Chanson du dimanche: tête en l’air

Et oui…

 

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77 % des conducteurs en grève.

« Le sens de la grève à la SNCF dépasse la SNCF. (…) Il y aura moins d’arrogance. chez Macron. »

Dimanche soir sur BFM TV, François Ruffin a bien résumé l’enjeu. Il y a bien sûr le projet de réforme spécifique à la SNCF – « adapter » l’entreprise à l’ouverture à la concurrence. Il y a aussi toutes les autres luttes contre des réformes sans débat (on préfère parler de « concertation« ) ou l’absence de décision, l’immobilisme coupable comme dans les Epahds ou les hôpitaux.

La grève mardi et mercredi s’annonce massive. Les lignes les plus perturbées seront les TGV. La concertation promise par le gouvernement était artificielle. Et l’ex-directrice de la stratégie de la SNCF (2002-2007) devenue ministre des transports ne peut que déclamer son mépris et son incompréhension devant l’ampleur du mouvement de grève pour ces 2 premiers jours.

C’était drôle et cocasse.

Ce début de grève est un succès.

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Ceci n’est pas un poisson d’avril.

« On Thursday, Emmanuel Macron, the president of France, gave a speech laying out a new national strategy for artificial intelligence in his country. The French government will spend €1.5 billion ($1.85 billion) over five years to support research in the field, encourage startups, and collect data that can be used, and shared, by engineers. The goal is to start catching up to the US and China and to make sure the smartest minds in AI—hello Yann LeCun—choose Paris over Palo Alto.

Directly after his talk, he gave an exclusive and extensive interview, entirely in English, to WIRED Editor-in-Chief Nicholas Thompson about the topic and why he has come to care so passionately about it. »

(lire la suite, en anglais, … et oui).

Chanson du dimanche: « si j’étais un garçon »

La lutte des classes et combat personnel.

J’ai tenté de faire le tri dans des vieux billets. Les ranger par année et mandats. Un travail un peu long, et pour quelle utilité ? Mettre en ordre les traces numériques qu’on laisse derrière soi. C’est un peu futile tant le travail est titanesque.

J’ai suivi longtemps des fils Twitter d’ami(e)s décédé(e)s: avaient-ils nettoyé leurs comptes auparavant ?

Sans doute pas.

Bref.

En triant ces billets politiques de Sarkofrance, j’ai du passer en revue des mois, des années d’évolution et de doutes. L’avantage du blog politique est qu’il permet d’écrire plus longuement que ces quelques mots d’humeur lancés sur les réseaux sociaux.  J’ai ainsi pu relire la progressive déception, l’incompréhension manifeste devant l’évolution politique que se déroulait devant nous.

Et en même temps,  la colère qui montait en parallèle.

En relisant quelques-uns de ces billets des deux quinquennats précédents, j’y ai senti la perception grandissante de que la lutte des classes remplaçait les autres clivages.

L’antisarkozysme avait brouillé le combat politique. Le Hollandisme gouvernemental l’a « paradoxalement » clarifié. Le renoncement de Hollande, qui a permis l’élection surprise de Macron, a précipité cette situation.

Nous y sommes.  Non pas que cela me réjouisse. Je sens qu’une fraction croissante d’ex-camarades militants ou sympathisants socialistes le comprennent enfin. La question n’est même plus dans cet illusoire combat de la droite contre la gauche.

C’est une bien une classe dominante mais minoritaire qui gouverne.

Elle a ses représentants, ou ses travailleurs détachés devrions-nous dire. Certains n’en sont pas, mais ils sont zélés dans leur ouvrage. Ils pensent sans doute sincèrement qu’un jour cela va « ruisseler » pour eux. Pour se rassurer, ils ressassent combien ils détestent la personne de Mélenchon (est-ce seulement le sujet ?), combien il n’y aurait pas d’alternative (vraiment ?), combien le programme des autres est irréaliste, etc.

Cette lutte des classes n’a pas trouvé sa traduction politique. C’est un constat parfois désolant, mais qu’il faut bien faire.

Les insoumis, le Media, les économistes atterrés, Fakir, la joyeuse troupe de Charline Vanhoenecker, les éditos faussement humoristiques de Nicole Ferroni, Acrimed, le Monde Diplo, Politis, The Atlantic, l’Huma, quelques socialistes, les communistes, la liste de celles et ceux qui relatent ou combattent, mais toujours s’opposent au monopole politique de la France d’en haut, est longue et fragmentée.

Combien de temps avant la convergence des idées, des mouvements et puis enfin des luttes ?

La faute du CRIF.

M. Kalifat, président du CRIF et ancien membre du Bétar., s’est fendu d’un tweet la veille d’une marche blanche interdisant à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon de venir à l’hommage à Mireille Knoll. Le lendemain, aussitôt Mélenchon et quelques représentants de la France insoumise étaient arrivés Place de la Nation qu’une dizaine de jeunes gens musclés du groupuscule de la LDJ sont venus siffler, chahuter, bousculer la délégation.

« Le manifestant qui rameute tout le monde en direction de Mélenchon, n’est vraiment pas un manifestant comme les autres. Depuis le milieu des années 2000, celui qui se fait appeler “Eliahou” est le porte-parole et le chef de la “branche politique” de… la Ligue de Défense Juive (LDJ). Intervenant au nom de la Ligue dans les médias communautaires ou pilotant le site web de la LDJ, Eliahou est connu comme le loup blanc dans les cercles de la communauté juive » Source: StreetPress

Le CRIF est la cause de tout cela, c’est honteux.

C’est une faute morale. L’assassinat odieux, criminel, sans doute antisémite d’après les premiers éléments de l’enquête, méritait de l’union nationale. Quel contraste avec les suites de l’attentat de Trèbes: quand un énième fou d’islam tue dans l’Aude, la classe politique se divise, à cause del’exception notable et outrancière de Wauquiez et de Le Pen. Quand une rescapée de la rafle du Vel d’Hiv meurt et que la classe politique est enfin unanime mais c’est une organisation auto-proclamée représentante de la douleur qui excommunie.

Le fils de Mireille Knoll a eu les mots justes.

« Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde. Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre, or tout le monde a une mère. (…) Le CRIF fait de la politique, moi j’ouvre mon cœur »

Le CRIF a commis une faute morale. Mais aussi une faute politique: il n’a pas saisi qu’il y avait là l’occasion unique, sans doute depuis Carpentras, de rassembler enfin. En tentant de délivrer des « permis d’hommage » ici ou là, dont des milliers, des centaines de milliers, des millions se sentirons exclus malgré leur sympathie, leur proximité, le CRIF a commis une faute morale, humaniste, politique.

« Il ne faut pas confondre un petit groupe avec la masse des braves gens qu’il y a là. Ce n’est pas un sujet. La famille et tous les gens qui se sont regroupés savaient qu’on voulait être là avec eux. C’est ça qui compte. Pas une bataille rangée dans la rue »Jean-Luc Mélenchon, le soir de la marche blanche.

Cher monsieur Kalifat, chers représentants du CRIF, vous n’êtes pas seuls à savoir que l’antisémitisme tue, que l’islasmisme est d’abord antisémite, que la Bête immonde est prêt à rebondir.

Mais vous êtes indignes.

« Toi et moi avons de prime abord pas mal de choses en commun. Tu es juif, je suis juif. Tu es (la plupart du temps) séfarade, je le suis également. Autre point commun: j’aime Israël, tu prétends l’aimer de toutes tes forces, toi aussi. Et pourtant je dois t’avouer que malgré ces quelques similitudes de façade, tout nous sépare, toi et moi.

(…)

Honte à toi.

Je ne te vomis pas parce que tu fournis aux antisémites de bonnes raisons de me haïr (ils n’ont pas besoin de toi pour cela, tu n’es qu’une corde à leur arc), je te vomis parce que la grande masse des Français qui n’ont pas de préjugés contre moi, serait tentée, devant tes exactions, de m’associer à toi et de se dire «En fin de compte, c’est vrai que ces juifs se croient tout permis».

(lire en intégralité)

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."