Archives pour la catégorie Chroniques personnelles

Chanson du dimanche: « Suce »

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Contre le déterminisme

J’adore lire les écrits d’Agnès Maillard, sur son blog bien sûr, mais aussi son livre sur l’antisémitisme.

Et donc l’un de ces derniers soirs, voici ce qu’elle écrit, à propos de 2 ouvrages qu’elle commentait,

« Les deux auteurs se révoltent pourtant avec la même calme détermination contre la programmation de leur milieu, de leur histoire, de leur époque et surtout de leur genre. »

Pas mieux.

Il faut sortir de ce déterminisme, quand il vous étouffe. Pour certains, nombre d’ami(e)s et de proches, je le sens trop naturel pour susciter une moindre hésitation à l’embrasser sans souci. Mais le plaisir de l’époque actuelle est que nous parvenons de mieux en mieux à « déconstruire » (le mot est tristement à la mode, car il s’agit plutôt de construire autre chose).

Nous parvenons à nous sentir nous mêmes.

Bref.

Merci Agnès de si bien expliquer.

Chanson du dimanche: puis danse

Chasseur d’esprit

On s’est peu interrogé sur la signification du titre de cette série courte mais brillante, réalisée par David Fincher, dont la saison 2 vient d’arriver sur Netflix. Il y a à mon goût un trop plein de séries dépressives et post-apocalyptiques, souvent excellentes, mais qui pèsent sur le moral. « Mindhunter » déroge un peu à la règle même si elle n’est pas rose.

La saison 1 racontait l’émergence du profilage au FBI au début des années 70, et la « découverte » par la FBI du concept de « tueur en série ».

La tension se créé sur un jeu d’acteurs et d’actrices, des dialogues exceptionnels. Il n’y a aucune action, uniquement des questions et des réponses, une reconstitution fascinante et glaçante, des parcours individuels, un flot de révélations personnelles.

Mindhunter relate surtout l’examen d’esprits tordus, intelligents, parfois bêtes. C’est une exploration, littéralement, de l’esprit humain.

Précipitez-vous !

 

 

Chanson du dimanche: merde, je t’aime.

Réac, le nouveau politiquement correct

Le nouveau politiquement correct est réac. La réac-attitude a remporté la manche. Elle inspire la politique au sommet – la Macronie est un bel exemple de cette conversion au gout du jour. On raille celles et ceux qui protestent contre le réchauffement climatique, le harcèlement de rue, les corridas, ou la réduction des prestations sociales. Les réac se renomment « progressistes » ou bien assument complètement l’appellation réac. Sur ces berges, on croise Eric Brunet mais aussi BHL, Zemmour et Bernard Lavilliers, Onfray et Levy.

Le monde est-il fou ? Je m’interroge sur ce moment où être « bien-pensant » est devenu une mauvaise chose. Est-ce quand Sarko a mené l’offensive idéologique qui l’a mené au pouvoir au début des années 2000 ?

Aux États-Unis, les réacs ont évidemment Trump en idole. Le milliardaire va sans doute l’emporter en 2020 car il incarne une minorité solide, numériquement encore nombreuse et surtout très solidaire et attachée à son champion.

L’époque est réac. Elle pourrait être simplement nostalgique.

BHL est un bel exemple: il y a vingt ans, j’aimais l’écouter, il essayait d’éclairer, malgré son narcissisme extrême. Dix ans plus tard, il s’est transformé en marionnette du pouvoir, il ne fait même plus d’effort. Il applaudit la répression sans mesure, il caricature les oppositions au macronisme. Il cite un magazine réactionnaire américain, pro-Trump, pour accuser d’antisémitisme deux élues américaines musulmanes.

BHL est l’une des incarnations de combien cette période est réactionnaire.