Les complices de l’Islamisme

j’ai lu beaucoup de déceptions, feintes ou sincères, à la lecture du dernier numéro de Marianne sur les complices de l’islamisme.  En cause, l’attaque contre celles et ceux  qui ont tenté d’excuser les attentats de Paris par la politique internationale ou nationale de la France (Charlie Hebdo compris) à l’encontre des musulmans.  On peut bien sûr expliquer, et il le faut, comment de jeunes Français, par ailleurs délinquants, se trouvent embarqués dans une spirale qui conduit au massacre.

Expliquer n’est pas excuser. Oser même minorer ces actes monstrueux a quelque chose d’indécent pour la démocratie, les victimes et leurs proches, et l’intelligence tout simplement.

Les musulmans en France subissent suffisamment de discriminations et de brimades pour qu’on évite de les assimiler à des islamistes.

Or les supporteurs de la thèse selon laquelle Charlie en a trop fait et la France trop mal fait sont justement complices de cet argument. Marianne a bien et mal fait les choses avec son dossier.

L’hebdo n’a pas pris de pincettes, l’époque le réclame malheureusement.

Les nouvelles étiquettes politiques 

Voici les nouvelles, celles qui empiètent sur nos anciens clivages et clivent encore mieux l’actuel monde politique. Cherchez la votre. 

La droite décomplexée (2007)

La droite Bling Bling (2007)

La gauche moderne (2008)

La droite snif snif (2008)

Les soc-lib (2012)

La droite forte (2012)

La France droite (2012)

La vrauche (2013) ou vraie gauche

La groite (2013)

La droite furibarde (2014)

La gauche radicale (2014)

La gauche naïve (2015)

Et maintenant:

La gauche cannibale (2015), lue dans le dernier Marianne.

 

  

Islam, Charlie, encore la mauvaise polémique

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Marianne publie un dossier qui en fait éructer certains.

Pas moi.

Oui, l’islamisme est une pollution, et en premier lieu pour l’islam lui-même. Et il a en France ces « idiots utiles ». Le dernier exemplaire s’appelle Todd, Emmanuel. Je poursuis péniblement la lecture de son ouvrage. Le garçon croyait bien faire, on ne reviendra pas sur le sujet. Ou alors plus tard.

Bref, je lis encore ici ou là combien les déchirures de Charlie semblent en réjouir certains.

Il y a quelques jours, Fakir a (re)publié quelques transcripts d’un meeting post-11 janvier (le 12 !), où quelques « dissidents » s’exprimaient. Fakir est un chouette journal digital, mais ce jour-là, la lecture m’a piqué les yeux.

J’ai donc (re)lu Frédéric Lordon décrire, comme Todd quelques mois plus tard, le cortège parisien, « si immense qu’il ait été » comme « blanc, urbain, éduqué. » L’effondrement d’une intelligence est toujours quelque chose de pénible à lire. Triste sire.

«  il se pourrait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bourgeoisie éduquée contempler ses propres puissances et s’abandonner au ravissement d’elle-même. » Frédéric Lordon.

J’ai relu aussi les propos d’un sociologue, Jean-Pierre Garnier: « L’assassinat des journalistes, c’est, je m’excuse de le dire, un retour de bâton« . Leurs mots sont forts, et suffisamment caricaturaux pour que je glisse avec plaisir, à mon tour, dans la caricature: « en 1940, je suppose qu’il ne fallait pas énerver les nazis après tout ce qu’on avait fait subir comme humiliation aux Allemands depuis 14, n’est-ce pas ? »

Dans ce meeting, il y avait heureusement Eric Coquerel, du Parti de Gauche, pour relever l’affront de ces bêtises effroyables: « sur la manif, vous faites une erreur. Peut-être nous étions des petits bourgeois, peut-être. Mais le fait que quatre millions de personnes défilent dans la rue, à ce moment-là, avec un message de fraternité républicaine et non pas un discours de haine, mais c’est un point gagné. C’est un acquis par rapport à la situation..« 

Faire la grève contre la réforme du collège

Il y a des grèves que l’on ne comprend pas.

Hier, le collège de mon fils nous a prévenu que la matinée serait chômée à cause de la grève des trois profs dudit moment. Mon garçon m’a demandé: « c’est quoi cette réforme ? « . Forcément partial, je lui ai dit qu’elle supprimerait la classe bilangue dans laquelle il est pour avancer la seconde langue à raison d’une heure hebdo un an plus tôt, qu’il y aurait plus d’autonomie pour des cours interdisciplinaires (j’ai utilisé d’autres termes), et que le latin ou le grec ne seraient plus des options – enfin peut-être. Mon fils m’a dit « super« . Je ne suis pas forcément l’avis de mon fils de 14 ans, mais nous étions en phase ce jour-là.

Mon fils était d’abord content de récupérer une matinée de libre. J’étais énervé d’entendre qu’un syndicat menaçait de perturber le brevet des collèges. Le brevet n’a aucune importance, sauf celle de discipliner/entrainer nos enfants au Bac. Perturber l’examen qui mobilise quelques familles dans l’effort me gave et me perturbe parce que cela touche des gamins.

J’ai entendu des prof de latin, de grec et d’allemand râler, crier, protester. Ils ont raison à leur échelle. Je pense que l’intérêt collectif est que la prétendue « sélection républicaine » qui habille avec une habileté toute marketing les niches éducatives (comme d’autres) ne bénéficie qu’aux plus aisés au frais du contribuable. Je cris, j’espère que l’enseignement égalitaire large et diffus fera progresser la collectivité.

Il n’y a pas eu de grève d’enseignants contre la loi sur le Renseignement. Cela aurait une valeur symbolique et politiqe énorme. Formidable. Mais il n’y a rien eu. Moins de 15 jours après l’adoption d’une loi qui nous stresse, des enseignants ont fait grève contre la disparition du latin et du grec en option, des classes bilangue et de l’autonomie.

Ces propos sont insuffisamment détaillés et argumentés mais nous y reviendrons.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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