Archives pour la catégorie Chroniques personnelles

Le point Maduro

Le Vénézuela s’est invité dans l’actualité française avec plus d’attention apportée par une large fraction médiatique que nombre de pays furent-ils voisins. Rares sont les Français qui savent où placer le Vénézuela sur un carte du monde, ou citer ses voisins. Le Vénézuela a une influence géopolitique quasi-nulle, et un rapport économique, social ou politique avec la France quasi-inexistant.

Mais comme Jean-Luc Mélenchon a applaudi la révolution chaviste depuis une quinzaine d’années, tous les travers politiques de ce pays nous sont ramenés à la figure en France. Répétons-le: ce qui se passe, en bien ou mal, au Vénézuela n’a aucune espèce d’importance sur notre vie.

Mais puisqu’on en parle, comme un moment prétendument gênant pour les insoumis, parlons-en. L’acharnement médiatique contre Maduro pour gêner (ou tenter de gêner) Mélenchon n’a d’égal que les silences des mêmes sur des pays bien plus impactants pour notre pays (l’Arabie Saoudite).

Maduro a donc été réélu ce weekend président au Vénézuela après une élection boycottée par une partie de l’opposition. Le taux de participation, 46%, est très faible et devrait amener les partisans de Maduro à bien davantage de modestie. Cette élection n’a rien à envier à celle d’un Vladimir Poutine en Russie. Maduro est un autocrate. Qu’il soit élu ne change pas grand chose. J’eusse aimé entendre Mélenchon fustiger l’autocrate chaviste, et cesser de lui trouver des excuses qu’il mérite peut-être.

La real-politik, cette attitude politique qui cherche à concilier la morale avec l’efficacité, fait des ravages partout – au sein de la macronista taiseuse des excès de ses alliés comme au sein de l’opposition. Que celles et ceux qui ont raison de dénoncer la désinformation que subissons à propos du Vénézuela se gardent bien de ne pas tomber dans l’excès inverse.

 

 

 

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Quelle est cette République des matraques ?

Je ne suis pas hostile à la police, loin de là.  J’ai une grande admiration pour leur travail, la dureté de leurs conditions de travail.

Une certaine compassion  aussi tant leur job a été instrumentalisée pendant la décennie 2002-2012 par Nicolas Sarkozy.

Mais là j’ai mal. « Grâce » à Emmanuel Macron, Gérard Collomb et le reste de cette « clique« , voici que la matraque, les gaz, les expulsions violentes de sites occupés, ou pas, se multiplient.

Cette République des matraques n’est pas la nôtre. Bien sûr, on peut être énervé que des sites soient bloqués.

Mais qu’est-ce qui justifie le recours à la violence d’Etat, celle qui blesse physiquement, laisse parfois des séquelles, choque et antagonise, quand il n’y a pas d’autres violences physiques en face ?

Tout semble bon pour justifier cette violence d’Etat: la présence de « bloqueurs extérieurs », la prétendue illégitimité des grévistes à occuper leurs facs, ou celle des cheminots à constater une réforme d’un gouvernement élu. u nom de je-ne-sais-quoi qui n’a rien de menace ni violence physique contre des êtres de chair et d’os, souvent jeunes, des macronistes soutiennent le recours à cette brutalité.

N’ont-ils pas compris ?

N’ont-ils pas compris que cette démarche, non seulement illégitime, est le pire des services à la radicalisation des esprits ?

N’ont-ils rien compris ?

 

Se souvenir de la Shoah

J’ai regardé avec retard ce documentaire de France Télévisions, produit par Michel Rotman, sur les Einsatzgruppen pendant la seconde guerre mondiale.

 

Il n’y a aucune surprise, mais toujours la même stupéfaction devant le récit en images des massacres, à la main, d’hommes, de femmes, d’enfants, par ces troupes constituées d’hommes de tous milieux sociaux. La moitié des chefs de ces commandos qui avaient pour ordre d’exterminer juifs, tziganes et communistes dans les pays baltes ou en Russie, étaient des « intellectuels« .

Il y a dans ce documentaire le témoignage d’une femme forcément âgée, roumaine, qui a survécu à ces massacres. Une femme qui ne croit plus dans ses compatriotes: « ils ont été des animaux ». Plus au Nord, l’un des chefs de ces Einsatzgruppen est un pédophile notoire. Dans le documentaire, on explique la « technique de la sardine » inventée pour abattre plus rapidement les civils juifs.

Ce documentaire m’a rappelé un autre ouvrage, de Primo Levi, « Si c’est un homme« .

Pourquoi s’infliger pareil spectacle, me direz-vous ?

Le souvenir est nécessaire.

Le souvenir.

Se rappeler d’où nous venons.

 

 

Les Vigilants, souvenirs

Hasard des surfs sur internet, je suis tombé sur le portail des Vigilants, une page web qu’une anti-sarkozyste de la première heure avait créé en 2007, avant de sortir du jeu blogosphérique.

Cette page vit toute seule. Nombre d’adresses sont désormais désactivées ou obsolètes.

« mercredi 20 juin 2007 – Fédération de bloggers vigilants

Bonjour, j’ai regroupé tous nos blogs sur cette page dans l’espoir de rendre plus visibles les résultats de notre surveillance, pour réunir une collection d’articles sur Sarkozy, qui restera là.

Pour ajouter votre blog, le retirer, suggérer des changements ou encourager vous pouvez laisser un commentaire ou m’écrire à cette adresse massiliana@caramail.com

massi13 de Sarkozy sous surveillanceQue le temps a passé…

A l’époque, nous étions plusieurs, y compris et bien sûr Nicolas, Peuples.net, Marco, Dagrouik et plein d’autres. C’était quelques mois avant Twitter. Cette logique de communauté existe toujours, elle a juste changé de place et de mode d’expressions.

Ce groupe informel a rassemblé pas de blogueurs qui ont ensuite participé aux Leftblogs. Il m’a semblé utile, et cocasse, de devoir rappeler que ces démarches blogospheriques ont débuté sous le signe de la vigilance.

Chanson du dimanche: la fête au village

Puisque certains ont peur des fêtes…

La fête à Macron

Faut-il dresser la liste?

Cette tribune commence ainsi, et la réponse est oui. Oui, il faudra bien dresser cette liste. Un inventaire de cette guerre de classe qui a bien lieu.

Faut-il dresser la liste ?

Elle est longue.

Trop longue.

Ordonnances travail et « nouveau pacte ferroviaire », hausse de la CSG pour les retraités, pour les étudiants, la sélection à l’université, pour les futurs licenciés, ceux de Carrefour, Pimkie et tant d’autres, plafonnement des indemnités, « maltraitance institutionnelle » dans les Ehpad, sans que la ministre de la Santé trouve autre chose à y répliquer que : « La France n’a pas les moyens budgétaires. »
Cette même France du président Macron qui a supprimé l’Impôt sur la fortune pour les actionnaires et plafonné l’impôt sur le capital : les « moyens budgétaires », elle les a trouvés, en milliards et en urgence. Cette même France où les firmes du CAC40 accumulent près de cent milliards de profits, du jamais vu depuis 2007. Cette même France qui vient d’offrir aux multinationales opacité et impunité grâce au «secret des affaires».

En résumé : tout pour ceux qui ont déjà tout ; rien pour ceux « qui ne sont rien ».
Mais tout ne se passe pas aussi tranquillement. Partout ça résiste : les cheminots évidemment, les facs également, Air France, les hôpitaux, les éboueurs, les caissières, les électriciens… Mais en ordre dispersé, sans leur trait d’union. Si ces ruisseaux de colère convergeaient, quel fleuve puissant ne formeraient-ils pas.
Il y a autre chose aussi, moins visible, plus souterrain, mais plus massif, plus explosif : quelque chose qui ressemble à un vaste désir d’autre chose. Quoi? On ne sait pas, ou pas encore. Mais autre chose que cet économisme étroit, cette bureaucratie patronale qui contrôle, qui « manage », qui évalue sans relâche, qui maltraite aussi. Et ne connaît rien d’autre que ses ratios.

 

Le texte du projet de loi sur la SNCF contient 84 fois le mot « concurrence ». Mais 0 fois « climat », « réchauffement », « biodiversité ». Leur projet de société ? Un dogme sans autre finalité que produire et vendre. Sans bonheur commun, sans solidarité, sans avenir ensemble. Les sans-statut dressés contre ceux qui en ont un afin de protéger ceux qui ont tout.

 

Il est probable que Macron ne se rende pas compte que, sous son règne, tout devient très clair, trop clair. Le moment est peut-être venu de lui faire savoir, pour notre part, où nous en sommes. Dans les ordonnances SNCF, se trouvent repliés tous les éléments d’un monde dont nous ne voulons pas. Si ce qui est clair pour nous ne l’est pas pour lui, rassemblons-nous donc pour le lui expliquer un peu plus nettement. Premier anniversaire à l’Elysée ? Qu’il sente non pas la bougie mais le vent du boulet.

La conscience grandit que cette affaire des cheminots nous concerne tous. Et par conséquent que la dispersion des luttes nous fera tous perdre. Nous pensons qu’il n’y a pas d’autre moyen de le dire qu’une grande manifestation nationale à Paris.
Que ce samedi 5 mai signale aux puissances d’argent qu’elles n’ont pas gagné,
et que le plus grand nombre ne veut pas de leur monde.
Et que le 5 mai, ce grand nombre… se met en marche !

(Source)

 

Allez-y.

C’est demain.