Archives pour la catégorie Chroniques précaires

Attaque contre les retraites

La Macronie n’a que deux arguments principaux pour défendre le projet de réforme des retraites. Le premier est celui de la simplicité – le maquis des régimes fait peur. Et les carrières étant de plus en plus hâchées et diverses, il faudrait davantage de simplicité pour qu’on s’y retrouve

Le second est qu’il faudrait aligner tous les régimes sur un même niveau, par souci d’égalité.

Dans les faits, la réforme, si elle est adoptée telle qu’elle a été présentée par les macronistes, comporte au contraire trois injustices sociales déterminantes qu’il conviendraient de répéter.

Primo, l’objectif à peine caché est de réduire les pensions de retraite. La tendance naturelle du régime des retraites, compte tenu du vieillissement de la population, est que le coût des retraites, à régimes inchangés, atteigne 15% du PIB d’ici une trentaine d’années (contre 13.8% aujourd’hui). Pour financer ce point de PIB supplémentaire qui s’explique par le vieillissement de la population, on aurait pu appeler à contribuer les revenus du capital et le capital lui-même, Macron a choisi l’exact chemin inverse, en multipliant les exonérations et réductions de contribution sociale pour le patrimoine et les revenus des plus riches. La conclusion s’impose, la réforme Macron vise d’abord à contenir le coût des retraites en proportion du PIB, c’est-à-dire, mécaniquement, réduire les pensions de celles et ceux qui, plus nombreux qu’aujourd’hui, seront à la retraite dans quelques années.

Seconde injustice de la réforme, l’espérance de vie: les ouvriers payent la retraites des cadres. Car ils vivent moins longtemps que les cadres. D’une façon générale, les classes populaires vivent moins longtemps que les cadres, mais c’est pourtant d’un allongement général de la durée de cotisation, physiquement indolore pour les plus aisés, et cruel pour tous les autres, dont il est question. Pour cacher le sujet, les macronistes ressortiront le cas des agents de RATP (dont le régime de retraite paraît-il si intéressant ne suscite pourtant que peu d’intérêt dans les concours de recrutement…).

Troisième injustice occultée par les macronistes, on vit certes plus vieux, mais pas plus vieux en bonne santé. Je voyage régulièrement aux Etats-Unis pour mon travail. Observer ces personnes de 70 ans ou plus aux caisses des supermarchés, ou réaliser des travail de ménage ou de rangement dans les commerce est l’image que je me fais du futur régime macroniste. Car ce ne sont pas, encore une fois, les plus aisés, qui seront gênés. Le bénéfice et les dividendes des actions issus de stock-options et autres attributions gratuites dont la possession est désormais, grâce à Macron, exonérée d’impôt et de cotisations sociale, apportera plus que du beurre dans les épinards.

 

 

 

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Casse sociale ? Oui.

J’aime beaucoup les Pinçon. Voici Monique qui s’exprime, plus de 400 000 vues pour une pareille sociologue, c’est une rare visibilité.

Les Pinçon ont documenté les classes dominantes, l’entre-soi des riches et des aisé(e)s, la reproduction des élites, la préservation d’un bien-être grâce à l’appui de l’Etat (régime du monuments historiques, protection des espaces de l’Ouest parisien, etc).

 

3 milliards d’économies sur les petits chômeurs

La voici, cette grande réforme de l’assurance chômage. On y retrouve un gros coup de massue pour les plus précaires « et en même temps » un rabotage pour les plus favorisés des chômeurs. Voici la saloperie habituelle – faire maigrir les maigres et les gras « en même temps ». Devinez qui souffrira le plus ?

Sur les 3,4 milliards d’euros que Macron cherche à économiser sur l’UNEDIC, quelque 2,85 milliards d’économie. seront trouvés sur l’allongement de 4 à 6 mois de la durée de travail sur les 28 écoulés pour pouvoir toucher le chômage.Pour faire bonne figure, la Présidence des riches rogne sur l’indemnisation des hauts salaires: « Les demandeurs d’emploi qui gagnaient plus de 4500 euros brut par mois verront en effet leur indemnisation réduite de 30 % à partir du septième mois de recherche d’emploi » résume Le Parisien.

Il fallait faire le lien avec cette mesure hypocrite annoncée il y a un an: Macron-le-généreux supprimait les cotisations chômage de quelques millions de salariés, tout en basculant une partie du financement de la protection sociale vers la contribution sociale généralisée. Mais cette bascule a été partiellement annulée par les concessions aux Gilets Jaunes. Alors Macron cherche à reprendre ailleurs le cadeau de l’an dernier. Et quoi de plus logique de taper dans l’indemnisation des chômeurs, n’est-ce-pas ?

La Macronista, ignoble à souhait, ressert l’argument sarkozyste, pourtant démenti par les faits: les chômeurs seraient trop bien indemnisés pour avoir envie de retrouver un emploi…. Le cliché a la vie dure, il sert à légitimer la contre-offensive libérale – rabaisser les salaires, assouplir le code du travail, dégrader les conditions des chômeurs.

Au fait, petit rappel: la proportion de chômeurs indemnisés par l’UNEDIC a été dégradé de 10 points en 10 ans: seul un chômeur sur deux est ainsi indemnisé.

Bonne nuit les castors.

 

Nous sommes des islamo-gauchistes antisémites, vraiment ?

Sont-ils/elles tous devenu(e)s fous ?

Voici un « philosophe« , familier des plateaux télévisés, que l’on a parfois salué dans ces colonnes, il y a une décennie, qui éructe son mépris et sa rage contre les Gilets Jaunes, les insoumis et maintenant François Ruffin qu’il compare à Brasillach, Doriot et Déat sur les réseaux sociaux.

BHL

Puis son adjoint de combat, son camarade de lutte, l’autre « philosophe« , également habitué des ondes radiotélévisées, vient à son secours en expliquant que la comparaison ne vaut peut être pas car 2019 n’est pas 1939 mais que Ruffin agit bien comme un nervi d’extrême droite des années 30. Notez la précision car Enthoven est précis: il ne dénonce pas l’amalgame ignoble qui compare Ruffin aux collabos français qui ont envoyé des familles juives à la mort dans les camps de concentration.

 

enthoven

Voici l’amalgame inouï, risible, indécent que ces deux-là font en fin de semaine.

Quel pétainisme de la pensée…

Puis il y a cette polémique stupide sur un hijab de running chez Decathlon. Imaginez des femmes se déguiser ainsi pour faire du sport me révulse. Imaginer qu’on les interdise dec choisir leurs vêtements, furent-ils ridicules, me révulse tout autant. Cette polémique fut ridicule, et elle se prolongea. Quiconque se retrouve à dire qu’il fallait laisser Décathlon tranquille se retrouvait accusé d’islamogauchisme virulent. L’un des rares députés macronistes à expliquer que cette affaire le mettait mal à l’aise, a aussi dit qu’il ne se sentait pas, en tant de député, de devoir juger les pratiques vestimentaires religieuses légalement autorisées en France tel le hijab ou le « serre-tête catholique« .

« Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête ? Bien sûr que non » Aurélien Taché, 1er mars 2019 sur France 5

La comparaison avec le serre-tête est maladroite ou stupide. On peut, on doit s’indigner que des enfants soient forcées de s’accoutrer d’un hijab ou de je-ne-sais quel costume religieux imposé. Ce député s’est laissé piéger comme un bleu en glissant du hijab dans un supermarché sportif vers la contrainte sur des mineurs. Mais cette polémique à deux balles est un autre moment de délire qui frappe notre débat.

Et puis finalement, lors d’une manifestation, un député d »opposition est frappé par la police. Et quelle est la réaction de cette députée qui présida de façon pittoyable la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla ? Et bien elle déclara que c’était bien fait pour lui.

Voilà où nous en sommes, pauvres mortels.

Les éditocrates ne sont plus journalistes

La plupart des blogueurs politiques, pour ce qu’il en reste, et tous les twittos et autres Facebookistes qui donnent leur avis politiques ne sont rien d’autres que des commentateurs politiques, des éditorialistes amateurs qui se distinguent des éditorialistes professionnels par (1) leur anonymat (parfois), (2) leur bénévolat (pas de salaire pour donner son opinion sur la vie du monde), et (3) l’absence de carte de presse (et de l’avantage fiscal qui va avec) qui va avec.

Depuis l’irruption du web, la parole de chacun se publie facilement: dans des blogs, des forums, les zones de commentaires des journaux, Twitter, Facebook, etc. Chacun.e. intéressé.e à la chose politique peut livrer et publier sans le filtre d’un média officiel ni une carte de presse son opinion sur la vie politique et l’avenir en commun.

Et du coup, que reste-t-il à ces éditocrates qui occupent nos ondes, qui peu à peu se sont approprier le commentaire politique officiel ?

Pourquoi seraient-ils plus journalistes que l’éditocrate amateur ? Pourquoi méritent-ils aujourd’hui une carte de presse ? Le monde a changé. Nous sommes tous éditocrates, nul besoin d’en statufier certains plus que d’autres.

`Le plus triste est l’impact néfaste qu’ils ont sur la profession médiatique toute entière.

Ami(e) journaliste, dégagez-les.

Laissez-les commenter, mais retirez leur leur carte de presse.

 

Merci Charlie

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Rien oublié, sauf peut etre que les Kouachi se réclamaient d’Al Qaida et pas de Daesch. Charlie Hebdo publie une chouette couverture sur ce « Peter » Chérif récemment arrêté à Djibouti puis envoyé en France cette semaine.

Lors d’un repas de Noël, l’un de mes beaufs a tenté de m’expliquer  qu’il fallait désormais laisser faire le ménage par les Turcs et les Russes en Syrie, et que les attentats de Paris (janvier puis novembre) et ceux qui ont suivi étaient le fruit des gouvernements occidentaux. Et; que l’Europe n’avait rien à faire là-bas. Il insinuait bien davantage que la simple accusation habituelle faite à l’Amérique (en Irak), la France et le Royaume Uni (en Libye) d’avoir déstabilisé la région et facilité la création de Daesh. Mon sang s’est un peu échauffé – magie de Noël oblige, je me suis calmé et on est passé à autre chose.

Je me suis rappelé la couverture de Charlie, cette semaine. Les attentats de Paris de janvier 2015 ont été commis au nom d’Al Qaida, la succursale d’Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri, créée en 1987. Al Qaida a revendiqué le 11 septembre 2001, tenté de coulé un navire américain large d’Aden (Yémen) en octobre 2000.

Une très belle série américaine, peu politiquement correct, raconte les coulisses de la lutte ratée contre ce terrorisme islamiste, The Looming Towers.

Je la conseillerai à mon beauf.  Il y a même des sous-titres pour les sourds et les malentendants.