Mediapart et Charlie

C’est une histoire de cons.

De vrais et gros cons.

Charlie accuse Mediapart, Charlie s’amuse de Mediapart. Charlie publie ce dessin sur Mediapart.,

Je suis Charlie davantage que Mediapart, mais j’ai lu et apprécié Mediapart. Qu’importe. Je pense aux demeurés de Daesch et autres similaires.

Ils doivent se réjouir.

Que nous sommes cons.

Collectivement.

Sans conteste.

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Harceleurs.

Une émission péruvienne.

Tout est possible, partout.

Heureusement.

Au Pérou, les candidates à l’un des plus ringards spectacles – l’élection de la Miss locale – se sont décidées à témoigner des violences faites aux femmes au meilleur moment. Celui où nombre d’hommes concupiscents observaient ce concours de bétail.

 

Puis il y a eu cette autre émission de real-TV, où les mères de harceleurs étaient maquillées et transformées pour piéger dans la rue leur propre gamin adulte en situation de harcèlement.

Pourquoi Valls (et les autres) ne veulent pas comprendre

On ne sait pas pourquoi on lui donne encore la parole, mais il l’a régulièrement. Manuel Valls est régulièrement invité sur les plateaux radio-télévisés pour donner son avis sur une actualité politique qui l’a pourtant dégagé.

Manuel Valls ce weekend avait quelque chose à dire sur l’affaire Tariq Ramadan. Fidèle à lui-même, il a amalgamé Ramadan accusé d’un double viol avec Edwy Plenel, les Inrocks, le Bondy Blog et même l’animateur Frédéric Tadeï d’Europe 1.

Voici ses propos.

« Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamiste, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !

(…)

Quand une partie de la presse progressistes, une presse de qualité – je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog – quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c’est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique.« 

 

Valls amalgame un sacré paquet de monde – Plenel, Tadeï, le Bondy Blog, les Inrocks, etc – alors qu’il vient juste d’évoquer l’accusation de viols à l’encontre de Ramadan. Tous complices ? Le procédé est ignoble. Il est aussi contre-productif. On doit évidemment être sans tolérance aucune avec ces « compagnons » du salafisme tel Tariq Ramadan. Mais Valls n’a pas compris (bêtise!) ou ne veut pas comprendre (cynisme!) que la victoire des esprits contre ces aberrations islamistes ne se fera pas comme cela. Mais pour Valls cet amalgame est facile, si utile: il permet de fermer tout débat avec celles et ceux qui le contredisent. C’est une vision totalitaire. Il permet par exemple de d’éviter de débattre des agressions islamophobes en tous genres; ou de récuser toute critique de l’état d’urgence devenu loi. Ou encore de tenter de convaincre des croyants de sortir de cet islamisme.

Valls s’est aussi abrité derrière l’argument complotiste habituel: « il faut que la vérité éclate« . C’est une autre variante du fameux « ils nous cachent tout« . Quelle est donc cette vérité que l’on nous cache ? Sa bêtise ou son cynisme ? Puisque Valls adore les amalgames, osons lui dire qu’il ressemble au double bête d’Alain Soral, ce mytho-dangereux qui amalgame en permanence adversaires et ennemis derrière « le grand complot sioniste ». Valls procède intellectuellement de la même bêtise.

Peut être est-il finalement simplement bête.

Valls cible surtout Plenel. Arrêtons nous donc sur le fondateur de Mediapart. Six mois avant les attentats de Charlie, Plenel a écrit un livre que j’ai jugé remarquable à l’époque sur les musulmans en France.

« Le bouquin de Plenel est salvateur même et surtout si vous êtes effrayé par ces burqa de trop, ces immondes décapitations.

J’ai écrit dans ces colonnes combien les religions m’insupportent. Mais il faut être lucide sur les dangers , sur vers où nous allons si personne ne réagit. Sur où nous sommes déjà, un stade avancé de la haine collective. » (lire la suite)

Après les attentats contre Charlie, Plenel a eu une attitude que j’ai réprouvée même si elle n’a pas été la caricature que les Valls et autres ont voulu écrire. Dans Siné Hebdo, il s’en expliquait: « L’héritage de Charlie, de Cabu, de Wolinski, c’est le pluralisme. Revendiquer la caricature, l’outrance, le trait qui moque et parfois fait mal, c’est revendiquer l’idée du débat. J’ai essayé, à un moment où c’était inaudible, de tenir les deux bouts. On peut être Charlie et on peut ne pas l’être tout à la fois. On peut être Charlie en disant qu’évidemment, nous sommes du côté de ceux qui ont été massacrés. Et on a tout à fait le droit de ne pas être Charlie en disant : « Je ne suis pas obligé d’apprécier. »

Charlie Hebdo a évidemment heurté des musulmans dans leur foi avec ses dessins. Mais jamais, ô grand jamais, la satire ou l’expression d’une opinion ne mérite la mort. Bientôt trois ans après la boucherie de Charlie Hebdo, il faut rester encore et plus que jamais Charlie. .

Plenel a discuté avec Tariq Ramadan. Le tort n’est pas là. Il est dans son aveuglement sur les propos du bonhomme.

 


 

L’actualité sait être cocasse. Le même dimanche, la députée insoumise Danièle Obono lâchait qu’elle jugeait que Dieudonné était « raciste et antisémite« , un « ennemi« .

« Je ne crois pas que Dieudonné fasse partie du mouvement antiraciste, parce que c’est un raciste. Donc nous ne faisons pas partie du même camp, c’est un ennemi et voilà, je ne suis pas d’accord avec lui. Je n’ai rien à voir avec quelqu’un qui défend des idées racistes et antisémites. Je ne me sens absolument pas proche de Dieudonné ».

Mais il a suffit d’une autre phrase pour que le buzz se fasse sur son supposé islamo-gauchisme, une simple phrase à propos de Houria Bouteldja du mouvement qui porte bien son nom, PIR.

« Je respecte la militante antiraciste. C’est dans le mouvement antiraciste que je l’ai connue, c’est dans ces luttes-là que l’on s’est battues. »

Comme d’autres (y compris nombre d’insoumis), j’ai un profond désaccord avec Daniele Obono sur Houria Bouteldja. Cette dernière a toujours eu une conception clivante et antagonisante de l’antiracisme, à l’opposé de ce qu’il faut faire et défendre. Je n’ai aucun respect pour cela. Mais cela ne transforme pas pour autant ce désaccord en une accusation d’antisémitisme, puisque c’est bel et bien ce dont quelques furibards bienpensants tentent de propager. Surtout, je m’interroge sur cette obstination de celles et ceux si intéressés à l’actualité politique de Danièle Obono à ne JAMAIS relater (ni critiquer) ses visites de soutiens aux sans-papier, ses interventions à l’Assemblée sur les travers de la loi de financement de la Sécu ou la discrimination syndicale.

Bizarre ?

Chanson du dimanche: l’autre reine des neiges

Tariq Ramadan, je suis toujours Charlie

L’intellectuel « islamologue » Tariq Ramadan est sous le coup d’une double plainte pour viol. La justice dira ce qu’il en est mais les accusions sont terrifiantes. Ramadan dénonce un complot.

#1. Tariq Ramadan n’a reçu aucun soutien des hiérarques musulmans, ni en Suisse où il vit, ni en France ni ailleurs. Rares sont ceux qui ont relevé ce point: « Au vu de sa popularité, une levée de boucliers érigés en défense de l’essayiste genevois était attendue » écrivait le quotidien suisse Le Temps, le 30 octobre dernier. « Au contraire: en France comme en Suisse, rares sont les leaders de l’islam à se manifester contre les accusations qui visent Tariq Ramadan. »

#2. Les soutiens de Ramadan sont ailleurs, ils sont nombreux. Il y a notamment cet imam de Roubaix, Abdelmonaïm Boussenna, qui en appelle à la présomption d’innocence.

#3. Si Ramadan est jugé coupable, il faudra se féliciter que la libération de la parole de milliers de femmes sur des cas d’agressions et de harcèlement sexuels depuis l’éruption de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, ait rendu possible qu’une femme puis une seconde, sortent de leur silence. Elles risquent leur vie.

#4. Certains ne sont pas surpris. D’autres, comme cet « expert de l’islam français », Bernard Godard, expriment une surprise toute feinte. Il fallait se pincer pour le croire quand ce M. Godard a expliqué, à propos de Ramadan, « Qu’il avait beaucoup de maîtresses, qu’il consultait des sites, que des filles étaient amenées à l’hôtel à la fin de ses conférences, qu’il en invitait à se déshabiller, que certaines résistaient et qu’il pouvait devenir violent et agressif, ça oui. Mais je n’ai jamais entendu parler de viols. J’en suis abasourdi. » Il faut se pincer pour le croire… Godard n’est-il pas en train d’avouer qu’il était au courant de cas d’agressions caractérisées ?

#4. Mercredi, Charlie Hebdo a publié une couverture sur Tariq Ramadan, affublé d’une érection hors norme qui s’écrit:  » je suis le 6ème pilier de l’islam » et voici les habituels bas du front qui sortent du bois à leur tour avec leur menaces contre le journal. Ils sont heurtés sans doute, mais ils n’ont pas compris que rugir des menaces de mort est criminel et contre-productif. L’humour est ce qui nous reste pour purger cette mauvaise actualité. Et cette une de Charlie m’a fait plaisir à lire. L’équipe de Charlie Hebdo « croule sous les menaces de mort ». On sait d’expérience que les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo risquent leur vie en faisant cela.

#JeSoutiensCharlieHebdo

Faire une pause ?

Bien sûr que non.

Mélenchon a expliqué que Macron « avait le point« . En gros, que la résistance aux ordonnances de la loi Travail et autres mesures sarkozystes avait échoué pour l’instant.

Certains supporteurs de #Macron peuvent se réjouir.

Pourtant…

1/ Jupiter est déjà plus impopulaire que Hollande à la même époque de son mandat. Un quinquennat, c’est finalement très long.

2/ Approuver une politique parce qu’elle ne rencontre pas de résistance est une curieuse position éthique. Une position terrifiante même. On pourrait s’arrêter là.

Mais non.

3/ Une politique n’est pas sociale parce que les couches populaires ne se mobilisent pas contre elle.

4/ Une politique est injuste quand la souffrance des efforts est plus douloureuse pour les plus pauvres, fragiles, précaires que les plus riches, solides, installés.

5/ Une politique n’est pas bonne « parce qu’on ne l’a pas encore essayée« . Surtout lorsqu’on l’a déjà essayé et qu’elle a échoué.

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."