Mélenchon, première interview de l’année

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Hamon, Faure, êtes-vous les idiots utiles de Le Pen ?

Marine Le Pen est une ennemie, pas une adversaire. C’est en tout cas ce que pensent, écrivent, rappellent la totalité des députés élus de la France insoumise. Toutes et tous sans exception, à chaque fois que l’occasion leur en est donné.

Marine Le Pen est une ennemie, pas une adversaire. Elle défend la xénophobie d’Etat, mise en pratique par Emmanuel Macron; un centralisme politique qui passe par la réduction du nombre de parlementaires, comme Emmanuel Macron.

Pourtant, il y a un cirque médiatique qui dure et perdure sur la « convergence RN/LFI ». Pire encore, il joue à l’idiot utile en livrant cette incroyable propos: « Jean-Luc Mélenchon lui-même considère qu’il a quitté la gauche, il est sur autre chose et prend un risque considérable à créer des dynamiques qu’il ne maîtrisera pas et qui peuvent conduire à une fusion des Rouges et des Bruns. Ce serait une initiative dramatique (…) qui conduirait la France dans le mur  »

Hamon n’est pas loin en faisant un procès en vrauchisme à Mélenchon.

Je vous traduis: Faure  et Hamon s’indignent d’une alliance électorale entre la France Insoumise et les fachos du RN qui n’existe pas, et dénonce à l’avance la dérive de Mélenchon.

Camarades socialistes, vous méritez mieux.

L’opposition sociale et écologiste à la contre-révolution anti-sociale de Macron mériterait de s’allier, de réfléchir à autre chose que sa petite place sur le podium.

 

Un boxeur, un homme, un citoyen.

 

Des violences en République

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Il n’est jamais bon de taper un flic.

L’ultra-diffusion sur les chaînes d’information et les réseaux sociaux de cette video d’un policier casqué pris à partie puis tabasser par des Gilets Jaunes est triste. « La violence divise un mouvement plutôt que de rassembler » a justement rappelé Adrien Quatennens.

 

 

Cette violence est une mauvaise réponse. Certes, elle permet à BHL de nous amuser quand il a l’indignation républicaine facile depuis sa villa de millionnaire à Marrakech. J’avoue avoir souri en lisant que Griveaux avait eu des sueurs froides dans son ministère. Rarement avare de formules ridicules, il s’est indigné qu’on attaque à travers lui « la maison France ». Pour qui se prend-il ? Il a posé dans l’édition de Noël de Closer. 

Un peu de modestie républicaine, non ?

J’avoue, j’ai souri, mais je n’aurai pas du. La violence est une mauvaise réponse. Elle permet à chacun de s’invectiver sous le coup de l’émotion.

Cette violence caricature aussi le mouvement. Elle occulte les manifestations pacifiques. Elle permet à des perroquets macronistes de sombrer dans des outrances. Elle aliène des soutiens potentiels. La violence appelle la violence. Cette autre vidéo d’un policier gradé qui frappe un homme noir passif est plus choquante encore.

 

« La violence divise le mouvement parce qu’elle dissuade des gens d’y participer. Je ne suis partisan ni de la violence, ni des formes d’intimidation politique personnelle. C’est le cas de Benjamin Griveaux. J’ai aussi regretté le silence du gouvernement lorsqu’il y a eu plusieurs morts du côté des manifestants, de nombreux blessés. Ça ne profite à personne. Maintenant, la violence n’est pas représentative de ce mouvement. »

J’observe ces violences avec une distance grandissante: ça tape d’un côté, l’autre braille des insultes et son indignation. Puis ne dit rien quand ça tape de l’autre sans davantage de raison. Lequel camp s’indigne à son tour.

Le gouvernement n’a rien compris. Et comme il est le pouvoir, comme il a tous les pouvoirs y compris celui de la violence « légale« , l’exigence qui pèse sur lui est plus grande. il n’empêche.

Faites des sit-ins.

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Source: La Dépêche, 2 décembre 2018

Chanson du dimanche: les divorcés

Bye bye 2018, et sans regret.

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Cette année fatigante se termine. 2018 a été un exercice de confirmation. Primo, Macron agit comme Sarko, mais en pire: sa politique est similaire, à une exception qui rassure encore une partie de sa base – il ne s’agite pas quotidiennement contre les immigrés comme Sarko. La façade de sa politique est plus présentable. Mais pour le reste… La chronique hebdomadaire de son quinquennat suffit à s’en convaincre.

Je n’ai pas l’énergie de chroniquer quotidiennement, mais je n’ai pas baissé le rythme des tweets. Je lis, j’écoute, j’entends. L’activité des réseaux sociaux, les médias dominants, les médias dits alternatifs. Et cette année fut éprouvante. Les ami(e)s socialistes ont quitté le bateau macroniste, c’est heureux. Les hésitations du genre « nous serons vigilants » que l’on entendait au lendemain de l’écrasante abstention qui avait donné une victoire de 2017. En 2018, Macron est seul avec son clan et ses groupies. Il y a eu des satisfactions lors de cette année 18, et beaucoup, beaucoup, beaucoup trop d’énervements. Je ne peux même dire que j’étais déçu, je n’y jamais cru.

Macron n’est plus vraiment le sujet. Il m’a dégouté de voter.

L’après Macron est loin d’être réglé. Aucun camp politique ne rassemble assez. Tous se déchire. Donner les bons et mauvais points ne m’intéresse pas. Mais je note que les insoumis – via chaque député(e), les videos hebdomadaires de Mélenchon, Ruffin et les autres – fournissent un travail d’analyse et de repositionnement de la situation actuelle assez remarquable. Les élu(e)s insoumis(es) sont d’ailleurs rarement critiqué(e)s par leurs opposants macronistes frontalement sur leurs propositions ou leurs analyses, mais plutôt de biais: sur un comportement déplacé, une référence qui gêne, une extrapolation. Le travail de l’oligarchie contre les insoumis consiste à les caricaturer en jumeaux des frontistes xénophobes. C’est commode pour effrayer dans les salons démocrates.

Les insoumis fournissent l’analyse qui convient, mais ne provoquent pas de raz-de-marée sondagiers. C’est le moins qu’on puisse dire.

Puissent-ils profiter de 2019 pour tendre la main.  Il faut savoir être généreux quand on est devant les autres, et, en 2017, comme dans les sondages officiels, les insoumis font toujours la course en tête de l’opposition à gauche.

Bonne année  !

 

(Et n’hésitez pas à acheter des produits de la boutique du ruissèlement, enlysee.fr)

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."