Ciel d’un jour #65

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Le CRS et la femme voilée

Une vidéo figurant un CRS insultant et bousculant une jeune femme noire et voilée avec poussette a largement circulé sur les réseaux sociaux depuis vendredi 22 juillet. Elle a été réalisée au moment de l’évacuation d’un camp de migrants sous la station de métro Jean Jaurès à Paris.

« J’en ai rien à foutre, tu vas pas me faire chier longtemps, tu dégages! (…) Tu pars là-bas je t’ai dit. C’est moi qui commande, dégage! »

Pourquoi cette violence ?

 

 

Pour la fachosphère, rien de choquant bien sûr.

Pour les autres, c’est-à-dire les gens normaux, cette séquence est incompréhensible. Nulle menace apparente de la part de la jeune mère, qui doit par ailleurs veiller à sa poussette. Nulle violence aux alentours. Et le millier de migrants concernés devaient être relogés ailleurs malgré de nombreuses incertitudes et inquiétudes, telles que relayées par un collectifs d’associations.

« La France est loin d’être le pays européen qui accueille le plus de personnes fuyant leurs pays en Europe. A celles et ceux qui, depuis les portes de l’Europe, doivent affronter des frontières de plus en plus hermétiques pour sauver leurs vies, elle n’offre pourtant qu’un accueil dégradé, quand il n’est pas dégradant. » CFDA – Coordination française pour le droit d’asile

Outre la situation individuelle de la victime, les conséquences de cette violence sont désastreuses à plus d’un titre. Que des CRS ne réalisent pas qu’ils sont filmés (et c’est heureux) dans leurs interventions; qu’on attend d’eux maîtrise et respect, est curieux. Des dizaines de vidéos d’autres violences et dérapages policiers ont été diffusées depuis des mois. Au moment même où le pays a besoin de solidarité, notamment avec ses forces de l’ordre, face à la menace terroriste.

Donc on repose la question: pourquoi cette violence ?

 

#JeSuisAthée

JihadCroisade

Un prêtre égorgé dans une Église, un mardi de juillet.

Une mise en scène macabre et enregistrée d’après un témoin.

Les deux kamikazes de Daesh cherchaient à frapper les esprits, à nous convaincre qu’il s’agit bien d’une guerre de religion puisque la leur nous aurait déclaré la guerre.

Après l’assassinat de deux 2 enfants juifs par Mohamed Merah puis l’HyperCasher en janvier 2015, c’est le troisième attentat plus religieux que les autres dont nous gratifie Daesh et ses sbires.

La mort de ce curé, âgé et visiblement très ouvert sur les autres, y compris d’autres religions, est triste à souhait.

Alors que des responsables politiques de droite – dont l’inénarrable Sarkozy en tête – nous serinent déjà combien l’âme chrétienne du pays a été frappé, j’ai aussi envie de vous dire simplement: je suis athée, comme une majorité des gens de ce pays. Et votre guerre de religion m’emmerde et m’insupporte.

#fatigue

#colère

 

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Ciel d’un jour #64

Mensonges sur les « crimes de réfugiés »

Il suffit d’une succession de 4 attentats en Allemagne, sans rapport les uns avec les autres, pour que la fachosphère  (relayée par nombre et nombre d’inquiets survoltés) s’autorise à raconter n’importe quoi à propos des crimes commis par des migrants, réfugiés et autres immigrés.

Si la France n’a reçu que quelques centaines de réfugiés de la crise irako-syrienne, l’Allemagne en a accueilli plus d’un million l’an passé, une augmentation de +440% par rapport à l’année précédente.

Il n’en faut pas plus pour que la fachosphère se répande sur le Net à la moindre occasion pour brailler que ces réfugiés en masse engendrent une augmentation des crimes et délits en masse, que nombre d’entre eux ne sont que des jihadistes dissimulés, sans parler du « Grand Remplacement » dont ils menacent la survie de cette cohorte de suprémacistes blancs à la grammaire aléatoire.

Reprenons.

  • Il y a 10 jours, un jeune réfugié syrien se réclamant de Daech a gravement blessé 4 personnes dans un train en Bavière.
  • Vendredi, un germano-iranien de 18 ans a tué 9 personnes. Manque de « chance » pour nos fachos, le jeune homme n’était pas réfugié, mais plutôt dépressif, « amok » et son acte n’a aucun rapport avec Daech. Nos fachos crient bien sûr au complot.
  • Samedi, un jeune réfugié syrien tue à la machette une jeune femme. C’était en fait un drame passionnel. Le crime n’a attiré une telle couverture médiatique qu’en raison de l’identité de l’auteur.
  • Dimanche, un autre réfugié syrien, dont on avait refusé la demande d’asile, se fait sauter devant un festival de musique dans la ville d’Anspach. Celui-là se réclame aussi de Daesh.

 

Je vous laisse imaginer les messages que l’on peut lire sur les réseaux sociaux émanant de d’une poignée de la fachosphère et autres partisans de la « remigration« .

 

Il faut encore rappeler quelques statistiques pour sortir des fantasmes.

  1. L’Allemagne enregistre entre 6,8  millions de crimes et délits par an (chiffres 2014).
  2. La proportion de crimes et délits attribués à des réfugiés est de 1,7%.
  3. En 2015, les crimes et délits attribués à des réfugiés ont atteint 208 000, en hausse de 79%. Le nombre de réfugiés a lui augmenté de 440%.
  4. Si le nombre de crimes et délits commis en Allemagne était stable en 2015 (les chiffres ne sont pas connus), la proportion attribuable aux réfugiés serait donc de … 3%.
  5. Parmi ces 208 000 actes de délinquance, « les cas de violences graves, délinquance à caractère sexuel et de crimes ou tentatives de crime« , rappelait le Monde en février dernier, sont rares: 1 688 actes de délinquance à caractère sexuel (dont 458 cas de viol ou d’agression sexuelle), 28 meurtres (dont 27 migrants tués), et 222 tentatives de crimes.
  6. Les 28 meurtres sont à comparer aux 2200 meurtres commis en Allemagne par an (chiffres 2014).
  7. Les 2000 actes violents commis par des réfugiés sont à comparer aux 184 000 actes violents commis en Allemagne au global.

 

Un crime est crime. Mais un fantasme reste un fantasme.

 

 

 

Jihadiste niçois

Avec le recul, ce documentaire exceptionnel de France 2, diffusé en juin dernier sur les recruteurs du jihad prend une autre signification. Parmi eux, Omar Omsen, un ancien délinquant niçois devenu recruteur jihadiste pour une branche d’Al Qaida depuis 2013. Lui comme les autres ciblent des jeunes d’une vingtaine d’années.

Des gamins paumés aux prénoms « bien-de-chez-nous » sont exhibés dans le documentaire. Des gamins attrapés à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, à un moment peut-être plus fragile que d’autres.

Ce n’est plus glaçant, c’est juste triste et absurde.

Il n’y a aucune surprise sur le fond: la même rhétorique est répétée sur la grandeur de l’islam, les mécréants de France, la nécessaire bataille contre Assad en Syrie, etc.

L’intérêt de ce documentaire est de voir, sur une durée plus longue que les habituels micro-reportages, ces jeunes embrigadés. Pour l’athée que je suis, ils m’ont tous paru incroyablement sectaires, coincés dans des croyances, « gouroutisés » par leur mentor.

 

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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