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L’islam et le sexe

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Le dernier film d’Atiq Rahimi fait parler. L’auteur, écrivain trouble, aborde un sujet  qui est – je l’avoue – une interrogation personnelle sur les religions – le rapport au sexe dans la religion, la religion comme instrument de domination masculine. Atiq Rahimi l’aborde de façon assez brutale. Oublions l’auteur, trop proche d’un autre autocratisme – au Maroc; trop prudent contre les printemps arabes. Conservons le fond du discours. C’est donc l’histoire d’une femme qui veille sur son mari dans le coma à cause d’une blessure de guerre en Afghanistan; et qui lui raconte ses quatre vérités sur combien l’homme, bien plus vieux qu’elle, ne sait pas honorer sa compagne.

Une histoire toute simple qui interroge. Cette affaire de femme contrainte, voilée, asservie, ce n’est que cela ? Une histoire de cul mal gérée ? Un stress érotique qu’il faudrait contenir ?

L’auteur explique, sur Rue89.

« La femme afghane, comme toutes les femmes du monde, a un corps, des rêves, des désirs, des plaisirs… Dans une société phallocrate, tout lui est retiré. Nous sommes ici en Afghanistan avec les barbus, les talibans, et au milieu de tout ça, il y a une femme qui ressent des choses.

Pour qu’un être opprimé, dans un pays comme l’Afghanistan, puisse enfin prendre la parole, il fallait d’abord paralyser ce système dictatorial. A travers le corps inerte du mari, c’est tout le système qui est paralysé, blessé… Celui de l’héroïne peut enfin s’ouvrir et s’épanouir ».

 

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Sommes-nous désintégrés ?

C’est un film qui fait mal sur une histoire connue et anonyme. Le parcours d’un jeune maghrébin vers l’attentat suicide.

En France.

La chose n’a rien d’une superproduction hollywoodienne. Ce n’est pas l’étouffant et époustouflant ROYAUME, qui traitait d’un autre attentat suicide, gigantesque, en Arabie Saoudite.

Celui-là est plus discret, méthodique, touchant mais glaçant. C’est un film de Philippe FAUCON: LA DESINTEGRATION.

Il porte bien son titre, fortement symbolique. Le message n’est pas martelé, il est vécu au plus juste, au plus simple.

Au-delà de l’histoire, c’est notre parcours collectif, son échec et son avenir qui sont décris par petites touches et phrases cinglantes. Philippe FAUCON sait y faire, sans s’appesantir. Certaines situations feront écho à certain(e)s d’entre nous.

Le premier désarroi devant la conversion à l’Islam radical d’un jeune homme révolté par l’exclusion sociale dont il souffre se lit dans le regard de sa mère qui comprend soudain qu’il est trop tard: « mon fils, c’est bien que tu sois devenu pieux. Mais la religion se parle avec amour. »

Sommes-nous à ce point désintégrés ?