La France est voilée

Je suis tombé sur ce tweet de Charles Enderlin.

 

Je suis également en voyage, en vadrouille,  et de passage en France. J’ai la tête ailleurs et le corps épuisé. Je me disperse. Je rencontre des gens d’ailleurs, de bien loin. Quand mon attention se porte à nouveau, avec intermittence, sur les faits d’actualité nationale, je décroche. La prise de distance permet de ressortir l’essentiel de l’accessoire.

Les élucubrations de Morano font sourire, l’émission quotidienne de Zemmour est effarante. Mais plus drolatique encore, et bien triste en même temps, est cette énième polémique sur le voile.

« 85 débats sur le voile, 286 invitations et 0 femme voilée », c’est une statistique intéressante.

85 débats sur le voile cette semaine ! Imaginez la même énergie à parler de la pauvreté. Ou de l’exclusion. Imaginez la même passion, la même indignation sur pareil sujet… Je suis fatigué par ces faux débats qui tournent en rond. De quoi débat-on d’ailleurs ?

Le débat sur le voile est devenu aussi envahissant que celui du Brexit au Royaume Uni. Là-bas, Sky News a justement décidé de lancer une chaine ephémère sans Brexit.

Belle idée.

 

 

Publicités

Chanson du dimanche: « viens, viens »

Merci Nicole Ferroni

Chanson du dimanche: « fatigué »

Attaque contre les retraites

La Macronie n’a que deux arguments principaux pour défendre le projet de réforme des retraites. Le premier est celui de la simplicité – le maquis des régimes fait peur. Et les carrières étant de plus en plus hâchées et diverses, il faudrait davantage de simplicité pour qu’on s’y retrouve

Le second est qu’il faudrait aligner tous les régimes sur un même niveau, par souci d’égalité.

Dans les faits, la réforme, si elle est adoptée telle qu’elle a été présentée par les macronistes, comporte au contraire trois injustices sociales déterminantes qu’il conviendraient de répéter.

Primo, l’objectif à peine caché est de réduire les pensions de retraite. La tendance naturelle du régime des retraites, compte tenu du vieillissement de la population, est que le coût des retraites, à régimes inchangés, atteigne 15% du PIB d’ici une trentaine d’années (contre 13.8% aujourd’hui). Pour financer ce point de PIB supplémentaire qui s’explique par le vieillissement de la population, on aurait pu appeler à contribuer les revenus du capital et le capital lui-même, Macron a choisi l’exact chemin inverse, en multipliant les exonérations et réductions de contribution sociale pour le patrimoine et les revenus des plus riches. La conclusion s’impose, la réforme Macron vise d’abord à contenir le coût des retraites en proportion du PIB, c’est-à-dire, mécaniquement, réduire les pensions de celles et ceux qui, plus nombreux qu’aujourd’hui, seront à la retraite dans quelques années.

Seconde injustice de la réforme, l’espérance de vie: les ouvriers payent la retraites des cadres. Car ils vivent moins longtemps que les cadres. D’une façon générale, les classes populaires vivent moins longtemps que les cadres, mais c’est pourtant d’un allongement général de la durée de cotisation, physiquement indolore pour les plus aisés, et cruel pour tous les autres, dont il est question. Pour cacher le sujet, les macronistes ressortiront le cas des agents de RATP (dont le régime de retraite paraît-il si intéressant ne suscite pourtant que peu d’intérêt dans les concours de recrutement…).

Troisième injustice occultée par les macronistes, on vit certes plus vieux, mais pas plus vieux en bonne santé. Je voyage régulièrement aux Etats-Unis pour mon travail. Observer ces personnes de 70 ans ou plus aux caisses des supermarchés, ou réaliser des travail de ménage ou de rangement dans les commerce est l’image que je me fais du futur régime macroniste. Car ce ne sont pas, encore une fois, les plus aisés, qui seront gênés. Le bénéfice et les dividendes des actions issus de stock-options et autres attributions gratuites dont la possession est désormais, grâce à Macron, exonérée d’impôt et de cotisations sociale, apportera plus que du beurre dans les épinards.

 

 

 

Chanson du dimanche: le bruit et l’odeur

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."