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Le dernier hommage de Macron à Pétain

Le 1er mai est un jour de repos, et de manifestations syndicales, sociales et politiques depuis des lustres. Il est un hommage aux grévistes de Chicago le 1er mai 1886 qui réclamaient la journée de 8 heures.

Même le Figaro sait cela.

Le 1er mai 1886, une grève généralisée – suivie par près de 350.000 travailleurs – paralyse un nombre important d’usines outre-Atlantique. Les salariés réclament la journée de travail de 8 heures mais les patrons s’y opposent. La contestation est particulièrement vive à Chicago, dans l’Illinois. Le 3 mai, environ 10.000 ouvriers grévistes se massent devant les usines Mc Cormick pour protester contre les briseurs de grève et les conspuer. La police charge alors la foule puis l’armée intervient, faisant 6 morts et de nombreux blessés. Le lendemain, un meeting de protestation réunit près de 150.000 personnes. La ville est en état de siège et une bombe explose tuant 15 policiers. Si les manifestants obtiennent gain de cause, le bilan est lourd avec plus de dix morts du côté des travailleurs.

L’an dernier, Alexandre Benalla et son comparse Bruno Crase y ont été filmés déguisés en policiers en train d’agresser des manifestants. On sait depuis que les deux étaient bien importants dans le dispositifs macronien que simplement des vigiles de renforts à l’Elysée.

Cette année, Macron s’est inspiré de Pétain pour requalifier de façon erronée le 1er mai en une célébration du travail:

 

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Le 1er mai 1941, première fête du travail de l’Etat Français depuis l’armistice, le maréchal Pétain disait en effet ceci:

« Le 1er mai a été, jusqu’ici, un symbole de division et de haine ; il sera désormais un symbole d’union et d’amitié parce qu’il sera la fête du travail et des travailleurs.

Le travail est le moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maîtres de notre sort. Un homme qui sait accomplir une tâche avec courage et expérience représente toujours une valeur pour ses semblables. La plus saine fierté que l’on puisse trouver est de se sentir utile par le travail bien fait. Aucun privilège de nom et de fortune ne donne à quelqu’un autant de confiance dans la vie et de bienveillance à l’égard d’autrui.

Le travail répond à cette loi sévère de la nature que rien ne s’obtient sans effort. Cette loi du travail a été marquée par une formule de malédiction : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ». C’est donc à tort qu’on a fait luire à vos yeux le mirage d’une cité future où il n’y aurait plus de place que pour les plaisirs et pour les loisirs.

Mais si le travail est pour l’homme un passe-temps, il est aussi un bienfait. Il est, en effet, une condition de la bonne santé morale et physique, de l’équilibre et du développement des facultés humaines. C’est une erreur de croire que l’on puisse conserver intacts les dons de ses facultés dans l’oisiveté. Nous ne développons nos capacités, nous n’augmentons nos forces que par l’exercice que nous nous donnons. »

 

Mais ce n’est pas tout. Pour ce 1er mai 2019,

  • Le gouvernement a voulu décourager les bonnes gens de se rendre aux manifestations car, prédisait son ministre de l’intérieur, il y aura des violences et milliers de violents.
  • Des CRS ont tiré dans le tas leur gaz et autres grenades de désencerclement. On a filmé un CRS jetant un pavé sur la foule.
  • Des intrus sont entrés avec violence dans un hôpital.
  • La police a été incapable de maitriser ni d’empêcher les Black-blocs alors qu’elle était prévenu, preuve que le dispositif gouvernemental a été inefficace et que Castaner, premier flic de France, est un incompétent.

 

Quelle honte.

 

Qu’êtes vous devenu(e)s, vous qui donniez des leçons de démocratie aux prétendus extrêmes ?

TwittosMais qu’avez-vous fait ?

Mais qui êtes-vous ?

Il y avait un temps où Amnesty International nous enjoignait d’écrire ces petites cartes postales à l’adresse pré-remplie pour demander la libération immédiate de tel journaliste ou tel opposant.

Voici qu’en France, ce pays modèle,  un journaliste engagé est arrêté, placé en garde à vue, et frappé d’interdiction de manifester à cause d’un doigt d’honneur brandi rapidement à l’encontre d’un CRS qui venait de lui lancer un fumigène entre les pattes.

Garde à vue puis interdiction de manifester… La disproportion de la sanction ne choque plus grand monde chez celles et ceux qui soutiennent encore ce gouvernement illibéral.

Les supporteurs les plus officiels de la #TeamMacron le traitent même de raclure, ou souhaitent son emprisonnement.

Les motifs avancés dans cet accès de rage sont simples.

1/ Il ne serait pas journaliste puisqu’il n’a pas de carte de presse. Il serait donc normal qu’il ne soit pas « protégé » (ALLO ?!?). On objectera qu’un journaliste ne se définit pas par un papier délivré par une autorité. Même les impôts précisent que ce n’est pas la détention ou pas d’une carte de presse qui détermine le statut qui ouvre droit à déduction fiscale des journalistes, mais le fait de tirer des revenus de cette activité.

2/ Admettons un instant que Gaspard Glanz ne soit pas journaliste: est-ce à dire que sa garde à vue ait été justifiée ? Être journaliste donne-t-il le droit de faire des doigts d’honneur aux flics ? Non bien sûr. Mais les blaireaux de la complaisance autocratique ne réalisent pas la bêtise de leur propos. Même Jean-Michel Aphatie se trouve indigné par cette arrestation.

3/ Autre argument entendu, Glanz a été fiché « S ». Que tous les fichés par la police dans le monde se réjouissent: être fiché vaut culpabilité ! On a trouvé la solution pour désengorger les prisons. Pas de jugement, on fiche…. J’ai même lu chez une troll macroniste que trois services de sécurité différents l’avaient fiché S. Ne riez pas. Trois services… Comme si cela était gage d’une quelconque indépendance. On devrait espérer que les forces de l’ordre, toutes sous l’autorité et les consignes du même ministre, convergent dans leurs appréciations, non ?… Pour les défenseurs des forces de l’ordre, le simple fichage par ces mêmes forces de l’ordre autorise donc une garde à vue quelque soi la légèreté du motif. Bienvenue en autocratie…

4/ Glanz serait « Black Block« . Un journaliste du Point, Aziz Zemouri propage l’argument et dérape vite quand on le chatouille sur Twitter (cf. copie d’écran) . Bizarrement, cette accusation n’est pas retenue par les forces de l’ordre ni la justice. La police ne lui reproche aucune violence sauf ce doigt d’honneur. Il n’y a même pas d’enquête officielle. Passons donc sur ces éléments de langage.

5/ Glanz serait anarchiste, quel merveilleux argument. Arrêtons donc les gens sur leurs opinions politiques. La défense de la liberté d’informer n’a que faire des opinions des journalistes. Les anarchistes seraient-ils interdits de manifestation ? Cette dérive de la pensée illibérale n’était-elle pas fascinante ET fascisante ?

6/ On a aussi entendu, pour justifier l’arrestation de Glanz, qu’il y avait pire ailleurs. Que la France n’est pas la Russie ni le Vénézuela, ni même un terrain de guerre. Sacré argument… C’est avec une ex-journaliste que j’ai débattu de cela sur Twitter dimanche dernier. A partir de quel niveau de répression ou de détention estime-t-on avoir franchi l’irréparable et basculé dans une autocratie qui mérite donc l’indignation ? Justifier la répression illibérale en France au motif qu’il y a pire ailleurs, n’est-ce pas le début de la fin? Les mêmes défenseurs de l’arrestation de Glanz accusent par ailleurs leurs critiques de soutenir Maduro ou Poutine ou, pire encore, d’être des « rouges-bruns. » Quelle jolie pirouette utilisée par la quasi-totalité des dictateurs du monde.

Mais qu’avez-vous fait, cher(e)s ami(e)s ?

Mais qu’êtes vous devenu(e)s, vous qui donniez des leçons de démocratie aux prétendus extrêmes ?

Vos arguments sont ceux des Maduro, Poutine, Pinochet, et autres Franco, tous ces dictateurs ou autocrates et leurs soutiens d’hier et d’aujourd’hui. Rien de plus, et c’est bien minable.

Le cas de Gaspard Glanz est ainsi exemplaire, et « en même temps« , on se fiche un peu du bonhomme. Mais son cas révèle qu’une fraction large, trop large, de gens qui se pensent encore démocrates sincères et humanistes convaincu(e)s sont prêt(e)s à glisser vers ce côté obscur de la pensée où l’on souhaite l’emprisonnement et la répression de celles et ceux avec qui on est en désaccord politique.

 

Les insoumis, souverainistes… européens

C’est un grand jeu, chez les castors, que d’amalgamer France insoumise et Rassemblement national, surtout quand on parle d’Europe. Or justement sur l’Europe, il suffirait de lire les propositions. Et pas besoin de chercher bien loin, c’est en première page du programme, écrit en gros, puis détaillé plus bas.

LFI

Oh bien sûr, LFI propose … de « proposer la sortie des traités européens actuels en cohérence avec notre stratégie plan A / plan B : nos députés européens demanderont que soit engagée la procédure de révision des traités prévue par l’article 48 du traité sur l’Union européenne pour aboutir à un nouveau traité fondateur« . Qui n’a pas envie d’un nouveau traité ? Quel est le rapport entre cette proposition et le Brexit (comme nous l’entendons parfois) ?

L’UE est aujourd’hui gouverné par la Commission européenne (non élue) et le Conseil des chefs de gouvernement. On explique souvent que ce dernier est une preuve démocratique puis l’UE ne comprend que de démocratie dont ces présidents ou premiers ministres sont les représentants. Bel abus de concept ! Quand un chef de gouvernement fait passer une loi dans son propre pays, au sein de l’UE, il la fait voter par son parlement. C’est un minimum qui fait râler quand il n’est pas respecté, et qui pourtant n’existe même pas au niveau européen où le Parlement n’a qu’un rôle soit consultatif soit de véto (depuis le traité de Lisbonne).  Ce minimum ne vaut pas pour tous les sujets: la politique de concurrence (sacré sujet, non ?) échappe à tout contrôle ou vote du Parlement européen, sauf avis consultatif.

La France insoumise propose que le Parlement ait l’initiative des lois européennes, rien que ça: oui, c’est du souverainisme… européen.

Finissons par une remarque: les macronistes, en tête dans les sondages, n’ont même pas dévoilé leur programme à 6 semaines du scrutin.

Allez les castors, bisous et bonne lecture.

Pour les Européennes, le climat, point barre.

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Si tu hésites pour les élections européennes, il devrait y avoir une seule ligne de conduite, un axe directif qui serve à guider le vote: la défense de l’environnement. Je ne sais pas vous, mais je suis personnellement frappé de constater combien les conséquences concrètes de nos bêtises humaines sur la planète se voient désormais à l’oeil nu. Il ne s’agit plus de simples articles et tribunes alarmistes, mais bel et bien de changements que l’on commence à vivre en France: les inondations plus fréquentes, un mois de février étonnamment doux, la disparition progressive des insectes, l’effacement des glaciers dans les Alpes, la sécheresse plus longue l’été, les orages soudain et plus violents.

On y est.

Des plus jeunes, des très jeunes ont décidé de s’en préoccuper. Venus du Nord de l’Europe, le mouvement « Youth for Climate » veut s’installer partout en Europe. Il est encore temps de corriger les erreurs des anciens. Ce mouvement prône le blocage de la machine économique mondiale le 15 mars.

 

 

 

Revenons aux élections européennes. Il est un tri des plus faciles: quels partis sont les plus radicaux pour lutter conter le réchauffement climatique ?

 

21 janvier 1793

Bye bye 2018, et sans regret.

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Cette année fatigante se termine. 2018 a été un exercice de confirmation. Primo, Macron agit comme Sarko, mais en pire: sa politique est similaire, à une exception qui rassure encore une partie de sa base – il ne s’agite pas quotidiennement contre les immigrés comme Sarko. La façade de sa politique est plus présentable. Mais pour le reste… La chronique hebdomadaire de son quinquennat suffit à s’en convaincre.

Je n’ai pas l’énergie de chroniquer quotidiennement, mais je n’ai pas baissé le rythme des tweets. Je lis, j’écoute, j’entends. L’activité des réseaux sociaux, les médias dominants, les médias dits alternatifs. Et cette année fut éprouvante. Les ami(e)s socialistes ont quitté le bateau macroniste, c’est heureux. Les hésitations du genre « nous serons vigilants » que l’on entendait au lendemain de l’écrasante abstention qui avait donné une victoire de 2017. En 2018, Macron est seul avec son clan et ses groupies. Il y a eu des satisfactions lors de cette année 18, et beaucoup, beaucoup, beaucoup trop d’énervements. Je ne peux même dire que j’étais déçu, je n’y jamais cru.

Macron n’est plus vraiment le sujet. Il m’a dégouté de voter.

L’après Macron est loin d’être réglé. Aucun camp politique ne rassemble assez. Tous se déchire. Donner les bons et mauvais points ne m’intéresse pas. Mais je note que les insoumis – via chaque député(e), les videos hebdomadaires de Mélenchon, Ruffin et les autres – fournissent un travail d’analyse et de repositionnement de la situation actuelle assez remarquable. Les élu(e)s insoumis(es) sont d’ailleurs rarement critiqué(e)s par leurs opposants macronistes frontalement sur leurs propositions ou leurs analyses, mais plutôt de biais: sur un comportement déplacé, une référence qui gêne, une extrapolation. Le travail de l’oligarchie contre les insoumis consiste à les caricaturer en jumeaux des frontistes xénophobes. C’est commode pour effrayer dans les salons démocrates.

Les insoumis fournissent l’analyse qui convient, mais ne provoquent pas de raz-de-marée sondagiers. C’est le moins qu’on puisse dire.

Puissent-ils profiter de 2019 pour tendre la main.  Il faut savoir être généreux quand on est devant les autres, et, en 2017, comme dans les sondages officiels, les insoumis font toujours la course en tête de l’opposition à gauche.

Bonne année  !

 

(Et n’hésitez pas à acheter des produits de la boutique du ruissèlement, enlysee.fr)