SDF – Sans Devoir Fixe

Le 14 décembre 2006, un SDF est mort de froid en bas de chez moi. Je ne l’ai appris qu’en lisant un petit mot, avec une photo, collé sur le banc qu’il occupait devant le Franprix de la rue du Poteau, dans le 18ème arrondissement de Paris.

L’opinion pense que les SDF ne peuvent plus, ne veulent pas, ne savent plus réintégrer la société.

Vivre à la rue est une torture, y laisser les gens une atteinte aux droits de l’homme. Psychanalyste, auteur « Des Naufragés » [1], Patrick Declerck le répète inlassablement. Il vient de publier un pamphlet « Le sang nouveau est arrivé. L’horreur SDF » (lire la critique). Il soutient l’action de l’association Médecins du monde qui, depuis le premier jour de l’hiver, propose une tente aux personnes dormant dans les rues de Paris. Au-delà de cette opération symbolique, l’association se mobilise pour réclamer des mesures concrètes : le droit à un hébergement sans limite de durée ; la sortie des dispositifs d’urgence et la mise en œuvre de solutions durables. » (source)

Pourquoi tant d’impuissance ? Le sort des SDF est l’affront le plus direct à la solidarité nationale. Les SDF détruisent par leur seule présence le discours de responsabilité – « droits contre devoirs ». Les SDF sont ainsi repoussés hors des centres ville, de Paris à Perpignan. On réfléchit à leur décourager, avec répulsifs ou autres moyens.

Dans un discours ambiant sacralisant le donnant-donnant, le SDF nous rappelle que la précarité exige une solidarité sans contre-partie.

Yann Arthus Bertrand et Nicolas Hulot : faux écolos ?

Le récent déplacement – coûteux – de Jean-Louis Borloo sur les banquises du Groenland me donne l’occasion de revenir sur les projets récents de deux figures de l’écologie médiatique. Ils sont tous deux engagés dans un projet documentaire sur l’avenir de la planète. Tous deux ont été fascinés par UNE VERITE QUI DERANGE, le documentaire de Davis Guggenheim, commenté par Al Gore sorti en France l’an dernier (500 000 entrées). « Pourquoi pas moi ? »

Le premier, Yann Arthus Bertrand, vulgarise l’écologie à travers ses explorations « vues du ciel » de notre planète, diffusée sur France 2. Il veut témoigner de l’état écologique de la planète en survolant les endroits les plus menacés du monde. Coût de fabrication du documentaire : 11 millions d’euros. Il cherche des sponsors.

Nicolas Hulot est plus modeste : avec 4 millions d’euros, il entend sensibiliser les foules dans un film documentaire construit à partir de son expérience d’Ushuaïa (Rhône Poulenc présente : « Bienvenue dans un monde meilleur ») et son livre « LE SYNDROME DU TITANIC ». France Télécom finance le programme pour ses services VOD, TF1 par obligation.

Faut il se réjouir de ces deux programmes ? Faut il passer toutes les compromissions pour espérer faire avancer un peu la cause de l’écologie ?

Hulot a tué l’écologie politique en 2007 avec son pacte. Ce dernier ne proposait même pas Velib ou l’interdiction des OGM. Rien sur le nucléaire ni les transports collectifs.

Yann Arthus Bertrand, lui, a voté Voynet (il me l’a dit). Mais il est allé présenter son projet au Président élu le 31 mai dernier. Pourquoi ?

Hulot et Arthus Bertrand auraient dû étudier davantage le succès du documentaire d’Al Gore : les deux seuls pays occidentaux où ce film a rencontré un vrai succès sont les deux retardataires de l’écologie mondiale : la France et les Etats Unis. Le doc a fait un flop dans les pays du Nord ou l’Allemagne…

Gnark Gnark.

La charte de François

Le Modem se réunissait à Seignosse. J’avoue que l’UDF ne m’a jamais attiré. Un parti de droite ET de notables. A l’opposé de la quasi-totalité des positions progressistes : libéral en économie, ignorant en écologie, suppletif du pouvoir RPR-UMP-, parfois mouillé – que dis-je – trempé dans les magouilles (Bariani,

François Bayrou m’a exaspéré pendant la campagne, pour ce qu’il incarne de position intermédiaire. La politique est faite de conflits (conviction personnelle) et de compromis. Quand le compromis déborde sur le conflits, rien n’avance. Ecoutons François (ne vous endormez pas!).

François Bayrou revendique 45 000 adhésions depuis mai 2007. Il faut lui reconnaître – quelquesoit ses motivations – qu’il est allé au bout de la rupture. La vraie. Celle contre son camp d’origine – la droite. Il a porté les attaques les plus justes contre Nicolas Sarkozy; Mais il n’a pas été le seul.

Il a proposé une charte de valeur (merci Luc) et une charte éthique (merci Luc – bis). Et honnêtement, il y a beaucoup à dire. Préalable : l’auteur de ce blog est favorable à toutes les alliances pour battre l’ump, Sakozy (sauf à renier son âme – mais ce n’est pas le sujet).

Ces chartes proclament une exigence démocratique : bravo, merci.

Je prends 2 exemples :

1. « Le Mouvement démocrate est indépendant de toutes les puissances d’influence ». Dommage. C’est juste faux. Un exemple ? François Bayrou est membre de France Galop, un cercle très influent, où il peut cotoyer Michel Denisot, Hervé Morin, Noël Forgeat, ou Arnaud Lagardère.

2. « Le développement de la social-économie exige la liberté et la responsabilités des acteurs économiques, mais aussi des acteurs sociaux, civiques et associatifs. » Dommage. C’est juste incompréhensible. On ne bâtit pas un parti politique en criant des banalités. La politique est une affaire de choix. « la liberté et la responsabilité des acteurs » signifient elles qu’il faille accepter le service minimum ou l’ISF ?

Je ne souhaite pas « charger » le Modem. Il y a des individualités quiveulent bouger. Et les autres partis ne sont pas forcément plus aptes à la cohérence. Mais svp, faites vous désirer !

L’ennemi intime

L’un des films que j’attendais depuis longtemps. Il sort le 3 octobre, au bon moment. Un candidat s’était servi de la repentance comme d’un argument de campagne : oubliez votre histoire, braves Français. Ce film sonne comme une claque.

Je ne suis pas objectif : je connais Florent-Emilio Siri. J’ai eu le plaisir de le rencontrer quelques jours après l’une des premières projections. Nous avons parlé évidemment cinéma. Florent est un gars sincère et doué. Il aime le cinéma de genre. Après Une minute de Silence, Nid de Guêpes et Otage, voici son 4ème film.

Il partageait l’idée de traiter la guerre d’Algérie avec son ami Benoît Magimel depuis longtemps. La rencontre avec Patrick Rotman fut décisive. Ce dernier avait déjà écrit un livre sur le passage à l’acte, la torture en Algérie, puis réalisé un double documentaire pour France 3.

Albert Dupontel s’est joint au film. Il est fils de militaire. Lors d’un dîner il y a près d’un an, il sortait du tournage. 2 mois de fournaise au Maroc. Enervé car il n’était pas le héros. Ego d’acteur. Heureux d’être de l’aventure. Dupontel est l’un de nos plus grands acteurs, plus grands talents. L’alternative.

L’Ennemi Intime n’est pas manichéen. FLN et armée française en prennent pour leur grade. Il nous questionne. A 18 ans dans les Aurès, qu’aurions nous fait ? J’ai compris que les seuls à disposer du recul, à s’imposer le recul néceessaire étaient les gradés. Le trouffion est plongé dans l’horreur. On manipule ses émotions. Plus la guerre est sale, plus est conduite par l’affection.

La manipulation affective pour tenir les foule, cela ne vous rappelle rien ?

Et vous, quel votre ennemi intime ?

Jacques Martin et Cécilia Sarkozy

Merci Jacques.

Pendant quelques heures, tu as pris ta revanche sur celui qui t’a piqué ta femme; tu l’as éclipsé des journaux télévisés. Certes, certains se demandent si Nicolas Sarkozy doit rentrer de Hongrie, ou si Cécilia se rendra à tes obsèques.

Merci Jacques.

La république des blogs

Je vais aller à la République des blogs. Presqu’un coming out. Pas obligé de dire qui je suis. Juste Juan de Sarkofrance. . Dagrouik le conseille. Sans son clin d’oeil, je ne me serai pas motivé.

Et si je rencontre une connaissance ?

On verra. Zen et improvisation. La Sarkofrance devient écoeurante. Il faut sortir du bois.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."