De la violence policière

JuanPolice

Le jeune policier, titularisé gardien de la paix après les évènements, que l’on a vu résister calmement à quatre frappes d’un casseur cagoulé qui venait d’attaquer son véhicule le 18 mai dernier, a des air de Teddy Riner, notre champion de judo dont Canal+ vient de diffuser un portrait.

Le voici.

Et voici Riner

Ce jeune gardien de la paix faisait plaisir à voir lors de sa remise de médaille à l’Elysée.

J’ai beaucoup de mal à suivre les accusations anti-flics.

Les flics sont ceux qui nous sauvent le soir, le jour, le moment où il faut.

« Vers 21h45 la « PS O3 » demande du renfort pour des individus armés qui venaient de pénétrer dans salle de spectacle du Bataclan. Nous nous sommes annoncés partant pour ce lieu d’intervention. Vers 21h48, nous nous sommes stationnés angle Place de la la République, boulevard Voltaire, à Paris 11. Nous nous sommes équipés tous les trois de gilets pare balles lourds puis nous avons progressé en direction du Bataclan, en colonne. (lire la suite) »

Les responsables de bavures sont ailleurs. J’ai été frappé, comme d’autres, par ce témoignage d’un responsable syndical policier:

« Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi.«  (lire la suite). »

Voilà.

 

Un écolo président. En Autriche

Alexander Van der Bellen l’a emporté de justesse lundi, grâce aux votes par correspondance  – 700 000 votes sur 6M d’électeurs. Il a défait son rival d’extrême droite, Norbert Hofer, à 31.000 voix près. Et décroche le poste (quasi-honorifique mais très symbolique) de président de la république autrichienne.

Les candidats des deux partis principaux – conservateur (ÖVP) et social-démocrate (SPÖ)- ont été balayés.

On pourrait accuser la crise des migrants, on devrait observer que partout dans le monde des gens primaires et xénophobes l’emportent dans les suffrages ou les sondages. Aux Etats-Unis, Trump. Aux Philippines, Rodrigo Duterte. En France, Marine Le Pen.

En Autriche, quoiqu’en disent nos commentateurs, le système politique et administratif ne convenait plus (avec un scrutin qui donnait aux deux partis au pouvoir depuis 1945, lesquels avaient fini par converger dans la même sauce social-libérale); le FPÖ qui a déjà gouverné en coalition avec les conservateurs; et le chômage, est jugé élevé, trop élevé par ses habitants.

« Le taux de chômage présenté par l’agence pour l’emploi autrichienne est beaucoup plus élevé que celui d’Eurostat. Cela est dû à la méthode de calcul de l’AMS, qui prend en compte les chômeurs, mais aussi les personnes en formation ou sous-employées » (lire la suite)

Bref, voici l’Autriche, où un (jeune) apparatchik du FPÖ a failli l’emporter.

Ce dernier a déjà gagné beaucoup, peut-être l’essentiel: la possibilité de l’emporter aux prochaines législatives, et la validation pour ailleurs en Europe que l’extrême droite peut aller loin dans les scrutins.

Inch Allah.

 

 

Ken Loach, une leçon politique sous les paillettes

Le moment était curieux, inattendu, surprenant, et réjouissant.

Un réalisateur britannique, habitué des films mal financés mais toujours brillants, emportait la Palme d’or du plus grand festival de cinéma du monde, ce 22 mai 2016 à Cannes.

Et pour un film éminemment politique.

 

Après avoir reçu sa palme, voici ce qu’il déclara. Contre l’austérité, la bêtise de l’extrême droite et les autres billevesées libérales.

 « Recevoir la Palme, c’est quelque chose d’un peu curieux car il faut se rappeler que les personnages qui ont inspiré ce film sont les pauvres de la cinquième puissance mondiale qu’est l’Angleterre.

C’est formidable de faire du cinéma, et comme on le voit ce soir c’est très important. Le cinéma fait vivre notre imagination, apporte au monde le rêve mais nous présente le vrai monde dans lequel nous vivons. Mais ce monde se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes au bord d’un projet d’austérité, qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous mener à la catastrophe. Ces pratiques ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse. Le cinéma est porteur de nombreuses traditions, l’une d’entre elles est de présenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants, j’espère que cette tradition va se maintiendra.

Nous approchons de périodes de désespoir, dont l’extrême-droite peut profiter. Certains d’entre nous sont assez âgés pour se rappeler de ce que ça a pu donner. Donc nous devons dire qu’autre chose est possible. Un autre monde est possible et nécessaire. »

Merci donc.

 

Mon patron, cet exemple.

Quel est le sujet ? Il est simple, connu, archi-connu: les entreprises sont des corps sociaux où le comportement et la rémunération des dirigeants est forcément un exemple quotidien. 

C’est particulièrement vrai dans les grandes entreprises où l’on aura quelque difficulté à nous faire croire que les PDG sont de fieffés entrepreneurs qui ont fait progresser l’entreprise avec leurs simples petits bras.

J’ai vu des grands patrons de près, de très près. Ils étaient toujours excessivement lucides, sans doute très intelligents. « Valaient »-ils quelques siècles de salaires moyens ? Bien sûr que non.

A chaque pression populaire pour plafonner les salaires des grands patrons, les défenseurs du statu-quo libéral nous expliquent qu’il y a un « marché du grand patron » où les salaires s’envolent. On en déduit, encore une fois, que nos grands PDG n’ont pas grand chose à voir avec l’entrepreneur de PME qui crée, sauve, défend sa boite. Ces grands PDG, souvent, sautent d’une entreprise à l’autre au gré des challenges et des bonus et autres retraites chapeaux.

Des mercenaires en quelques sorte.

Quand l’augmentation moyenne, négociée dans les grandes entreprises se limite à quelques dizaines de centièmes de pourcentage, la revalorisation de la rémunération des dirigeants est forcément scrutée: qu’ont-ils donc fait de mieux qui mérite si grand ?

Chanson du dimanche: « les troubles »

La surenchère d’Alain Juppé

Juppé

La campagne des primaires les radicalisent un à un. Voici Juppé qui dévoile ses idées pour l’économie. Après Fillon, Mariton, et même Le Maire, le maire de Bordeaux s’excite à son tour dans une surenchère libérale.

On retiendra que Juppé veut sucrer la rémunération supplémentaire des heures entre 35 et 39 heures par semaine. Dans le jargon des neo-réac, on appelle cela « supprimer les 35 heures« . Revenir à la situation des salariés d’il y a 35 ans est paraît-il le summum de la modernité et de l’adaptation au monde d’aujourd’hui.

Juppé pourrait embaucher Macron dans son gouvernement.

Juppé a d’autres idées, celles de 1995, une musique que l’on entend aussi ailleurs. Comme celle d’aligner les conditions de retraite de la fonction publique sur celles du privé. Ce slogan parfaitement libéral ne veut rien dire. Il vaudrait mieux expliquer qu’à salaire et conditions de travail (pénibilité, etc) égales, retraite égale. Le reste n’est qu’argument électoral. Juppé double ses concurrents de droite par une mesure pratique: que « tous les nouveaux fonctionnaires recrutés à partir de 2018 soient dorénavant affiliés au régime général et aux caisses de retraite complémentaires comme tous les salariés du privé. »

Juppé devrait voter la loi El Khomri, puisqu’il veut, comme Valls et Macron, renvoyer les négociations aux entreprises et non plus aux branches.

Juppé veut créer le contrat de travail « à points »: l’embauche serauit assortie d’une liste de points à satisfaire (et non plus pour assumer une responsabilité) .

Pour « sécuriser le CDI », Alain Juppé ­préconise de porter sur le contrat de travail « des motifs prédéterminés de rupture ». Le salarié connaîtra ainsi « les motifs de licenciement possibles », mais surtout « le chef d’entreprise saura dès la conclusion du contrat que, si certains aléas économiques ­venaient à se réaliser, il pourra l’interrompre » (lire la suite)

Supprimer 250 000 postes de fonctionnaires est l’autre lubbie néo-lib et hors sol. On manque de prof, de flics, de postiers, d’assistantes sociales. L’Etat est en rade, mais quelques héros/hérauts d’un libéralisme anachronique considèrent que nos impots ne doivent pas assurer cette solidarité-là.

Juppé, comme ses concurrents à droite, peuvent aller loin. Les digues ont sauté. « Réduire le cout du travail », « réformer les retraites », « travailler plus sans gagner plus » sont des expressions que l’on entend à l’Elysée et à Matignon depuis quelques lustres.

Les supporteurs de Hollande et Valls défendront que leurs mentors ne sont pas aussi outranciers face à la précarisation du pays. Ils ont raison. Mais tout est une affaire de taille de suppositoire.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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