Cette somme de polémiques inutiles

Ils ne gouvernent pas. Ils en sont loin. Et pourtant, les députés de la France insoumise continuent d’attirer les polémiques sorties de nulle part.

Il y a eu celle de « Méluche qui agresse les maths ».

Allo ?

 

Il y a eu aussi cette polémique sur Danièle Obono, jeune députée FI, noire, accusée de traitrise à la nationale par une émission surréaliste parce qu’elle a signé … une pétition de soutien à un rappeur censuré.  La fachosphère se régale. Jean-Michel Aphatie, qui a depuis longtemps remplacer l’investigation politique par le commentaires des tweets, renchérit.

« Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes,

Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes »

Oui, dans ces cas-là, ces moments-là, nique la France. Mais la question n’est pas celle du soutien aux paroles de ce rappeur, ni même à son message. Qu’importe, il fallait que la polémique  tombe sur la députée Obono, et pas sur d’autres signataires plus blancs (Noël Mamère, Eva Joly, Olivier Besancenot ou Clémentine Autain). Il fallait que la polémique sorte maintenant, et pas il y a 5 ans quand la pétition a été signée.

 

Camarade, rassure-toi, la France insoumise n’est pas le danger. Accorde un peu d’attention à celles et ceux qui, soumis, ont les commandes du pays.

 

 

Discuter de la loi Travail

Nous allons pouvoir, peut-être, discuter de loi Travail. Je dis peut-être puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, cette loi n’est connue que dans ces grandes lignes, mais pas en détail. Le détail viendra plus tard, en plein été, quand presse et citoyens seront moins attentifs et moins présents.

Dans ma précédente chronique hebdomadaire, j’ai repris les points connus de cette loi. 

Le gouvernement s’abrite derrière une petite cinquantaine de réunions avec MEDEF et syndicats pour expliquer qu’il y a de la concertation. L’Express, qui est loin d’être un torchon gauchiste, a résumé l’affaire: en gros, chaque organisation dispose d’environ 2 heures de questions orales en tout et pour tout. Ajoutez que les députés voteront sans le travail parlementaire habituel pour cause de vote forcé par ordonnance, cette opération est une belle arnaque d’un gouvernement qui passe en force sans mandat populaire pour le faire.

Commentons un peu le détail.

La fusion des instances du personnel est une mesure antisociale évidente pour qui connait comment cela se passe. Cela va surcharger des instances déjà surchargées. Et nuire au débat, à la bonne information et au contre-pouvoir, pourtant modeste, accordé initialement aux salariés dans l’actuel code du travail.

La loi prévoit de confier encore davantage de primauté aux accords d’entreprises, sans qu’on en connaisse encore tous les détails. Rappelons aux naïfs que l’entreprise est un niveau où les rapports de force sont aux détriments des salariés par rapport aux branches, même si les accords de branches comprennent parfois des obligations stupides. L’intention affichée du gouvernement dans son projet de loi est de limiter la primauté de l’accord de branche à un nombre restreint de domaines. La loi Travail veut ainsi autoriser les entreprises « à aménager les modalités d’indemnisation légales, la durée de la période d’essai, le préavis, les congés familiaux ».

Plafonner les indemnités prudhommales ? Mon meilleur ami a perdu sa boite à cause d’un procès aux prudhommes qui a duré 4 ans avec son deuxième employé. Je suis un peu sensible sur le sujet. J’ai besoin de lire le texte des intentions du gouvernement qui, forcément, n’est pas divulgué.

Faciliter les licenciements dans les filiales de multinationales ? #lol. Sans commentaires. Depuis quand une grande entreprise a « peur » d’embaucher quand elle a besoin d’embaucher à cause de l’actuel droit du travail ? Macron et ses sbires utilisent l’argument des TPE pour alléger les contraintes des grandes entreprises et des multinationales. C’est triste, c’est con, c’est indigne.

Le projet de loi Travail ne ménage pas spécialement les TPE et les PME par rapport aux grands groupes. Comme souvent en matière de lois anti-sociales, les arguments des petits servent à défendre les gros. Pour l’instant, cette loi promet un saccage.

Attendons les détails, qui sont déjà écrits mais cachés et connus du petit cercle macroniste. Pour l’heyre, le gouvernement déploie tous ses talents pour éviter de braquer les syndicats. Macron a même débaucher un ancien de FO.

Ensemble, tout est possible.

 

Le gouvernement Macron et la Marche des Fiertés

Macron n’est pas homophobe. L’une de ses qualités est d’être au moins libéral en matière sociétale et de s’opposer à celles et ceux qui nous ont fait chier au moment de la légalisation du mariage gay et la défense des droits LGBT.

Mais Macron s’est révélé suffisamment opportuniste pour désigner un ministre ouvertement opposés au mariage gay: Gérald Darmanin.

Il y a aussi ce député LREM ouvertement homophobe.

Le premier ministre Edouard Philippe lui-même s’est abstenu de voter la loi.

Bref.

Bon anniversaire la #MarchedesFiertés!

 

Chanson du dimanche: utopie!

Cette chanson du dimanche est pour la #radiodesblogueurs2017, organisé par le fidèle lolobobo. On a tous nos utopies, cette chanson est simplement planante.

Je passe le relais à Cycee, qui est plus assidue à l’exercice blogosphérique.

 

2007-2017

Ce parallélisme 2007/2017 commence à me stresser. J’ai 47 ans maintenant, pas l’énergie. Je n’ai même pas envie de commenter comme avant, autant qu’avant. Le quinquennat Hollande m’a vidé de l’intérieur, comme une prise de sang trop longue.

Mais cette élection a des conséquences troublantes. Comme un air de déjà-vu. Je n’ai opas dit que Macron était tel Sarko. Ou plutôt si, j’avoue. Ce parallélisme entre 2007 et 2017 qui s’installe si facilement commence à stresser.

Observez.

Il y a le bling-bling, plus souriant. L’épouse, toujours aussi mise en valeur. Le mythe du renouveau incarné par la jeunesse, cette fois-ci mieux incarné, mais qui cache un programme applaudi par ces réacs du MEDEF. L’ouverture transpartisane, mieux réussie que du temps de Sarko. Des affaires gênantes, déjà (il y a même une ministre MODEM qui démissionne).

Il y a évidemment ces mesures sécuritaires d’urgence transformée en loi permanente. Et même, évidemment, un débat sur l’identité nationale – pardon, « une réflexion globale sur l’immigration et le droit d’asile ».

 

En 2007 (relisez-nous), la nausée est venue progressivement. Cette fois-ci, c’est pareil. Cette incapacité de la présidence Macron à choisir, alliée à une immaturité historique assez hors normes des députés qui ne doivent leur élection qu’à leur étiquette macroniste sur fo,nds d’abstention massive, est inquiétante.

J+37: La première crise politique de Macron…

… qui s’en fiche. Il a sans  doute bien raison.

Emmanuel Macron peut compter sur des soutiens quasi-unanimes dans ces médias principaux. Toutes les apparences du renouveau et de la modernité sont réunies, en façade:  l’assemblée plus féminine, et plus jeune. Elle est tout aussi blanche et bourgeoise, mais chut. Elle votera le doigt sur la couture de la robe ou du pantalon quelques lois qu’on nus promet rétrogrades à souhait, mais chut.

Ne gâchez pas l’image d’Epinal.

Jeunesse, féminité, slogans propulsés en couleurs fluo sur les réseaux sociaux, etc.

Si Hollande avait du démissionner 4 ministres de son premier gouvernement en 2012, quel bashing ! Cette fois-ci, il n’en est rien. Tout se passe bien chez le Président Sourire.

La forme est parfaite, elle nous indiffère. On va s’éviter de commenter les anecdotes. Vous, nous, eux, nous tous méritons mieux. Nous méritons du vrai débat.

On va attendre la énième loi sécuritaire, puis la loi travail, puis la loi de finances.

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."