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Ils ont élu Giscard (2)

La grosse blague Dupont-Aignan

48 heures plus tard, on n’y croit toujours pas.

Marine Le Pen a promis Matignon à Nicolas Dupont-Aignan.

Ce dernier est un clown. Imaginer qu’il dirige un gouvernement de la République est d’abord une grosse blague.

Mais écoutez-là l’annoncer à la presse, incroyable mais vrai.

 

 

Au-delà du programme commun de gouvernement que les deux ont négocié, dans la plus grande tradition de compromis de boutique qu’ils aimaient tant dénoncer auparavant, cette décision de Marine Le Pen est la preuve d’un manque de crédibilité peu surprenant: ces gens sont néfastes au pays par leurs idées mais aussi par leur incompétence crasse.

 

Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont dévoilé, samedi 29 avril, le contenu de leur « alliance patriote et républicaine » qui marque un rapprochement inédit à la droite de la droite entre le Front national (FN) et le parti souverainiste Debout la France (DLF).

La candidate du FN et son désormais futur premier ministre, si elle était élue le 7 mai, réactivent dans ce texte la rhétorique antisystème et anti-establishment habituelle au FN, visant dès son préambule « la coalition des responsables de l’abaissement de notre pays » qu’ils accusent d’avoir ruiné la France.

M. Dupont-Aignan et Mme Le Pen justifient le rapprochement de leurs deux programmes, différents tout au long de la campagne, en expliquant qu’ils « avaient en commun de défendre avant toute chose l’intérêt supérieur de la France et des Français ».

Source.

Et soudain, ils se taisent. Ou pas.

Bientôt deux jours que la campagne du premier tour s’est arrêtée. Les candidats se taisent. Leurs partisans officiels aussi. Les bureaux de vote sont un sanctuaire silencieux.

Dimanche matin, il y avait la queue devant les bureaux de vote, malgré un beau temps éclatant. Est-ce le signe d’une mobilisation ?

Cette trêve ne concerne que peu les citoyens; ça débat même fort intérieurement. Mais pour qui donc vais-je voter ?

Les autorités tolèrent même l’expression politique numérique des citoyen(ne)s ordinaire(s) jusqu’à la dernière minute. La presse écrite n’est même soumise à aucune interdiction à l’exception de publication de sondages. On cherche en vain des sondages comme un drogué manquerait sa dose.

Vendredi, les courbes sondagières étaient si proches entre les 4 candidats qu’on murmure déjà que le résultat ne sera peut-être pas connu dès 20 heures ce dimanche 23 avril.

Ce serait déjà un cataclysme, la preuve illustrée dans les urnes d’un pays fracturé.

 

 

48 heures de tranquillité ?

Ils vont se taire, jusqu’à dimanche soir. Le Pen, Fillon et consorts vont se taire. Un an ou plus que j’attends ce moment de calme et de sérénité. La fin d’une campagne officielle et le silence qui s’impose alors aux candidats est un bonheur.

Le drame des Champs Elysées a rendu plus urgent encore ce besoin de silence. La récupération ignoble et débile – au sens propre du terme – par Le Pen et Fillon était cette goutte qui manquait pour faire déborder notre vase.

Sans attendre les résultats de l’enquête, Le Pen a profité de son moment pour répéter des propositions réchauffées, impossibles, totalitaires ou contre-productives: expulser imméduatement tous les fichés S étrangers (alors qu’ils sont justement fichés pour que nos renseignements généraux travaillent sur leur cas et déjouent des projets d’attentats) est l’oeuvre d’un pompier pyromane. Quant à Fillon, il a été pris en flagrant délire en pleine émission télévisée jeudi soir, en cédant à la facilité de suspendre sa campagne, l’exact résultat souhaité par les terroristes.

Chacun dans son style, Fillon et Le Pen sont les idiots utiles du djihadisme, nous y reviendrons.

Cette campagne s’achève, et les candidats se taisent enfin.

Merci, et bonne nuit.

Merci Macron, merci patron.

Surtout, merci Fakir.

Tout est dit sur la réincarnation de Jean Lecanuet.

Ces clips de campagne officielle

Finalement, il fallait les voir, un à un. Depuis 10 jours, les 11 candidats de ce premier tour d’une présidentielle exécrable ont tous un clip de campagne à diffuser à la télévision publique. On dit que l’exercice est désuet. Je ne le crois pas. Environ la moitié du pays et une gros tiers des adultes de ce pays ne regardent pas les videos sur Facebook ou YouTube. Nos JT font toujours des scores d’audience inégalés. Bref, la TV a encore une place installée surpuissante, surtout auprès du public plus âgé.

Regarder ces clips officiels donnent quelque frisson, de l’ennui aussi.

Macron, Mélenchon, Le Pen se distinguent: ils avancent certaines de leurs propositions. Pas les autres candidats. Le Pen est terrifiante. Elle ne s’est pas foulée, comme si l’exercice ne l’intéressait pas. Elle déroule ses arguments avec une violence et une rage froides. Elle fustige la « dépense publique nocive » (comme Fillon), la « fraude fiscale et sociale » (comme Sarko), elle soigne « les personnes âgées » (comme Sarko). Elle promet de tout « remettre en ordre« , elle qui se planque de la police et de la justice quand on lui demande de s’expliquer sur ses emplois fictifs.

 

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Hamon flotte, il vole au-dessus des nuages, il est désaxé par rapport à cette campagne. Il est presque touchant. Mais son clip est brillamment réalisé.

 

Quand vous écoutez Fillon, vous pensez inévitablement à la poignée de millions d’euros d’argent public que ce gars a ponctionné pour salarier femme et enfants pour petits travail ou soupçon d’emploi fictif. Vous pensez à ses mensonges successifs dans cette affaire. Vous pensez à ses costumes offerts, à ses prestations de conseil pour des labos pharmaceutiques.

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Dans son clip, Macron abuse de des slogans contre les quels on ne peut exprimer aucun désaccord, des bonnes formules tautologiques et triviales, c’est même sa marque de fabrique depuis qu’il est en politique: « faire avancer les choses avec tout le monde et pour tout le monde ». Son clip ressemble aussi à ceux de Sarkozy en 2007, tant sur le fonds (« mettre la France en marche, c’est remettre le travail en marche ») que sur la forme.

Le meilleur clip de campagne de Macron est celui-ci, réalisé par Osons Causer. Oui, osons causer du bilan de Macron.

 

Mélenchon va droit au but. Il ne fait pas l’apologie de Chavez ni de Poutine comme ses contempteurs de la dernière ligne droite aiment le caricaturer. Il déroule les grandes lignes d’un programme connu et publié depuis 6 mois.