Archives pour la catégorie Chroniques politiques

Pour les Européennes, le climat, point barre.

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Si tu hésites pour les élections européennes, il devrait y avoir une seule ligne de conduite, un axe directif qui serve à guider le vote: la défense de l’environnement. Je ne sais pas vous, mais je suis personnellement frappé de constater combien les conséquences concrètes de nos bêtises humaines sur la planète se voient désormais à l’oeil nu. Il ne s’agit plus de simples articles et tribunes alarmistes, mais bel et bien de changements que l’on commence à vivre en France: les inondations plus fréquentes, un mois de février étonnamment doux, la disparition progressive des insectes, l’effacement des glaciers dans les Alpes, la sécheresse plus longue l’été, les orages soudain et plus violents.

On y est.

Des plus jeunes, des très jeunes ont décidé de s’en préoccuper. Venus du Nord de l’Europe, le mouvement « Youth for Climate » veut s’installer partout en Europe. Il est encore temps de corriger les erreurs des anciens. Ce mouvement prône le blocage de la machine économique mondiale le 15 mars.

 

 

 

Revenons aux élections européennes. Il est un tri des plus faciles: quels partis sont les plus radicaux pour lutter conter le réchauffement climatique ?

 

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21 janvier 1793

Bye bye 2018, et sans regret.

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Cette année fatigante se termine. 2018 a été un exercice de confirmation. Primo, Macron agit comme Sarko, mais en pire: sa politique est similaire, à une exception qui rassure encore une partie de sa base – il ne s’agite pas quotidiennement contre les immigrés comme Sarko. La façade de sa politique est plus présentable. Mais pour le reste… La chronique hebdomadaire de son quinquennat suffit à s’en convaincre.

Je n’ai pas l’énergie de chroniquer quotidiennement, mais je n’ai pas baissé le rythme des tweets. Je lis, j’écoute, j’entends. L’activité des réseaux sociaux, les médias dominants, les médias dits alternatifs. Et cette année fut éprouvante. Les ami(e)s socialistes ont quitté le bateau macroniste, c’est heureux. Les hésitations du genre « nous serons vigilants » que l’on entendait au lendemain de l’écrasante abstention qui avait donné une victoire de 2017. En 2018, Macron est seul avec son clan et ses groupies. Il y a eu des satisfactions lors de cette année 18, et beaucoup, beaucoup, beaucoup trop d’énervements. Je ne peux même dire que j’étais déçu, je n’y jamais cru.

Macron n’est plus vraiment le sujet. Il m’a dégouté de voter.

L’après Macron est loin d’être réglé. Aucun camp politique ne rassemble assez. Tous se déchire. Donner les bons et mauvais points ne m’intéresse pas. Mais je note que les insoumis – via chaque député(e), les videos hebdomadaires de Mélenchon, Ruffin et les autres – fournissent un travail d’analyse et de repositionnement de la situation actuelle assez remarquable. Les élu(e)s insoumis(es) sont d’ailleurs rarement critiqué(e)s par leurs opposants macronistes frontalement sur leurs propositions ou leurs analyses, mais plutôt de biais: sur un comportement déplacé, une référence qui gêne, une extrapolation. Le travail de l’oligarchie contre les insoumis consiste à les caricaturer en jumeaux des frontistes xénophobes. C’est commode pour effrayer dans les salons démocrates.

Les insoumis fournissent l’analyse qui convient, mais ne provoquent pas de raz-de-marée sondagiers. C’est le moins qu’on puisse dire.

Puissent-ils profiter de 2019 pour tendre la main.  Il faut savoir être généreux quand on est devant les autres, et, en 2017, comme dans les sondages officiels, les insoumis font toujours la course en tête de l’opposition à gauche.

Bonne année  !

 

(Et n’hésitez pas à acheter des produits de la boutique du ruissèlement, enlysee.fr)

 

Le climat insurrectionnel, les Gilets Jaunes et le stress jupitérien.

Les images des scènes de violence à Paris, de l’Arc de Triomphe aux quartiers chics et aux vitrines de Noël des grands magasins, ont effrayé, surpris, choqué, indigné. A juste titre car ce déchainement a encore fait des blessés, parfois graves.

 

J’ai regardé le traitement de cette actualité le lendemain soir, avec 24 heures de recul, sur le journal télévisé le plus regardé de France, sur TF1. Les reportages étaient assez équilibrés – notamment ce dernier qui retraçait les évènements du samedi: la présence de casseurs dès 9h, le gazage de tous les manifestants dès leur arrivée et sans distinction; le défoulement dans les rues de Paris; des gilets jaunes qui aident et protègent les CRS, d’autres qui les assaillent; des hommes sans gilets qui incendient une voiture sde police dans une rue chic; de la brutalité masculine testostéronée.

Il y avait d’autres endroits où les manifestations étaient bon-enfants, calmes et familiales.

 

Dimanche, Ruffin est allé parler devant l’Élysée, drapeau en bandoulière. La démarche est symbolique, il est venu relayer ce qu’il a entendu dans son département: rends l’ISF d’abord, camarade président. Et surtout, démissionne.

Le slogan n’est pas nouveau, mais il est rare, très rare. D’autres jacqueries, révoltes et grèves ont usé du même slogan en leur temps. Mais le climat est aujourd’hui particulier. Il n’y a que quelques idiots utiles de la Macronista pour ne pas le voir.

Ne pas se demander pour quoi une telle convergence existe, mais contre quoi. La réponse semble évidente : Emmanuel Macron « et son monde », ses réformes, la philosophie économique et politique qui les sous-tend.

Source: le Monde

 

A défaut de démission présidentielle, celle de Christophe Castaner parait évidente et nécessaire. Le ministre de l’intérieur pourrait avoir un peu de respect pour sa fonction.

 

Ce climat quasi-insurrectionnel déstabilise Macron. Jupiter se raccroche aux corps intermédiaires comme un naufragé à sa bouée. Le voici qui réclame à son premier ministre de recevoir à nouveau des gilets jaunes (n’importe lesquels pourvu qu’ils portent un gilet jaune !), et les représentants de partis politiques. Le second sur la liste à être reçu ce lundi matin est … Florian Philippot, président du groupuscule des « Patriotes« . On attend Nicolas Dupont-Aignan, et, pourquoi pas Jacques Bompard de la Ligue du Sud…

On sent la panique.

Macron cherche le pourrissement. Mais nombre de Gilets Jaunes ont déjà une vie pourrie.

Pour finir, regarder cette séquence, gênante.

 

La trahison Tsipras

J’ai beaucoup chroniqué sur Alexis Tsipras, et Syriza. J’ai aussi écris sur leur défaite, leur reddition devant le diktat de la Troïka européenne. Alexis Tsipras a choisi de rester au pouvoir au risque de trahir ce pour quoi il avait remplacé le PASOK.

Aude Lancelin a interrogé Stathis Kouvelakis, un ex de Syriza, sur le Media TV. Une parole rare, un entretien que l’on n’entendra pas ailleurs (merci Le Media).

  1. Tsipras pourchasse ses opposants de gauche en justice. Stathis Kouvelakis s’en est expliqué dans un récent billet.
  2. La Grèce est également frappée par des saisies immobilières. Depuis 2008, les prix de l’immobilier ont chuté de 30 % à 50 %.
  3. Malgré l’austérité imposée par l’Union européenne, les banques nationales sont toujours surchargées de créances douteuses.
  4. Il est drôle, ou triste, de lire le Parisien qualifier Tsipras de « leader de la gauche radicale ». Certains ont des problèmes de mise à jour.

« La situation se durcit en Grèce, où le pouvoir en vient désormais à une confrontation ouverte avec l’opposition. Lois spéciales, police anti-émeutes contre les militants et même contre les retraités, des dizaines d’opposants sont désormais traînés devant les tribunaux. Les choses ont pris une tournure encore plus grave avec les poursuites engagées depuis un mois contre un ex-ministre du premier gouvernement Syriza, Panagiotis Lafazanis, le secrétaire national d’Unité Populaire, parti de gauche favorable à la sortie de l’euro. C’est la première fois depuis la chute du régime des colonels que le dirigeant d’un parti démocratique se voit ainsi poursuivi pour son activité politique. Pour parler de la situation grecque, Aude Lancelin reçoit aujourd’hui dans l’Entretien Libre Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie au King’s College de Londres, et ex-membre du comité central de Syriza. « 

Le racisme tranquille de Laurent Obertone

Il se veut « dépassionné« . Laurent Obertone est connu pour ses ouvrages que l’extrême droite et parfois la droite furibarde, les nazis et autres identitaires adore. Il est l’un de ceux qui tentent de « rationaliser » le mythe du Grand Remplacement.  La chaîne YouTube ThinkView a récemment posté une longue interview, glaçante, de cet homme.

Il est passionné. Il faut écouter son raisonnement, déployé avec autant de calme que de rage.

« Est ce que la population de la France change ? » s’interroge-t-il, avant de répondre par l’affirmative.

« Qu’est ce que vous entendez pas changement de population? » demande son hôte, en voix off. « C’est la fameuse théorie du Grand Remplacement, des choses comme ça ? »

Obertone commence à répondre: « Voilà… On en parle beaucoup dans les médias sous ce terme. » Il poursuit, sans jamais répondre à la question de savoir s’il partage la thèse du Grand Remplacement (i.d. « Au secours, les blancs vont disparaitre!! ») chère au pétainiste Renaud Camus. Son propos, tout au long de l’entretien, est d’expliquer la supériorité intellectuelle et culturelle des « autochtones » blancs français sur les immigrés extra-communautaires (et particulièrement d’Afrique subsaharienne, une véritable obsession chez lui puisqu’il ne cite quasiment que cette contrée comme exemple pendant l’entretien), et la menace d’un remplacement généralisé des premiers par les seconds.

« Depuis à peu près 45 000 ans, les individus qui vivent en Europe sont originaires d’Eurasie. L’immigration qui concerne les individus d’origine extra-européenne est absolument inédite, n’a pas de précédent. (…) C’est un phénomène inédit par son ampleur, par ses conséquences. » Inédit ? Non. Obertone occulte l’incroyable migration forcée que fut la traite des noirs. Ou, tout récemment, les mouvements migratoires au Moyen Orient à cause des conflits notamment syriens.

Et de quelles conséquences parlez-vous, Monsieur Obertone ? Ne sommes-nous pas tous humains et semblables ? Pourquoi la couleur de la peau d’un Français en France depuis 2 ou 3 générations vous importe tant ? Obertone ne répond pas tout de suite. Il tourne autour du sujet avec son regard tranquille: « Les Français les plus âgés sont très largement des autochtones, des natifs, ceux qu’on appelle les Français de souche. »

« On arrive à un discours qui est parfaitement idéologique qui refuse d’appréhender la globalité des conséquences de l’immigration » explique-t-il.

Par immigration, Obertone désigne toute personne non-eurasienne. La première étape du racisme à l’état « pur ».

Obertone relaye l’argument de l’extrême droite sur l’immigration (de couleur, vous avez compris) profite des aides sociales que les Français de souche les plus modestes financent avec leur travail. Il se contredit quand il explique que le taux d’emploi des immigrés est « nettement plus faible » et alors qu’il défend que les immigrés ont chipé le job des classes populaires « de souche« .

Pour la discrimination positive, « on se base sur l’idée d’une compétence égale à diplôme égaux. » Or, détaille Obertone, les diplômes ne se valent pas entre la France et les immigrés de couleur. Ces derniers devraient être cantonnés à des métiers d’execution dont on n’a plus besoin en France, alors qu’ils seraient en fait favorisés dans les métiers les plus « socialement valorisés ». On hallucine devant ce monde parallèle.

« Il vaut mieux ne pas travailler ici ou travailler au noir pour un boulot extrêmement ingrat et mal payé plutôt que travailler pour un boulot prestigieux en Afrique subsaharienne. »

Ne riez pas.

Obertone

Une grande partie de cette interview porte sur le grand complot, ce complot qui empêche le discours raciste de se déployer « sereinement » (sic!). « Le droit du sol nie le substrat de la société, du peuple. »

Puis soudain, il y cette question, qui brise un moment l’assurance tranquille de cet apprenti Mauras: « A partir combien de générations on devient autochtone pour vous ? »

Laurent Obertone reste interloqué « … Ah … Oh je ne sais pas. Moi je ne suis personne pour dire ça. C’est pas à moi de dire en fait qui est un bon Français. » Ah mince… J’attendais la réponse justement. Ce gars déploie un discours sur un peuple menacé, les « autochtones d’Europe », les « Eurasiens« , les blancs envahis et submergés par cette immigration de couleur (qu’il évalue à 18% de la population au total… fichtre… quelle invasion depuis 1 siècle !). Mais le voilà incapable de définir justement l’objet même de son enquête, les autochtones. En fait il se retrouve là coincé dans son racisme. Il aurait bien répondu que les autochtones sont blancs, mais ça aurait ruiné son discours « dépassionné. »

« Qu’est ce que vous redoutez de ce melting-pot avorté selon vous ? » lui demande-t-on. Obertone répond alors qu’il redoute la fin de « l’excellence culturelle » de la France.

Le discours d’Obertone est un racisme et un élitisme social à la fois. Il fait la synthèse habile entre l’argumentaire libéral qui fustige la fiscalité des plus riches et les fantasmes xénophobes de l’extrême droite: « Nous, on attire pas la qualité parce qu’on a une fiscalité délirante, les Français très qualifiés se barrent à l’étranger. (…) On est sur une immigration de quantité. »

L’heure et demi de cet entretien vaut le détour. On y voit un intellectuel raciste en pleine explication. Obertone ausculte son nombril blanc, petit-bourgeois, protégé et effrayé. C’est fascinant et terrifiant à la fois.