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Chanson du dimanche: Scaterlings of Africa

 

Respect et hommage au Zoulou blanc.

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La photo d’un jour #1

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Vacances ?

Nos stations préférées passent aux grilles estivales. J’imagine que les JT que je ne regarde plus multiplient les reportages sur les plages, les conseils de crème solaire, le tourisme de masse et autres marronniers de l’été. Je vous des consoeurs et confrères d’internet confier sur leurs réseaux favoris qu’elles/ils partent en vacances, s’évadent loin ou pas. Tout ceci est comme une vie parallèle à l’actualité politique et sociale qui nous occupe et nous abime.

Le temps des vacances était parfois un moment de ralenti politique, sauf en 2007 (premier été présidentiel de Sarko, paquet fiscal et vacances Bling Bling), 2008 (second été de Sarko, JO chinois et crise georgienne), 2008 (délires anti-rom), 2010 (affaire Bettencourt et réforme des retraites), 2012 (premier été présidentiel de Hollande le président normal), 2014 (la rupture Valls), 2016 (la rupture Macron), et 2017 (la loi Travail de Macron, l’après-choc des scrutins législatifs et présidentiel).

Je me souviens des premiers moments de vacances partagés sur le Net depuis une dizaine d’années: la première visite des Ptites Racailles chez notre famille américaine, ou les allers-et-retours en voiture ou en train dans les campagnes familiales du Sud, du Sud-Est et de l’Ouest. Je trouvais toujours un rapport politique avec cette actualité qui me faisait suffoquer. A , je me souviens du blog de « la section socialiste de l’Ile de Ré » en 2007. En Californie, je me souviens des échanges à distance avec cette Twitteuse qui suivait de peu mon périple familial jusqu’à nos sœur et cousins américains. A Marseille, je me souviens avoir raté de peu la Femme de George. A Céret, on se saluait avec d’autres Twittos du coin. On échangeait des clichés de bière. Entre blogueuses et blogueurs, on s’échangeait des idées de livres, des chansons qui finissaient dans la compil de la Radio des Blogueurs

Quand vos enfants sont tributaires de vous, les vacances sont un moment imposé, ce moment familial plus ou moins contraint, un rituel simplement familial pour les uns comme ce collègue qui prend chaque année 5 semaine pour filer visiter la famille au Maroc; ou un repos bourgeois comme chez nous où notre aisance ne nous a jamais bloquée.

Pour d’autres, le plus grand nombre, c’est un moment de vide, de stress, d’attente imposée entre deux saisons. Ou un moment comme le reste de l’année, du monde en plus, ou du monde en moins.

 

Garden Party à l’Elysée

A l’époque, il était impopulaire mais pas encore sifflé le long de sa descente des Champs Elysées. Il y avait peut être davantage de respect pour la fonction. Mais VGE n’avait pas envoyé les forces de l’ordre tirer à la grenade de désencerclement contre des milliers de civils une année durant. Il n’y avait les réseaux sociaux pour renvoyer à chacun(e) ce décalage suffoquant entre le story-telling officiel et la contre-histoire vécue par les gens.

Bref.

Le 14 juillet est un moment d’hommage où le monarque se montre beaucoup.

Ce reportage officiel du 14 juillet 1979 décrit la même fausse réalité que quarante plus tard la Macronie nous sert dans ses publi-reportages.

C’est stupéfiant.

 

De l’anonymat sur Internet.

Récemment, un estimé confrère que je connais de longtemps, de ce temps où l’antisarkozysme s’incarnait en troupes joyeuses, solidaires et motivées dans des blogs puis sur les réseaux sociaux naissants, a fermé son compte Twitter où pourtant il excellait à la suite d’un accrochage violent avec une journaliste. L’objet de l’accrochage était le soutien de la journaliste à une consoeur qui fait des ménages dans l’industrie agroalimentaire (que ces journalistes soient incapables de comprendre qu’une partie du discrédit qui frappe leur profession tient justement à cette complaisance née d’une collusion économique, en 2019, est stupéfiant)  : un autre internaute avait balancé son identité, son job et son employeur après avoir fait des recherches pour l’identifier.

Je ne connais pas ce délateur, je sais juste qu’il a fait quelque chose que l’on ne fait pas.

Il a fait quelque chose que l’on ne fait pas.

Les accrochages peuvent être violents sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, c’est très simple de riposter: on bloque, on masque, ou bien on signale à Twitter quand on pense que les propos sont dangereux pour la personne humaine, menaçants contre soi ou d’autres. On peut même déposer un main courante à la police.

Jouer au petit justicier de pacotille est indigne.

Je n’ai jamais cherché à balancer l’identité de mes critiques les plus virulent(e)s. Je remercie chaque jour celles et ceux qui me connaissent de respecter ce lieu d’échange malgré nos désaccords, nos ruptures parfois définitives.

Je n’ai jamais cherché à balancer qui était Tedlunique, OnZeLeft, et d’autres trolls macronistes anonymes dont les Décodeurs du Monde ont fini par dévoiler l’ampleur.

Même quand je connaissais l’identité de ces gens. Et je l’ai connue. Et je finis par la connaitre le plus souvent.

Certains se sont étonnés qu’on puisse encore être anonyme sur les réseaux sociaux. C’est un sujet de désaccord récurrent avec la journaliste Vanessa Descouraux. Vanessa ne voit que la meute anonyme et les insultes anonymes. Elle n’a pas tort. L’anonymat héberge pas mal de racailles. Mais ce n’est pas une raison.

Je retourne la question, ou plutôt ces questions: dans quel milieu professionnel ou amical sommes-nous totalement libres d’exprimer nos opinions politiques sans craindre des représailles ?

Pourquoi donc le vote est à bulletin secret ?

Pourquoi la démocratie se mesure précisément sur la protection du secret de l’expression politique ?

Pourquoi les représentants syndicaux ont-ils un statut protégé si ce n’est pour les protéger des pressions de l’employeur ?

C’est un sujet sans fin. Cela fait longtemps qu’il n’a été évoqué dans ces colonnes. Il y a 10 ans, j’avançais déjà 5 raisons à l’anonymat.

ça fait quoi d’être anonyme ?

ça fait flipper.

Je ne reviendrai pas sur les raisons d’un blog anonyme. L’ennemi, on le connait tous, c’est Google. Et bloguer anonyme permet aussi d’attirer l’écoute sur ce que l’on dit, pas ce que l’on est. Faites l’essai. Prenez un billet d’un « éditorialiste » connu par exemple. Retirez son nom, et lisez son billet à voix haute. Le texte a souvent moins de gueule, et on se dit qu’on aurait pu l’écrire soi-même (Je vous conseille l’exercice avec Christophe Barbier).

Juan, 26 mars 2009.

Pourquoi connaître le messager importe autant que le message ? L’anonymat nous protège, un peu. Il ne résiste pas à l’enquête approfondie, à la police, au petit minable qui prend sur son temps libre pour fouiller les entrailles du web et balancer le fruit de son enquête sur les réseaux sociaux. Celui-là ne mérite pas grand chose, pas même une notoriété.

Vogelsong s’en est allé, provisoirement sans doute. L’autre, petit, qui l’a exposé, se cherche des excuses, des justifications.

J’espère pour lui qu’il a compris le mépris qu’il reçoit.

 

Chanson du dimanche: toi mon toit