Archives pour la catégorie Chroniques présidentielles

Contre la pression des sondages

Les sondages pourrissent l’élection plus que jamais. Ils obligent les unes et les autres à se positionner sur une réalité fictive, des enquêtes aux échantillons faibles, des résultats matraqués quotidiennement comme la réalité du pays.

Les sondages créent cette pression collective sur l’individu qui en perd son libre-arbitre.

Il y a peu, dîner entre amis et l’inévitable question: en cas de second tour Fillon/Le Pen, tu votes qui ? Personne, je m’abstiens. Et d’abord, pourquoi me posez vous la question ? A cause des sondages. L’autre question tombe. Et si c’est Macron ?

Mais pourquoi donc devrais-je répondre à 50 jours… du premier tour ? A cause des sondages.

Les sondages nous mettent en vrille. Ils polluent, ils fatiguent, ils influencent. Ce n’est pas tant leurs erreurs qui sont en cause que l’influence quotidienne, méthodique. Le matraquage incessant, le trouble qu’ils jettent sur le débat politique.

Si j’étais président, j’interdirais les sondages avant les présidentielles.

Pourquoi cette #présidentielle2017 pourrait être utile

Il n’y a aucune raison de garder confiance dans cette élection présidentielle française. On s’est moqué de Trump, on peut se taire.

Une droite républicaine incapable de désigner un candidat moral, un candidat surprenant venu de nulle part au programme concocté par des agences de com, une extrême droite surpuissante, le parti du président sortant qui désigne un frondeur, le président sortant qui abandonne… Franchement…

Et pourtant.

Il faut garder confiance, pour cette présidentielle et surtout la suite. Cette présidentielle pourrait être utile.

Cette élection permet d’abord de faire un certain ménage. La disqualification de Fillon est une réjouissance, un ménage attendu, un espoir de renouvellement.

Mais elle est l’occasion, pour qui veut l’entendre, de travailler des arguments, d’analyser la situation, de nourrir une vision. Mélenchon fait sa campagne de terrain. Il n’a pas d’enjeu personnel. Sa campagne pédagogique est un repos, pour deux raisons. Primo, grâce au fond. Il suffit de prendre un peu de temps.

Secundo, cette campagne n’a fait émerger aucun vote dit « utile« . L’utilité du vote pour 2017 est double: d’abord, lutter contre l’extrême droite et la droite extrême. Hollande/Valls a ouvert les vannes sécuritaires, Macron prolonge, Fillon amplifie. La messe est dite.

Ensuite, nourrir le débat, la constitution d’esprits libres, pour ce scrutin et au-delà. Et là, croyez-vous qu’Hamon serve à quelque chose ?

 

Fillon = Sarko ?

Finalement.

C’est à peine surprenant.

Trump, dangereux

Donald Trump n’est pas seulement drôle. Il est dangereux. Ce vendredi 24 février, le président des Etats-Unis a décidé d’interdire la présence de cinq médias dans les press briefings de la Maison Blanche. Croyez-vous qu’il s’agisse de journaux gauchistes ou crypto-communistes ? Rien de tel.

Reporters from the New York Times, Los Angeles Times, CNN and Politico were all refused access to an off-camera press briefing by Sean Spicer, President Donald Trump’s press secretary. (Lire la suite)

Il y a quelques jours, Donald Trump avait commencé sa conférence de presse par un long laïus incroyable contre « les médias« , « les journalistes« , ces « êtres humains les plus malhonnêtes de la planète » dixit Trump.

Une charge assez inédite.

Cette fois-ci, Trump exclut quelques médias de ses briefings officiels (ou de ceux de ses collaborateurs). Certains journalistes ont trouvé la parade, une parade simple qui s’appelle la solidarité: reprendre la question, ou l’enquête, d’un(e) confrère/consoeur censuré(e) par la Maison Blanche, au-delà de la compétition.

Grâce à Obama, il nous faut déclarer nos comptes sociaux (Facebook, Twitter, etc) quand on demande un « ESTA« , ce visa à 14$ valable deux ans pour entrer aux Etats-Unis.

On ne te dit pas merci, Barack, d’avoir joué, comme d’autres ailleurs dans les démocraties occidentales, l’idiot utile des racailles qui te succèdent.

Trump, cet homme est dangereux.

 

« It’s the economy, stupid ! »

Le constat, pas faux, d’un ami de retour d’un court exil américain est que Trump a gagné parce qu’il a parlé économie avec plus de persuasion et d’exemples que sa rivale démocrate. Tandis que les soutiens divers et variés d’Hillary Clinton se choquaient des outrances machistes, xénophobes, homophobes et autres du milliardaire américain, Trump martelait ses arguments simplistes sur comment il ramènerait de l’emploi en Amérique. 

Nous écoutions effrayés les saloperies verbales du candidat républicain, mais une belle fraction états-unienne était touchée au coeur par ses déclarations grandiloquentes en faveur de l’emploi et de la croissance.

Si le raisonnement se tient, il pourrait se dupliquer en France.

Marine Le Pen aurait tout à perdre. Son programme économique est un mélange indigeste qui emprunte à la gauche (retraite à 60 ans, défense de la Sécu), aux nationalistes (fermetures de frontières), et à l’extrême droite bien sûr (exclusion des immigrés, etc). Nous y reviendrons. Le plus frappant de son « programme » est surtout sa faiblesse. Il se résume à très peu de propositions, un éventail largement insuffisant au regard des enjeux, comme si tout sujets impossibles à caser dans la grille de lecture « protection nationale/exclusion des étrangers » avait été sorti du champ de propositions frontiste.

L’enjeu de Marine Le Pen reste donc d’éviter de parler économie, sauf quand le propos sert son discours xénophobe.

François Fillon se croyait solide en matière économique. Il avait bâti son programme et gagné la primaire de droite sur des propositions de purge libérale qui désormais effrayent jusqu’à son propre camp. Emmanuel Macron est à peine mieux loti: entre auto-contradiction (sur les 35 heures) et mesures floues (à l’exception d’une bascule du financement de la Sécu vers l’impôt ou d’une promesse sans chiffrage ni explication de remboursement des frais de lunettes à 100%), on aura du mal à croire qu’il est si éloigné que cela de la politique de l’offre inégalitaire et inefficace que François Hollande a suivi, avec Macron, pendant 4 ans et demi.

Ces deux champions du libéralisme économique, proches dans leur approche mais différents dans leurs intensité, ont tout à perdre à parler d’économie avec trop de détails. Car l’économie, telle que les « gens » la vivent, c’est d’abord l’emploi, le salaire, le coût de la vie quotidienne, les soins.

Ces terrains là sont des pentes dangereuses pour les défenseurs du libre-échange, de la loi des puissants, de l’héritage ou de la rente.

 

 

Trump élu. (bis)

Le collège des grands électeurs américains a désigné Donald Trump hier président des Etats-Unis. Il sera investi dans un mois.

C’est fait, c’est triste.

Comme avec Reagan, Bush, et Bush Junior, les Etats-Unis se sont dotés d’un président qui justifie malheureusement déjà nombre de caricatures et de clichés anti-américains. Trump est aussi et surtout le premier président élu dans ce pays avec un si grand retard sur le vote populaire contre sa rivale  (3 millions de voix) et une manipulation présumée des services secrets russes.

Un nouveau monde ?

 

trumpelect