Les insoumis à l’Assemblée

Il applaudit une députée LREM pourtant peu conciliante dans la commission qu’elle préside à l’encontre des propositions de l’opposition.

 

Mais pourtant, il faut parfois faire des procès d’intentions. On est obligé, comme l’explique Danièle Obono. Observez l’hémicycle, les rangs LERM sont … déserts.

 

Parfois il faut en rire. Rire de la « pensée complexe » du jargon de langue de bois de la loi d’habilitation.

 

 

Parfois, il faut poser de fausses énigmes. Qu’est ce qui dans la loi Travail va protéger les agressés des agresseurs ? Rien explique Ruffin.

 

 

Il faut parfois encourager les député(e)s En Marche à sortir de leur majorité. A comprendre d’où ils viennent. Et leur expliquer où ils vont.

 

 

Ces députés remplissent l’un de leur rôle, témoigner, critiquer, expliquer, proposer. Ces débats, comme d’autres sous d’autres majorités, sont assez réjouissants. Ils révèlent aussi combien le groupe LREM, confronté au direct du débat, est souvent nu, ou absent.

 

 

Ciel d’un jour #70

OMG! Raquel Garrido prend l’argent de Bolloré!!

 

L’une des porte-paroles de la France insoumise devient chroniqueuse dans l’émission de Thierry Ardisson à la rentrée, sur C8, chaîne propriété du groupe Canal+, lui-même appartenant à Vivendi que le magnat Vincent Bolloré contrôle depuis 3 ans déjà.

Sur France 2, Laurent Ruquier élimine la dispensable Vanessa Burgraf dans son émission « On n’est pas couché » (ONPC)pour la remplacer par Christine Angot, cet écrivaine qui porta le fer dans la plaie vive à l’époque d’un François Fillon ultra-favori des sondages présidentiels.

Sur les réseaux sociaux, la première s’est vu critiquer par des zélotes « marcheurs« , aussi véhéments qu’ils sont silencieux sur les pleins pouvoirs accordés à leur monarque pour saccager le code du travail, ou les déclarations insupportables de Gérard Collomb à l’égard des associations de soutien aux migrants à Calais (pour ne citer que deux exemples récents de cette version rajeunie mais tout aussi rance de Sarkofrance que nous vivons désormais). On a les combats qu’on peut et que l’on veut.

Autant se le dire très vite, ces émissions de faux débats et véritables énervements ne sont plus depuis longtemps ma tasse de thé. Et ce n’est pas le renouvellement de leur casting, fut-il à mon sens positif, qui devrait changer quelque chose.

Mais combien de fois nous sommes énervés contre les biais politiques, l’uniformité idéologique, la bienséance systématique des « grandes gueules » et autres porte-voix de ces talk-show télévisés ? J’aurai par exemple aimé qu’une Raquel Garrido (ou une autre) soit invitée permanente des Grandes Gueules de RMC quand cette stupide polémique contre la députée Danielle Onobo fur attrapée dans une sale et stupide polémique il y a 3 semaines. Nous étions satisfaits – autant qu’on peut l’être, c’est-à-dire somme toute assez peu – quand Mélenchon, Hamon, Corbiere, Ruffin, Joly, et toute autre voix discordante se retrouvaient enfin invitée dans ces barnums hebdomadaire.

Il faut comprendre que notre société du spectacle s’incarne aussi par ces émissions aux fausses joutes, qui laissent croire à l’existence d’un débat sans oser toucher aux fondamentaux. La victoire politique passe par la victoire des idées, c’est le B-A-BA politique que tout un chacun devrait comprendre, et surtout retenir à l’aune de ces micro-changements de la sphère médiatique. Je ne crois pas une seconde que les présences dans ces deux talk-shows de mesdames Garrido ou Angot feront avancer le sort de l’humanité , mais on peut espérer qu’elles agiteront davantage les esprits que si le statu quo avaient perdurer, d’abord parce qu’elles expriment habituellement une pensée plus sophistiquée que les amuseurs publics superficiels que l’on rencontre habituellement dans ces enceintes; ensuite parce que leur pensée est plus souvent contradictoire avec le discours libéral défaitiste et la novlangue.

Où voulez-vous porter la contradiction à cette novlangue sarko-macroniste qui renomme contrat précaire en « CDI de chantier« , ou réduction des protections des salariés en « amélioration du dialogue social » si ce n’est dans ces instances médiatiques regardées par le plus grand nombre où elles se véhiculent ?

L’ampleur des moqueries, rages et railleries qui ont particulièrement visé Raquel Garrido, à cause de son statut auprès du mouvement de la France insoumise, laisse penser qu’une partie du pari médiatique est gagné: sa présence ne laisse pas indifférent, et c’est justement l’un des objectifs d’aujourd’hui: face à l’omniprésence de Jupiter et la fracturation de l’opposition en sous-groupes minuscules, il faut crier plus fort, interpeler pus vivement, que d’ordinaire pour se faire entendre.

Vient ensuite la question de l’indépendance d’esprit de ces chroniqueurs vis-à-vis de leur employeur. Ce n’est pas une mince question. Raquel Garrido osera-t-elle dénoncer Vincent Bolloré ? Nous verront bien. On peut penser que Raquel Garrido et Christine Angot ont été embauchées pour ce qu’elles sont et ce qu’elles défendent. Si elles glissent et « trahissent« , gageons qu’elles seront les premières à en souffrir.

Personnellement, je ne crois pas que Raquel Garrido tiendra bien longtemps dans cette émission de C8, malheureusement. J’écris malheureusement car le manque de présence de voix dissonantes dans nos lucarnes médiatiques les plus regardées n’est pas un état de fait satisfaisant.

Chanson du dimanche: « aux armes… »

14 juillet, la honte ?

La présence de Donald Trump sur les Champs Elysées, pour notre fête nationale est une honte qui n’a pas échappé à … l’un des éminents ministres d’Emmanuel Macron.

Nicolas Hulot ne lui serrera pas la main.

« Ne m’en demandez pas trop » a-t-il prévenu.

Non, ne nous en demandez pas trop.

Une honte.

 

Ces deux députés novices de la France insoumise qui décoiffent

Voici deux interventions récentes, parmi d’autres, de deux des nouveaux députés insoumis. Deux qui nous réjouissent à l’Assemblée. Deux qui disent bien haut, et simplement, ce qu’il faut dire pour tenter de revaloriser une enceinte réduite à un rôle de godillot.

Merci à eux.

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."