Chanson du dimanche: la grenade

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La forfaiture d’Emmanuel Macron

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Jupiter a jugé bon de rendre hommage à Pétain, à l’occasion des célébrations du centenaire de la fin de la Première Guerre: « Le maréchal Pétain a été aussi, pendant la Première Guerre mondiale, un grand soldat. (…). « J’ai toujours regardé l’histoire de notre pays en face. (…) Je n’occulte aucune page de l’histoire.

« Je ne pardonne en rien mais je ne gomme rien de notre histoire (…) Il y a eu des hauts faits de guerre mais il y a eu une forfaiture dans la Seconde Guerre mondiale. »

Emmanuel Macron, à propos de Philippe Pétain

Cet hommage circonstancié est une forfaiture, un crime à l’encontre de la mémoire. Pétain a été condamné à mort, frappé d’indignité nationale; Pétain a été mis au rebus de l’Histoire par la République. Le souvenir de ses faits de gloire lors d’une boucherie sans but en 1914-1918 n’a aucun sens, aucun recul.

Forfaiture (source: dictionnaire Larousse):

  • Autrefois, tout crime commis par un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions. (Le nouveau Code pénal a supprimé cette incrimination, la qualité de fonctionnaire, d’agent public ou de personne investie d’une mission de service public entrant dans la définition de certaines infractions ou en constituant une circonstance aggravante.)
  • Violation du serment de foi prêté par le vassal à son seigneur.

 

Autre scandale, l’armée a décidé de rendre hommage aux 8 maréchaux de cette Grande Guerre. Encore Pétain, mais pas seulement.

Qui rappellera le sort de ces soldats, courageux, qui refusèrent la boucherie et furent fusillés pour cela ?

 

Midterms: la démocratie américaine à bout

Trump va-t-il encore gagner ? Sand doute pas. Passées la stupéfaction et la surprise du premier mardi de novembre 2016 quand on apprit la victoire indirecte mais institutionnelle de Trump à l’élection présidentielle, les 24 mois qui ont suivi ont été la confirmation des pires craintes, ou presque. Décrit comme un clown bête, dangereux, cynique, égoïste, raciste, et misogyne, Donald Trump ne s’est cependant pas effondré politiquement. Plutôt, c’est la démocratie américaine qui a démontré son épuisement.

Les élections de mi-mandat (« Midterms ») qui ont lieu ce mardi 6 novembre pourraient une « vague bleue« , c’-est-à-dire démocrate, envahir la Chambre des Représentants. Ce serait sans doute heureux, mais plusieurs remarques: (1) les sondages les plus favorables accordent toutefois au moins 40% à des candidats républicains qui soutiennent Trump; (2) la personnalisation extrême des élections américaines, à tous les échelons de représentation, fragilise les analyses globalisantes sur un quelconque enseignement national; (3) malgré un président aussi outrancier, l’abstention  reste élevée, preuve que l’establishment parfaitement incarné par Trump (et pas seulement) a réussi à dégouter une frange très importante de la population.

Quel cirque.

 

 

 

Chanson du dimanche: cimetière

La réforme de la SNCF, en gare de Nantes.

Gare de Nantes, un jour de vacances scolaires.

La gare est encombrée de voyageurs car des trains ont du retard suite aux intempéries et à un accident. Dans la salle des guichets, déportée à l’extérieur dans un bungalow provisoire pour cause de travaux, 3 guichets sur 8 fonctionnent. Une employée souriante tente d’aider à l’accueil, en orientant le trop-plein de voyageurs vers les bornes automatiques.

Un jeune, pressé: « Mon train a été annulé, un autre part dans 40 minutes, je peux éviter  la queue ?! »

L’employée: « Non, ce n’est pas possible. Prenez un ticket d’attente s’il vous plait. »

Le jeune, rouge: « Mais je n’ai que 40 minutes ! »

L’employée: « ça va aller, vous avez le temps. Ou bien je vous aide sur les bornes. »

Le jeune, de plus en plus rouge: « Mais il n’y a que 3 guichets ouverts ?!? »

L’employée: « Et oui. On manque de personnel. Et cela ne va pas s’arranger. ‘Ils’ ont prévu de supprimer la moitié des postes d’accueil. »

 

Voilà la « réforme » de la SNCF.

 

Le retour de Ségo ?

Il parait que le PS aimerait que Ségolène Royal prenne la tête de leur liste aux prochaines élections européennes. A certains d’entre nous, cette nouvelle évoque d’autres souvenirs.

Pigenel

Comme l’a rappelé l’ami Romain, il y a 10 ans jour pour jour, Ségolène Royal échouait à prendre la tête du PS au Congrès de Reims. L’ami Marc Vasseur, au PS à l’époque, avait invité quelques blogueurs dont votre serviteur à suivre cette aventure.

L’ami Gael en avait fait plusieurs videos, tandis que nous relations sur nos blogs respectifs et le blog de l’équipe les crises, les coups bas, les espoirs vrais ou faux de ce Congrès.

 

 

Comme l’a fait remarquer Marc sur Twitter, la plupart des protagonistes, officiels ou simples militants, de ce Congrès se sont éparpillés en LREM et LFI, et quelques-uns, peu nombreux, sont encore « affiliés » au PS moribond. Pour moi-même qui soutenait Ségolène Royal, cette évocation a un goût étrange. Je conserve une admiration pour ce qu’avait réussi à faire politiquement Ségolène Royal vis-à-vis de gens qui n’étaient pas encartés au PS. Le Congrès de 2008 est un souvenir daté et douloureux. Nous sortions de la nuit sarkozyste (Sarko était enfin ultra-impopulaire), mais nous n’avions pas trouvé la voix vers le rassemblement pour déloger l’ancien monarque. Mélenchon était encore au PS, pour peu de temps; Hollande manœuvrait en coulisses contre son ex; les pontes locaux bourraient les urnes dans leurs fiefs pour manipuler les résultats. Dix ans plus tard, tout a changé, et rien n’a vraiment changé. La macronista a remplacé le sarkozysme, mais en extirpant du PS ce qu’il avait d’arrivistes, de résignés avec l’ordre des choses, de naïfs sur les bienfaits de la main invisible du marché.

C’est heureux.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."