Qui a payé OpinionWay ?

Le sondeur officiel de la Sarkozie a publié un sondage pour le FIGARO sur … le meilleur chef de file de la gauche. Non ? Non. On pourrait le croire, à en lire le Figaro du 20 mars:

Sondage : Delanoë meilleur chef de file que Royal

En fait, c’est l’enseignement principal que retient LE FIGARO de ce baromètre mensuel.  Pourtant, à lire le sondage, il aurait pu souligner, au choix, les 3 points suivants :

1.  Les élections municipales sont une « sanction contre le gouvernement » pour 51% des sondés.

2. 52% des symapthisants de l’UMP préfèrent Delanoë comme premier secrétaire du parti Socialiste« .

3. « Les sympathisants de gauche considèrent Ségolène Royal comme la meilleure opposante à Nicolas Sarkozy. »

Vive le Figaro !

PS : C’est évidemment un sondage par internet, la marque de fabrique de cet institut (« Computer Assisted WebInterview » dans le jargon OpinionWay). Pour mémoire, si vous n’avez pas Internet ou si vous n’y comprenez rien, oubliez.

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Quand l’Etat espionne les blogs ?

Nous avons un héros. Il s’appelle Nicolas Princen. L’Elysée l’a officiellement embauché pour surveiller le Web. En résumer, ce jeune multi-diplômé est payé pour surfer toute la journée sur Internet et dénicher les sources des « mauvaises rumeurs. »

Les Vigilants se sont emparés du garçon avec amusement dans la nuit de lundi 17 à mardi 18 mars.

Une confrère blogueuse m’a gentiment informée d’une nouvelle autrement plus inquiétante : un rapport sur « la société de surveillance » publié par la Commission britannique pour l’information est alarmiste: « en 2016, tout sera sous contrôle, décrivent les auteurs (avions sans pilotes pour la surveillance, caméras banalisées, traces électroniques comptabilisées, relevés d’adn… ).

Bienvenue dans un monde meilleur.

Présidentielles américaines : le cauchemar

Le combat politique peut être triste et dégoutant partout. Aux Etats Unis, Hillary Clinton a souffert des attaques misogynes qu’une homologue française a également subies l’an passé. Et Barack Obama, entre deux attaques racistes de la part de son propre camp, s’est vu traiter d’islamiste clandestin.

Ainsi il y a quelques semaines, Géraldine Ferraro, l’ancienne candidate à la vice-présidence en 1984, a dû démissionner de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton après avoir déclaré que Barack Obama « avait beaucoup de chance d’être ce qu’il est« , c’est à dire noir. Quelques jours avant, Obama avait viré l’une de ses conseillères qui avait traité Hillary Clinton de « monstre prêt à toutes les bassesses« .

En France, les deux candidats démocrates ont leur soutien. Wildo est en faveur d’Hillary. Elle a pointé les saillies sexistes du candidat Obama. MC également soutient la candidate démocrate.  » Je veux que cette femme gouverne les Etats-Unis d’Amérique. »

Je soutiens pour ma part Obama. S’il faut soutenir quelqu’un. Je reste pragmatique, et un peu idéaliste. Obama, avant et plus fortement que Clinton, a montré son hostilité contre l’intervention américaine en Irak. Ce n’est pas le cas d’Hillary. S’il faut parler symbolique, qu’un métisse devienne président de l’ancien pays le plus ségrégationniste de la planète me semble aussi fort que de voir une femme le diriger. Mais ce combat n’est pas que de symbole.

Je vous invite à lire « From Promise to Power« , de David Mendel.

Le Modem a-t-il vécu ?

Il peut sourire, Philippe Meyer. Son maintien au second tour de l’élection municipale du 5ème arrondissement de Paris a permis à Jean Tibéri de survivre une nouvelle fois. Ce n’est pas la seule triangulaire qui a produit des résultats que d’aucuns jugeront « bizarres. » Mais elle est tristement symbolique. Et l’équipe de Bertrand Delanoë porte sa part de responsabilité en refusant de fusionner sa liste localement. Des centristes obtus, des socialistes archaïques, belle équipe pour l’avenir.

Quelles conclusions tirées sur ce « mouvement » démocrate flingué dans le berceau ? Un aimable confrère estime que « le Mouvement Démocrate va devoir bosser« . Et surtout « que les cadres du MoDem, traditionnellement de centre droit, comprennent que la base militante de ce parti se compose plutôt de militants de centre gauche. Avec un PS incohérent, faisant le grand écart entre qui d’extrême gauche et qui de centre droit, le MoDem peut si il désire trouver un boulevard sur le centre gauche. »

Avec un tel comportement électoral, rien n’est moins sûr…

Un café des blogs lubrifié

Vendredi 14 mars, une partie de l’armée des ombres s’est retrouvée pour le 10ème Café des Blogs au Pavillon Baltard, près des Halles à Paris. A l’instar de Dagrouik (et j’espère de quelques autres), j’ai y ressenti un plaisir rare, celui des retrouvailles. Un mélange de simplicité dans le contact, de sincérité dans l’échange, de solidarité dans le combat blogosphérique. Personne ne cherchait à tirer la couverture à lui.

Les retrouvailles, avec Maxime, oRélie, Eric, Julien, Dagrouik.

Coincé par plaisir entre mes deux voisins Eric et Maxime, j’ai su éviter quelques photos, forcément compromettantes pour mon anonymat. J’ai pu échanger avec Maxime sur Ségolène Royal versus Martine Aubry. Nous nous sommes aussi décidés, s’il ne l’oublie pas, à créer un nouveau trophée pour cette fin d’année: le « Besson de l’Année« , une sorte de récompense pour le Traître politique du moment. Eric Besson a en fait créé une catégorie politique.

D’Aurélie, j’ai dû échapper à l’appareil photo numérique LUMIX, mais quelque peu appris de sa vie de caissière précaire, un métier à la mode…

Un débat, chargé de rumeurs salaces sur des personnalités, de droite comme de gauche, a alimenté nos rires. Un homme politique en vue partagerait sa vie avec sa femme, et un homme. L’un de blogueurs participants, a priori hétérosexuel, a refusé les avances d’un autre, lors d’une précédente réunion.

Plus sérieusement, Dagrouik a proposé un excellent nouveau tag pour nos billets vigilants consacrés à ces électeurs qui croient toujours en Sarkozy: « povcon« .

La simplicité du contact, ensuite, avec trois rencontres.

L’un des enjeux premiers de ce Café était de faire connaissance de Nicolas J, un blogueur zinfluent. Avec Nicolas, on peut parler de tout, de blog, de défouloir, de politique (mais pourquoi voter Vert ?), de 32 heures, de bistrots.

Marie-Isabelle Pichon, orange d’énergie Modem, était là. Elle m’a convaincu que le Modem parisien est un parti de (centre) gauche avec des dirigeants de droite. Elle m’a aussi convaincu que les débats anti-Modem à gauche sont parfois futiles. « Y-a-t-il des femmes de moins de 50 ans au PS ? » s’est elle demandée. Nous avons trouvé quelques heureux exemples. Une convergence Modem-PS est née pour constater que Quitterie Delmas devrait lâcher son côté Bisounours. MIP nous a invité à la fête Vodka-Orange, prochainement.

Alain Julles était également présent: « le seul black » de l’assistance m’a-t-il déclaré à mon arrivée, un large sourire aux lèvres. AJ a critiqué l’association du 60ème anniversaire de la fondation d’Israël avec le Salon du Livre. Nous étions d’accord, Eric, AJ et moi pour dénoncer le stupide boycott d’un Salon du Livre. Eric nous a fait rire en décrivant les électeurs du 5ème arrondissement de Paris rameutés par les proches de Tibéri: « l’armée des morts » dirait-on. Une armée de retraités pour sauver le soldat Tibéri…

J’ai manqué Cratyle. Une prochaine fois peut-être. J’ai peu échangé avec London, paraît il de droite, Arthur et Didier, tous trois très sympathiques.

Je suis parti de ce Café avec une quatrième idée de blog. Bientôt. Quand la nausée sera totale.

Vive l’armée des ombres.

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« Israël, le boycottage et la raison »

Caroline Fourest s’est exprimée dans les colonnes du Monde sur le boycott du Salon du Livre à Paris qui met à l’honneur Israël. Sa position est la plus simple, la plus lisible, la plus fidèle à ce que je pense sur cette triste opération. Merci et bravo à elle.

« Fut-il boycotter un Salon du livre mettant à l’honneur des écrivains israéliens pour protester contre la politique d’Israël ? A l’inverse, doit-on considérer comme totalement illégitime la volonté de boycotter cet hommage ?

Comme toujours lorsqu’il s’agit du conflit israélo-palestinien, il n’est pas facile de distinguer l’outrance suspecte de la critique légitime, de part et d’autre. Dans ce cas particulier, la seule utilisation du mot « boycottage » résonne d’autant plus douloureusement qu’il est associé au mot « livres » et au mot « juif ». Les auteurs de cet appel au boycottage ne semblent pas mesurer combien cette association rappelle le temps où l’on brûlait des livres et des juifs après les avoir boycottés. Soit qu’ils approuvent – plus ou moins consciemment – cet imaginaire, soit qu’ils y soient au contraire totalement étrangers.
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Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."