Playlist du dimanche #1

Les aimables suggestions ici ou ailleurs de chansons chaque dimanche m’ont donné envie de les reprendre dans une playlist, voici la première, pour terminer ce weekend.

Bonne rentrée !

 

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Chanson du dimanche: hit sale

Manu, rends l’ISF.

Classe contre classe.

 

 

 

Je comprends que nous ne faisons plus société.

 

 

 

Enlysée, des cadeaux pour Noël

Une fois n’est pas coutume, nous allons faire de la pub commerciale, mais désintéressée. La boutique ENLYSEE a ouvert ses portes (numériques). C’est Aude Lancelin qui m’y a fait penser quand j’ai vu qu’elle portait un sweet-shirt « Dernier de cordée » lors d’une émission du Media.

Les tee-shirts sont un peu chers (20 euros tout de même), mais il paraît que c’est pour la bonne cause. Les bénéfices de l’entreprise sont censés être reversés à des associations d’aide aux migrants, histoire de foutre les boules à quelques-un(e)s.

Pour ma part, j’y fait quelques courses pour Noël, et les membres de la tribu.

Enlysee

 

La trahison Tsipras

J’ai beaucoup chroniqué sur Alexis Tsipras, et Syriza. J’ai aussi écris sur leur défaite, leur reddition devant le diktat de la Troïka européenne. Alexis Tsipras a choisi de rester au pouvoir au risque de trahir ce pour quoi il avait remplacé le PASOK.

Aude Lancelin a interrogé Stathis Kouvelakis, un ex de Syriza, sur le Media TV. Une parole rare, un entretien que l’on n’entendra pas ailleurs (merci Le Media).

  1. Tsipras pourchasse ses opposants de gauche en justice. Stathis Kouvelakis s’en est expliqué dans un récent billet.
  2. La Grèce est également frappée par des saisies immobilières. Depuis 2008, les prix de l’immobilier ont chuté de 30 % à 50 %.
  3. Malgré l’austérité imposée par l’Union européenne, les banques nationales sont toujours surchargées de créances douteuses.
  4. Il est drôle, ou triste, de lire le Parisien qualifier Tsipras de « leader de la gauche radicale ». Certains ont des problèmes de mise à jour.

« La situation se durcit en Grèce, où le pouvoir en vient désormais à une confrontation ouverte avec l’opposition. Lois spéciales, police anti-émeutes contre les militants et même contre les retraités, des dizaines d’opposants sont désormais traînés devant les tribunaux. Les choses ont pris une tournure encore plus grave avec les poursuites engagées depuis un mois contre un ex-ministre du premier gouvernement Syriza, Panagiotis Lafazanis, le secrétaire national d’Unité Populaire, parti de gauche favorable à la sortie de l’euro. C’est la première fois depuis la chute du régime des colonels que le dirigeant d’un parti démocratique se voit ainsi poursuivi pour son activité politique. Pour parler de la situation grecque, Aude Lancelin reçoit aujourd’hui dans l’Entretien Libre Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie au King’s College de Londres, et ex-membre du comité central de Syriza. « 

Le racisme tranquille de Laurent Obertone

Il se veut « dépassionné« . Laurent Obertone est connu pour ses ouvrages que l’extrême droite et parfois la droite furibarde, les nazis et autres identitaires adore. Il est l’un de ceux qui tentent de « rationaliser » le mythe du Grand Remplacement.  La chaîne YouTube ThinkView a récemment posté une longue interview, glaçante, de cet homme.

Il est passionné. Il faut écouter son raisonnement, déployé avec autant de calme que de rage.

« Est ce que la population de la France change ? » s’interroge-t-il, avant de répondre par l’affirmative.

« Qu’est ce que vous entendez pas changement de population? » demande son hôte, en voix off. « C’est la fameuse théorie du Grand Remplacement, des choses comme ça ? »

Obertone commence à répondre: « Voilà… On en parle beaucoup dans les médias sous ce terme. » Il poursuit, sans jamais répondre à la question de savoir s’il partage la thèse du Grand Remplacement (i.d. « Au secours, les blancs vont disparaitre!! ») chère au pétainiste Renaud Camus. Son propos, tout au long de l’entretien, est d’expliquer la supériorité intellectuelle et culturelle des « autochtones » blancs français sur les immigrés extra-communautaires (et particulièrement d’Afrique subsaharienne, une véritable obsession chez lui puisqu’il ne cite quasiment que cette contrée comme exemple pendant l’entretien), et la menace d’un remplacement généralisé des premiers par les seconds.

« Depuis à peu près 45 000 ans, les individus qui vivent en Europe sont originaires d’Eurasie. L’immigration qui concerne les individus d’origine extra-européenne est absolument inédite, n’a pas de précédent. (…) C’est un phénomène inédit par son ampleur, par ses conséquences. » Inédit ? Non. Obertone occulte l’incroyable migration forcée que fut la traite des noirs. Ou, tout récemment, les mouvements migratoires au Moyen Orient à cause des conflits notamment syriens.

Et de quelles conséquences parlez-vous, Monsieur Obertone ? Ne sommes-nous pas tous humains et semblables ? Pourquoi la couleur de la peau d’un Français en France depuis 2 ou 3 générations vous importe tant ? Obertone ne répond pas tout de suite. Il tourne autour du sujet avec son regard tranquille: « Les Français les plus âgés sont très largement des autochtones, des natifs, ceux qu’on appelle les Français de souche. »

« On arrive à un discours qui est parfaitement idéologique qui refuse d’appréhender la globalité des conséquences de l’immigration » explique-t-il.

Par immigration, Obertone désigne toute personne non-eurasienne. La première étape du racisme à l’état « pur ».

Obertone relaye l’argument de l’extrême droite sur l’immigration (de couleur, vous avez compris) profite des aides sociales que les Français de souche les plus modestes financent avec leur travail. Il se contredit quand il explique que le taux d’emploi des immigrés est « nettement plus faible » et alors qu’il défend que les immigrés ont chipé le job des classes populaires « de souche« .

Pour la discrimination positive, « on se base sur l’idée d’une compétence égale à diplôme égaux. » Or, détaille Obertone, les diplômes ne se valent pas entre la France et les immigrés de couleur. Ces derniers devraient être cantonnés à des métiers d’execution dont on n’a plus besoin en France, alors qu’ils seraient en fait favorisés dans les métiers les plus « socialement valorisés ». On hallucine devant ce monde parallèle.

« Il vaut mieux ne pas travailler ici ou travailler au noir pour un boulot extrêmement ingrat et mal payé plutôt que travailler pour un boulot prestigieux en Afrique subsaharienne. »

Ne riez pas.

Obertone

Une grande partie de cette interview porte sur le grand complot, ce complot qui empêche le discours raciste de se déployer « sereinement » (sic!). « Le droit du sol nie le substrat de la société, du peuple. »

Puis soudain, il y cette question, qui brise un moment l’assurance tranquille de cet apprenti Mauras: « A partir combien de générations on devient autochtone pour vous ? »

Laurent Obertone reste interloqué « … Ah … Oh je ne sais pas. Moi je ne suis personne pour dire ça. C’est pas à moi de dire en fait qui est un bon Français. » Ah mince… J’attendais la réponse justement. Ce gars déploie un discours sur un peuple menacé, les « autochtones d’Europe », les « Eurasiens« , les blancs envahis et submergés par cette immigration de couleur (qu’il évalue à 18% de la population au total… fichtre… quelle invasion depuis 1 siècle !). Mais le voilà incapable de définir justement l’objet même de son enquête, les autochtones. En fait il se retrouve là coincé dans son racisme. Il aurait bien répondu que les autochtones sont blancs, mais ça aurait ruiné son discours « dépassionné. »

« Qu’est ce que vous redoutez de ce melting-pot avorté selon vous ? » lui demande-t-on. Obertone répond alors qu’il redoute la fin de « l’excellence culturelle » de la France.

Le discours d’Obertone est un racisme et un élitisme social à la fois. Il fait la synthèse habile entre l’argumentaire libéral qui fustige la fiscalité des plus riches et les fantasmes xénophobes de l’extrême droite: « Nous, on attire pas la qualité parce qu’on a une fiscalité délirante, les Français très qualifiés se barrent à l’étranger. (…) On est sur une immigration de quantité. »

L’heure et demi de cet entretien vaut le détour. On y voit un intellectuel raciste en pleine explication. Obertone ausculte son nombril blanc, petit-bourgeois, protégé et effrayé. C’est fascinant et terrifiant à la fois.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."