Ce malentendu sur la Vème République

On a beaucoup entendu, et on entend encore beaucoup combien Macron est politiquement légitime à faire ce qu’il fait (cette loi travail, etc), même si l’abstention fut record, et son élection au second tour de la présidentielle d’abord une victoire contre l’Immonde plutôt qu’une adhésion sur son programme.

Je ne connais pas beaucoup d’insoumis à contester une réalité évidente: les règles de la Vème République ont été respectées. On critique certes le matraquage publicitaire et la complaisance de certains médias dominants (attention, amis journalistes paranoïaques, ceci est une critique, pas une censure!). Mais Macron et ses supporteurs n’ont pas bourré les urnes. Jupiter est arrivé en tête du premier tour (de peu, mais en tête). Il a aussi gagné le second tour (rappelez-vous d’ailleurs, si nous hésitions à voter pour lui contre Le Pen, et malgré son programme, nous étions traités de tous les mots … que c’est cocasse avec le recul!). Lors du scrutin législatif, plus d’un adulte sur deux ne s’est pas déplacé. Macron a rassemblé 30% des suffrages restants sur son nom mais par la grâce du scrutin majoritaire à deux tours (une particularité française), il a remporté 80% des postes de députés.

Tout ceci était légal, je ne le conteste pas.

Ce que nous contestons est justement la Vème République elle-même. Un régime à bout de souffle qui autorise ce genre d’absurdité légale. Même certaines des plus grandes dictatures se sont réfugiées derrière l’argument de la légalité pour justifier leurs méfaits. La Vème République n’est pas une dictature, mais je rappelle cette évidence historique pour remettre quelques pendules à l’heure. Le vénézuélien Maduro, que je critique sans conteste, a respecté les formes institutionnelles de son régime. Je n’entend pas beaucoup de macronistes l’applaudir.

Quand Macron se sert de sa légitimité institutionnelle pour justifier l’application de son programme (dont lui-seul et quelques autres en connaissaient les détails comme la « révélation » de la loi Travail nous l’a démontré), il commet une erreur qu’il paiera de plus en plus à chaque loi. Car un nombre croissant de citoyens risquent bel et bien de se sentir bafoué.

Et pour celles et ceux qui, comme moi, ont subi le vote Macron comme un chantage anti-Le Pen, le temps du rappel que nous n’avons pas voté pour cela est largement venu.

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A quoi servent les députés insoumis ?

Ils/Elles sont de la France qui travaille –  bibliothécaire, fonctionnaires, conseiller commercial, aide-soignante, professeurs, technicien, formateur, journaliste, ou assistante.

Ils parlent, ils se saisissent de chaque occasion de parler pour expliquer ce que nous vivons, pour dénoncer le story-telling ambiant.

Ces députées sont des porte-voix bienvenus, leurs interventions à l’Assemblée ou ailleurs sont les rares moments d’actualité télévisées qui me font plaisir à regarder.

 

Ce n’était pas mieux avant.

C’est que j’essaye de dire à mes P’tites Racailles devenues grandes. C’était aussi ridicule avant.

Nicole (Ferroni) rappelle à Nicole (Belloubet) les promesses de Jupiter

Nicole Ferroni s’interroge sur cette curieuse autocensure de la Garde des Sceaux, et de son patron Jupiter, sur la loi de moralisation signée en grandes pompes et devant les photographes à l’Elysée.

Une promesse de Macron, rendre inéligible les personnes au casier judiciaire B2 non vierge, n’a pas été respectée au motif que le Conseil Constitutionnel la censurerait sans doute (si on ne tente pas de tirer le but, on ne marque jamais, rappelle Nicole Ferroni). Mais, plus grave, pour sauver les apparences, la Garde des Sceaux a fait limiter les cas d’inéligibilité, notamment au cas de fraude… en bande organisée.

 

On rigole.

 

 

Le faux culte de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon

Le leader de la France insoumise ressort dans tous les sondages comme l’opposant principal à Emmanuel Macron. Sa personnalité attire les foudres. Même à droite ou chez les néo-adorateurs de Jupiter, on fustige un prétendu culte de la personnalité chez les insoumis.

Franchement, la personnalité de Mélenchon m’importe peu. Je ne l’ai jamais rencontré. Je ne partage pas cette vision individualiste de l’Histoire qui voudrait que les pays sont dirigés par des hommes. La France vit sous un régime semi-monarchique et cela tourne encore des têtes. Qu’importe.

Certes, je regrette que Mélenchon ne tende pas davantage la main. Il la tend un peu, mais insuffisamment. Ailleurs, c’est pire. La gauche est divisée, écartelé, elle se divise encore davantage et chacun n’a pourtant que le mot rassemblement à la bouche.

Nous devrions surtout nous intéresser aux programmes et aux rapports de force. Mélenchon est arrivé en tête des forces d’opposition progressistes à cette vague néo-libérale incarnée par Macron. La première et grande mesure de l’Avenir en Commun est la désignation d’une Assemblée constituante pour en finir, ou pas, avec cette Vème République. Il y a pire comme programme autocratique.

Caricaturer Mélenchon en nouveau Lider Maximo sous prétexte qu’il ne critique pas assez durement le gouvernement vénézuelien est aussi stupide que de prétendre que Macron est un autocrate puisqu’il ne critique pas le Qatar ou toutes ces autres dictatures avec lesquelles il poursuit la même real-politik que ces prédécesseurs. Entendre d’ex-hollandistes se livrer à ces accusations après le quinquennat que nous avons vécu est désolant.

Il n’y a pas de culte de la personnalité au sein de la France insoumise car les personnalités y sont visiblement suffisamment fortes.

 

 

Chanson du dimanche: Mr Blue Sky

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."