#JesuisNabil

Nabil Ayouch est un réalisateur marocain, une personne rare, d’un père musulman et d’une mère juive. Un réalisateur qui avait ses moyens et ses installations au sein du Royaume marocain malgré des oeuvres parfois sensibles comme son précédent film, les Chevaux de Dieu, sur ces jeunes djihadistes au coeur des attentats de 2003 à Casablanca.

Son dernier film, « Zine li fik » («Much loved»), présenté lors du dernier Festival de Cannes, sera finalement interdit de projection au Maroc. La sentence est tombée lundi, via un communiqué du gouvernement précisant que le film comporte un «outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine».

L’actrice principale, Loubna Abidar, a subi des menaces de mort.

Sur les réseaux sociaux, on lisait heureusement des messages de soutiens, et de toutes part.

Et quelques messages plus malheureux d’esprits faibles, qui n’avaient rien vu (le film n’est pas sorti en salles, ni au Maroc, ni ailleurs), rien compris, rien appris, mais qui se permettaient de fustiger la prétendue insolence du réalisateur.

J’ai rencontré Nabil Ayouch, il y a longtemps, au Maroc. Un joli souvenir, d’un cinéaste qui avait envie, et a toujours envie, que son pays bouge. Quelqu’un qui a compris que la société n’évolue que lorsqu’elle sait être lucide sur ses réalités, un démocrate dans un pays qui ne l’est pas et qui aimerait que cela avance plus vite. Un pragmatique qui sait aussi ce qui ne se passera pas si l’on n’y met pas les moyens.

Bref.

Aujourd’hui, son propre film ets censuré dans son propre pays, pour de mauvaises raisons, et, pire, en violation avec la garantie de la liberté d’expression que la constitution du pays garantit.

« La prostitution est autour de nous et au lieu de refuser de la voir, il faut essayer de comprendre comment des femmes qui ont eu un parcours difficile ont pu en arriver là ». Nabil Ayouch

Parler de sexe dans un film dans un pays comme le Maroc, est risqué, très risqué, m’avait raconté un ami marocain. La situation n’a pas été améliorée par la progression politique des islamistes.

En France, quelques racailles d’extrême droite tentent de censurer par la force et la pression la sortie d’un film sur la rédemption d’un skinhead. Comme quoi, à chacun ses cons et ses arriérés.

Les complices de l’Islamisme

j’ai lu beaucoup de déceptions, feintes ou sincères, à la lecture du dernier numéro de Marianne sur les complices de l’islamisme.  En cause, l’attaque contre celles et ceux  qui ont tenté d’excuser les attentats de Paris par la politique internationale ou nationale de la France (Charlie Hebdo compris) à l’encontre des musulmans.  On peut bien sûr expliquer, et il le faut, comment de jeunes Français, par ailleurs délinquants, se trouvent embarqués dans une spirale qui conduit au massacre.

Expliquer n’est pas excuser. Oser même minorer ces actes monstrueux a quelque chose d’indécent pour la démocratie, les victimes et leurs proches, et l’intelligence tout simplement.

Les musulmans en France subissent suffisamment de discriminations et de brimades pour qu’on évite de les assimiler à des islamistes.

Or les supporteurs de la thèse selon laquelle Charlie en a trop fait et la France trop mal fait sont justement complices de cet argument. Marianne a bien et mal fait les choses avec son dossier.

L’hebdo n’a pas pris de pincettes, l’époque le réclame malheureusement.

Les nouvelles étiquettes politiques 

Voici les nouvelles, celles qui empiètent sur nos anciens clivages et clivent encore mieux l’actuel monde politique. Cherchez la votre. 

La droite décomplexée (2007)

La droite Bling Bling (2007)

La gauche moderne (2008)

La droite snif snif (2008)

Les soc-lib (2012)

La droite forte (2012)

La France droite (2012)

La vrauche (2013) ou vraie gauche

La groite (2013)

La droite furibarde (2014)

La gauche radicale (2014)

La gauche naïve (2015)

Et maintenant:

La gauche cannibale (2015), lue dans le dernier Marianne.

 

  

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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