui qui décourage régulièrement. Twitter permet de cracher son venin. C’est souvent détestable. Je ne connais pas un Twittos de mes connaissances qui n’ait cédé un jour, un instant à ce travers. J’ai fait la même erreur.
    5. Parce que les réseaux sociaux sont … sociaux. C’est bête à dire, c’est trivial, mais c’est leur première réalité: on y rencontre des gens, on y développe des relations. On s’y séduit, on s’y engueule, on y rigole. Ce sont des lieux de vie.

 

« Mondialisation de l’indifférence »

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Le pape François a parlé de la « mondialisation de l’indifférence », dans une homélie en 2013, à propos des réfugiés. Le voici qui rencontre Macron. Justement, il aurait été temps de répéter son appel à davantage de tolérance à notre jeune monarque qui vient se montrer devant les photographes et journalistes au Vatican. Cela aurait pu être la seule utilité de ce périple. Il n’en fut rien, juste un petit rappel papal à la considération envers les pauvres.

A force de planer haut dans le ciel, le pape ne sert plus à grand chose.

Le Vatican semble inspirer Emmanuel Macron, voire lui porter chance. Nous sommes en 2015. Le chef de l’État n’est encore que le jeune prodige du gouvernement mais caresse secrètement l’idée de briguer la présidentielle. Pour les fêtes de fin d’année, le sémillant ministre de l’Économie s’offre une parenthèse spirituelle à Rome avec son épouse, Brigitte. Le 24 au soir, trois jours après son anniversaire, Emmanuel Macron assiste, à titre privé, à la messe de la Nativité dans la basilique Saint-Pierre. Source: La Vie

En face, Macron fatigue.

1. Il est fatiguant de le voir nier ce qui paraît une évidence. Il a besoin de ces visites symboliques pour fracturer la droite conservatrice jusqu’au bout. On a compris la démarche. Il l’a dément, sans rire: « Je ne crois pas en l’existence d’un électorat catholique ou musulman. Il n’y a pas de religion politique ».

 

2. Il nous impose ces génuflexions devant une autorité religieuse. C’est pénible. Ce n’est pas la République. Le lien avec l’Eglise a été coupée en 1905. Cette tradition de chanoine est absurde, grotesque.  Et quid des autres religions alors ? Un aimable twittos l’a rappelé: ni Pompidou, ni Mitterrand ni Hollande ne sont allés claquer la bise du pape pour récupérer ce quolifichet catholique.

3. Le silence de certains camarades laïcards si prompts à hurler quand l’Islam nous emmerde est surprenant. Ben alors mesdames, messieurs ? Y a plus personne quand le jeune Jupiter va se faire la croix en public au nom de la République ?

 

 

La faute du CRIF.

M. Kalifat, président du CRIF et ancien membre du Bétar., s’est fendu d’un tweet la veille d’une marche blanche interdisant à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon de venir à l’hommage à Mireille Knoll. Le lendemain, aussitôt Mélenchon et quelques représentants de la France insoumise étaient arrivés Place de la Nation qu’une dizaine de jeunes gens musclés du groupuscule de la LDJ sont venus siffler, chahuter, bousculer la délégation.

« Le manifestant qui rameute tout le monde en direction de Mélenchon, n’est vraiment pas un manifestant comme les autres. Depuis le milieu des années 2000, celui qui se fait appeler “Eliahou” est le porte-parole et le chef de la “branche politique” de… la Ligue de Défense Juive (LDJ). Intervenant au nom de la Ligue dans les médias communautaires ou pilotant le site web de la LDJ, Eliahou est connu comme le loup blanc dans les cercles de la communauté juive » Source: StreetPress

Le CRIF est la cause de tout cela, c’est honteux.

C’est une faute morale. L’assassinat odieux, criminel, sans doute antisémite d’après les premiers éléments de l’enquête, méritait de l’union nationale. Quel contraste avec les suites de l’attentat de Trèbes: quand un énième fou d’islam tue dans l’Aude, la classe politique se divise, à cause del’exception notable et outrancière de Wauquiez et de Le Pen. Quand une rescapée de la rafle du Vel d’Hiv meurt et que la classe politique est enfin unanime mais c’est une organisation auto-proclamée représentante de la douleur qui excommunie.

Le fils de Mireille Knoll a eu les mots justes.

« Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde. Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre, or tout le monde a une mère. (…) Le CRIF fait de la politique, moi j’ouvre mon cœur »

Le CRIF a commis une faute morale. Mais aussi une faute politique: il n’a pas saisi qu’il y avait là l’occasion unique, sans doute depuis Carpentras, de rassembler enfin. En tentant de délivrer des « permis d’hommage » ici ou là, dont des milliers, des centaines de milliers, des millions se sentirons exclus malgré leur sympathie, leur proximité, le CRIF a commis une faute morale, humaniste, politique.

« Il ne faut pas confondre un petit groupe avec la masse des braves gens qu’il y a là. Ce n’est pas un sujet. La famille et tous les gens qui se sont regroupés savaient qu’on voulait être là avec eux. C’est ça qui compte. Pas une bataille rangée dans la rue »Jean-Luc Mélenchon, le soir de la marche blanche.

Cher monsieur Kalifat, chers représentants du CRIF, vous n’êtes pas seuls à savoir que l’antisémitisme tue, que l’islasmisme est d’abord antisémite, que la Bête immonde est prêt à rebondir.

Mais vous êtes indignes.

« Toi et moi avons de prime abord pas mal de choses en commun. Tu es juif, je suis juif. Tu es (la plupart du temps) séfarade, je le suis également. Autre point commun: j’aime Israël, tu prétends l’aimer de toutes tes forces, toi aussi. Et pourtant je dois t’avouer que malgré ces quelques similitudes de façade, tout nous sépare, toi et moi.

(…)

Honte à toi.

Je ne te vomis pas parce que tu fournis aux antisémites de bonnes raisons de me haïr (ils n’ont pas besoin de toi pour cela, tu n’es qu’une corde à leur arc), je te vomis parce que la grande masse des Français qui n’ont pas de préjugés contre moi, serait tentée, devant tes exactions, de m’associer à toi et de se dire «En fin de compte, c’est vrai que ces juifs se croient tout permis».

(lire en intégralité)

La chasse à courre d’Emmanuel Macron

Ce n’est pas le début, mais la suite d’un mauvais processus.

Olivier Besancenot, il y a peu, a parfaitement résumé cette gigantesque chasse à courre relancée par Emmanuel Macron.

« Là-haut, ils doivent être hilares » résume-t-il. Il a raison. Vous êtes, nous sommes tous le privilégié de quelqu’un d’autre. Il y a toujours quelqu’un qui a un statut plus sympa, des avantages plus agréables. Et toujours aussi quelqu’un d’autre de plus défavorisé par rapport à soi-même.

La vénerie aussi appelée « chasse à courre » ou encore désignée par « chasse à courre, à cor et à cri », « chasse à bruit » (« venatio clamosa ») ou « chasse par force », est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage (traditionnellement le cerf, le sanglier, le chevreuil, le renard ou le lièvre) avec une meute de chiens courants, jusqu’à sa prise. Seuls les chiens chassent, grâce à leur odorat et leur instinct de prédateur. Le rôle de l’homme, généralement cavalier pour la circonstance, consiste à les contrôler et à les suivre. (sourvce Wikipedia)

Macron, comme hier Sarkozy, est parvenu à lancer cette gigantesque chasse à cour où quelques riches galopent en soufflant dans leurs trompes, accompagnés d’une meute de chiens de chasse qui enchaînent bêtement les cibles .

Nous en sommes là.

 

Traque des chômeurs, et nos ex-camarades.

Je repense à ces ex-camarades, heureux qui comme Ulysse, fustigeaient les outrances d’un Laurent Wauquiez secrétaire d’Etat à l’Emploi qui mettait en place les nouvelles sanctions contre les chômeurs refusant « deux offres raisonnables d’emploi ». A l’époque, l’affaire était d’autant plus scandaleuse que la France s’engouffrait dans la Grande Crise.

Une décennie plus tard, Laurent Wauquiez est devenue la caricature de lui-même et le gouvernement macroniste a repris son dispositif pour l’aggraver davantage. Les sanctions seront plus rapides.

Pourtant, le chômage de masse n’a pas baissé, on s’amuse simplement de mouvements statistiques où un chômeur sans activité (catégorie A) est transféré dans une autre catégorie (B,C, etc) à la faveur d’un stage ou d’un emploi précaire et partiel. Les seniors sont davantage au chômage à cause des réformes des retraites de Sarkozy puis de Hollande, en attendant celle de Macron, qui toutes ont suivi cette absurde injonction – l’allongement de la durée de cotisations sans interruption (maladie ou chômage). La proportion de chômeurs indemnisés reste faible, l’indemnisation est plafonnée à deux années peu importe le nombre d’années de cotisation. Elle n’atteint pas le SMIC en moyenne, et pour 40% des chômeurs elle est même en dessous ou au niveau du seuil de pauvreté.

Last but not least, Macron a facilité les licenciements avec sa loi travail votée par ordonnance.

Comme Ulysse, certains ex-camarades, soutiens ou même élus de cette Macronista, voyagent de contrées politiques en contrées politiques sans jamais s’interroger sur le sens politique de leur voyage.

Il n’est jamais trop tard pour reconnaître son erreur et cesser d’être infâme avec les plus fragiles.