Pourquoi (ne pas) voter à la primaire socialiste

Voici 9 raisons, au moins.

  1. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  2. Parce que si Hollande s’est défilé, c’est qu’il y avait une bonne raison.
  3. Parce qu’il faut enfin précipiter la recomposition à gauche.
  4. Parce que le changement, c’est vraiment maintenant.
  5. Parce que les débats ont été chiants.
  6. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  7. Parce qu’on est pas socialiste (cette remarque ne s’applique qu’aux non-socialistes).
  8. Parce qu’il y a déjà deux autres candidats, Macron/Melenchon, mieux placés pour cette présidentielle.
  9. Parce qu’aucun des candidats n’a une stratégie de second tour.

Chanson du dimanche: « je n’irai pas plus loin »

Macron, candidat du clic, contre Valls, candidat des claques.

Quelques heures avant le dernier débat du premier tour d’une primaire socialiste qui semble mal partie pour convaincre grand Monde dimanche, Emmanuel Macron a proposé à tout un chacun de s’inscrire sur son site internet pour postuler à une candidature de son mouvement à la députation pour les élections législatives prochaines.

Quel mépris assez incroyable.

Ne cherchez pas de programme, de « Prôjeeeeeeeeeeeeet » (l’accent est de Macron), il n’y en a pas. L’envolée de Macron dans les sondages et le succès public de ses meetings (qui n’a pourtant rien à envier au succès public, moins commenté, des meetings de Mélenchon) fait sans doute beaucoup pour affaiblir le Parti socialiste sur sa droite. Mais ces petits jeux sont sans intérêt. Il ne faut pas oublier l’essentiel.

Macron n’a pas dévoilé son projet. Il n’y a d’ailleurs même pas de rubrique projet sur son site internet. Les deux seules mesures que d’aucuns se sont amusés à commentés son un transfert du financement de la Sécu vers l’impôt (hausse des impôts, donc) et … le remboursement des lunettes et des soins dentaires à 100% (mais sans financement).

On comprend que Macron n’en dévoile pas davantage. A l’inverse d’un Mélenchon qui trace son sillon politique – supporteurs ou opposants doivent au moins lui reconnaitre cela – Emmanuel Macron entretient au contraire le flou le plus total sur son Prôjeeeeeeeeeeeeet pour brasser large, percer large, et déstabiliser son plus proche rival politique, Manuel Valls. Car le Valls est coincé dans cette primaire socialiste. Il se prend des claques. Il « s’abaisse » à jouter avec Benhamias sur le cannabis, de Rugy qui lui tresse des lauriers, Pinel qui se croit un destin, les deux frondeurs Hamon et Montebourg qu’il déteste et, pire, un Peillon parachuté dans cette primaire par des soutiens aubryistes qui veulent le torpiller. Le pauvre Valls est obligé de glisser le mot « gôche » toutes les deux phrases pendant que son rival metrosexuel Macron joue au Tony Blair rajeuni et décomplexé. Macron fait une campagne de second tour tandis que Valls est coincé dans la primaire socialiste de qualification pour le premier.

Quelle injustice ! Rions un peu.

Macron n’a aucun intérêt, bien au contraire, à dire ce qu’il ferait. Son Prôjeeeeeeeeeeeeet est pour l’instant inexistant, un simple concept, des mots creux, des injonctions triviales (« probité, efficacité, renouvellement, parité »).

 

Macron embrasse les règles les plus viles du marketing.

Plus tard, nous reviendrons ici sur l’agence de com’ qui se cache derrière cette succession de coups de communication aussi médiatiquement réussis que politiquement vides.Pour l’instant, profitons encore un peu de cette Star-Ac incroyablement artificielle de la vie politique 2.0.

Enjoy.

« It’s the economy, stupid ! »

Le constat, pas faux, d’un ami de retour d’un court exil américain est que Trump a gagné parce qu’il a parlé économie avec plus de persuasion et d’exemples que sa rivale démocrate. Tandis que les soutiens divers et variés d’Hillary Clinton se choquaient des outrances machistes, xénophobes, homophobes et autres du milliardaire américain, Trump martelait ses arguments simplistes sur comment il ramènerait de l’emploi en Amérique. 

Nous écoutions effrayés les saloperies verbales du candidat républicain, mais une belle fraction états-unienne était touchée au coeur par ses déclarations grandiloquentes en faveur de l’emploi et de la croissance.

Si le raisonnement se tient, il pourrait se dupliquer en France.

Marine Le Pen aurait tout à perdre. Son programme économique est un mélange indigeste qui emprunte à la gauche (retraite à 60 ans, défense de la Sécu), aux nationalistes (fermetures de frontières), et à l’extrême droite bien sûr (exclusion des immigrés, etc). Nous y reviendrons. Le plus frappant de son « programme » est surtout sa faiblesse. Il se résume à très peu de propositions, un éventail largement insuffisant au regard des enjeux, comme si tout sujets impossibles à caser dans la grille de lecture « protection nationale/exclusion des étrangers » avait été sorti du champ de propositions frontiste.

L’enjeu de Marine Le Pen reste donc d’éviter de parler économie, sauf quand le propos sert son discours xénophobe.

François Fillon se croyait solide en matière économique. Il avait bâti son programme et gagné la primaire de droite sur des propositions de purge libérale qui désormais effrayent jusqu’à son propre camp. Emmanuel Macron est à peine mieux loti: entre auto-contradiction (sur les 35 heures) et mesures floues (à l’exception d’une bascule du financement de la Sécu vers l’impôt ou d’une promesse sans chiffrage ni explication de remboursement des frais de lunettes à 100%), on aura du mal à croire qu’il est si éloigné que cela de la politique de l’offre inégalitaire et inefficace que François Hollande a suivi, avec Macron, pendant 4 ans et demi.

Ces deux champions du libéralisme économique, proches dans leur approche mais différents dans leurs intensité, ont tout à perdre à parler d’économie avec trop de détails. Car l’économie, telle que les « gens » la vivent, c’est d’abord l’emploi, le salaire, le coût de la vie quotidienne, les soins.

Ces terrains là sont des pentes dangereuses pour les défenseurs du libre-échange, de la loi des puissants, de l’héritage ou de la rente.

 

 

Fillon, contesté.

« Je propose aussi de centrer l’assurance-maladie sur un panier de soins de base. Il ne s’agit pas de faire une médecine à deux vitesses mais de bien répartir les rôles entre ce qui doit être couvert par la solidarité et l’assurance-maladie et ce qui incombe aux choix individuels et aux organismes complémentaires. » François Fillon, programme présidentiel, novembre 2016

On peut s’interroger, enfin, sur la santé politique de François Fillon. Sa mesure-phare sur la Sécu a été assumée, puis retirée du programme. Mais ce n’est pas tout.

Le nouveau chouchou de la droite stagne, souffre et se défend. La Vroite deviendrait-elle complexée à nouveau ? La semaine passée, Fillon est dans les Alpes Maritimes. Son déplacement a un thème comme toute opération de com’ : « immigration, sécurité et terrorisme ». Sur France info, l’une des 50 conseillers politiques de Fillon se défend de tout amalgame. La Vroite, à la différence de l’extrême droite, n’assume ni sa haine ni ses amalgames.

Puis le voici contraint de corriger publiquement Laurent Wauquiez. L’ancien soutier sarkozyste venait de réclamer « davantage de social« , entendez – le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires. Cet unique symbole du « travailler plus, gagner plus » de l’ancien quinquennat a couté 2,5 milliards d’euros par an et accéléré la destruction d’emplois. Fillon n’en veut plus puisqu’il ne veut même plus d’heures supplémentaires sur-rémunérées (sic!).

Fillon a aussi du mal avec ses soutiens cumulards qui voudraient qu’ils abrogent vite une loi Hollande qui entre en vigueur cette année. Ou encore avec Gérard Darmanin, ex-sarkofan, qui se trompe sur les « 39h payées 39 » des fonctionnaires.

Décidément…

 

Quand le porte-parole de Macron Castaner ment sur ECOPLA

Christophe Castaner, porte-parole du candidat Macron et député socialiste, a accusé de mensonges François Rufin (rédacteur en chef de Fakir et réalisateur de l’excellent « Merci Patron! »), dans l’émission C Politique sur France 5: en cause, il a prétendu que le cabinet du ministre Macron avait bien reçu les représentants des salariés de l’entreprise ECOPLA, en faillite.

C’est faux.

 

 

Pour en savoir davantage sur l’affaire Ecopla:

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."