Avez vous peur ? #COVID-19

Bizarrement, pas moi. Et pourtant je suis hypocondriaque, à tendance asthmatique, je déteste être souffrant, je fais tout un cas du moindre rhume. Mais là, je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à craindre ce virus pour mon propre cas personnel. Je le crains pour mes proches – mon père, assesseur, sans gout ni odorat pendant 10 jours; ma mère, seule dans son appart – mes beaux parents à l’autre bout du pays, ma famille et mes amis qui vivent aux Etats-Unis où le Clown de la Maison Blanche laisse la grande catastrophe arriver ; la nouvelle Grand Crise qui détruit mon employeur, mes amis indépendants du jour au lendemain privé de tout revenu.

Je vois bien l’inquiétude de mes Racailles.

La soudaineté de ce confinement et de ses conséquences n’a d’égal que mon énervement contre l’impréparation du gouvernement, contre son insistance à tenir des élection qui coutera la vie à des centaines de citoyens, contre celles et ceux qui réclament le soutien de cet Etat qu’ils dénigraient encore hier.

Macron est loin d’être le plus responsable ou le plus odieux, mais il est au pouvoir, il n’a rien fait sauf aggraver la situation. J’espère que cette crise replacera les curseurs politiques là où ils doivent être : la solidarité et l’environnement.

Les insoumis ont publié 11 propositions. Certaines prolongent des mesures annoncées par Macron. D’autres, plus nombreuses, sont urgentes. Au regard des milliards soudainement votées pour sauver l’économie (ah le MEDEF qui réclame des nationalisations… ), ces mesures n’ont rien d’anormales, elles paraissent presque évidentes.

 

 

Chanson du mercredi : ceux qui sauvent des vies

#Confinement

 

Manu Dibango

Je suppose qu’il va falloir s’habituer à ces disparitions.

Tous notés

Confinement oblige, j’avais commandé quelques livres pour le weekend à la FNAC, livres rapidement livrés, et voici que je reçois un email de Chronopost me demandant de noter … le livreur. Ce n’est pas la première fois, mais j’avais oublié. Je commande peu de livres en ligne (peu de livres tout court, la grande lectrice est ma chère et tendre qui dévore quatre ou cinq livres par semaine).

Dans ma livraison, il y avait la dernière édition de la Revue Dessinée, un chouette trimestriel qui publie des enquêtes et reportages… mais en bande dessinée. Et justement, le premier sujet du numéro de mars est sur les notations des gens devenues systématiques dans nombre de secteurs et d’entreprises.

Je me suis surpris à relever toutes ces entreprises que j’utilise plus ou moins régulièrement et qui demande à ce que l’on note leur service et/ou leurs collaborateurs (et vous ?)

fnac

amazon

G7

Uber (que j’utilise à l’étranger)

sncf

chronopost

laposte

Apple

Booking

air france

orange

ameli

edf

les toilettes de ma gare SNCF

 

A chaque fois, je dis que je suis ravi. La notation systématique est l’un des travers de l’esclavage  consumériste moderne, une bêtise de consultants.

 

Chanson du dimanche: ferme tes yeux

Covid19 – piège à con

Après ce premier tour de ces municipales, le second est suspendu. Je suis allé voter, mais je n’ai pas compris pourquoi on appelait à voter. Je suis allé voter, et nous étions presque seuls. Mon épouse et moi étions deux seulement à voter en milieu de matinée dimanche.

Le résultat de cette mascarade a donné quelques satisfactions: Buzyn dégagée, Collomb dégagé, Philippe en ballotage. Lundi soir, Macron annonce le report du second tour.

Ce dimanche était une mascarade. Lundi, nous sommes rentrés dans une mauvaise séquence parce que l’essentiel de nos libertés publiques est mis en quarantaine à cause du virus.

Sans remettre en cause la nécessité médicale, ce blocus me laisse un goût amer: primo, on est arrivé là cause de l’incrédulité, l’absence des gens face à la propagation du virus, de leur absence de civisme, de leur indiscipline. Secundo, on est là parce la Vème République permet une mise sous cloche de la démocratie, sans vote du parlement (fut-il électronique et à distance). Ce régime montre comment il glisse facilement dans l’autoritarisme le plus complet.

J’ai téléchargé l’attestation de déplacement, je n’ai pas bougé depuis samedi sauf brièvement pour faire des courses. J’ai signé un laissez-passer pour une collaboratrice.

A la télévision, 35 millions de personnes observent Macron répéter 6 fois que « nous sommes en guerre« . Son Rantanplan de ministre, bouffon de service, Castaner, ministre éborgneur, explique à deux reprises que tout est interdit, ou presque.

Oui, nous sommes en guerre: la guerre immédiate est sanitaire, contre l’afflux incontrôlé et incontrôlable de malades dans des hôpitaux déjà à bout, avec des personnels épuisés, et un manque de lits. Ils sont en guerre contre une maladie. Nous devrons être en guerre conter leur bêtise.

Agnes Buzyn confie dans le Monde que cette campagne électorale la semaine dernière  était une « mascarade » .

Oui, une mascarade.

Et la démocratie en parenthèses.

Pour combien de temps ?

 

 

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."