Archives pour la catégorie Chroniques précaires

La fin de la démocratie ?

 

A J+1 d’un premier tour d’élection législative, 4 constats.

 

#1. L’abstention grimpe, et surtout dans les quartiers populaires et chez les plus jeunes. Au total, plus de 50% de nos électeurs ne se sont pas déplacés. Le résultat de ce premier tour est donc illégitime pour toutes celles et tous ceux qui pensent que la légitimité n’est pas qu’une affaire de loi, de constitution mais aussi de soutien populaire. Si cette abstention se confirme au second tour, cette Assemblée nationale sera la PLUS MAL ÉLUE DE LA VEME RÉPUBLIQUE depuis 1969C’est un hold-up. Environ les trois-quarts de nos adultes ne se reconnaissent pas dans le programme Macron. La suite se règlera donc dans la rue.

C’est terrifiant.

 

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« Il n’y a pas de majorité dans ce pays pour détruire le code du travail, réduire les libertés publiques, ni non plus pour l’irresponsabilité écologique, ni pour cajoler les riches, toutes choses qui figurent au programme du Président. » explique Mélenchon. Il a raison, c’est factuel.

#2. Oui, la France insoumise n’a pas suffisamment convaincu. Ses candidats rassemblent encore 11% des suffrages. Ils n’auront pas 11% des députés.

Il faudrait un miracle.

Nous voterons pour que ce miracle ait lieu, ou bien nous nous abstiendrons.

#3. Le parti socialiste n’a pas encore disparu, mais nous y sommes presque. Sa déroute est d’abord une question financière. Il va lui manquer beaucoup pour maintenir le parti à flots. Le PS, surtout, n’est plus en situation de réclamer un soutien. Il n’y a aucune réjouissance dans ce constat.

Mais il est temps de tourner cette page-là, qui, après le quinquennat Hollande, nous a amené là où nous sommes: un ancien fidèle de Hollande va conduire l’exacte politique que Sarkozy espérait.

#4. Le renouveau porté par la « République En Marche » vise à conduire une politique que nos grands-parents ont réussi à contre-carrer en 1936. Le Front populaire a voté la suprématie des conventions collectives, rien que cela .

Le projet de réforme du code du travail vise à affaiblir exactement cela.

La République des patrons est en marche.

 

Hollande, Mélenchon

Je n’ai jamais eu de haine pour Hollande.

Jamais.

Ni même pour Sarkozy.

La formule, sortie de son contexte, utilisée par Mélenchon pour qualifier Hollande sans une interview par ailleurs passionnante dans le magazine Society de cette semaine, a fait jaser: Hollande serait un « pauvre type ».

Cette violence du propos ad nominem ne m’a jamais plu même si le combat politique nous a tous fait déraper un jour plus loin qu’on ne le souhaite parfois. Cependant, on se doit de faire deux constats au moins: primo, Mélenchon et  Hollande ont une histoire commune au parti socialiste qui regorge de secrets, passés et passifs dont eux seuls connaissent les détails. Hollande n’a pas été avare en critiques contre Mélenchon que j’ai perçues comme obscènes, lors de la campagne présidentielle. Je me suis dit que cela cachait autre chose qu’un désaccord politique.

Secundo, Hollande a été un « pauvre type »… politiquement. C’est-à-dire un gars sans doute sympa, mais qui nous a roulé: il a cru qu’être élu sur fond de vague anti-sarkozyste l’autorisait à conduire une politique qu’il n’avait pas annoncée ni promise avant. Il a échoué, il a renoncé à sa propre réélection, il s’est fait marcher dessus par Valls, écrasé par Macron. Il a roulé pas mal de monde, jusqu’à Mélenchon lui même (voir l’anecdote sur l’amnistie refusée pour les syndicalistes arrêtés).

Bref.

Passons à autre chose.

 

 

Ils tuent des enfants à Manchester

L’attentat suicide au concert de la jeune chanteuse Ariane Grande à Manchester lundi 22 mai a frappé des ados, des enfants et des parents.

Saloperie, rage et colère.

Ils ne me découragent pas d’aller voir des concerts, ils ne nous découragent pas de laisser nos enfants aller assister aux spectacles qui leur plaisent.

Juste la rage, la colère.

La tristesse aussi, évidemment.

Quelle bêtise.

 

Le problème Fillon

Imaginez qu’il soit votre candidat naturel.

Il a embauché sa femme avec de l’argent public pour un salaire de cadre sup.

Il a embauché ses deux enfants étudiants , mais la fille moins  cher que le garçon, avec de l’argent public pour un salaire de cadre sup également.

Il s’est fait offrir pour 33 SMICs de costumes taillés sur mesure.

Il a facturé des prestations de conseil à des labos avant de suggérer de privatiser la Sécu.

Il a bénéficié d’un prêt de 32 fois le SMIC, sans intérêt, par l’employeur de sa femme.

Sa femme est soupçonné d’emploi fictif à deux reprises.

Il a utilisé le jet de la République pour se rendre à la maison, à deux heures de train de Paris.

 

 

Trump, dangereux

Donald Trump n’est pas seulement drôle. Il est dangereux. Ce vendredi 24 février, le président des Etats-Unis a décidé d’interdire la présence de cinq médias dans les press briefings de la Maison Blanche. Croyez-vous qu’il s’agisse de journaux gauchistes ou crypto-communistes ? Rien de tel.

Reporters from the New York Times, Los Angeles Times, CNN and Politico were all refused access to an off-camera press briefing by Sean Spicer, President Donald Trump’s press secretary. (Lire la suite)

Il y a quelques jours, Donald Trump avait commencé sa conférence de presse par un long laïus incroyable contre « les médias« , « les journalistes« , ces « êtres humains les plus malhonnêtes de la planète » dixit Trump.

Une charge assez inédite.

Cette fois-ci, Trump exclut quelques médias de ses briefings officiels (ou de ceux de ses collaborateurs). Certains journalistes ont trouvé la parade, une parade simple qui s’appelle la solidarité: reprendre la question, ou l’enquête, d’un(e) confrère/consoeur censuré(e) par la Maison Blanche, au-delà de la compétition.

Grâce à Obama, il nous faut déclarer nos comptes sociaux (Facebook, Twitter, etc) quand on demande un « ESTA« , ce visa à 14$ valable deux ans pour entrer aux Etats-Unis.

On ne te dit pas merci, Barack, d’avoir joué, comme d’autres ailleurs dans les démocraties occidentales, l’idiot utile des racailles qui te succèdent.

Trump, cet homme est dangereux.

 

L’exaspération

La religion.
Je n’ai jamais voulu agresser mes copines et copains croyants, peu importe leur croyance. Mais finalement, la nausée est venue à cause de l’islam radical. Ce dimanche, quelques fondamentalistes cathos sont allés faire leur prière de rue.
Cet été déjà, une autre avait dégénéré quand l’un des fidèles s’était soudainement levé pour frapper violemment un passant qui l’avait sans doute provoqué.

 

Autre lieu, autre nausée. Bruno Le Maire, anciennement candidat de droite républicain et digne, fait hué le nom de Najat Vallaud-Belkacem sous l’accusation fallacieuse que la dite ministre voudrait proposer l’apprentissage de l’arabe dès la 6ème: « Il faut dire à Najat Vallaud-Belkacem qui veut faire apprendre l’arabe en classe de CP, qu’en France en CP on enseigne le français« , a-t-il déclaré.

C’est faux.

L’attitude Le Maire est indigne.

« Non il n’y a pas d’arabe obligatoirement enseigné à l’école en CP à partir de cette rentrée 2016. (…) Ça fait partie des nombreux fantasmes qui fort heureusement s’évanouissent à la rentrée scolaire quand les enfants rentrent en classe et que les parents voient ce qu’on y fait. » Najat Vallaud Belkacem.

Sarkozy, lundi, enfin inculpé dans l’affaire, avérée, de cette gigantesque fraude aux dépenses électorales en 2012. Son avocat dénonce un complot politique. Depuis quand un candidat à la présidentielle choisit-il de ruiner la réputation de la Justice ? Avez-vous entendu le camp socialiste faire de même avec Cahuzac ? Non.

La nausée, encore.

La nausée est la réaction politique la plus évidente, la plus rapide, la plus dangereuse.