La vie privée de Castaner

Le schéma est connu: un homme politique met en scène sa vie privée et puis un jour patatras, voici le cliché de trop. Cette fois-ci, le ministre de l’intérieur est pris la main dans sac.

Il a bien le droit, le ministre, de sortir avec une jeune femme d’une vingtaine d’années sa cadette, en boite de nuit parisienne, un samedi soir.  Sans doute fêtait-il le prochain vote définitif de la loi anti-casseurs. Ou la fin de l’acte 17 des Gilets Jaunes et ses énièmes mutilés.

Mais on n’oubliera pas les publi-reportages dans Paris Match de « Christophe et Hélène« , ses confidences intimes plus tard, dans Paris Match; puis ses autres confidences, encore dans Paris Match, sur ses envies d’être chanteur. Macron avait sa conseillère Mimi. Castaner se débrouille tout seul, mais abuse et sur-abuse depuis deux ans de cette presse people pour mettre en scène son personnage devenu d’Etat.

Effet boomerang.

 

 

 

 

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La « team numérique » des macronistes

Il est loin le temps où la Macronie numérique s’inspirait des sourires de Teletubbies de son mentor Jupiter, où il fallait rassembler, rassurer, apaiser face à l’incarnation du Mal, la blonde du Front national. Macron n’était pas Jupiter, et ses militants sur les réseaux pas (tous) désagréables, clivant, agressifs, et vulgaires.

Ce temps est révolu depuis longtemps, et bientôt deux ans plus tard, c’est une autre réalité qui appelle quelques constats partagés ici ou là par des camarades et des journalistes. Par team officielle on désigne ici (1) celles et ceux qui travaillent officiellement pour le parti macroniste, (2) celles et ceux qui travaillent des services de communication élyséens ou gouvernementaux, (3) celles et ceux qui sont alimentés par ces mêmes deux sources officielles et les relayent avec régularité. (*) Je n’inclus pas les éditocrates qui font la promotion de Macron ni tous les simples militants ou sympathisants anonymes qui soutiennent Macron.

1. La team officielle s’est réduite depuis le printemps 2017. La dégringolade de la popularité de Macron, le clivage à droite du jeune monarque, l’opposition désormais plus affichée d’une partie de la gauche molle (socialistes et radicaux de gauche), explique la perte de contingent numérique.

2. La team officielle a beaucoup de faux nez (e.g. plusieurs comptes de personnes qui ne sont qu’une comme par exemple l’ex-conseiller du PR Ismael Emelien et Pierre Le Texier, responsable de la com’ de En Marche), des comptes anonymes, ce qui est cocasse pour un mouvement qui fustige publiquement l’anonymat sur internet, ou des comptes parodiques (France assouvie, LFI Forever t, NTM LAFI). Cet anonymat macroniste sur les réseaux sociaux sert à propager des informations politiques mais aussi, parfois, des informations obtenues illégalement par la police comme lors de l’affaire Benalla.

3. La team officielle témoigne d’une agressivité au moins équivalente, voire supérieure, aux autres équipes militantes numériques. Voici un exemple parmi d’autres, relevé par le socialiste Pierre Moal.

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(*) A titre d’exemple, votre serviteur a fait partie de la team officielle FH2012 quelques mois avant la présidentielle de 2012 (après le vote des primaires socialistes), pendant cette même campagne et jusqu’en 2013 avant de rompre. Je ne suis pas membre de la team officielle de la France insoumise (pas de participation à des groupes Facebook ou autres, etc) même si je les soutiens.

Chanson du dimanche: l’homme qui possède le coin

Merci Rachida Dati

Sans rire…

Je sais qu’on l’a beaucoup trop charrié. Rachida Dati n’est pas politiquement ma tasse de thé, mais elle a pris cher. Elle s’en va du Parlement européen où elle n’a jamais vraiment bossé.

C’est tant mieux.

Rachida DATI. – Laurent Wauquiez m’a toujours assuré que je serai en position éligible sur la liste LR. Il me proposera à la sixième place lors de la CNI ce mercredi. Je l’en remercie. Laurent Wauquiez et son entourage ont toujours été constants dans la confiance qu’ils me témoignaient.

Vous serez donc candidate au Parlement européen?

J’ai beaucoup échangé avec François Baroin, président de l’AMF, Éric Ciotti, président de la CNI, Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, et d’autres élus sur mon engagement européen. Mes convictions sont profondément européennes. Elles se sont traduites concrètement dans mon action en faveur de la sécurité européenne, de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Mais j’ai décidé de renoncer à briguer un nouveau mandat de députée européenne. Car la politique, ce sont des choix parmi ses combats. Et aujourd’hui mon choix, c’est Paris.

 

 

Gilets Jaunes, avant la révolution.

Il se débrouille bien. Il est loin des caricatures des médias dominants. Merci à lui.

Nous sommes des islamo-gauchistes antisémites, vraiment ?

Sont-ils/elles tous devenu(e)s fous ?

Voici un « philosophe« , familier des plateaux télévisés, que l’on a parfois salué dans ces colonnes, il y a une décennie, qui éructe son mépris et sa rage contre les Gilets Jaunes, les insoumis et maintenant François Ruffin qu’il compare à Brasillach, Doriot et Déat sur les réseaux sociaux.

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Puis son adjoint de combat, son camarade de lutte, l’autre « philosophe« , également habitué des ondes radiotélévisées, vient à son secours en expliquant que la comparaison ne vaut peut être pas car 2019 n’est pas 1939 mais que Ruffin agit bien comme un nervi d’extrême droite des années 30. Notez la précision car Enthoven est précis: il ne dénonce pas l’amalgame ignoble qui compare Ruffin aux collabos français qui ont envoyé des familles juives à la mort dans les camps de concentration.

 

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Voici l’amalgame inouï, risible, indécent que ces deux-là font en fin de semaine.

Quel pétainisme de la pensée…

Puis il y a cette polémique stupide sur un hijab de running chez Decathlon. Imaginez des femmes se déguiser ainsi pour faire du sport me révulse. Imaginer qu’on les interdise dec choisir leurs vêtements, furent-ils ridicules, me révulse tout autant. Cette polémique fut ridicule, et elle se prolongea. Quiconque se retrouve à dire qu’il fallait laisser Décathlon tranquille se retrouvait accusé d’islamogauchisme virulent. L’un des rares députés macronistes à expliquer que cette affaire le mettait mal à l’aise, a aussi dit qu’il ne se sentait pas, en tant de député, de devoir juger les pratiques vestimentaires religieuses légalement autorisées en France tel le hijab ou le « serre-tête catholique« .

« Vous me posez la question pour une jeune fille de douze ans qui porterait le voile et serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique, une jeune fille à qui on mettrait un serre-tête ? Bien sûr que non » Aurélien Taché, 1er mars 2019 sur France 5

La comparaison avec le serre-tête est maladroite ou stupide. On peut, on doit s’indigner que des enfants soient forcées de s’accoutrer d’un hijab ou de je-ne-sais quel costume religieux imposé. Ce député s’est laissé piéger comme un bleu en glissant du hijab dans un supermarché sportif vers la contrainte sur des mineurs. Mais cette polémique à deux balles est un autre moment de délire qui frappe notre débat.

Et puis finalement, lors d’une manifestation, un député d »opposition est frappé par la police. Et quelle est la réaction de cette députée qui présida de façon pittoyable la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla ? Et bien elle déclara que c’était bien fait pour lui.

Voilà où nous en sommes, pauvres mortels.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."