Trop de 6 mai.

6 mai 2007, qui a oublié ?

 

« Bonjour

Je voudrais par cette lettre rappeler quelques unes des promesses du nouveau Président.

Pour que ceux qui ont voté pour lui s’en souviennent, sans démagogie;

Pour que ceux qui ont voté contre lui conservent espoir :

– le plein emploi dans 5 ans,
– la surveillance des comportements violents des enfants dès l’âge de 3 ans, par le biais d’un carnet de suivi,
– la reconduite à la frontière des immigrés ne maîtrisant pas la langue française,
– la non-interdiction des OGM
– la reconnaissance du rôle positif de la colonisation
– la création d’un bouclier fiscal limitant à 50% des revenus (salaire et patrimoine) le taux d’imposition maximal
– la non imposition à l’IS et aux charges sociales des heures supplémentaires au-delà des 35H hebdomadaires
– le scrutin proportionnel partiel au Sénat
– la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, soit 68 Mds € par an.
– le maintien de 90% du salaire « aussi longtemps que nécessaire » par tout licencié économique qui suit une « formation qualifiante »
– la suppression des indemnités chômage pour tout chômeur « refusant deux emplois sans justification »
– la création d’un « contrat de travail unique plus souple pour les entreprises »
– l’équilibre financier des retraites grâce à la suppression des régimes spéciaux ,
– l’obligation aux élèves de se lever en classe quand le professeur entre en classe
– la suppression de la carte scolaire
– la suppression des droits de donation et de succession
– la création de peines planchers pour les multi-récidivistes, et ce, dès l’âge de 16 ans
– la création d’un Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration
– le déplafonnement des heures supplémentaires dans les services de santé

Ces promesses sont tirées de son programme et de ses meetings de campagne depuis septembre 2006.

Pour ma part, je n’oublierai rien.  »

Source: Sarkofrance, 6 mai 2007

 

6 mai 2012.

« Nicolas Sarkozy avait perdu, mais rien n’était gagné.

Il faudra défendre François Hollande, l’empêcher de dériver, l’obliger à écouter. Il a promis d’être normal. Le candidat socialiste a été sous-estimé par tout le monde. Par son camp, par ses adversaires. La présidence normale doit s’incarner, et être soutenue. La Vème République est un sale régime qu’il faudra bien un jour démocratiser.

Il faudra aussi rester vigilant. Il faudra soutenir François Bayrou et son énième tentative centriste. Il faudra voter Front de Gauche, parce que la gauche doit être populaire. Il faudra aider celles et ceux qui à droite, auront à coeur de reconstruire une droite républicaine qui a le coeur républicain suffisamment arrimé pour éviter les excès xénophobes de ces derniers jours.

La gauche, comme la droite ou le centre, n’a aucun complexe avec l’exigence de sécurité et de laïcité. Nicolas Sarkozy a dû plonger à l’extrême droite, c’était triste et indigne.

Nicolas Sarkozy n’était pas seul. Nous avons déjà repéré Jean-François Copé et Laurent Wauquiez, deux politiciens de la pire espèce. Le premier a la vertu de croire à ce qu’il dit. Le second a le défaut de dire ce qu’il faudrait croire. »
Source: Sarkofrance, 7 mai 2012

6MAI2012

 

Cet observatoire de l’uberisation.

J’ai reçu un email, comme souvent. Un appel à réagir d’une association qui me spamme la boite email. Je lis toujours, je jette souvent.

Le nom de cette association attirait l’oeil: « l’Observatoire de l’uberisation. »

Avec un nom pareil, on pouvait espérer quelques critiques de ces nouvelles multinationales de la modern-noeud économie, ces modèles de l’évasion fiscale et de la précarisation du siècle.

Puis j’ai été intrigué par cette charmante Marine (si si) de l’agence tbwa-corporate.

Sur le site de l’agence, on peut lire cette profession de foi, respectable mais pécuniaire:

L’image des organisations est plus que jamais
déterminante à leur efficacité. Elle est par nature
discutable et souvent discutée.

Avec les nouvelles technologies, elle appartiendra plus que jamais à ses publics qui la partagent et la façonnent au quotidien. Ces publics internes et externes font vivre vos marques et vos produits. Ce sont trop souvent eux qui impulsent désormais le changement.

On peut tenter d’arrêter
une vague géante..

Marine de TBWA m’a donc écrit en ces termes, assez surprenants:

« Le Senat a adopté vendredi dernier un amendement au projet de loi numérique permettant aux conseils municipaux des communes de plus de 200 000 habitants de rendre obligatoire, par délibération, un enregistrement des loueurs pour toute location de manière répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage. Ce dernier «défavorisera les particuliers au bénéfice de loueurs professionnels», a vivement réagi lundi Airbnb. A travers l’Observatoire de l’Uberisation, les parties prenantes de la nouvelle économie se mobilisent également contre cet amendement et plus généralement contre l’absence de débat pouvant nuire au developpement du numérique en France. »

En résumé, cet Observatoire de l’Uberisation voulait donc promouvoir l’uberisation de la société. La vie est formidable ! L’inversion des valeurs et des principes est un autre trait significatif de la période. Il n’est pas facile d’expliquer que tenter de protéger des entreprises encadrées par des règles sociales, environnementales, fiscales et autres était sans doute moins sexy, moderne, « hype« , et « geek« , mais sacrément plus respectueux de ce que l’on appelle la société.

Marine, de TBWA, ne m’a pas proposé de réagir là-dessus.

Le 11.09.01 et l’Arabie Saoudite

Dans le Monde daté du 6 mai, Alain Frachon s’attarde sur une partie courte mais décisive du rapport de la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre, 28 pages dans lesquelles des responsabilités d’officiels saoudiens seraient établies. 

Le sujet a été réactivé par une récente émission de 60 minutes dans laquelle le vice-président de la dite commission témoigne en ce sens.

Cette « anecdote » s’ajoute à d’autres. Elle est une illustration supplémentaire de la formidable dégradation de l’image de l’Arabie saoudite. 

En moins de 15 ans, le royaume wahabite est ainsi devenu l’incarnation la plus cynique et la plus voyante de la real-politik  occidentale: une dictature théocratique sanglante avec laquelle l’Occident se contraint à collaborer à cause de ses intérêts pétroliers. 

Une « nuit debout » très courte

Nous voulions aller voir de près, sur place, à République. Ecouter des débats, observer ses échanges. Et comme c’était les vacances, nous pouvions y aller avec nos racailles même tard la nuit.

Nous avons été déçus. Et pour cause. Le jour même, des manifestations un peu partout en France, et jusque dans Paris, avaient généré de la tension avec les forces de l’ordre. Nuit Debout n’était pas là, ce jeudi-soir. Nous étions loin de ces messages de soutien et d’appel au dialogue que je reçois à domicile.

Arrivés vers minuit trente, ce jeudi 28 avril, nous passons facilement un barrage de CRS pour déboucher sur une place peu occupée mais fermée à chaque avenue par des compagnies casquées. Au centre, après un no man’s land de plusieurs dizaines de mètres, entre 150 ou 200 personnes sont rassemblées près de la statue, quasiment toutes debout, une sono étouffe le bruit des discussions. Les gens observent surtout. Au sud de la place, les CRS ont sortis les boucliers. Quelques manifestants visiblement amochés par l’alcool commencent à jeter des bouteilles en verre.

La tension est palpable.

 

Jeudi 28 avril 2016, Place de la République, Paris, minuit trente.

 

 

Une vingtaine de minutes après notre départ, les CRS ordonnent l’évacuation, puis évacuent la place.

Un piéton filme l’intervention. Au moins cinq manifestants arrêtés sont frappés alors qu’ils étaient menottés. La police n’est-elle pas payée, entraînée pour se maîtriser dans de pareilles situations ?

 

Dimanche, Nicolas Sarkozy livre une interview au JDD, sans intérêt, beaucoup de bêtises. L’homme passe encore à côté de son époque, d’une envie de dialogue.

 

Cette droite qui fait passer Hollande pour un gauchiste

Et un de plus !

 

Bruno Le Maire a rejoint la triste cohorte de la droite furibarde, celle peu reluisante de Sarko, Fillon, Copé et, bien sûr, Wauquiez.

Le pauvre homme, concurrencé sur sa « gauche » par NKM, son centre par Juppé et sa droite par Sarko, Fillon, Mariton, Morano et Didier, s’est dit qu’il fallait grapillé quelques voix à l’extrême droite de cette primaire primate de la droite en novembre.

Bruno Le Maire avait une certaine stature, l’image d’un gaulliste. Il fut l’un des rares, à droite, à proposer de réduire les indemnités chômage des cadres sup (et oui).

Mais Le Maire est allé sur BFM ce 2 mai raconter n’importe quoi.

« Vous ne connaissez pas des gens, vous – moi j’en connais – qui touchent le RSA et qui sont propriétaires de maisons qui valent plus d’un million d’euros ? » Bruno Le Maire.

Le Maire était visiblement absent de France quand le RSA a été installé. Quand il réclame « la possibilité d’avoir accès aux comptes bancaires des bénéficiaires du RSA pour s’assurer que chaque bénéficiaire touche bien le montant dont il a besoin et qu’il n’y ait ni gabegie ni fraude » il ne sait pas, visiblement, comment ça marche. Il aurait du lire Sarkofrance.

« Un homme est mort des suites de ses blessures. Il s’était immolé dans le hall d’une Caisse d’Allocations Familiales à Mantes-la-Jolie. Il était allocataire du RSA, mais le versement du RSA avait été suspendu depuis trois mois pour défaut de justificatifs.  » Sarkofrance, 21 aout 2012.

Quelle tristesse.

Grâce à lui, Juppé paraitra centriste. Et Hollande un gauchiste.

Vraiment.

Quelle misère.

LesJours, Society et le renouveau de la presse

La presse, la bonne, celle qui vous donne envie de croire dans le journalisme, n’est pas morte.

Deux récentes initiatives font plaisir à voir, à lire, à commenter, à retrouver chaque jour (Les Jours) ou chaque semaine (Society).

Le second s’est fait une place sans souci et évidente en moins de 18 mois. Des articles de fond, sur la société, y compris les faits divers; , la politique, mais rarement les tactiques; la culture, souvent. Society ne s’embarrasse pas d' »experts« , de « signatures« , d’éditocrates. Society raconte simplement le monde tel qu’on peut le voir.

L’autre initiative est bien différente. Les Jours ont été fondés par d’anciens de Libé (mais pas que). Le journal est payant, n’existe que sur le web. Il fonctionne sur des « obsessions« , c’est-à-dire peu d’articles mais de véritables feuilletons sur des thèmes qui sont ainsi approfondis jour après jour. Le quotidien relate le monde comme des séries. Et jour après jour, on comprend mieux, on s’approprie les sujets. Les Jours sont une alternative radicale au zapping futile, à l’excitation quotidienne des « rezossocio », au survol distrait de l’actualité des chaînes d’information continue.

Bonne continuation.

(Quelques exemples)

« Je suis votre députée »

Séance de porte-à-porte à Besançon avec la députée PS Barbara Romagnan entre incompréhensions, doutes et pédagogie politique.

Politique année zéro • épisode n°17

« Tout faire pour le ramener »

Parti faire le jihad, Yassin a été blessé. Sa mère raconte la décision inouïe de la famille : aller le chercher en Syrie.

Les revenants • épisode n°7

LuxLeaks : le fisc était à la botte de PwC

L’audition de Raphaël Halet, ce vendredi, a montré que le fisc luxembourgeois était inféodé à PricewaterhouseCoopers.

La grande évasion • épisode n°6

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles. "Ce n'est pas le désaccord qui gêne mais la façon dont il s'exprime."

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