Archives pour la catégorie Chroniques politiques

L’appel de Mélenchon au dialogue

Période fascinante. Il y a des sondages qui te promettent Fillon au second tour quand la succession des affaires qui l’accablent le destinent à une disqualification prochaine, un K-O avant le premier tour.

Peut-être sommes nous dans l’erreur.

Période terrifiante. Il y a des sondages qui nous promettent Le Pen au second tour depuis des années quand la succession d’affaires et de violences qui l’accablent ne semblent pas l’accabler.

Peut-être sommes nous dans l’erreur.

Période effrayante. Il y a des sondages qui nous prédisent Macron près d’un second tour sans qu’il ait dévoilé son programme ni ses obscurs financiers anglo-saxons.

Peut-être sommes nous dans l’erreur.

Période stupéfiante. Il y a des sondages qui nous prédisent Hamon en forte hausse juste avant qu’il n’aille fléchir le genou devant Hollande contre lequel il aurait frondé depuis 2 ans. Il y a même Hamon qui souhaite un ralliement de Mélenchon et des supporteurs de la France insoumise à un gouvernement de coalition qui permettrait la (ré)élection des député(e)s El-Khomri, Valls, ou Le Roux. Personnalisons un peu, en toute sympathie, puisque Hamon nous y conduit.

Pourquoi (ne pas) voter à la primaire socialiste

Voici 9 raisons, au moins.

  1. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  2. Parce que si Hollande s’est défilé, c’est qu’il y avait une bonne raison.
  3. Parce qu’il faut enfin précipiter la recomposition à gauche.
  4. Parce que le changement, c’est vraiment maintenant.
  5. Parce que les débats ont été chiants.
  6. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  7. Parce qu’on est pas socialiste (cette remarque ne s’applique qu’aux non-socialistes).
  8. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  9. Parce qu’aucun des candidats n’a une stratégie de second tour.

Trump élu. (bis)

Le collège des grands électeurs américains a désigné Donald Trump hier président des Etats-Unis. Il sera investi dans un mois.

C’est fait, c’est triste.

Comme avec Reagan, Bush, et Bush Junior, les Etats-Unis se sont dotés d’un président qui justifie malheureusement déjà nombre de caricatures et de clichés anti-américains. Trump est aussi et surtout le premier président élu dans ce pays avec un si grand retard sur le vote populaire contre sa rivale  (3 millions de voix) et une manipulation présumée des services secrets russes.

Un nouveau monde ?

 

trumpelect

 

Trump’s business in Middle East

It looks like the Trump campaign is trying to get after Hillary Clinton because ot her Fondation and how it is financed. Morever, the same Trump advocates, including conservative media, depict Hillary Clinton as a rich amongst the richest.

This is true.

But Trump is worse on that exact same theme.

How could you simply imagine that a billionaire businessman has no conflict-of-interest issues to deal with ?

J’écris ces quelques lignes en anglais après un curieux échange il y a quelques semaines sur Twitter avec des supporteurs de Trump. La campagne américaine me semble exemplaire de la bêtise qui nous attend dans quelques semaines en France.

Despite Trump’s proposal, a fair amount of the billionaire’s assets come from business ventures in the Middle East.

In spite of Trump’s proposed policy to ban all Muslims from entering the United States to prevent terrorism, his luxury real estate company, the Trump Organization, has a significant amount of real estate in the Middle East, and Qatar Airways rents space in a Trump tower for its New York headquarters.

(Source)

Trump est un milliardaire.

Ses affaires l’ont naturellement conduit où est l’argent.

C’est-à-dire au Moyen Orient.

Il a pris beaucoup, business as usual.

Le Trump International Golf Club in Dubai, le Trump Hotel Collection in the Middle East, ou la location (passée) de quelques dizaines de mètres carrés à l’islamiste Qatar Airways ?

Et oui.

Donald Trump commerce.

C’est son métier.

« We chose to collaborate with Trump Home for an exclusive Middle East launch keeping in mind the growing demand of the region’s style-conscious consumer’s need for premium and bespoke brands, » Lifestyle CEO Sachin Mundhwa told Arabian Business at the time.

« Dubai is a top priority city for us, » Ivanka Trump said. « We are looking at multiple opportunities in Abu Dhabi, in Qatar, in Saudi Arabia, so those are the four areas where we are seeing the most interest. We haven’t made a final decision in any of the markets but we have many very compelling deals in each of them. » (source)

NO COMMENT.

#DTC

Élections américaines: pour qui voter contre ?

Depuis 8 jours, nous sommes engagés dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine. Trump versus Clinton, le choix ne convient pas à nombre d’Américains. Comme à chaque élection me direz-vous ?  Non, cette élection est différente, très différente. Cela fait bientôt trois décennies que je suis l’actualité politique américaine. Et je suis frappé par ce constat qui semble traverser les clivages et les camps là-bas: ni Trump ni Clinton ne rassemblent leur propre camp initial comme ils le devraient. Que cette difficulté frappe les deux principaux candidats de la même élection, avec la même acuité, est très nouveau et source de multiples incertitudes.

Comme le rappelle  Slate, à peine 9% des Américains ont réellement voté pour Clinton ou Trump lors des primaires. Mais le problème va au-delà de cela.

Trump déplait à nombre de Républicains. Ces derniers jours, cela s’est même aggravé.

John Mc Cain, ancien candidat défait à la présidentielle et sénateur républicain,s’est publiquement désolidarisé du candidat après qu’il ait riposté contre un couple musulman ayant perdu leur fils soldat en Irak qui avait témoigné leur soutien à Hillary Clinton sur l’estrade de la convention démocrate. Deux autres ont annoncés qu’ils ne voteraient pas Trump. Deux frères milliardaires libertariens du nom Koch, gros financier des campagnes républicaines, ont enjoint les 400 membres de leur réseau de ne pas financer la campagne de Trump.

De son côté, Hillary Clinton ne profite pas de l’immense élan qu’une candidature d’une femme et avocate des droits des minorités aurait dû susciter.En 2008, Barack Obama n’avait pas un programme plus gauchiste que celui d’Hillary Clinton. On a aussi oublié qu’il n’était pas donné gagnant tant les Républicains usaient déjà à l’époque de toutes sortes d’arguments peu recommandables. mais au moins avait-il la mobilisation de son propre camp. La question qui se posait à Obama était l’élargissement de sa base. Pour Clinton, l’enjeu est différent. La brillante campagne du socialiste Bernie Sanders et l’image pro-business de Clinton ont affaibli la candidate au point que Clinton se retrouvait au coude à coude dans les sondages avec Trump avant le décrochage de ce dernier depuis une semaine.

Deux autre candidats, dont on ne parle jamais, attire environ  5 à 7% des intentions dans les sondages.

Bref, la question qui semble s’imposer à nombre d’électeurs/trices pourrait se résumer ainsi:

Pour qui voter contre ?

 

 

Ken Loach, une leçon politique sous les paillettes

Le moment était curieux, inattendu, surprenant, et réjouissant.

Un réalisateur britannique, habitué des films mal financés mais toujours brillants, emportait la Palme d’or du plus grand festival de cinéma du monde, ce 22 mai 2016 à Cannes.

Et pour un film éminemment politique.

 

Après avoir reçu sa palme, voici ce qu’il déclara. Contre l’austérité, la bêtise de l’extrême droite et les autres billevesées libérales.

 « Recevoir la Palme, c’est quelque chose d’un peu curieux car il faut se rappeler que les personnages qui ont inspiré ce film sont les pauvres de la cinquième puissance mondiale qu’est l’Angleterre.

C’est formidable de faire du cinéma, et comme on le voit ce soir c’est très important. Le cinéma fait vivre notre imagination, apporte au monde le rêve mais nous présente le vrai monde dans lequel nous vivons. Mais ce monde se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes au bord d’un projet d’austérité, qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous mener à la catastrophe. Ces pratiques ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse. Le cinéma est porteur de nombreuses traditions, l’une d’entre elles est de présenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants, j’espère que cette tradition va se maintiendra.

Nous approchons de périodes de désespoir, dont l’extrême-droite peut profiter. Certains d’entre nous sont assez âgés pour se rappeler de ce que ça a pu donner. Donc nous devons dire qu’autre chose est possible. Un autre monde est possible et nécessaire. »

Merci donc.