Tous les articles par Juan S.

Qu’est-ce qu’être de gauche ?

Moi aussi je m’accroche, n’en déplaise aux un(e)s et aux autres, à cette notion de gauche. Mais je ne cherche pas/plus à délivrer des cartons de gauchitude aux unes et aux autres. Je sais bien, comme vous, que certains élus « par » la gauche ne gouvernent pas « à gauche« . L’important n’est plus  forcément là.

On se dispute la « gauchitude » pour une raison plus simple – le soutien de l’électorat dit de gauche, son soutien aux prochaines élections. Manuel Valls tente ainsi une OPA sur le gros du contingent PS, les militants, ses sympathisants. Il veut les convaincre qu’il faut aller dans sa direction au motif qu’elle est « moderne ». J’ai quelque mal à penser que ce qui me semblait ringard quand j’avais 20 ans serait moderne quand j’en ai 44.

—-

On peut être de gauche et discuter avec des gens de droite. Et même gouverner avec des gens de droite. Assumer des désaccords mais avancer ensemble car il faut parfois de l’unité nationale. La situation actuelle nous fait croire qu’il est impossible de se parler; c’est faux. Ce sont toujours les virulents qui parlent le plus fort, en premier, et le plus longtemps. En politique, dans les médias, et … dans les réseaux sociaux.

Bref…

Dans Politis, l’hebdo de ma jeunesse (campagne Juquin 1988, hein ?), Denis Sieffert se livre à l’exercice.

La faillite de la cour des comptes

La Cour des Comptes a livré son dernier réquisitoire. Cette fois-ci, c’est contre le TGV. On pourrait applaudir. Le TGV est devenu un produit de luxe pour un grand nombre. Il a focalisé les énergies SNCFiennes aux détriments de nos lignes de tous les jours, ces RER moins cotés, ces TER moins centraux.

Bref, fustiger l’absurde course à la modernité 1ère classe pour happy few aurait pu être une bonne chose.

Mais la Cour des comptes a fini par me taper sur le système. Sa proportion à ne juger la dépense publique qu’à l’aune d’un raisonnement mathématique, abrité derrière de nombreux caveats cachés dans des sous-paragraphes que personne ne lit, est devenu épuisant.

Sivens: le complot de l’extrême gauche… sans rire?

J’avais zappé l’info. Loin de France, l’actualité française ne ressemble pas à grand chose.

La droite furibarde ressort le mythe du complot d’extrême gauche.

Mais un jeune homme est mort.

Quelques leaders écologistes ont accusé l’irresponsabilité gendarmique. Au moment même où Manuel Valls fustigeait les accusateurs, le procureur de la République en charge de l’enquête reconnaissait que des traces d’une grenade explosive avait été retrouvé sur le cadavre de la victime.

Patatras pour la version initiale.

Lundi 27 octobre, voici le communiqué d’EELV

Après la mort d’un jeune militant de la nature de 21 ans, Rémi Fraisse, c’est toute la famille écologiste qui se trouve orpheline et sous le choc.

Dans l’attente des résultats de son autopsie, EELV exprime son profond soutien à la famille et aux proches de Rémi Fraisse dans cette épreuve terrible, et exige que toute la vérité soit au plus vite établie. Nous attendons une enquête exemplaire sur sa mort et sur les circonstances de ce drame.

D’un drame écologique, le barrage de Sivens devient donc également un drame humain : EELV exige plus que jamais l’arrêt immédiat des travaux.

Le rapport d’expertise présenté lundi 26 octobre concentre toutes les critiques formulées depuis des mois par les écologistes. Surestimation des besoins, étude d’impact de qualité «très moyenne», financement du projet «fragile» : ce rapport prouve la précipitation et l’inutilité d’un tel projet, qui ne bénéficiera, selon les deux experts mandatés, qu’à une quarantaine de personnes.

Ainsi les conséquences désastreuses du projet, à savoir la destruction irréversible d’une zone humide de 13 hectares – véritable espace de biodiversité où vivent 94 espèces protégées – le déboisement total de la zone, un coût d’investissement faramineux -financé par l’argent public- ne profiteraient qu’à l’intérêt d’une poignée d’exploitants qui répond à la logique d’une agriculture productiviste, anti-écologique et dépassée. Pour les écologistes, c’est une insulte faite à l’intérêt général. »

 

Salame

Quand le faux retour de Mélenchon fait du bien

Quand Jean-Luc Mélenchon s’est retrouvé assis sur l’étrange fauteuil d’On N’est Pas Couché il y a 10 jours, il a du faire face à une rage inattendue de Léa Salamé. Cette journaliste, qui a pris le relais de Natacha Polony partie sur Canal+ en début de saison, est habituellement calme et posée quand elle interroge.

Face à Mélenchon, elle semblait lui en vouloir comme s’il s’agissait d’une affaire personnelle, usant même d’arguments/questions des plus improbables (rappelez-vous  l’inoubliable moment où Salamé s’écrie « Mais donc, vous n’êtes plus de gauche ?« ).

Mélenchon a ce souci: même dans des émissions où l’on peut espérer davantage de temps que lors des poignées de minutes consacrées aux interviews matinales, Mélenchon a la formule qui claque. On s’est déjà exclamé ici de certaines de ses sorties.

Mélenchon sait se saisir de ces moments mêmes courts. Mais ce sont souvent là où il dérape le plus – ce n’est qu’un avis personnel. Chaque fois qu’il prend le temps de l’explication, il vise bien et juste. C’est encore l’un des rares à reconnaître, dans ces moments de temps longs, quand il doute ou ne sait pas. C’est là où il me raccroche à ses idées, quand certains de ses thuriféraires des réseaux sociaux m’en éloignent par la violence courte et sèche de leurs arguments en 140 caractères.

Après cette séquence tardive sur France télévisions, Melenchon a poursuivi sa semaine politique jusqu’à publier un long texte sur son blog le 24 octobre, où il revient sur le traumatisme au PS.  Il prédit la destruction politique prochaine des micro-chapelles contestataires au PS, j’applaudis. « Valls n’en fera qu’une bouchée« .

Valls, surtout, vise le centre, c’est-à-dire la droite, dans la perspective d’un éclatement de l’UMP. C’est un schéma de « grande coalition« , à l’allemande, qu’il préconise. Et qu’importe si les conservateurs y tiennent le gouvernail.

Face à cela, Mélenchon appelle à maintenir la pression, mais aussi à ne pas fermer la porte aux contestataires et autres frondeurs.  Et surtout pas à Martine Aubry, avec laquelle il dresse le constat de ses accords et désaccords.

« Son aide argumentaire contre la politique du gouvernement ne doit pas être sous-estimée. Elle est la bienvenue. On y sent le haut-le-cœur que soulève la politique au pouvoir dans les rangs du socialisme traditionnel de la région nordiste qui en a été le berceau. De toute évidence, il ne peut être question de faire dire à Martine Aubry ce qu’elle ne veut pas dire. Donc, pour mener la bataille à venir, nous ne pouvons encore compter que sur nous-mêmes. Mais je crois que c’est une situation provisoire. Une lourde déflagration semble mûrir dans le gouffre solférinien où se sont accumulés des gaz très inflammables. »

A bon entendeur…

Hollande s’est dissous

C’était pourtant sa marque de fabrique, l’homme de la synthèse idéale ou réussie, quand il dirigeait le parti socialiste.

Pour réussir une synthèse, Hollande le sait, il faut tendre les mains un peu partout autour de soi, avec toutes celles et ceux qui ont vocation à participer à la dite synthèse.

Lors d’un déplacement à Dijon, Hollande s’est voulu rassembleur, au-delà de sa propre famille politique. Hollande n’est pas clivant comme Sarkozy savait l’être.

Mais il s’est tranquillement coupé de sa gauche sans que cela semble le gêner. Qui sera surpris de la voir désormais réclamer la dissolution ?

Il gouverne à droite, en espérant s’allier les centristes après leur avoir claquer la porte au nez en juin 2012. Qui sera surpris de les voir désormais réclamer la dissolution ?

Il expulse l’UMP et la Sarkozie toute entière vers les bas-fonds de l’extrême droite et de la Droite furibarde. Nul espoir de synthèse à chercher avec elles.

Hollande invoque la République, il peut.

« Ce que doit rechercher un président de la République, c’est l’unité du pays, alors que nous sommes dans un moment où tout est fragmenté, tout est divisé, tout est séparé, tout est exacerbé. Donc ma tâche, mon rôle, mon devoir, c’est de réunir, de faire comprendre que nous sommes tous ensemble, que nous avons besoin de destin commun, de bien commun, de lien comun et de sens commun pour vivre ensemble. C’est ça, le message de la République. » François Hollande

IMG_1006

God loves gay

Une exposition photographique sur l’identité sexuelle, dans une église, à Amsterdam. Cette expérience tolérante faisait plaisir à voir.

Les clichés montraient des hommes, des femmes, homosexuels, en Europe, en Inde, au Brésil.

IMG_1010.JPG

Nous étions à Amsterdam, la bière était bonne, les touristes peu nombreux.

IMG_1006.JPG

Cette exposition faisait écho aux récents messages de soutien du pape François aux homosexuels. Loin des réactions de rejet que l’on a entendu ces derniers temps en marge et au coeur des « manifs contre eux » organisées contre le mariage gay depuis 2013, le pape François avait d’abord évoqué que les éducateurs devaient désormais « s’interroger sur la façon d’annoncer Jésus-Christ à une génération qui change« , en faisant référence à une petite fille d’un couple lesbien. Le Vatican s’était ensuite empressé de « temporiser » les propos papaux.

Lors du sinode organisé il y a 10 jours au Vatican, le passage sur l’homosexualité – qui reconnait « aux personnes homosexuelles des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne » – a reçu 118 votes favorables contre seulement 62 ‘contre’, même si ce score reste insuffisant pour qu’il ait été finalement adopté.

Je ne suis pas suffisamment spécialiste ni connaisseur de ces choses papales ou de l’organisation de l’Eglise catholique. Il semblerait toutefois que la hiérarchie catholique la plus élevée soit plus progressiste qu’on ne le décrit.

C’est une excellente confirmation.