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Villeneuve-sur-Lot: voter inutile

Votre serviteur a toujours encouragé le vote, quoiqu’il arrive, partout et en toutes circonstances.

Mais quand ce vote était utile.

Ce dimanche, les électeurs de Villeneuve-sur-Lot sont appelés à voter au second tour de l’élection législative partielle. Il s’agit de départager un candidat UMP et un candidat Front National.

Si j’étais électeur local, il est probable que je choisirai l’abstention. Je m’interroge.

1. Que le Front National obtienne un député de plus ou pas ne changera absolument rien à l’équilibre des forces à l’Assemblée. Ce député sera un jeune gars visiblement paumé comme bien d’autres. Un type qui a l’air sympa sur les photos, si sympa qu’il a « liké » Bachar el Assad sur Facebook (trop cool, le Rassemblement bleu Marine); une petite ordure qui « déborde » son paternel sur la droite comme l’a écrit Sud Ouest.

2. Il serait dommage que l’UMP gagne un député grâce aux voix de la gauche. Elle est devenue nationalement trop proche du Front national.

3. Quelques hiérarques à gauche, du PS au Front de gauche, pourraient croire qu’une plus forte mobilisation est le signe que tout n’est pas perdu. Il n’ont rien compris au problème qui est pourtant simple: la gauche ne débat plus, elle s’invective; elle se bouffe de l’intérieur. Quelques dirigeants du PS pensent même que ce 16 juin local était un 21 avril à cause de Cahuzac. Quelques dirigeants du FDG se prennent encore pour des Robespierre.

Pour ces trois raisons, donc, il est probable que je choisirai l’abstention. Le vote utile n’a de sens que lorsqu’il est utile.

Pas envie d’écrire

Presque trois semaines sans famille, le travail, la fatigue. Pas envie d’écrire de billets.

L’actualité est propice. Hollande nous rend service. Il parle souvent, tous les jours, plusieurs fois par jour. C’est heureux. Je préfère commenter celui qu’on a élu que les couacs et désaccords que j’ai avec certains de ses ministres.

Commenter Hollande est comme reprendre le fil d’une longue séquence entamée voici 6 ans. Mais pour le reste, être autre actualité politique. Il y a trop a dire, à faire, à comprendre.

Pas envie d’écrire…

Le CNR à la retraite ?

Hollande parle à des lycéens. Il célèbre de cette façon la création du Conseil National de la Résistance, il y a 70 ans.

A gauche, au centre et encore un peu à droite, le CNR est un modèle présent dans nos mémoires. Une référence évidente, le symbole d’une union presque nationale – n’oublions pas les collabos qui n’en étaient pas – pour poser les bases d’une nouvelle solidarité nationale.

A l’époque, l’ennemi était connu, identifié. On savait comment le battre. On allait le battre. Quand le CNR fut fondé, la victoire contre le nazisme était plus qu’un espoir.

Autant dire que notre situation n’a pas grand chose à voir. L’ennemi est protéiforme, éparpillé. Nous-même cherchons à éviter de simplifier la réalité. Mais la principale difficulté qui collectivement nous étreint est ailleurs: la source de nos ennuis ne fait même pas l’objet d’un consensus national. Résister, bien sûr, mais contre qui ? Posez cette question et les réponses fuseront, contradictoires.

Twitter et le brouhaha

C’est un essai que nous irons lire, « Écrire à l’heure du tout-message » de Jean-Claude Monod. L’hebdo Marianne s’en fait l’écho dans sa livraison du week-end dernier.

Un essai sur ce brouhaha qui, à la lecture de cette première analyse, ressemble fort à une thèse défendue progressivement dans ses colonnes et ailleurs: comment comprendre puis de débattre sereinement dans ce brouhaha généralisé ?

« En adoptant les défauts de l’oral, l’écrit se constitue en bruit, devenant un bavardage, dessine les contours d’un brouhaha mondial. »

La salve est sévère mais elle résume assez bien un sentiment personnel qui n’a pas grand chose a voir avec la simple situation politique. La rapidité de nos réseaux sociaux, parfois, pèse lourd dans le manque d’analyse, de recul et de discussions.

Parfois.

Est ce inéluctable ?

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Burn out, les ravages du travail et d’ailleurs

Alors que Frédéric Santos, sur Ragemag, questionne la légitimité du travail, un livre personnel sur le « burn out » sort en librairie (*). Et l’interrogation surgit, vite et concise, sur Twitter.

L’épuisement  est-il l’une des conséquences du néolibéralisme ? Certainement mais pas seulement.

La pression professionnelle si extrême s’est largement propagée un peu partout que les « suicides » au travail nous choquent autant qu’ils se multiplient. « Rentabiliser » chacun de nos actes professionnels génère ce surcroît de pression qui en précipitent certains vers l’épuisement voire le suicide. Tout est devenu concurrence, les contrôles et filets de sécurité sont fragiles ou inexistants.

Mais le Burn Out menace ailleurs. L’épreuve d’une campagne politique n’est pas sans risque. Je me souviens de quelques moments d’épuisement dans la dernière ligne droite de Sarkofrance. La moindre contrariété prend  une ampleur inexplicable. Il fut sans conséquence. La victoire sauva les meubles. Immense soulagement, le corps et l’esprit récupèrent.

Respirez, résistez.

Tenez bon.

 

 

 

 

(*) Aude Selly, Quand le travail vous tue, histoire d’un burn-out et de sa guérison (Editions Maxima)

Contre le FN, le rassemblement sera sans moi. Ou bien.

Les élections municipales approchant, quelques mouvements inattendus ou trop prévisibles se dévoilent.

Il faudrait se regrouper, penser à l’essentiel, négliger la violence du combat récent, oublier que nous sommes opposés puisqu’ils le disent, traîtres puisqu’ils le crient.

Serais je énervé ? Mais noooooon. La tactique du parler dru et cru mériterait plus grave.

Lire un billet d’un respectable supporteur du Front de Gauche réclamant le rassemblement contre le FN.

Se dire que c’est trop tard.

Se dire que finalement, ce sera chacun sa merde.

Ce ne serait pas correct. C’est pourtant tentant, presque nécessaire. Pourquoi penser que le chantage au vote utile serait plus légitime dans un sens que dans un autre ? Évidemment qu’il faut combattre  » les véritables ennemis de la démocratie ». What else ? Evidemment que le combat quasiment de rue contre le F-Haine par le Front de gauche est à soutenir.

Sans doute faut il que je convoque nos engagements passés, nos appels récurrents au débat serein et aux alliances utiles. Sans doute l’expérience écologiste fournit elle quelques utiles souvenirs que l’union fait la force. Les écolos français ne sont pas et nulle part un parti majoritaire. On apprend donc à négocier même si parfois le chemin est semé d’embûches.

La question n’est pas vraiment celle de savoir si le Vote blanc est une option contre le FN, ni même, évidemment, si l’on n’hésite à voter FDG pour faire un éventuel barrage. Non, vraiment… La question est ailleurs, plus grave. Il s’agit de savoir si à force de se prendre des coups dans la gueule en lieu et place de tout débat, on a une quelconque envie de soutenir encore un combat dit républicain. Car la tentation est grande d’en laisser certains se démerder avec leur responsabilité.

Qu’on nous préserve tous de pareils sentiments.

On sait qui gagne à la fin.