Tristesse du dimanche: France.

Grosse, grosse tristesse.

Je me souviens d’un concert en 1985.

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Chanson du dimanche: Immigrant song

Juger des djihadistes français en France?

C’est le sujet de la semaine, depuis qu’une jeune djihadiste française, et par ailleurs figure de ces converties prosélytes de Daech, détenue par des forces kurdes a réclamé son rapatriement en France au président Macron.

Sur le coup, j’ai jeté ceci sur Twitter.

Ma chère et tendre m’a dit la même chose. Qu’elle reste là-bas! Ce serait trop facile de réclamer son retour au chaud, pour être jugée par une justice républicaine après avoir collaboré avec l’un des pires régimes.

Mais réfléchissons bien.

La République sortirait-elle grandie en refusant de juger les siens quand ils sont ont collaboré avec un régime qui l’a attaqué ? Non.

Ne serait-ce pas le meilleur argument pour ceux-là même qui fustigent la République au nom de l’islamisme terroriste ? Ne rendrait-on pas service en procédant ainsi à la propagande de Daech ? Oui.

La République n’aurait-elle pas à gagner à voir juger en France une telle personne ? Oui.

Bref.

Et pourtant.

Pourtant au fond de moi, je n’ai parfois pas envie de faire preuve de cette pitié et de cette lucidité républicaines.

Le suicide de Kantra et les sales vœux d’Emmanuel Macron

Un jeune homme de 18 ans s’est jeté sous un train la semaine dernière . Son suicide clôturait une année politique misérable.

Kantra avait 18 ans. Il était venu du Mali pour se bâtir un avenir. Il était en situation de réussir, vraiment et s’était créé des liens, des vrais. La politique du gouvernement a ruiné cet avenir. Kantra s’est jeté sous un train. Derrière les grands discours d’Emmanuel Macron, les réalités parfois tragiques qu’engendrent ses décisions.

Ados Sans Frontière.

On lui avait refusé son contrat d’apprentissage. Son titre de séjour avait été refusé, faute de 6 mois de scolarisation avant ses 18 ans.

Hier, le Secours catholique et la Fédération de l’Entraide protestante ont écrit à Jupiter: « En voulant accélérer à outrance les procédures d’asile, en rendant quasiment impossible l’accès aux procédures sur le territoire national, en mettant sous le contrôle du ministère de l’intérieur toutes les structures d’accueil dans le but d’éloigner du territoire tous les étrangers non autorisés à y séjourner, en visant à généraliser les mesures de privation de liberté et d’éloignement par la contrainte, l’économie générale du projet constitue un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République ».

Jupiter a-t-il entendu ? On ne sait pas. Kantra est mort avant ses vœux. L’article du Midi Libre est paru le 30 décembre.

Pour ses premiers vœux, Jupiter avait mobilisé trois chaînes de télévisions nationales – TF1, France 2, France 3. Environ 55 millions de Français ont choisi de faire autre chose que de de subir ce court spectacle. Parmi les 11 millions restants qui ont regardé, combien l’avaient-ils choisi ? Jupiter a attiré moins de monde que Hollande et Sarkozy pour leur premier exercice similaire.

Pour ses premiers vœux, Jupiter a expliqué qu’il ne s’arrêtera pas d’agir. Il a surtout eu cette formule, incroyable, indécente après ce drame.

« Nous continuerons à accueillir ces femmes et ces hommes parce que la France est leur patrie« 

WHAT THE FUCK ?!?

Fichu abécédaire macroniste.

Prendre le temps de regarder dans le rétroviseur et se remémorer ces 7 mois de présidence macroniste fut enrichissant et pénible. L’abécédaire est une formule aisée. Le point de départ fut le programme de Macron pour les présidentielle.

Je regrette de n’y avoir vu si explicitement la boucherie fiscale de la flat tax. Celle-ci était écrit en petit, quelque part. Mais la presse en a peu parlé, le candidat Macron en a peu parlé. Les autres candidats en ont peu parlé. Tout juste a-t-on diverti le débat vers l’assurance vie alors que cette flat tax est générale. Nous n’avions aucune excuse. Nous avons mal travaillé.

Second regret, que les soutiens venus de la gauche socialiste n’osent voir de quoi Macron est le nom. Un bilan après 7 mois n’est un pas un bilan. C’est juste un point d’étape. Et celui-ci est déjà glaçant. Macron travaille pour une classe minoritaire, pour les intérêts d’une classe minoritaire, avec toute la violence nécessaire. Que quelques socialistes collaborent encore à cette entreprise est stupéfiant.

Nombre de sociaux-démocrates, puisque c’est ainsi qu’ils s’appellent désormais entre eux, sont en résistance molle contre cette présidence des riches. C’est compréhensible. Nombre d’entre eux/elles ne cherchent pas à dépasser leur échec: le roi est nu. Macron est la synthèse d’une hypocrisie de centre-gauche et d’un réalisme violent de droite. Oubliez même les qualificatifs de gauche et de droite. Là n’est sans doute plus l’important. Depuis la campagne de 2017, vrauche, groite et autres ont disparu du vocable politique. Macron est le travailleur détaché de la France d’en haut contre la France d’en bas.

La rédaction de cet abécédaire de promesses tenues et non tenues a renforcé ce constat qui sonne comme une évidence.

Je me suis souvenu d’un billet de ces coulisses, il y a longtemps, sur la précarité. Il suivait de quelques années un blog collectif, depuis arrêté, sur la précarité au travail.

Ouvriers, cadres, retraités, journalistes, immigrés, parents, enfants, chômeurs, étudiants, enseignants, cheminots, commerçants, réfléchissez : vous avez tous été frappés, déstabilisés, menacés par une mesure du Monarque. Le pouvoir d’achat, l’emploi, la santé, ou les libertés publiques ont été précarisées par 19 mois de monarchie sarkozyenne.

Quand Sarkozy promet « la réforme », il promeut la précarité. Voilà l’angle d’attaque.

14 décembre 2009.

Bonne année !

Rewind 2017 ? Vraiment ?

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."