La bêtise du macroniste 

 

Je ne sais s’il est macroniste. Je le déduis à cause des tweets qu’il m’adresse/m’agresse. Ce dernier était surprenant de bêtise.

Peu importe. Il sert de prétexte à expliquer autre chose. Il est assez certain que la rage contre la France insoumise qui va s’exprimer prendra des formes aussi  rageuses que l’intégration des juppéistes dans l’équipe Macron sera importante.

Macron va réussir à constituer l’UMPS. Et je ne critique pas. Je note. J’ai plein d’ami(e)s là-bas, dans les deux camps désormais réunis.

Je ne peux que sourire à l’idée que quelques anciens camarades hollandais qui nous braillaient dessus quand Juppé menaçait la candidature de Hollande se trouvent désormais dans la situation de soutenir un juppéiste pour les législatives avec l’énergie du dernier rallié.

Bon courage les ami(e)s.

Avec tout mon sourire bienveillant.

Surprise! Macron a nommé un premier ministre de droite.

Franchement, on devrait s’en amuser et rire si le sujet n’était grave.

Emmanuel Macron a nommé un élu des Républicains, bien sûr pas le pire, à Matignon.

Quelle surprise.

« Je suis un homme de droite » a déclaré l’heureux désigné.

Emmanuel Macron précipite une recomposition politique qui nous fait bien plaisir.

Laisser sa chance à Macron ?

Ils ou elles ont été (faussement) surpris(es) de l’opposition rapide à Emmanuel Macron que quelques-uns, à droite mais surtout à gauche ont témoigné dès le soir de sa victoire du 7 mai dernier.  De nombreux commentaires, y compris dans les colonnes de ce blog et du blog principal, ont fusé pour dénoncer cette opposition jugée « systématique« . Certaines de ces critiques touchent un point fort juste: rien dans l’attitude de Macron n’est agressive au point de mériter une agression en retour. Manon suit les pas de Hollande dont le comportement personnel tranchait en placidité et bienveillance avec celui de son prédécesseur agité et clivant. Aussi Macron ne mérite-t-il pas une opposition primaire, bien au contraire.

 

Elie Arié, qui commente souvent ici et ailleurs, a apporté cette remarque fort juste dans mon billet dominical: «  l’élection de Macron  entraîne un certain enthousiasme, et l’enthousiasme politique est quelque chose qui semble avoir disparu depuis longtemps en France.  »

Sa première journée de président a été d’ailleurs une belle réussite. Il faisait beau, Macron a été attentionné comme il fallait à l’égard de Hollande. Il a eu le bon geste de saluer des militaires blessés. Et son discours d’investiture était à la hauteur: réconciliateur, moins creux que d’habitude, et, surtout, humble.

Hollande aussi était sympathique, mais on ne soutient pas un président parce qu’il est sympathique. On soutient, ou on s’oppose à une action politique.  Peu de choses, dans le programme annoncé d’Emmanuel Macron, sont compatibles avec celui de l’Avenir en commun défendu par les insoumis(es). Il y a certes le même réalisme diplomatique (notamment pour résoudre la guerre en Syrie); il y a aussi la même envie de dégager l’ancien bipartisme UMPS tout autant que d’abattre le Front national. Macron et Mélenchon se reconnaissent dans une démarche similaire, comme l’expliquait avant le 1er tour Benjamin Griveaux, le porte-parole du candidat « en marche » et désormais candidat à la députation à Paris: « Ils se reconnaissent mutuellement une qualité, ils sont à peu près d’accord sur rien, mais ils reconnaissent une démarche intellectuelle des deux côtés, une honnêteté intellectuelle et une forme de cohérence ».

Mais à part ça, l’opposition Macron/Mélenchon est quasiment totale. Pourquoi donc estimer qu’il faudrait sourire, applaudir et taire une opposition politique évidente ?

Pire, il est assez probable que cette opposition, y compris la notre, s’aggrave au fil des mois. Si Macron l’emporte aussi aux législatives et qu’il applique ensuite son programme, ses sourires et sa bienveillance ne suffiront pas à taire la rage que son programme devrait susciter: supprimer la prise en compte de la pénibilité dans le calcul de la retraite, supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, supprimer les allocations chômages après deux refus d’emploi, etc… Les occasions ne manqueront pas.

Désolé.

Le libéralisme, même souriant, reste un affront pour les plus modestes qui mérite rage et opposition.

Allez-y, les insoumis(es)!

Samedi, la France insoumise rassemblait ses candidats aux élections législatives. Le programme est connu, ai-je rappelé dans la chronique  hebdo.

Mélenchon s’explique. Il a repris ses chroniques video. Plutôt que d’éructer, il suffirait à certains de prendre le temps d’écouter, comme les opposants à Macron le font avec les discours et propos de Macron. C’est une démarche simple, et plus honnête que de commenter des extraits publiés ou interprétés sur les réseaux sociaux.

 

Comme à chaque semaine, je ne partage pas tout des propos de Mélenchon. Comme certainement nombre de celles et ceux qui ont quand même voté pour lui. Mais puisque nous sommes en campagne, encore et à nouveau, je ne parlerai que des points de convergence, à l’exception d’un désaccord, que vous trouverez ci-après.

#1. « Nous, on ne s’est pas battu pour une personne ». C’est vrai, mille fois vrai.

#2. « Macron n’a pas (encore) de majorité politique » et la cohabitation est une possibilité. Cela devrait suffire à motiver pour voter en juin prochain.

#3. Mélenchon explique que le programme L’Avenir en commun ne change pas. On peut lui rétorquer que s’il veut être majoritaire, il faudra le faire évoluer pour constituer des alliances. C’est la base de la politique, et Meluche le reconnaît par ailleurs. Si je raille avec plaisir les compromis macronistes, c’est pour illustrer combien le jeune président n’est en fait qu’un vieil héritier, qu’il faudrait qu’il assume publiquement, puisqu’il le pratique en coulisses, ce que signifie faire de la politique.

#4. Le lien entre la campagne présidentielle et celle législative doit être visible, évident, total. Il s’agit d’éviter le flou et de tenter de remporter l’essai. Le programme de Macron est la prolongation fusionnée des mandats Sarkozy/Hollande. Qu’on se le dise.

#5. La seule présence de Marine Le Pen est une invitation à voter pour l’autre, rappelle-t-il. C’est une évidence, le constat que nous nous sommes tous faits au soir du débat de l’entre-deux tours.

#6. Mélenchon se porte candidat à Marseille dans une circonscription socialiste. On raille, on braille, on grince des dents. C’est amusant.  Il y a un enjeu politique à remplacer le PS: ce parti s’est effondré. On le laissera tout seul faire le bilan. Mais on ne peut laisser la gauche ainsi. A Marseille, dans cette circo, il y a aussi une évidence: dans la circonscription que vise Mélenchon, il a fait 39% à la présidentielle. Il est arrivé premier. Et voici qu’il faudrait qu’on ne mette pas toutes les chances de notre côtés pour l’emporter ? Rooooo… Le candidat socialiste sortant aurait préféré que Mélenchon ne vienne pas… « Nous avons fait un choix politique. (…) j’espère que cela va booster tous les candidats ». 

Chanson du dimanche: déshabillez-moi

Voter Macron, et après une nouvelle loi Travail ?

On se souvient de la loi El Khomri et, peu avant, cette sortie d’Emmanuel Macron. C’était il y a plus d’un an et l’actuel président s’était progressivement sortie de l’ancienne majorité présidentielle.

Le programme du nouveau candidat du Travail comprend la réhabilitation des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, supprimées par Hollande mais revendiquées par Le Pen et Fillon également.

Mais la prolongation de la loi El Khomri que Macron veut mettre en place est digne du programme Fillon: les « horaires effectifs » ou l’organisation du travail seront negociés « au plus près du terrain » (sic!). « Ils seront définis par accord majoritaire ou par referendum d’entreprise sur la base d’un accord. » Macron a même le soutien d’élu(e)s socialistes en recherche de rebond. « Sur les ordonnances, il vient d’avoir le soutien de 65% des FR. Il veut aller au bout de sa réforme du code du travail » a ainsi expliqué J , actuelle secrétaire d’Etat aux victimes (sic!).

Il faudra rappeler les mêmes arguments, en pire, que nous avons invoqués contre la loi El Khomri. Déplacer la régulation du travail au niveau des entreprises et non plus de la branche est à l’avantage des employeurs puisque le rapport de force au niveau des entreprises leur est plus favorable.  Ne pas comprendre cela est la preuve d’une ignorance ou d’une hypocrisie.

Au choix.

Peu après le premier tour, il a rappelé que, pour lui, la loi El Khomri « est arrivée trop tard dans le quinquennat. » C’est pour cela qu’il veut aller vite et fort l’été prochain: « L’ordonnance permet de raccourcir le processus parlementaire et d’éviter les navettes » expliquait-il il y a 2 semaines.

« Le gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. »

Nous voici à ce moment gênant où chacun lit enfin la notice du « produit de l’année » comme l’appellent très justement Les Jours.

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."