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Un maire Vert de rage

« Eliminer les écologistes. Tel semble être le désir fulgurant des socialistes et leur objectif pour les prochaines municipales à Paris. Or tout ce qui enchante aujourd’hui les Parisiens, dans une ville qui étouffait sous les pollutions de tous ordres, et cela tous les sondages et études d’opinion le confirment, est à l’initiative, et a été réalisé, grâce, et sous l’impulsion des élus écologistes. La liste est longue : jardins, arbres, circulation réaménagée, vélos, bio dans les cantines, tri des déchets, protection du patrimoine (PLU), résorption de l’habitat insalubre, eau de qualité, plan climat, informatique accessible dans les lieux publics, ainsi que la plupart des actions culturelles… (avant que Christophe Girard ne rejoigne le PS – on se demande encore pourquoi).

Ce n’est pas rien. Ces actions utiles autant que nécessaires, visibles et efficaces, sont toutes, je dis bien toutes, le fait de la volonté initiale des écologistes parisiens. Elles figuraient au coeur de leur programme. Les Verts les ont portées et pour la plupart imposées, à la force non pas du poignet, mais de leur conviction, au cours des débats du Conseil de Paris.

Bertrand Delanoë souffrirait-il du syndrome de Stockholm ? « Pris en otage » par des Verts « pratiquant la surenchère », il assume maintenant de piquer leurs idées ! Et dans le même temps, il assure qu’il « ira plus loin », sans que l’on sache d’ailleurs très bien où.

Autrement dit, aujourd’hui, les socialistes, dans la panade totale, sans projet, empêtrés dans leur guerre de chefs, envisagent de se reconstruire, grâce aux municipales, sur le dos des écologistes. Ils ne savent plus « où ils habitent » pour parler crûment et surtout ne savent plus ce qu’ils pensent, n’ont plus d’idées, sont déconnectés de la réalité. Le nez au vent médiatique, ils viennent de renier les 35 heures, de se rallier à la société du mérite et assassinent l’Etat-providence.

Alors recruter, faire le ménage dans les rangs écologistes et s’approprier leurs actions et leur programme, semble être leur unique volonté, leur seul point de vue. C’est un peu court et l’on rêve d’autres choses quand on est de gauche.

JE SUIS EN COLÈRE

En tant qu’unique maire écologiste d’un arrondissement de Paris – le 2e -, je suis en colère. Notre bilan, nos progrès, nos avancées me confortent. De plus, il se trouve que j’ai travaillé, malgré les contrariétés, en bonne intelligence avec toute l’équipe municipale de gauche, Verts, PS, PC, MRC. Tous ensemble, nous nous sommes engagés pour une meilleure vie quotidienne des habitants du 2e arrondissement, qui nous le disent chaque jour et reconnaissent notre travail.

Tous les élus écologistes, dans les autres arrondissements, ont aussi beaucoup oeuvré, au grand contentement des Parisiens. Aujourd’hui, chacun reconnaît que ce que nous avons passionnément bâti, durant près de sept ans, dans l’adversité, pour ne pas dire l’hostilité, pose les fondations d’une ville capable d’affronter les défis du XXIe siècle. Sans attendre de la reconnaissance, nous espérons de notre partenaire principal respect et considération. Or nous assistons en ce début de campagne au lancement d’une entreprise de pillage et de dénigrement. N’insultez pas l’avenir, camarades socialistes, vous aurez encore besoin du ferment vert !

Je n’admets pas cette volonté de dénigrer ses partenaires. J’accepte d’autant moins ce mépris de la part des socialistes, qu’il vient après qu’ils eurent tenté de s’attribuer les actions et les batailles gagnées par les écologistes. Or sans eux, sans nous, sans notre volonté, à Paris, pour Paris, c’est l’espoir d’une alternative, crédible nationalement, qui n’existerait pas. »

Jacques Boutault est maire du 2e arrondissement de Paris.

Copyright Le Monde du 12/9/07

Chroniques précaires : effets de seuils et CMU

Un récent décret réduit de 4 à 1 an le maintien de la protection médicale gratuite pour plusieurs catégories de personnes, dont les femmes seules (veuves ou divorcées) et les travailleurs précaires.

Le sort a voulu que ce décret (n°2007-199, article 9) paraisse le jour de la Saint Valentin, le 14 février 2007, signé par Dominique de Villepin et Xavier Bertrand … La formulation est toujours sybilline:

. – L’article R. 161-3 du code de la sécurité sociale est ainsi modifié : Au deuxième alinéa, les mots : « quatre ans » sont remplacés par les mots : « douze mois ».

Depuis 1993, toute personne ayant travaillé 60 heures pendant un mois, ou 120 heures pendant 3 mois, était assurée de conserver ses droits aux prestations en nature de l’assurance maladie (soins et hospitalisation) pendant 4 ans. Le Monde relève les conséquences dramatiques de cet abaissement pour les femmes seules, « divorcées sans activité professionnelle ainsi que les veuves n’ayant ni retraite ni pension de réversion. Après la séparation ou le décès de leur conjoint, elles avaient également droit gratuitement au maintien de leur protection sociale pendant quatre ans ; ce délai de grâce est ramené à un an. »

Seules les veuves avec 3 enfants à charge restent épargnées par cette réduction. Une lectrice du Monde trouve ce critère d’enfants injuste :

« Je trouve cette règle des 3 enfants profondément injuste, aux hommes on ne leur demande rien de tout ça… Et tout ça pour des Anglais futés qui s’installent en France parce qu’ils ont compris les avantages du système tout en faisant grimper l’immobilier local! »

En réalité, la question presque philosophique qui est posée est celle de « l’effet de seuil » en matière de santé : jusqu’à 2 enfants, une femme seule doit travailler ou faire appel à la CMU complémentaire (gratuite), si ses revenus sont inférieurs à 7 272 euros par an. Mais si elle franchit ce seuil (et-ou dépasse 2 enfants à charge), elle doit s’acquitter de 8% de prélèvement pour toucher la CMU, sans dégressivité.

L’effet de seuil est inévitable dès qu’un … seuil est défini. Il peut être atténué en introduisant une dose de progressivité. En matière de fiscalité comme de prestations sociales. Ici, c’est de santé dont il s’agit.

The Day I was American.

Je suis arrivé à JFK Airport lundi 10 septembre 2001 au soir; nous avions deux rendez vous le lendemain. L’un chez des américains souhaitant créer une joint-venture avec nous. L’autre avec le DG de la filiale new-yorkaise d’un grand groupe français. Un voyage de 48 heures. J’avais pris ma caméra JVC, sans recharge. Le voyage était court. Retour prévu le mercredi 12 au matin.

Petit hôtel dans le centre de Manhattan. Au réveil, je descend prendre un petit dej dans un « diner » voisin. Il est 7h30 environ. Nous sommes à 43ème rue et Broadway. J’avise un café internet (pas de blackberry, twiter, 3G à l’époque). Un écran géant retransmet NYOne, le télé locale. Interruption, image du WTC, un trou au beau milieu de l’une des tours. Je cours à l’hôtel prévenir mon boss: « y a le feu au WTC !« . J’appelle ma femme: « il y a un problème ici. Ne t’inquiète pas. Je n’irai pas aux tours.« Nous voyons dans le poste le second crash d’avion. Je n’ai pu joindre la France par téléphone avant 24 heures.

Nous nous rendons chez nos hôtes américains. Une autre tour proche de Time Square. L’oeil rivé sur un poste de Tv. des bruits sourds d’avions dans le ciel. Un oeil vers la fenêtre vers le Sud en fumée. Puis une Tour tombe, devant nous. On pleure. Une secrétaire appelle ses enfants au téléphone (« get home » »). La réunion s’achève. Puis la seconde Tour s’effondre aussi. Une panique « calme ». On descend tous.

Le soir, un ami français résident vers la 8ème rue nous permet de franchir les barrages au sud de l’île. Va et viens de camions, pompiers et volontaires déterminés à l’aller, équipes grises de poussières au retour. Des passants tendent des drapeaux et des sandwiches. Au fond, à 400 mètres, un halo de lumière à Ground Zero. Ils creusent.

J’ai mis 5 jours pour revenir en France, en passant par Montreal. La Fête de l’Huma démarrait quand nous avons atterris.

La vie dans rue

Yannick Marechal a débuté une série de reportages sur la vie dans la rue. Images simples, touchantes. A voir d’urgence.

Ceci est mon premier film, ayant pour ambition d’approcher la réalité de la rue tout en montrant les difficultés que pouvaint endurer les SDF au quotidien. Suite à l’intervention de policiers et d’ambulanciers par 3 fois (interdiction de filmer) j’ai essayé au mieux de retranscrire l’atmosphere de cette soirée. L’objectif étant de montrer la Misère tel qu’on a pas l’habitude de la voir !

Chroniques précaires : on ne prête qu’aux riches.

En 2000, un ami a créé son entreprise d’édition dans le domaine culturel. Initialement seul, il a embauché un stagiaire, puis un employée. Sa PME compte aujourd’hui 3 personnes. Quelle fut l’attitude des banques, alors qu’il n’a ni emprunt ni historique de défaillance de paiements, 7 ans après sa création ? Auccun découvert autorisé. Pas un euro. Sa société est juste à l’équilibre.

En 2004, une proche a repris un commerce de prêt-à-porter, avec un associé déjà propriétaire de 3 boutiques profitables. Pour racheter le fonds de commerce et financer les aménagements intérieurs, il fallut emprunter. Le Crédit Mutuel accepta de prêter 12 000 euros, avec caution personnelle. Aux premiers aménagements, premières surprises: la banque déclara qu’elle libérerait les fonds à fur et à mesure de la réception des factures de travaux. Envie de meurtre. Changement de banque.

Morale de l’histoire : on ne prête qu’aux riches.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."