Archives pour la catégorie Chroniques personnelles

Ce fichu dîner du CRIF

J’en ai marre.

Chaque dîner annuel du CRIF charrie son lot de commentaires sur « l’argent ». Certes, ce dîner n’est pas donné. Il sert même à financer le CRIF. Mais l’association Juif/argent évoque autre chose chez quiconque a peu d’Histoire en tête. Le dîner du CRIF n’est pas une fête populaire, BREAKING NEWS. J’ai échangé hier soir avec un estimé journaliste qui relayait le prix, exorbitant, du dîner. Qu’on se le dise ici, l’association Juif/argent suscite chez votre serviteur une rage indicible.

Désolé, nous ne sommes pas responsables de l’Histoire que nous avons vécue.

Ceci étant rappelé, passons à l’essentiel, l’immonde bêtise du président du CRIF.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine », a justifié Francis Kalifat ce mercredi 22 février sur RTL.

Cette déclaration est une misère, une profonde misère.

Et donc nous applaudissons, san sconteste et avec plaisir au communiqué de Mélenchon:

 « Me comparer au parti d’extrême droite dont l’histoire européenne est mêlée aux pires atrocités commises contre les Juifs, est une faute morale et politique. (…) Si le CRIF représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de Netanyahou, ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU. « 

Oui, le CRIF défend le gouvernement d’Israël, par ailleurs coupable d’une politique xénophobe assez hors normes.

 

Bayrou/Macron, la réincarnation de Lecanuet

 

Je n’étais pas né quand George Pompidou a été élu contre Alain Poher, lequel était soutenu par les centristes de droite, en 1969. Mais j’ai l’impression de revivre le même match.

Voici François Bayrou, figure du centrisme de droite qui n’aime plus la droite, qui se rallie à l’héritier de François Hollande, Emmanuel Macron.

Quelle surprise.

Un centriste rejoint un centriste.

BREAKING NEWS

On ne sait pas comment Bayrou conciliera son aversion pour les « puissances de l’argent » avec Emmanuel Macron . On espère, pour lui, pour nous, qu’il trouvera.

Le ralliement de Bayrou donnera un jolie impulsion au candidat « ni de gauche, ni de gauche ».

Politiquement, c’est très cohérent, sans conteste. C’est aussi sans surprise. Sociétalement sympathique, économiquement patronale, la « vision« , à défaut de programme puisqu’il n’y en a pas, est un écho à Jean Lecanuet, Alain Poher et Valery Giscard d’Estaing.

François Bayrou vient de nous en donner une confirmation supplémentaire cette semaine.

 

Marianne, les blogs

La nouvelle, mal expliquée de ma part, que Marianne fermait son espace blog a laissé croire que ce blog et Sarkofrance fermaient également. Mille excuses, ce n’est pas le cas. Mille excuses, nous continuons encore un temps.

Je réalise que l’une des motivations à l’écriture reste cet énervement quotidien à lire ce que d’autres écrivent.

 

Au-revoir Marianne

Il y a bientôt 7 ans, l’hebdomadaire Marianne acceptait l’une de mes premières chroniques. Puis il a hébergé mon blog. Marianne a été un incroyable relais. Tout a démarré grâce à Philippe Cohen et Bénédicte Charles. Le premier est mort, la seconde est partie pour devenir scénriste. J’ai plus tard rencontré Jack Dion et Joseph Macé-Scaron.

« Je ne remercierai jamais assez Philippe Cohen et Bénédicte Charles pour leur soutien. Marianne2 est à mon sens l’un des rares sites de presse qui a trouvé le créneau pertinent, approfondir le traitement de l’actualité du magazine, être une immense caisse de résonance avec le ton et la réactivité nécessaires.

Cet hébergement proposé par Marianne2 permet à quelques-uns d’entre nous de toucher de nouveaux lecteurs, de promouvoir nos billets, d’apporter notre pierre à l’indépendance de l’information.

Aux lectrices et lecteurs, je tiens à préciser quelques points. Je ne suis pas journaliste, ni salarié de Marianne2 ou de Marianne. Mes chroniques et billets n’engagent que moi. Je ne suis pas toujours d’accord avec la ligne éditoriale des articles de Marianne ou de Marianne2. Je ne me suis cependant jamais senti en porte-à-faux suffisant pour renoncer à cette association.

Sur ce blog hébergé par Marianne2, vous retrouverez donc certains billets de Sarkofrance. La « galaxie » Sarkofrance s’enrichit donc, à côté du , , , et les brèves,

Bonne lecture, et merci à tous. »

Marianne a été un chouette hebdo. Il a permis d’amplifier ma diffusion. Il m’a laissé carte blanche. Parfois, une fois ou deux, Philippe m’a appelé pour me signifier qu’il fallait que je retire un nom qui menaçait le magazine.

En 2007, Marianne était à la pointe de l’antisarkozysme quand tous les autres hebdo étaient encore sous le charme. Il a coïncidé politiquement et médiatiquement avec un moment politique nécessaire, l’antisarkozysme.

Marianne nous a accueilli, j’ai rencontré d’autres blogueurs, dont l’Hérétique, Slovar et quelques autres consœurs et confrères.

Mon confrère Elie Arié a déjà annoncé sa fermeture. Pour ma part, j’ai supprimé tous mes billets sauf les chroniques hebdomadaires. Il faut bien qu’il reste un souvenir.

Merci à tous.

 

Enervé, mais calme

« Des gens manifestent leur humeur, ça m’arrive à moi aussi, vous savez. Je me fais aussi engueuler. » Ainsi commentait-il les concerts de casseroles qui accompagnent certains déplacements de Fillon.

Je poursuis cette chronique à distance de la campagne de Mélenchon, choisissant des extraits que la presse ne retient pas, des phrases que les principaux médias ne relaient pas.

Cela fait un certain moment déjà que Melenchon n’est plus la caricature que l’on dépeint. Il y a une sorte de sérénité, l’expérience sans doute des échecs passés. Bien sûr, certains voudront toujours caricaturer.

C’est inutile.

Mélenchon n’a pas, n’a jamais eu d’agenda caché.

Il suffit d’écouter, patiemment. D’éviter de ne commenter les extraits et petites phrases. De suivre un peu pour comprendre beaucoup.

Mélenchon n’est qu’un porte-parole, avec ses qualités et ses défauts. Je lui ai toujours trouvé davantage de défauts que de qualités. Mais je n’ai jamais cru aux vertus du régime présidentiel, à cette sur-incarnation du pouvoir. La conduite d’un pays n’est pas un concours de TV réalité.

 

 

De quelle union de la gauche parle-t-on ?

Sur le papier, on a tout pour s’entendre. Valls éliminé, le trio Mélenchon, Jadot, Hamon devrait pouvoir discuter sereinement et, éventuellement, s’allier pour la présidentielle. La presse propulse désormais des sondages pour nous expliquer que Melenchon, quelques points derrière, devrait se rallier à Hamon.

Il y a quelques obstacles. Mélenchon les a rappelé dans un simple courrier, limpide. On ne fait pas campagne pour gagner à n’importe quel prix, sinon on déçoit. Hollande est un exemple. Le Pen est la conséquence.

Il y a quelques obstacles à ce rapprochement d’une frange de l’appareil socialiste (hamon et les frondeurs) et le reste de la gauche.

En premier lieu, le comportement infantile, et médiatisé, des uns et des autres. Commenter en public les facilités ou difficultés à se parler est crétin et contre-productif.  Quand Hamon appelle à la discussion avec Mélenchon, il … n’appelle pas Mélenchon. Allez comprendre. Ou plutôt, nous avons compris.

« Je ne lui en veux pas. Benoît Hamon n’a pas eu le temps de me téléphoner depuis sa victoire contre Valls. Pourtant il disait dans sa campagne qu’il me contacterait dès le lendemain du vote interne au PS. » Mélenchon sur son blog, le 9 février 2017, 10 jours après le second tour des primaires socialistes.

Finalement, Mélenchon a écrit une longue lettre à Hamon. Au moment où où le sympathique mais crépusculaire Jadot propose une union.

En second lieu, de qui Hamon est-il le candidat ? Bien sûr qu’une alliance électorale suppose des compromis. C’est la loi du genre, et dans tous les camps. Mais Hamon, incarnation d’une fronde jamais en divorce avec le quinquennat Hollande doit gérer l’aile légitimiste du PS, en gros, ces 40% qui ont préféré Valls (Valls ?!!) au second tour de la primaire socialiste. Mélenchon a été assez clair, même si je regrette qu’il ait cédé à la facilité de désigner quelques noms (El Khomri, Valls) en pature pour illustrer son propos: de qui Hamon est le candidat ? Est-ce que Hamon cherche à faire une synthèse entre ceux qui défendent le quinquennat et ceux qui s’y opposent ? Le cas échéant, cette démarche est vouée à l’échec. Pour l’instant, Hamon est coincé: il est devant Mélenchon dans les sondages (pour ce que cela veut dire), donc il refuse de faire le moindre pas vers Mélenchon. Mais il n’ose clarifier de qui est le candidat, la gauche frondeuse ou le camp légitimiste.

Qu’il clarifie et tout ira plus vite, plus simplement.

« La question de fond posée par Mélenchon est celle de la cohérence. Et là-dessus il a raison » Cécile Duflot