Député(e), ne te déchois pas dans l’Histoire.

Aujourd’hui débute l’examen d’une mesure contestable, une mesure qui heurte certains à gauche comme à droite ou ailleurs, mais pas à l’extrême droite.

Aujourd’hui, nos parlementaires entament l’examen de l’inscription dans la Constitution de l’extension de la déchéance de nationalité pour crimes et délits contre l’intérêt supérieur de la Nation.

Je vous laisse imaginer les dérives qui seront possibles, avec d’autres gouvernement. Vous connaissez déjà de quelles références cette mesure est le nom. L’extrême droite applaudit, la droite furibarde aussi, les centristes et quelques républicains toussent, la gauche politique se fracture.

Dans les cercles proches, on nous a opposé deux arguments majeurs: les sondages victorieux (à ce prix-là, pourquoi donc Hollande n’aurait-il pas démissionné depuis 2013 tant les sondages lui sont détestables ?) et une forme d’archéologie républicaine qui consista à chercher dans les tréfonds de la nation républicaine naissante une justification pour sauver les apparences.

A fur et à mesure que le débat et le moment du vote approchent, la pagaille la plus complète s’est installée dans les cercles politiques. A tel point qu’on ne sait plus qui votera finalement la mesure.

Stupéfiants ont été les élus socialistes. Une majorité d’entre eux auraient été convaincus par l’ajout d’une mention qui permettrait l’apatridie. Un ajout qui a fait hurler de rage quelques parlementaires de droite qui ne voulaient cibler que les binationaux. Et voici qu’on doute que Hollande obtienne finalement les 3/5 du parlement réuni en Congrès.

Prenez quelques instants pour résumer comme moi qui trouve stupéfiant que la République puisse suivre les pas d’un autre régime français pour purger la nation de certains de ses ressortissants la situation: à « gauche« , on voudrait pouvoir exclure sans distinction, c’est la purge sécuritaire « non discriminatoire« . A droite, on ne veut cibler que les « faux » Français.

Dans quel pays vivons-nous ?

L’extension de la déchéance de nationalité, mesure inepte contre le terrorisme des djihadistes du monde, est le symbole honteux d’une capitulation dont François Hollande et Manuel Valls n’avaient peut-être pas mesuré la fracture qu’elle provoquerait.

Député(e), rappelle-toi de quelle République tu es l’élu(e).

Ne te déchois pas dans l’Histoire.

Taubira, le premier jour de sa vie

Elle est partie, elle a déclaré deux jours après qu’elle restait « loyale » envers le Président, une courte réponse à un journaliste qui fut largement relayée par les soutiens de Hollande trop effrayés à l’idée que la bombe Taubira ne se retourne contre eux avec une violence politique et symbolique hors normes.

Puis il y eu ce livre, « murmures à la jeunesse », écrit dans le plus grand secret. Un réquisitoire, semble-t-il, contre la dernière mesure phare du quinquennat fatigué.

Puis il y  eut cette itv dans le colonnes du Monde, ce 2 février. Taubira trace, claque et enfonce.

« J’espère que la déchéance de nationalité ne sera pas inscrite dans la Constitution. Oui, j’espère très sincèrement que la gauche n’aura pas à assumer une telle décision. »

Moi aussi.

Valls, la dégressivité de la gauche de gouvernement

Que voulez vous en penser ?

Cette semaine, une quinzaine de mois avant un premier tour de l’élection présidentielle, le gouvernement confie qu’il est favorable à l’instauration d’une dégressivité des indemnités chômage.

En 2013, Michel Sapin, déjà au gouvernement, s’exprimerait franchement contre cette « sérénade » proposée par le patronat. En 2014, Hollande complète: « Ce n’est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs. » Mais cela, c’était « avant« .

En 2016, la changement, c’est maintenant.

Les partenaires sociaux vont négocier les conditions d’indemnités chômage. Et le gouvernement, par la voix du même Sapin, s’est autorisé d’exprimer ce qu’il en pensait.Michel Sapin s’est ainsi permis d’expliquer ce lundi 1er de février 2016, que la dégressivité des alloc chômage « fait partie des choses qui seront discutées par les partenaires sociaux« , et qu’elle « doit s’accompagner d’autres (pistes): si vous êtes dans la dégressivité, d’un côté, vous devez être (…) dans l’augmentation du droit à la formation, des droits à la reprise de l’emploi » de l’autre. »

L’autodestruction est en marche.

Primaire à gauche ? Vraiment ?

Pourquoi faudrait-il légitimer François Hollande par un vote à des primaires à gauche ?

C’est une vraie question, la seule qui vaille sans doute dans cette affaire de primaires. Car ce samedi, les frondeurs du PS, ces socialistes mi-loyaux, mi-dissidents, se sont prononcés pour l’organisation d’une primaire citoyenne à gauche. L’un des plus frondeurs, peu avare en dérapage par ailleurs, Pascal Cherki, a résumé leur pensée: « si à la fin c’est Hollande qui gagne cette primaire, nous soutiendrons Hollande ! »

Très franchement, je suis partagé.

Je suis partagé entre l’envie de laisser cette équipe élyséenne prendre ses responsabilités et nous les nôtres, le jour du premier tour des présidentielles, et celle d’en aller uni au combat présidentiel.

Les frondeurs ont un point juste: les primaires sont la seule façon de re-légitimer Hollande sur sa gauche, la « seule voie pour la gauche afin de prévenir le naufrage que nous redoutons lors de l’élection présidentielle de 2017″. C’est d’ailleurs pour cette exacte raison que je suis tenté de penser que les primaires sont finalement une mauvaise idée. Car je n’ai pas envie de laisser un candidat de centre-droit se clamer de la gauche dès le premier tour.

 

 

 

We Are #WomenNotObjects

C’est tout simple, c’est très efficace. En regardant cette video, j’ai pensé à quelques amis qui bossaient dans la pub. J’ai pensé aux baffes que j’aurai du leur mettre.

Chaque jour, chaque semaine, chaque mois, la « porn-pub » ou l’objectification de la femme nous piquent les yeux. Comme à cette fin de vidéo, je pense à ma mère, ma femme, ma fille.

Je reste stupéfait.

Chanson du dimanche: « Femme »

Qu’elle est douce, qu’elle est belle, cette chanson.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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