Merci les Grecs

La Grèce

A l’heure où j’écris ces lignes, le vote en Grèce a commencé. Un vote contre un plan d’austérité supplémentaire (réduction de toutes les pensions, hausse de la TVA), pour rembourser les sommes dues au FMI et à l’Europe. Et obtenir un nouveau plan d’aide.

Je suis forcément déçu par l’attitude des autorités françaises. Hollande n’a pas cherché à soutenir la Grèce dans sa tentative de desserrer l’étau stupide car contreproductif de l’austérité prônée par les créanciers.

L’Euro-group a joué aux huissiers de Cetelem avec l’un des berceaux de la démocratie européenne. En politique, les symboles sont parfois plus forts que les actes.

Ce dimanche, Emmanuel Macron a eu des mots justes, avant de connaître le résultat du vote. On est suffisamment en désaccord dans les colonnes de ce blog pour noter quand il y a convergence.

« Même si le non grec devait l’emporter, notre responsabilité dès demain ce sera de ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro. (…) La situation de la zone grecque nous l’avons co-produite (…) Il faut être exigeant et trouver un compromis pour la Grèce sur la base des réformes, de la soutenabilité de la dette, d’évolution des finances dans le temps. Nous aussi nous devons faire des efforts »

Jean-Luc Mélenchon a eu aussi les mots justes, plus justes encore. Expulser la Grèce de l’Europe, comme le réclamait Nicolas Sarkozy la semaine dernière, serait un cataclysme pour l’idéal européen. Mélenchon se distingue ainsi des souverainistes d’extrême droite qui n’attendent que la fin de l’euro et de l’Europe. En ces temps de confusions des valeurs et des idées, il faut insister sur ces subtilités essentiels.

« Que ce soit « oui » ou que ce soit « non » en Grèce, la France doit empêcher l’expulsion de la Grèce de l’Union européenne et de la zone euro, c’est-à-dire doit reformuler les conditions de survie à l’intérieur de ces deux entités qui permettent à la Grèce de vivre »

Chanson du dimanche: clandestino

Elle est fort à propos, cette chanson.

Datamining et NsA

Dans un nouveau né de la presse française baptisé La Revue du Crieur, un article s’attarde sur la NSA. Avec le recul des dernières révélations de Wikileaks, la lecture mérite l’intérêt. L’auteur explique, à forces de références à l’appui, comment la NSA s’est fondu dans le monde digital moderne. Conçue initialement pour espionner toutes les émissions électromagnétiques de l’ennemi, le service a saisi la montée en puissance de l’internet (1990-2010) avec une gourmandise et une surprise sans bornes.

« Nous savions que l’humanité (…) était en train de placer l’ensemble de sa connaissance sous une forme susceptible d’être intercepté par le renseignement électromangnétique », confiait ainsi l’un des directeurs de la NSA, Michael Hayden, à propos de cette période faste. « Collect it all » était le nouveau slogan.

Le caractère massif et quasi-systématique de l’espionnage par la NSA n’est pas nouveau. Il a fait les preuves, selon l’auteur , de son échec: tout collecter est à peine possible. Tout analyser pour en déduire des attaques terroristes est improbable. Pour ce, il s’agit moins d’espionner les faits (lettres, correspondances, etc) que les « activités« . Détecter les activités anormales revient d’abord à définir ce qu’est une activité « anormale« , un comportement qui « sort » de la marge . Et l’on tombe alors dans toutes les dérives que l’esprit peut imaginer sans les garanties d’une quelconque efficacité.

 

Cet espionnage de masse me semble inéluctable. Mais l’avantage des démocraties est qu’on peut protester contre elles quand elles dérivent. Amnesty International a lancé une pétition il y a quelques temps contre les écoutes dérégulées de la NSA.  Mais plus grave encore me semble notre irresponsabilité collective et notre inaction individuelle contre les réseaux sociaux. Cet espionnage-ci, privé et international, est au-dessus des lois nationales. Il ne répond qu’à une pression, celle du commerce. Ses promoteurs prennent des airs conviviaux et un ton enjoué pour vous expliquer pourquoi leur espionnage n’est ni grave, ni sale, ni méchant.

« C’est pour notre bien », bien sûr.

En me connectant hier à lundi à Google, le site m’invitait à prendre connaissance de ses conditions de confidentialité, via un pop-up en plein écran.

Pour une fois, j’ai cliqué pour en savoir davantage.

« Lorsque par exemple vous cherchez un restaurant sur Google Maps ou visionnez une vidéo sur YouTube, nous traitons les informations liées à cette activité, comme la vidéo que vous avez regardée, l’identifiant de votre appareil, votre adresse IP, vos cookies ou votre position. »

Les explications de Google sur les motifs de cette collecte systématique sont explicites, et joliment formulées:

  • Permettre à nos services de proposer des contenus plus utiles et personnalisés, tels que des résultats de recherche plus pertinents
  • Améliorer la qualité de nos services et en développer de nouveaux
  • Proposer des annonces correspondant à vos centres d’intérêt, y compris sur la base des recherches que vous avez effectuées ou des vidéos que vous avez regardées sur YouTube
  • Renforcer la sécurité en vous protégeant contre la fraude et les abus
  • Effectuer des analyses et des mesures afin de comprendre comment nos services sont utilisés

Comme vous pouvez le lire, il y en a pour tous les goûts. Ces motifs sont placés sans hiérarchie. On peut pourtant établir un classement, sans grand risque d’erreur: le modèle économique de Google étant publicitaire, la « proposition » d’annonces ciblées est le premier enjeu. Le chiffre d’affaires global de Google est d’environ 70 milliards de dollars.

Améliorer le « Search » et imaginer de « nouveaux services » sont clairement les deux objectifs suivants les plus significatifs.

« Lorsque vous utilisez des services Google, tels que Maps, le moteur de recherche Google ou YouTube, vous générez certaines informations (par exemple, les lieux auxquels vous vous intéressez, les contenus que vous aimez et les personnes que vous connaissez). Ces données peuvent nous aider à vous proposer de meilleurs produits Google, de bien des façons. »

Oui, ces données personnelles, aussi intimes que vos déplacements, vos centres d’intérêt, vos communications avec des proches, le modèle de votre ordinateur ou de votre téléphone, peuvent les « aider à nous proposer de meilleurs produits ».

 

Le ciel d’un jour #50

  

@radioblogueurs, tout le bonheur du monde.

C’est une initiative d’un de nos charmants confrères blogueurs devenue un rituel depuis 5 ans déjà, la compilation musicale de l’été.

Chacun y contribue de son idée, la démarche est expliquée ici.

Pour ma part, c’est l’une des chansons que j’ai publié un dimanche qui a marqué ma saison passée, « tout le bonheur du monde » du groupe Sinsemillia . Nous chantions à tue-tête ce titre dans la voiture avec nos deux petites Racailles quand on partait ensemble en voiture en vacances l’été, quelque part il y a 6 ou 7 ans. Les enfants ont grandi. Mais chaque fois que j’écoute cette chanson, ce joyeux souvenir familial me revient, intact.

J’ai pensé à Cycee, l’une de mes premières camarades de bloguing politique il y a 8 ans.

Toutes les chansons sélectionnées par mes camaradEs sont à écouter, au fil de leur arrivée, ici:

écoutez la radio des blogueurs

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 8 795 autres abonnés