Le syndrome du centrisme

A les écouter, on comprend que la plupart des ministres de l’équipe Valls/Hollande pensent que la vigueur des critiques contradictoires (FdG, UMP, UDI, FN) justifie à elle seul la justesse de leur position, l’équilibre de l’action.

François Rebsamen, ministre du travail, en a fournit un exemple récent, le 23 juillet dernier après l’adoption de sa loi sur le dialogue social:

« Ça me plaît assez d’être critiqué à la fois par “L’Humanité” et “Le Figaro”, ça veut dire qu’on a une ligne qui est juste !  »

C’est le syndrome du centrisme: penser que le  milieu est l’endroit le plus juste, le positionnement le moins risqué, l’action la plus équilibrée.

Franklin D. Roosevelt n’a pas été centriste, mais radical quand il a lancé le New Deal. Le programme politique du CNR était radical pour la Libération. Il y a des périodes où il faut sortir du cadre, oser des actions radicales pour sortir de l’ornière. La France est en crise depuis 7 ans. Elle n’a jamais connu le plein emploi depuis les années 70. Qui peut penser qu’il faille se contenter de la mollesse faussement pragmatique de nos gouvernants ?

 

Dans cette video, l’icône du centrisme socio-dem livrait l’un de ses derniers combats.

 

Vacances, loin.

Chanson du dimanche: un tour facile

Une chanson rare, si rare que même Youtube ne pu m’en fournir un live ou un clip. Et pourtant, c’est un petit chef d’oeuvre, loin des arrangements sur-mixés et braillards auxquels la star de la pop nous a depuis habitués.

« I want the good life
But I don’t want an easy ride
What I want is to work for it
feel the blood and sweat on my fingertips
That’s what I want more »

« Je veux bien vivre
Mais je ne veux pas un tour facile
Je veux la gagner,
sentir le sang et la sueur au bout de mes doigts
Voilà ce que je veux avant tout. »

On est toujours le gauchiste de quelqu’un

Il y a longtemps, j’avais pris sur moi et expliqué au patron de mon patron que j’étais « un peu gauchiste ». Dans son esprit, cela devait désigner la frange gauche du PS, au mieux. Le patron de mon patron était simplement de droite.

L’appellation gauchiste est surtout utilisée par l’extrême droite. Si vous recherchez « gauchiste » sur YouTube par exemple, vous tomberez immédiatement sur une video d’un réac enjoignant son « ami gauchiste » d’adopter un Rom; une autre d’un militant frontiste qui qualifie une journaliste de LCI de « vieille merde gauchiste« ; une autre du collectif « Hollande Démission » qui traite de gauchiste un élu communiste; et une autre encore publié par un défenseur du « Nouvel Ordre Mondial » (sic!) qui traite le dessinateur Charb de « gauchiste hypocrite« .

En réalité, le gauchisme est davantage une attitude qu’un positionnement politique. Il consiste certes en une certaine radicalité de gauche, mais sa caractéristique essentielle est que cette radicalité s’exprime de façon systématique. L’actualité récente, depuis l’accession de Hollande, nous en donne plus d’exemples quotidiens que la décennie précédente. Cette dernière, gouvernée par la droite, avait quelque peu reléguée au second plan les divisions internes à gauche, à l’exception du sujet européen où les gauchistes sont eux-mêmes divisés.

Le virage à droite de François Hollande a rendu gauchiste un grand nombre d’entre nous. A force de voir ce président dériver de contre-réformes en trahisons vers des contrées qui n’ont plus grand lien avec son camp politique d’origine, même les esprits les plus pragmatiques en ont perdu leur repère. Et il nous est devenu très difficile de reconnaître le moindre progrès ou de discuter sereinement de la moindre loi de ce gouvernement tant la déception est grande.

Nous trouvons toujours plus gauchiste que soi… jusqu’à un certain point. Et c’est sans doute pour cela que le gauchisme est davantage une attitude qu’un positionnement politique. Il rend difficile la construction d’alternatives politiques dans la mesure où son principe réside dans la critique systématique, aux détriments de la recherche de points de convergence.

Prenez l’exemple de la Grèce.  Le gauchiste considèrera volontiers que le gouvernement Syriza s’est fourvoyé en acceptant le Diktat du 13 juillet dernier;  il refusera d’applaudir aux critiques de DSK contre l’attitude de la Troika (parce que DSK est socio-démocrate); et il hésitera à prôner la sortie de l’euro à cause d’une nostalgie internationaliste héritée du début du siècle d’avant.  Sur son blog, Jacques Sapir, qui n’est pas gauchiste mais très souverainiste, exhorte la gauche « radicale » européenne à sortir du consensus europhile. Il explique assez justement qu’il faut que cette gauche sorte de ses postures et clarifie son positionnement vis-à-vis de l’euro car, explique-t-il, « aucun programme économique radicalement différent du consensus austéritaire qui domine en Europe n’est possible tant que l’on persiste à adhérer à l’européisme. » Je ne sais pas s’il faut sortir de l’euro. Je sais simplement que l’Europe a montré, euro ou pas, qu’elle était incapable de solidarité avec l’un des plus petits Etats de son Union, et par ailleurs berceau de la démocratie sur le continent.

Bref.

« Enfin, une des erreurs incontestables des « gauchistes » d’Allemagne, c’est qu’ils persistent dans leur refus de reconnaître le traité de Versailles » Lénine, « Le gauchisme, maladie infantile du communisme ».

Il y a des requins

Pour certains, voici les vacances. Soleil, plage, baignade.

Il y a quelques jours, un surfer a échappé à un requin en pleine compétition. Ne me demandez pas pourquoi cette video est apparue dans mes favoris tandis que je consommais du YouTube.  L’histoire s’est bien terminée.

Je cherchais quelques informations sur les « requins de la finance ». Cette video est sortie comme cela.

Allez comprendre.

 

Chercher ET

Parfois, la réalité tente de rattraper la fiction. C’est ce qui nous est arrivé hier quand un projet de communication avec les extra-terrestres a été présenté à Londres. Il coûte 92 millions d’euros, il est financé par un milliardaire russe, et animé par l’astrophysicien Stephen Hawking.

Le projet a un nom de science fiction: « Breakthrough Listen ».

« De toute manière, il n’est pas de plus grande question » Stephen Hawking.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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