Archives pour la catégorie Chroniques politiques

La faute du CRIF.

M. Kalifat, président du CRIF et ancien membre du Bétar., s’est fendu d’un tweet la veille d’une marche blanche interdisant à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon de venir à l’hommage à Mireille Knoll. Le lendemain, aussitôt Mélenchon et quelques représentants de la France insoumise étaient arrivés Place de la Nation qu’une dizaine de jeunes gens musclés du groupuscule de la LDJ sont venus siffler, chahuter, bousculer la délégation.

« Le manifestant qui rameute tout le monde en direction de Mélenchon, n’est vraiment pas un manifestant comme les autres. Depuis le milieu des années 2000, celui qui se fait appeler “Eliahou” est le porte-parole et le chef de la “branche politique” de… la Ligue de Défense Juive (LDJ). Intervenant au nom de la Ligue dans les médias communautaires ou pilotant le site web de la LDJ, Eliahou est connu comme le loup blanc dans les cercles de la communauté juive » Source: StreetPress

Le CRIF est la cause de tout cela, c’est honteux.

C’est une faute morale. L’assassinat odieux, criminel, sans doute antisémite d’après les premiers éléments de l’enquête, méritait de l’union nationale. Quel contraste avec les suites de l’attentat de Trèbes: quand un énième fou d’islam tue dans l’Aude, la classe politique se divise, à cause del’exception notable et outrancière de Wauquiez et de Le Pen. Quand une rescapée de la rafle du Vel d’Hiv meurt et que la classe politique est enfin unanime mais c’est une organisation auto-proclamée représentante de la douleur qui excommunie.

Le fils de Mireille Knoll a eu les mots justes.

« Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde. Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre, or tout le monde a une mère. (…) Le CRIF fait de la politique, moi j’ouvre mon cœur »

Le CRIF a commis une faute morale. Mais aussi une faute politique: il n’a pas saisi qu’il y avait là l’occasion unique, sans doute depuis Carpentras, de rassembler enfin. En tentant de délivrer des « permis d’hommage » ici ou là, dont des milliers, des centaines de milliers, des millions se sentirons exclus malgré leur sympathie, leur proximité, le CRIF a commis une faute morale, humaniste, politique.

« Il ne faut pas confondre un petit groupe avec la masse des braves gens qu’il y a là. Ce n’est pas un sujet. La famille et tous les gens qui se sont regroupés savaient qu’on voulait être là avec eux. C’est ça qui compte. Pas une bataille rangée dans la rue »Jean-Luc Mélenchon, le soir de la marche blanche.

Cher monsieur Kalifat, chers représentants du CRIF, vous n’êtes pas seuls à savoir que l’antisémitisme tue, que l’islasmisme est d’abord antisémite, que la Bête immonde est prêt à rebondir.

Mais vous êtes indignes.

« Toi et moi avons de prime abord pas mal de choses en commun. Tu es juif, je suis juif. Tu es (la plupart du temps) séfarade, je le suis également. Autre point commun: j’aime Israël, tu prétends l’aimer de toutes tes forces, toi aussi. Et pourtant je dois t’avouer que malgré ces quelques similitudes de façade, tout nous sépare, toi et moi.

(…)

Honte à toi.

Je ne te vomis pas parce que tu fournis aux antisémites de bonnes raisons de me haïr (ils n’ont pas besoin de toi pour cela, tu n’es qu’une corde à leur arc), je te vomis parce que la grande masse des Français qui n’ont pas de préjugés contre moi, serait tentée, devant tes exactions, de m’associer à toi et de se dire «En fin de compte, c’est vrai que ces juifs se croient tout permis».

(lire en intégralité)

Publicités

La chasse à courre d’Emmanuel Macron

Ce n’est pas le début, mais la suite d’un mauvais processus.

Olivier Besancenot, il y a peu, a parfaitement résumé cette gigantesque chasse à courre relancée par Emmanuel Macron.

« Là-haut, ils doivent être hilares » résume-t-il. Il a raison. Vous êtes, nous sommes tous le privilégié de quelqu’un d’autre. Il y a toujours quelqu’un qui a un statut plus sympa, des avantages plus agréables. Et toujours aussi quelqu’un d’autre de plus défavorisé par rapport à soi-même.

La vénerie aussi appelée « chasse à courre » ou encore désignée par « chasse à courre, à cor et à cri », « chasse à bruit » (« venatio clamosa ») ou « chasse par force », est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage (traditionnellement le cerf, le sanglier, le chevreuil, le renard ou le lièvre) avec une meute de chiens courants, jusqu’à sa prise. Seuls les chiens chassent, grâce à leur odorat et leur instinct de prédateur. Le rôle de l’homme, généralement cavalier pour la circonstance, consiste à les contrôler et à les suivre. (sourvce Wikipedia)

Macron, comme hier Sarkozy, est parvenu à lancer cette gigantesque chasse à cour où quelques riches galopent en soufflant dans leurs trompes, accompagnés d’une meute de chiens de chasse qui enchaînent bêtement les cibles .

Nous en sommes là.

 

Traque des chômeurs, et nos ex-camarades.

Je repense à ces ex-camarades, heureux qui comme Ulysse, fustigeaient les outrances d’un Laurent Wauquiez secrétaire d’Etat à l’Emploi qui mettait en place les nouvelles sanctions contre les chômeurs refusant « deux offres raisonnables d’emploi ». A l’époque, l’affaire était d’autant plus scandaleuse que la France s’engouffrait dans la Grande Crise.

Une décennie plus tard, Laurent Wauquiez est devenue la caricature de lui-même et le gouvernement macroniste a repris son dispositif pour l’aggraver davantage. Les sanctions seront plus rapides.

Pourtant, le chômage de masse n’a pas baissé, on s’amuse simplement de mouvements statistiques où un chômeur sans activité (catégorie A) est transféré dans une autre catégorie (B,C, etc) à la faveur d’un stage ou d’un emploi précaire et partiel. Les seniors sont davantage au chômage à cause des réformes des retraites de Sarkozy puis de Hollande, en attendant celle de Macron, qui toutes ont suivi cette absurde injonction – l’allongement de la durée de cotisations sans interruption (maladie ou chômage). La proportion de chômeurs indemnisés reste faible, l’indemnisation est plafonnée à deux années peu importe le nombre d’années de cotisation. Elle n’atteint pas le SMIC en moyenne, et pour 40% des chômeurs elle est même en dessous ou au niveau du seuil de pauvreté.

Last but not least, Macron a facilité les licenciements avec sa loi travail votée par ordonnance.

Comme Ulysse, certains ex-camarades, soutiens ou même élus de cette Macronista, voyagent de contrées politiques en contrées politiques sans jamais s’interroger sur le sens politique de leur voyage.

Il n’est jamais trop tard pour reconnaître son erreur et cesser d’être infâme avec les plus fragiles.

Insoumis, fatigué ?

La semaine dernière, on répétait à l’envie que même le brillant Ruffin commencerait à douter des capacités de la France insoumise à parvenir au pouvoir. Le problème n’est pas là.

Mélenchon reconnait la déception, dimanche dernier, par les résultats de premier tour de deux élections législatives partielles: l’abstention s’est encore creusée. Les Français deviennent -ils indifférents ? a-politiques ?

La faiblesse des mobilisations frappe tous les camps: observez la participation ridicule à l’élection de Wauquiez à la tête de LR, ou la fonte des effectifs de LREM. Le Parti socialiste ne survit que grâce à son implantation locale.

La France est-elle devenue a-politique ?

Plutôt que de gloser sur les tactiques, chacun devrait s’intéresser au fond des actions et des discours, à expliquer ce que nous vivons et voyons. Il faut pour cela inverser sans doute la hiérarchie des informations, comme cela a déjà été évoqué de nombreuses fois dans ces colonnes; prendre le temps d’écouter et de lire; s‘éviter de plonger dans le buzz (difficile), la polémique futile (difficile également), ou les commentaires de la dernière petite phrase d’un ponte de la Macronista. Plutôt que de fustiger l’opposition, les supporteurs macronistes devraient nous aider à comprendre pourquoi l’action de leur mentor est si réussie et si louable. Cet exercice, sans doute passionnant, manque de promoteurs qui ne soient pas dans la répétition d’éléments de langage ou de langue de bois.

S’intéresser à la politique de notre pays, à un moment où il n’y a plus d’enjeu électoral et le marketing macroniste nous endort, mérite un effort, presque un acharnement. Pourtant, la France politique est loin d’avoir atteint un quelconque « point d’équilibre » comme cela a pu le cas, provisoirement, dans son histoire: les inégalités s’aggravent, l’enrichissement de quelques-uns progresse. Et les réponses ou la considération de nos dirigeants aux nouveaux défis – nouvelles formes de précarisation nées de la révolution numérique, catastrophes écologiques, instabilité financière – sont si faibles voire inexistantes que l’on peut penser que la relative indifférence générale n’est que le signe d’un choc à venir, plus grave, plus fort.

Ebdo et LeMedia, ou votre liberté de la presse

Deux médias naissent ce mois-ci. Un hebdomadaire dénommé l’Ebdo, et un média audiovisuel annoncé il y a 3 mois qui ouvre enfin son antenne sur internet après un premier appel de fond réussi de 1,5 million d’euros.

Celles et ceux qui prennent le train ont pu être surpris de le voir en tête de gondole près des caisses avec sa couverture sur la SNCF et ses accidents. Ebdo présente bien, sans pub, pédagogique, accessible, avec des sujets de fonds. Le simple mépris – presque de classe – exprimé par les confrères et consoeurs de ce jeune journal mérite qu’on s’intéresse à son cas.

La presse traditionnelle se porte mal, attaquée depuis des lustres par d’autres sources d’information plus simples, plus actifs, plus diverses. MARIANNE, hebdo chez qui votre serviteur a blogué 4 années durant, a vu ses ventes chuter de plus de 200 000 en 2013 à moins de 150 000 l’an dernier. L’OBS s’est effondré de 520 000 ex par semaine à 350 000 sur la même période. L’Express a suivi la même dégringolade (504 000 en 2013, 371 000 en2016/17, moins de 300 000 au dernier comptage). Le Point ne se défend pas mieux – 417 000 en 2013,  341 000 en 2016/17.  Valeurs Actuelles, l’incarnation médiatique de cette droite furibarde, a bien progressé, mais reste modeste – moins de 100 000 il y a 4 ans, 124 000 l’an dernier. Et que dire de Politis ou l’Humanité Dimanche ?

L’Ebdo a des ambitions modestes: 70 000 exemplaires.

J’ai pu lire cette intrigante brève sur une autre avocate dénommée Collard, soeur de Gilbert le député frontiste.

 

Ce lundi, un autre média, audiovisuel celui-là, se fait jour. Le Média TV a été caricaturé comme le canal officiel de la France insoumise. Certains de ses contributeurs, venus du Figaro et d’ailleurs, apprécieront. La critique, d’ailleurs, provient plutôt d’éditorialistes si prompts à placer leur macronisme béat ou leur libéralisme naïf en tête de gondole de leurs analyses.

Aphatie

Le Media cherche à combler un vide que nous connaissons bien, que nous comblons tant bien que mal à travers d’autres videos et émissions que les biais audiovisuels des principaux médias – des « vlogs » de député(e)s, des billets pédagogiques mais ponctuels, des retransmissions de discours dont les médias audiovisuels principaux.

Depuis lundi, j’ai pris l’habitude de regarder ce JT d’un autre genre, parfois brouillon, toujours pro, et éclairant sur le fond. Et qui s’améliore chaque jour. Des têtes nouvelles, des sujets ou des angles que l’on traite peu ailleurs.

Bref, bienvenue à l’Ebdo et au Media, et que chacun se fasse son opinion.

 

Un peu d’humour dans ce monde de brutes.

Ce dernier « best of » (pardon pour l’anglicisme) de l’humour qui sévit de façon quotidienne sur France inter est incomplet mais réjouissant.  C’est un résumé de l’information qu’il faut préférer en cette rentrée, loin des clichés officiels, des mises en scène marketing, et du matraquage des services d’informations en continu.

 

 

L’actualité  est pénible non parce qu’elle est triste mais parce qu’elle traitée souvent de façon de uniforme et moutonnière.. J’ai pris la résolution de rentrée de m’épargner chaînes et radios d’informations, interviews politiques et joutes de polémistes pour préférer chercher l’information, dans son détail, là où je souhaite, quand je le souhaite, sur les sujets que je souhaite. Cela tiendra le temps qu’il faut, mais cette une façon de sortir de l’agenda médiatique.

Rédiger une chronique hebdomadaire sur le blog historique n’est pas gêné par ce dégagisme individuel. Cela ne requiert pas davantage que de servir son indignation en filtrant le bruit médiatique. Mais revenons à nos humoristes. En se moquant de l’actualité, ils font certes caisse de résonance à ce traitement de l’actualité qui nous fatigue. Ils pourraient inciter à aller chercher l’information brute qui leur a servi d’inspiration. Mais ils donnent surtout la distance nécessaire.

Lors de l’université d’été des insoumis, un atelier a fait jaser moins à cause de ce qu’il s’y est dit qu’à cause de son intitulé: « faut-il dégager les médias? »