Le faux culte de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon

Le leader de la France insoumise ressort dans tous les sondages comme l’opposant principal à Emmanuel Macron. Sa personnalité attire les foudres. Même à droite ou chez les néo-adorateurs de Jupiter, on fustige un prétendu culte de la personnalité chez les insoumis.

Franchement, la personnalité de Mélenchon m’importe peu. Je ne l’ai jamais rencontré. Je ne partage pas cette vision individualiste de l’Histoire qui voudrait que les pays sont dirigés par des hommes. La France vit sous un régime semi-monarchique et cela tourne encore des têtes. Qu’importe.

Certes, je regrette que Mélenchon ne tende pas davantage la main. Il la tend un peu, mais insuffisamment. Ailleurs, c’est pire. La gauche est divisée, écartelé, elle se divise encore davantage et chacun n’a pourtant que le mot rassemblement à la bouche.

Nous devrions surtout nous intéresser aux programmes et aux rapports de force. Mélenchon est arrivé en tête des forces d’opposition progressistes à cette vague néo-libérale incarnée par Macron. La première et grande mesure de l’Avenir en Commun est la désignation d’une Assemblée constituante pour en finir, ou pas, avec cette Vème République. Il y a pire comme programme autocratique.

Caricaturer Mélenchon en nouveau Lider Maximo sous prétexte qu’il ne critique pas assez durement le gouvernement vénézuelien est aussi stupide que de prétendre que Macron est un autocrate puisqu’il ne critique pas le Qatar ou toutes ces autres dictatures avec lesquelles il poursuit la même real-politik que ces prédécesseurs. Entendre d’ex-hollandistes se livrer à ces accusations après le quinquennat que nous avons vécu est désolant.

Il n’y a pas de culte de la personnalité au sein de la France insoumise car les personnalités y sont visiblement suffisamment fortes.

 

 

Publicités

Chanson du dimanche: Mr Blue Sky

Cette fête de l’Huma sans JLM

Vous faites chier.

Je le dis comme je le pense.

Les syndicats incapables de se réunir pour une manifestation commune sous prétexte que l’un a décidé seul de la date.

Les partis incapables de se réunir pour une manifestation commune sous prétexte que l’un a décidé seul de la date.

Vous faites chier.

Pierre Laurent qui tacle Mélenchon, bravo. clap, clap.

 

 

Démonter ces 6 arguments de la loi Travail

J’ai nombre d’amis bien sincères pour qui la loi Travail est une bénédiction. Ils avaient voté Sarkozy (2007), Juppé (primaire 2016), ou Bayrou ou même parfois Hollande. Démonter leurs arguments n’a pas grand sens puisqu’ils y croient. Ce billet s’adresse aux autres, introuvables, qui tentent de convaincre sur cette loi sans jamais nous parler du fond de cette loi. Tentons de démonter les 6 arguments les plus entendus.

 

Argument #1: « Macron l’avait annoncée, c’est l’application d’une promesse présidentielle.« 

J’aurai a-d-o-r-é que Macron dévoile les principaux éléments de sa loi travail pendant la campagne présidentielle. On sait combien les campagnes peuvent déraper sur une proposition qui heurte ou mal préparée. Rappelez-vous du premier dérapage de la campagne Fillon, sur la privatisation de la Sécu. Fillon avait été honnête. Il n’avait pas simplement dit « je vais réformer la Sécu ». Il avait dit comment. Et patatras ! Macron n’a pas eu ce courage. Il n’a pas annoncé le contrat super-précaire. Ni plein d’autres mesures, qui ont déçu TOUS les syndicats et qui sont dans la loi.

Argument #2: « Macron a gagné l’élection présidentielle, donc ta gueule! »

Macron n’a pas été élu au premier tour. Il a été premier, de justesse. Avec 24% de 60% des votants. Puis élu dans un référendum anti-Le Pen où la moindre hésitation à voter Macron était fustigée par la presse toute entière au nom de la défense de la République et non l’adhésion au programme Macron. Si à l’époque vous expliquiez que vous ne pouvait voter pour Macron car vous désapprouviez son programme, vous étiez accusé de complicité ou collusion avec le FN. J’ai malheureusement voté Macron au second tour de l’élection présidentielle, après 15 jours d’hésitation.

Argument #3: « Cette loi est bonne puisque l’opposition est faible« .

Personne n’est obligé de juger une loi sur la base de la force ou de la faiblesse de ses soutiens et de ses opposants. Sauf à vouloir privilégier les comportements grégaires, les pires qu’ils soient. Interrogez vous sur ce que cette loi a de positif pour les salariés. Il n’a rien, ou si peu. Chacun des soutiens officiels appelés à défendre la loi sur les ondes a été confronté à cette question: « et pour les salariés, qu’apporte la loi ? » Les réponses furent cocasses, lunaires, mensongères, parfois inquiétantes.

Argument #4: « Il faut laisser sa chance à Macron ».

La réponse est non. On ne « laisse pas sa chance » quand on pense que l’on fait fausse route. Tu veux laisser sa chance au pire, aux débiles, à l’échec ? Cet argument est terrifiant quand on pense ce qu’il donnerait lors de circonstances plus terribles. On laisse sa chance à quelque chose auquel on croit, jamais par principe. Donc défendez donc cette loi pour ce qu’elle porte.

Argument #5: « Cette loi a été négociée. »

Une négociation honnête et démocratique (au sens à celles et ceux dégouté(e)s depuis longtemps par cette Vème République monarchique l’entendent) suppose de (1) mettre le contenu à négocier sur la table, ce qui n’a JAMAIS été fait avec les syndicats; (2) d’associer les parlementaires élus, ce qui n’a JAMAIS été fait non plus. Le contenu de la loi a été dévoilé le 31 août au point que même la CFDT s’est déclarée dans l’opposition à ce texte et que Mailly de FO risque désormais son poste.

Argument #6: « Cette loi est une transformation nécessaire« .

J’approuve un point, c’est une transformation, un vrai retour 50 ans en arrière totalement anachronique: de quoi parle-t-on dans le monde actuel ? Des premiers ravages et des vraies inquiétudes de l’uberisation générale de nos métiers. D’une fragilisation extrême des individus, salariés ou autoentrepreneurs. Et cette loi fragilise davantage encore. Qui ne s’interroge pas sur les contre-pouvoirs à créer aujourd’hui ?

Allez comprendre …

 

 

 

 

L’autre 11 septembre.

Chaque 11 septembre, je repense à ces tours, ce jour où j’étais américain.

Mais le 11 septembre est un autre anniversaire tout aussi sinistre.

Un peu d’humour dans ce monde de brutes.

Ce dernier « best of » (pardon pour l’anglicisme) de l’humour qui sévit de façon quotidienne sur France inter est incomplet mais réjouissant.  C’est un résumé de l’information qu’il faut préférer en cette rentrée, loin des clichés officiels, des mises en scène marketing, et du matraquage des services d’informations en continu.

 

 

L’actualité  est pénible non parce qu’elle est triste mais parce qu’elle traitée souvent de façon de uniforme et moutonnière.. J’ai pris la résolution de rentrée de m’épargner chaînes et radios d’informations, interviews politiques et joutes de polémistes pour préférer chercher l’information, dans son détail, là où je souhaite, quand je le souhaite, sur les sujets que je souhaite. Cela tiendra le temps qu’il faut, mais cette une façon de sortir de l’agenda médiatique.

Rédiger une chronique hebdomadaire sur le blog historique n’est pas gêné par ce dégagisme individuel. Cela ne requiert pas davantage que de servir son indignation en filtrant le bruit médiatique. Mais revenons à nos humoristes. En se moquant de l’actualité, ils font certes caisse de résonance à ce traitement de l’actualité qui nous fatigue. Ils pourraient inciter à aller chercher l’information brute qui leur a servi d’inspiration. Mais ils donnent surtout la distance nécessaire.

Lors de l’université d’été des insoumis, un atelier a fait jaser moins à cause de ce qu’il s’y est dit qu’à cause de son intitulé: « faut-il dégager les médias? »

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."