Archives pour la catégorie coup de gueule

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot.

Voilà, c’est fait.

 

Après la démission de Nicolas Hulot, voilà ce qui reste de la politique écologiste du gouvernement Macron, de l’hypocrisie et du brassage de vent.

 

 

La démission de Hulot est un bol d’air.

Il ne s’agit pas trouver tous les mérites à un homme après l’avoir critiqué 15 mois durant.Hulot reste Hulot, il reste ce qu’il est. Il est criticable pour ce qu’il a fait et, surtout, n’a pas fait.

Mais on peut applaudir sa décision de démission, et comment il l’a mis en scène. Son retrait est fracassant, et à la hauteur de l’écoeurement qui a du le saisir après 15 mois au gouvernement.

Nous pouvons comprendre cet écœurement, nous devons le comprendre. Nous le  partageons chaque jour, chaque heure, chaque minute.

Hulot a giflé Macron et ses suppôts de la pire et de la meilleure des façons qui soit: brutalement et sans prévenir. Il est le premier à le faire, le premier dans cet ensemble informe et désormais infirme qu’est la Macronista, cet ensemble politique composé d’archi-convaincus et de mous sceptiques, d’anciens centristes devenus extrémistes du libéralisme violent et d’opportunistes du pouvoir à claquer la porte en dénonçant l’hypocrisie du prétendu « nouveau monde. »

Espérons que cette démission serve d’électro-choc chez quelques macronistes, mais surtout dans l’opinion. La défense de l’environnement devrait être un sujet transverse, qui influe sur toutes les politiques d’un  gouvernement.

Merci pour ce moment, Nicolas Hulot, un merci sincère et sans arrière pensée.

 

 

Publicités

Pédophiles catholiques

Je n’ose imaginer la réaction « populaire« , médiatique, politique si l’on avait appris que dans un seul État, par ailleurs de petite taille, quelques 300 responsables musulmans avaient été convaincus de pédophilie. Où sont passés Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Marine Le Pen, pour n’en citer que trois des plus bas du front ?

Le scandale qui frappe la hiérarchie catholique en Pennsylvanie est suffoquant. Un millier d’enfants, et la plupart des prêtres accusés n’auront même pas de procès car les faits sont prescrits

« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’église qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », indique le rapport, qui évoque des agressions sexuelles, dont certaines victimes présumées avaient moins de dix ans. Il cite le cas d’un prêtre ayant abusé de cinq soeurs, dont la plus jeune n’avait que 18 mois au début des faits présumés. » (lire la suite)

L’inaction du pape François, ce pape plus « cool » que les précédent, surprend à peine. C’est de l’incurie, commente à juste titre Mediapart.

« Nos » institutions religieuses – musulmane, juive, chrétienne – ne sont pas seulement les vestiges de la domination masculine, le temple des mœurs rétrogrades, certaines logent, cachent et protègent des criminels.

 

5 raisons d’aimer, ou pas, les réseaux sociaux.

Pourquoi participe-t-on aux réseaux sociaux ? On a l’éclosion, l’essor puis la (pseudo) chute des blogs politiques, l’irruption de ces « échanges » et publications sur les réseaux sociaux fut fascinante et déstabilisante. En premier lieu, de quels réseaux parle-t-on ?

Quand on parle d’hystérisation du « débat » public, voire de la disparition du débat public, Twitter, davantage que Facebook, est désigné plus généreusement à la vindicte. Twitter ne permettait initialement que 140 caractères pour s’exprimer (maintenant 280), d’où l’impression d’un raccourcissement de l’expression. Twitter est aussi moins exigeant que Facebook sur les identités. Twitter permet les saillies d’humeur, Twitter permet de masquer, bloquer, dénoncer. Twitter est un gigantesque bistrot. Twitter est caricatural. Twitter vous enferme dans vos followers.

Alors reposons la question: mais pourquoi participe-t-on aux réseaux sociaux ?

S’agissant de Twitter, je vois plusieurs plaisirs et davantage d’interrogations. L’une des dernières émissions de La Grande Table, sur France Culture, permet aussi d’y voir plus clair. Olivia Gesbert  recevait Laurence de Cock (« Les éditocrates 2. Le cauchemar continue« ) et Marylin Maeso (« Les conspirateurs du silence« ).

LdC

Voici mes 5 raisons:

    1. Parce que les réseaux sociaux permettent de diffuser ses messages. Ils aident à faire valoir des « contre-voix ». L’historienne, et Twittos, Laurence de Cock appelle cela de « l’éducation populaire ». Ce rôle publicitaire est flagrant. Sur Twitter, avec 5 ou 10 000 followers, le nombre de contacts d’un tweet atteint rapidement les 1000 ou 3000 vues. Dans le monde physique, ce serait impossible. Les réseaux sociaux permettent de contrer les argumentaires officiels, déloger la mauvaise foi, débusquer « live » les éléments de langage.
    2. Parce que les réseaux sociaux sont des sources d’information. Corollaire du point précédent, ils agissent comme des medias sans contrôle, parfois à l’excès. Grâce à eux, nous apprenons autre chose que ce que les médias dominants proposent. En ces temps de concentration capitalistique, c’est heureux.
    3. Parce qu’ils permettent de structurer une expression – réfléchie ou pas, construite ou pas. Parfois concise, comme sur Twitter, et c’est un exercice de style.
    4. Parce que les réseaux sociaux permettent d’être a-social. C’est l’un des côtés obscurs, le plus visible, le plus désagréable, celui qui décourage régulièrement. Twitter permet de cracher son venin. C’est souvent détestable. Je ne connais pas un Twittos de mes connaissances qui n’ait cédé un jour, un instant à ce travers. J’ai fait la même erreur.
    5. Parce que les réseaux sociaux sont … sociaux. C’est bête à dire, c’est trivial, mais c’est leur première réalité: on y rencontre des gens, on y développe des relations. On s’y séduit, on s’y engueule, on y rigole. Ce sont des lieux de vie.

 

La faute du CRIF.

M. Kalifat, président du CRIF et ancien membre du Bétar., s’est fendu d’un tweet la veille d’une marche blanche interdisant à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon de venir à l’hommage à Mireille Knoll. Le lendemain, aussitôt Mélenchon et quelques représentants de la France insoumise étaient arrivés Place de la Nation qu’une dizaine de jeunes gens musclés du groupuscule de la LDJ sont venus siffler, chahuter, bousculer la délégation.

« Le manifestant qui rameute tout le monde en direction de Mélenchon, n’est vraiment pas un manifestant comme les autres. Depuis le milieu des années 2000, celui qui se fait appeler “Eliahou” est le porte-parole et le chef de la “branche politique” de… la Ligue de Défense Juive (LDJ). Intervenant au nom de la Ligue dans les médias communautaires ou pilotant le site web de la LDJ, Eliahou est connu comme le loup blanc dans les cercles de la communauté juive » Source: StreetPress

Le CRIF est la cause de tout cela, c’est honteux.

C’est une faute morale. L’assassinat odieux, criminel, sans doute antisémite d’après les premiers éléments de l’enquête, méritait de l’union nationale. Quel contraste avec les suites de l’attentat de Trèbes: quand un énième fou d’islam tue dans l’Aude, la classe politique se divise, à cause del’exception notable et outrancière de Wauquiez et de Le Pen. Quand une rescapée de la rafle du Vel d’Hiv meurt et que la classe politique est enfin unanime mais c’est une organisation auto-proclamée représentante de la douleur qui excommunie.

Le fils de Mireille Knoll a eu les mots justes.

« Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde. Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre, or tout le monde a une mère. (…) Le CRIF fait de la politique, moi j’ouvre mon cœur »

Le CRIF a commis une faute morale. Mais aussi une faute politique: il n’a pas saisi qu’il y avait là l’occasion unique, sans doute depuis Carpentras, de rassembler enfin. En tentant de délivrer des « permis d’hommage » ici ou là, dont des milliers, des centaines de milliers, des millions se sentirons exclus malgré leur sympathie, leur proximité, le CRIF a commis une faute morale, humaniste, politique.

« Il ne faut pas confondre un petit groupe avec la masse des braves gens qu’il y a là. Ce n’est pas un sujet. La famille et tous les gens qui se sont regroupés savaient qu’on voulait être là avec eux. C’est ça qui compte. Pas une bataille rangée dans la rue »Jean-Luc Mélenchon, le soir de la marche blanche.

Cher monsieur Kalifat, chers représentants du CRIF, vous n’êtes pas seuls à savoir que l’antisémitisme tue, que l’islasmisme est d’abord antisémite, que la Bête immonde est prêt à rebondir.

Mais vous êtes indignes.

« Toi et moi avons de prime abord pas mal de choses en commun. Tu es juif, je suis juif. Tu es (la plupart du temps) séfarade, je le suis également. Autre point commun: j’aime Israël, tu prétends l’aimer de toutes tes forces, toi aussi. Et pourtant je dois t’avouer que malgré ces quelques similitudes de façade, tout nous sépare, toi et moi.

(…)

Honte à toi.

Je ne te vomis pas parce que tu fournis aux antisémites de bonnes raisons de me haïr (ils n’ont pas besoin de toi pour cela, tu n’es qu’une corde à leur arc), je te vomis parce que la grande masse des Français qui n’ont pas de préjugés contre moi, serait tentée, devant tes exactions, de m’associer à toi et de se dire «En fin de compte, c’est vrai que ces juifs se croient tout permis».

(lire en intégralité)

Pourquoi faut-il inverser la hiérarchie des news ?

Macron a les soutiens qu’il peut. Le PDG de la banque JP Morgan, à Davos, le trouve « incroyable« .

Merci Macron, merci patron.

Ailleurs, d’autres prennent le temps de relater, par écrit, ou l’écran, une autre réalité.

« L’inversion de la hiérarchie des news » est un sujet qui nous préoccupe depuis bientôt 11 ans cette activité blogosphérique a commencé. Il y a bien sûr une actualité, souvent la plus soudainement grave, qui s’impose à nous. Mais ensuite, le plus souvent, il s’agit de résister à des story-tellings. Macron a emboité le pas de Sarkozy, y compris dans la com’ et en plus souriant. Je suis toujours surpris, stupéfait, de lire d’anciens camarades de jeu de l’opposition anti-sarkozyste défendre par leur silence, et/ou leur railleries contre l’opposition et/ou, pire, leur soutien plus ou moins affiché à ce quinquennat néfaste.

Le story-telling libéral en économie, sécuritaire en société, vient de loin. Il n’a rien de moderne. J’ai l’impression d’être revenu en 1986.

Contre ce story-telling, une partie socialiste a enfin compris que Macron est un adversaire, mais n’ose pas encore se déclarer à l’offensive systématique. La raison à cette bêtise est une affaire de survie politique face aux insoumis, parfois de rancœur personnelle contre Mélenchon. Ces socialistes ont pourtant plus fort à faire à récupérer leur ouailles centristes qui se sont égarées dans les pattes d’un couple Macron/Collomb répugnant.

Contre ce story-telling, il faut d’autres voix qui montrent et démontent.

C’est la méthode dite du « Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de l’Allemagne abolie en 1953.).

Laurent Binet, chronique écrite pour LeMedia.

 

Voilà.

 

 

Bloguer contre Macron ?

Elie Arié, ancien confrère de blog, et qui commente souvent/toujours de manière critique dans ces colonnes s’est interrogé récemment sur les raisons qui pouvaient me pousser à continuer une critique systématique contre Macron, une décennie après le début d’une autre chronique d’opposition.

Je ne vais pas chercher à répondre à cette psychologie de comptoir (désolé Elie). Mais j’ai une profonde fatigue à poursuivre cet exercice.

1/ Écrire, ou choisir de relayer, suscite des réactions qui en retour constituent ce qu’on appelle une relation humaine. Les commentaires ici et sur les réseaux sont un plaisir à lire, un plaisir sincère, une connexion sociale.

2/ Écrire parfois, souvent, est fatiguant et, parfois, sans intérêt. Et pourtant, cet exact jour où je terminais une chronique désagréable, la dernière en date, il y a quelques personnes que je connais et d’autres que je ne connais pas qui m’ont remercié. Il n’y a pas de quoi, pourtant. Chroniquer les bêtises et la honte de l’autre élyséen n’a rien de compliqué. Mais ces soutiens m’ont fait grand bien.

3/ Emmanuel Macron n’a pas suscité la même stupéfaction initiale que Nicolas Sarkozy. Sarko était vulgaire, rapidement bling-bling, finalement agité mais immobile. Sarko était « inefficace« . Macron semblait plus doux, plus moderne, plus équilibré. Mais finalement ce constat initial était faux. Les deux ont d’abord en commun d’être charmeurs, arrogants, et surtout odieux avec la République. Mais Macron ajoute le sourire à l’ignoble.

4/  Macron est-il ignoble ? Je le crois. La loi Travail est ignoble. La loi sécuritaire est ignoble. Le projet de loi sur l’asile et la politique de terrain contre les réfugiés sont ignobles. Ignoble, le terme n’est pas trop fort car il désigne une situation simple: Macron, avec le sourire et le soutien, pour l’heure, d’une large part d’ex-socialistes, parvient à faire passer des lois qui feront date dans les poubelles de notre histoire commune: la loi travail qui affaiblit les salariés comme jamais, et surtout les femmes, n’est pas simplement une loi « efficace« . C’est un recul historique. La pérennisation de l’état d’urgence dans notre loi commune aurait fait hurler nombre de ses soutiens actuels de la macronista (hey, Barbara Pompili, où te caches-tu ?). Le projet sur l’asile fait frémir jusqu’à l’Eglise ou des très proches de Macron. Je ne cherche aucun autre argument, ce serait inutile, que celui-là.

Macron est ignoble car il a tous les pouvoirs, obtenus sur un large fond d’abstention et, surtout, un référendum anti-Le Pen.

Comment pourriez vous penser qu’il était temps de se taire ?