Yann Arthus Bertrand et Nicolas Hulot : faux écolos ?

Le récent déplacement – coûteux – de Jean-Louis Borloo sur les banquises du Groenland me donne l’occasion de revenir sur les projets récents de deux figures de l’écologie médiatique. Ils sont tous deux engagés dans un projet documentaire sur l’avenir de la planète. Tous deux ont été fascinés par UNE VERITE QUI DERANGE, le documentaire de Davis Guggenheim, commenté par Al Gore sorti en France l’an dernier (500 000 entrées). « Pourquoi pas moi ? »

Le premier, Yann Arthus Bertrand, vulgarise l’écologie à travers ses explorations « vues du ciel » de notre planète, diffusée sur France 2. Il veut témoigner de l’état écologique de la planète en survolant les endroits les plus menacés du monde. Coût de fabrication du documentaire : 11 millions d’euros. Il cherche des sponsors.

Nicolas Hulot est plus modeste : avec 4 millions d’euros, il entend sensibiliser les foules dans un film documentaire construit à partir de son expérience d’Ushuaïa (Rhône Poulenc présente : « Bienvenue dans un monde meilleur ») et son livre « LE SYNDROME DU TITANIC ». France Télécom finance le programme pour ses services VOD, TF1 par obligation.

Faut il se réjouir de ces deux programmes ? Faut il passer toutes les compromissions pour espérer faire avancer un peu la cause de l’écologie ?

Hulot a tué l’écologie politique en 2007 avec son pacte. Ce dernier ne proposait même pas Velib ou l’interdiction des OGM. Rien sur le nucléaire ni les transports collectifs.

Yann Arthus Bertrand, lui, a voté Voynet (il me l’a dit). Mais il est allé présenter son projet au Président élu le 31 mai dernier. Pourquoi ?

Hulot et Arthus Bertrand auraient dû étudier davantage le succès du documentaire d’Al Gore : les deux seuls pays occidentaux où ce film a rencontré un vrai succès sont les deux retardataires de l’écologie mondiale : la France et les Etats Unis. Le doc a fait un flop dans les pays du Nord ou l’Allemagne…

Gnark Gnark.

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La charte de François

Le Modem se réunissait à Seignosse. J’avoue que l’UDF ne m’a jamais attiré. Un parti de droite ET de notables. A l’opposé de la quasi-totalité des positions progressistes : libéral en économie, ignorant en écologie, suppletif du pouvoir RPR-UMP-, parfois mouillé – que dis-je – trempé dans les magouilles (Bariani,

François Bayrou m’a exaspéré pendant la campagne, pour ce qu’il incarne de position intermédiaire. La politique est faite de conflits (conviction personnelle) et de compromis. Quand le compromis déborde sur le conflits, rien n’avance. Ecoutons François (ne vous endormez pas!).

François Bayrou revendique 45 000 adhésions depuis mai 2007. Il faut lui reconnaître – quelquesoit ses motivations – qu’il est allé au bout de la rupture. La vraie. Celle contre son camp d’origine – la droite. Il a porté les attaques les plus justes contre Nicolas Sarkozy; Mais il n’a pas été le seul.

Il a proposé une charte de valeur (merci Luc) et une charte éthique (merci Luc – bis). Et honnêtement, il y a beaucoup à dire. Préalable : l’auteur de ce blog est favorable à toutes les alliances pour battre l’ump, Sakozy (sauf à renier son âme – mais ce n’est pas le sujet).

Ces chartes proclament une exigence démocratique : bravo, merci.

Je prends 2 exemples :

1. « Le Mouvement démocrate est indépendant de toutes les puissances d’influence ». Dommage. C’est juste faux. Un exemple ? François Bayrou est membre de France Galop, un cercle très influent, où il peut cotoyer Michel Denisot, Hervé Morin, Noël Forgeat, ou Arnaud Lagardère.

2. « Le développement de la social-économie exige la liberté et la responsabilités des acteurs économiques, mais aussi des acteurs sociaux, civiques et associatifs. » Dommage. C’est juste incompréhensible. On ne bâtit pas un parti politique en criant des banalités. La politique est une affaire de choix. « la liberté et la responsabilité des acteurs » signifient elles qu’il faille accepter le service minimum ou l’ISF ?

Je ne souhaite pas « charger » le Modem. Il y a des individualités quiveulent bouger. Et les autres partis ne sont pas forcément plus aptes à la cohérence. Mais svp, faites vous désirer !

L’ennemi intime

L’un des films que j’attendais depuis longtemps. Il sort le 3 octobre, au bon moment. Un candidat s’était servi de la repentance comme d’un argument de campagne : oubliez votre histoire, braves Français. Ce film sonne comme une claque.

Je ne suis pas objectif : je connais Florent-Emilio Siri. J’ai eu le plaisir de le rencontrer quelques jours après l’une des premières projections. Nous avons parlé évidemment cinéma. Florent est un gars sincère et doué. Il aime le cinéma de genre. Après Une minute de Silence, Nid de Guêpes et Otage, voici son 4ème film.

Il partageait l’idée de traiter la guerre d’Algérie avec son ami Benoît Magimel depuis longtemps. La rencontre avec Patrick Rotman fut décisive. Ce dernier avait déjà écrit un livre sur le passage à l’acte, la torture en Algérie, puis réalisé un double documentaire pour France 3.

Albert Dupontel s’est joint au film. Il est fils de militaire. Lors d’un dîner il y a près d’un an, il sortait du tournage. 2 mois de fournaise au Maroc. Enervé car il n’était pas le héros. Ego d’acteur. Heureux d’être de l’aventure. Dupontel est l’un de nos plus grands acteurs, plus grands talents. L’alternative.

L’Ennemi Intime n’est pas manichéen. FLN et armée française en prennent pour leur grade. Il nous questionne. A 18 ans dans les Aurès, qu’aurions nous fait ? J’ai compris que les seuls à disposer du recul, à s’imposer le recul néceessaire étaient les gradés. Le trouffion est plongé dans l’horreur. On manipule ses émotions. Plus la guerre est sale, plus est conduite par l’affection.

La manipulation affective pour tenir les foule, cela ne vous rappelle rien ?

Et vous, quel votre ennemi intime ?

Jacques Martin et Cécilia Sarkozy

Merci Jacques.

Pendant quelques heures, tu as pris ta revanche sur celui qui t’a piqué ta femme; tu l’as éclipsé des journaux télévisés. Certes, certains se demandent si Nicolas Sarkozy doit rentrer de Hongrie, ou si Cécilia se rendra à tes obsèques.

Merci Jacques.

La république des blogs

Je vais aller à la République des blogs. Presqu’un coming out. Pas obligé de dire qui je suis. Juste Juan de Sarkofrance. . Dagrouik le conseille. Sans son clin d’oeil, je ne me serai pas motivé.

Et si je rencontre une connaissance ?

On verra. Zen et improvisation. La Sarkofrance devient écoeurante. Il faut sortir du bois.

Le marché crée-t-il la politique ?

Libération a ouvert son Forum à Grenoble vendredi 14 septembre. Dans ses multiples face-à-face, Martin Hirsch, Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, se retrouver face à Denis MacShane  Ancien ministre britannique des Affaires européennes. Ce dernier fait preuve d’un pragmatisme très britannique et énonce 10 propositions. Malheureusement, ces réponses ne correspondent pas à la question . Et elles sont souvent d’une confondante langue de bois. Jugez plutôt:

1. Enoncer clairement le problème. Les pauvres existent. La pauvreté existe. La gauche a recours à des euphémismes comme «exclusion sociale» alors qu’au quotidien, la pauvreté n’a pas disparu.

2. Tirer des enseignements des autres pays. Pourquoi certains pays, certaines régions, sont-ils moins pauvres que d’autres ?

3. Décréter un salaire minimum européen. Le concept d’un salaire de base, sous la supervision des syndicats, devrait devenir un droit universel.

4. Ne pas toujours s’en prendre aux riches. Inégalité et pauvreté ne sont pas la même chose. Combattre la pauvreté reste la priorité.

5. Introduire un impôt sur le revenu «négatif». C’est l’un des succès surprises de la Grande-Bretagne du Labour. 6 millions de personnes aux faibles revenus perçoivent une aide de l’Etat par le biais du système d’imposition. Cette redistribution convertit des aides sociales en salaires.

6. Trouver du travail pour les travailleurs. La pauvreté n’a jamais été vaincue uniquement par l’aide sociale. La pauvreté la plus dure sera abolie par le travail.

7. Réinventer les syndicats. Les pauvres sont exclus des syndicats qui ne représentent que les salariés. En France, les salariés de la plupart des syndicats sont payés par les contribuables. C’est un transfert de revenus d’ouvriers pauvres vers le secteur capitaliste en faveur de salariés aux emplois protégés.

8. Dire la vérité sur la pauvreté dans le monde. Le FMI et la Banque Mondiale paupérisent la planète. Ils représentent des élites politiques qui volent la richesse de leurs nations pour la placer dans des banques.

9. Ouvrir les économies. Le protectionnisme agricole en Europe contribue à la pauvreté en Afrique. La pauvreté ne sera pas abolie en France tant qu’elle existera au Maroc ou au Sénégal.

10. Donner plus de pouvoir aux femmes. Elles sont les vraies pauvres de l’Europe et du monde.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."