Burkinisée

Je le répète: l’interdiction du burkini me semble aussi débile que la provocation d’en porter en pleine plage; j’ai été mal à l’aise, comme d’autres, qu’on tombe dans le piège tendu par les islamistes; j’ai été tout aussi mal à l’aise que certains défendent que cette tenue ne soit rien d’autre qu’une tenue comme les autres.

Puis j’ai trouvé cette conclusion de Gérard Biard dans son billet intitulé « Burkiniphobie » publié dans Charlie Hebdo du 24 août dernier simple et formidable.

« Un signe, qu’il soit religieux ou pas, c’est aussi un signifiant. Il ne suffit de dire ce qu’il est, il faut aussi entendre ce qu’il dit. Une kippa dit de celui qui la porte qu’il est juif, rien de plus. Une croix qu’on est catholique, rien de plus. Un voile, à plus forte raison s’il est très couvrant ou carrément intégral, dit bien autre chose. Du rôle social, pas des plus gratifiants, attribué à celle qui le porte, de la société, pas des plus égalitaires, qui va avec, du projet avec, du projet politique, pas des plus démocratiques, , dont il se fait l’étendard toujours plus combatif. Et laisser entendre, par paresse, lâcheté, posture ou calcul politique que tous les musulmans sont par essence rangés derrière cet étendard est dégueulasse et criminel. »

Il vaut mieux en rire.

 

Trump se renie, déjà.

Il reste moins de 65 jours avant la finale de début novembre. Aux Etats-Unis, Donald Trump a expliqué qu’il ne pourrait déporter les 11 millions de clandestins que compterait l’Amérique comme il l’a promis lors des primaires républicaines. Il faisait son show sur le plateau de la chaîne Fox News.

De façon surprenante, il s’est en fait rallié, sans l’avouer, à la politique migratoire de Barack Obama, au grand risque de perdre une partie de ses soutiens initiaux.

Lundi 22 aout, il avait déjà renoncé à un discours sur le sujet. Mais il nie tout revirement : « Je ne fais pas volte-face. Nous voulons apporter une réponse tout à fait juste mais ferme ». Et sa directrice de campagne d’insister qu’il ne s’agissait que d’appliquer la loi.

Ce revirement pourrait être anecdotique. Il est assez logique que Trump adoucisse son discours pour l’emporter face à Hillary Clinton. Mais il n’empêche, cette histoire ressemble à d’autres: un outrancier candidat, furibard et sans programme autre que de capter les haines, dérive dans sa propre campagne. Trump suit les traces des leaders britanniques du BREXIT qui ont raconté n’importe quoi jusqu’à la dernière minute pour l’emporter (avant de trahir in fine une fois la victoire obtenue). Nigel Farage, l’un de ces irresponsables trouillards du Brexit, s’est d’ailleurs affiché en meeting de soutien à Trump cette semaine.

Trump me fait penser à Sarko évidemment, prêt à tout et son contraire. Trump est une icône dégénérescente, la version amplifiée des Sarah Palin et autres bersluconisés de la politique occidentale.

 

Chanson du dimanche: la mère

Je l’ai vu en concert, formidable. C’est une chanteuse country, jeune, gay, mariée et heureuse mère d’une petite fille de 2 ans qui lui a inspirée cette chanson drôle et énergique.

Trump’s business in Middle East

It looks like the Trump campaign is trying to get after Hillary Clinton because ot her Fondation and how it is financed. Morever, the same Trump advocates, including conservative media, depict Hillary Clinton as a rich amongst the richest.

This is true.

But Trump is worse on that exact same theme.

How could you simply imagine that a billionaire businessman has no conflict-of-interest issues to deal with ?

J’écris ces quelques lignes en anglais après un curieux échange il y a quelques semaines sur Twitter avec des supporteurs de Trump. La campagne américaine me semble exemplaire de la bêtise qui nous attend dans quelques semaines en France.

Despite Trump’s proposal, a fair amount of the billionaire’s assets come from business ventures in the Middle East.

In spite of Trump’s proposed policy to ban all Muslims from entering the United States to prevent terrorism, his luxury real estate company, the Trump Organization, has a significant amount of real estate in the Middle East, and Qatar Airways rents space in a Trump tower for its New York headquarters.

(Source)

Trump est un milliardaire.

Ses affaires l’ont naturellement conduit où est l’argent.

C’est-à-dire au Moyen Orient.

Il a pris beaucoup, business as usual.

Le Trump International Golf Club in Dubai, le Trump Hotel Collection in the Middle East, ou la location (passée) de quelques dizaines de mètres carrés à l’islamiste Qatar Airways ?

Et oui.

Donald Trump commerce.

C’est son métier.

« We chose to collaborate with Trump Home for an exclusive Middle East launch keeping in mind the growing demand of the region’s style-conscious consumer’s need for premium and bespoke brands, » Lifestyle CEO Sachin Mundhwa told Arabian Business at the time.

« Dubai is a top priority city for us, » Ivanka Trump said. « We are looking at multiple opportunities in Abu Dhabi, in Qatar, in Saudi Arabia, so those are the four areas where we are seeing the most interest. We haven’t made a final decision in any of the markets but we have many very compelling deals in each of them. » (source)

NO COMMENT.

#DTC

Où sont passés les débats de fond?

Je réagis à Nicolas qui réagissait (longuement) à un précédent billet de ses colonnes. Je souscris à l’essentiel de son propos, mais il faut quelques précisions.

« ‘On’ est un peu responsable, donc. Je ne sais pas qui est ce ‘on’ «  écrit-il. Le « on » est collectif. C’est lui, moi, nos politiques, des journalistes, des gens connus ou des anonymes sans importance comme nous autres blogueurs. Le dossier auquel je fais référence – que Nicolas ne lira pas parce qu’il est écrit en anglais😉 – explique simplement la chose suivante: aux Etats-Unis (et nous pourrions dire en France également), nous nous sommes efforcés de tacler la classe politique dans son ensemble. Elle le méritait sans doute. Trop d’abus, trop de promesses non tenues. Mais cette petite musique n’a eu qu’un résultat, discréditer l’ensemble d’un échelon nécessaire à la démocratie sans proposer autre chose que l’extrême droite fascisante.

Second problème, les moins investis dans la chose publique et les partisans du compromis s’abstiennent de plus en plus. Ils laissent la place aux plus braillards, aux plus virulents, aux moins susceptibles de négocier les compromis nécessaires à l’exercice démocratique. Aux Etats-Unis, les primaires (présidentielles ou locales) sont trustées par des braillards qui découragent le plus grand nombre et remportent des nominations sur la base d’une infime minorité  de suffrages. En France, c’est particulièrement vrai à droite: la droite que j’appelle « furibarde » dans nombre de billets, celle qui court après la rageuse nationale-socialiste Le Pen, est l’exemple même de  cette dérive. A gauche, nombre de mes amis vrauchistes et mes ex-camarades hollandais sont dans la même posture: ça crie, ça hurle, ça invective.

Je ne crois pas à une droitisation du pays. Il s’agit plutôt d’un retrait inquiétant de nombre d’électrices et d’électeurs du débat politique et du vote. La gauche perd des élections parce que nombre de ses soutiens s’abstiennent. A défaut de convaincre sur une aletrnative, il faut au moins tacler les braillards.

Nicolas, pour revenir à son billet, se plaint à juste titre du manque de débat sur des sujets de fonds. Il a raison. Les sujets de fond se cachent dans notre quotidien.

Mais ils intéressent rarement.

 

Sarkozy, l’indifférence

Il a annoncé sa candidature. On dira que c’est une surprise pour personne, et forcément pas pour lui. Il y pense depuis le 6 mai 2012 au soir.

Nicolas Sarkozy candidat à la présidentielle, vous noterez qu’il s’abstient de penser à la primaire comme si elle était déjà gagnée. Et s’il l’a gagné, François Bayrou partira au combat, Sarko perdra les centristes à force de courir après l’extrême droite.

J’ai toujours échoué à deviner le résultat d’une élection. Même en 2012, j’ai été surpris de voir combien Sarko l’animal politique n’était qu’une bête abrutie par son propre narcissisme. Pour 2017 donc, je dirai qu’il a toutes ces chances.

Et c’est déjà un effort que d’écrire ces lignes.

 

 

 

 

 

 

PS: cette photo d’illustration date de la seule fois où je l’ai rencontré.

 

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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