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Mélenchon devant Hamon, et après ?

Ami(e)s socialistes, Benoit Hamon est passé derrière Mélenchon dans cette fichue course sondagière. Cela fait des semaines que j’entends que Mélenchon devrait se désister au profit de Hamon pour la même raison inverse.

Le socialiste Benoît Hamon, dont la campagne connaît des difficultés, perd 2,5 points à 11% d’intentions de vote, et cède sa quatrième place au candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, en progression de 0,5 point à 12%. (source)

Et maintenant ?

Devrions-nous te demander, exiger, ami(e) socialiste, de te mettre à genoux ?

Devrions-nous demander encore comme fit le fils Glücksman, charmant par ailleurs, le 4 mars dernier dans les colonnes de l’Ancien Obs, que Melenchon se désiste ?

Au nom de quoi ?

Devrions-nous demander encore comme fit l’ancien ministre Montebourg le 16 mars dernier sur France inter que Mélenchon se désiste ?

Au nom de quoi ?

Parce que Hamon, désormais distancé, déjà coulé par ses pairs, devrait seul porter au nom d’on ne sait quelle légitimité porter seul le combat ?

Valls a planté Hamon. Hamon devrait se sentir responsable. Réfléchir à ses convictions, s’abstenir des pressions de l’appareil.

Et se retirer.

L’appareil socialiste ne soutient pas Hamon. Des cohortes de député(e)s filent chez Macron.

What else ?

 

 

L’après-débat

Il fut moins chiant que prévu, ce premier débat du premier tour de la présidentielle.

Que pouvions-nous retenir ?

Hamon, sympa, hors sol, motivé mais pas là. Hamon voulait nous convaincre qu’un autre futur était possible, sympa, joli, beau.

Mélenchon fut simple, direct. Son message d’introduction fut râté. Mais après, il a emmené le débat. Il a clarifié. Il n’était ni Chavez ni Staline. Il fut courtois avec un Hamon bien en peine mais sympathique. Il fut offensif contre Le Pen. Il fut direct avec Macron. Melenchon était loin des caricatures de lui que d’aucuns propagent. Il était ce prof parfois fatigué d’avoir à rappeler des évidences.

Le Pen, coincée dans sa xénophobie, coincée jusqu’au bout. Même quand elle parle d’écologie ou d’agriculture, elle fustige l’Etranger. Son « moment  » immigration fut orgasmique. On entendait Chatillon ou Loustau faire un pogo en coulisses.

Macron, « premier de la classe« , fut nul sur son programme, une gigantesque ventilation, un long moment gênant. Il veut prolonger la loi El Khomri. Il veut aller « plus loin » que Fillon. Mais Macron fut bon, très bon, quand il fut attaqué par Marine Le Pen. Son image joue pour beaucoup.

Fillon, le visage pincé, la croix au-dessus de la tête. Le candidat de la droite, mouillé dans des affaires qui ont révélé sa cupidité, était constipé, minoritaire et braqué.

Les bons moments

Il y eu quelques moments, trois au moins, où l’on a vu que Macron, Hamon et Mélenchon étaient irréconciliables avec Fillon et Le Pen. Et c’est sans doute que ce que je retiens:

D’abord ce moment, nécessaire, quand Mélenchon rappela que seuls Fillon et Le Pen étaient visés par des enquêtes pour détournements de fonds.

Il y a eu ensuite ce moment où Le Pen a éructé sur la laïcité. Elle fut taclée sur le concordat alsacien. Le Pen dut concéder que sa conception de la laïcité ne concernait évidemment que l’islam.

Quand Fillon a expliqué la suppression des heures sup (i.e. des 35 heures), nous avons eu un moment savoureux. « Quelle est votre référence légale pour les heures sup ? » a demandé Macron. « Il n’y aura pas de référence légale » a répondu à contre-coeur Fillon. « Les gens, ce gars vous prend 4H » a complété Mélenchon à propos de Fillon.

Ce débat a eu aussi son lot de surprises: Marine Le Pen fut mauvaise, taclée, coincée, parfois ridiculisée. Macron parut éteint la plupart du temps. Hamon était sympa mais plus lunatique et hors sol que toutes les caricatures que l’on a faites de Mélenchon.

 

Chanson du dimanche: Saint James Infirmary

Une chanteuse disparue il y a tout juste vingt temps, une grande voix.

 

Merci à La Revue Dessinée

Ne te trompe pas #presidentielle

On peut douter de #Macron.

On doit douter.

Le candidat assure la brillante relève de Hollande. Voici le cercle des jeunes juppéistes qui le rejoint.

On peut s’amuser aussi.

 

Fillon sifflé, Macron inquiet, Le Pen cachée

Marine est au courant de tout. C’est le titre d’un ouvrage de deux journalistes, de Marianne et Médiapart. La blonde présidente est mal entourée. Ses amis les plus fidèles se rincent sur de juteux contrats de com’ pour le FN, trinquent au Reich et « négationisent » tranquillement. Même Louis Aliot s’en émeut sur Twitter.

La suite, s’il y a une suite, se déroulera dans un procès pour détournement de fonds de public ou abus de biens sociaux.

Emmanuel est au courant de tout. Une affaire toute bête, l’une de celles auxquelles on ne fait pas gaffe quand on navigue dans les sommets, entre grands de ce monde. Il était encore ministre, et décida à la dernière minute de faire une belle soirée avec notre argent lors d’un show high-tech à Las Vegas, cela ne s’invente pas. Le budget, faramineux pour un exercice aussi vain, 380 000 euros, fut confié sans appel d’offre à Havas. Le directeur de communication de Macron était chez Havas au même moment.

La vie est belle.

François est au courant de tout. Ses costumes offerts, l’enveloppe parlementaire versée à ses enfants qui lui reversent en retour, les conférences rémunérées par des labos, les vols en jet de la République pour rentrer le weekend dans la Sarthe, etc, etc. François sait tout, mais il ne comprend pas pourquoi on le siffle . Il était encore jeune quand Chirac recevait des valises de billets, ou faisait employer des cadres du RPR par la Mairie de Paris.  François sait tout, mais il ne comprend pas pourquoi on n’écoute pas quand il promet l’impunité zero, la lutte contre les « voyous », et une charte contre les conflits d’intérêt.

La vie est belle.

Contre la pression des sondages

Les sondages pourrissent l’élection plus que jamais. Ils obligent les unes et les autres à se positionner sur une réalité fictive, des enquêtes aux échantillons faibles, des résultats matraqués quotidiennement comme la réalité du pays.

Les sondages créent cette pression collective sur l’individu qui en perd son libre-arbitre.

Il y a peu, dîner entre amis et l’inévitable question: en cas de second tour Fillon/Le Pen, tu votes qui ? Personne, je m’abstiens. Et d’abord, pourquoi me posez vous la question ? A cause des sondages. L’autre question tombe. Et si c’est Macron ?

Mais pourquoi donc devrais-je répondre à 50 jours… du premier tour ? A cause des sondages.

Les sondages nous mettent en vrille. Ils polluent, ils fatiguent, ils influencent. Ce n’est pas tant leurs erreurs qui sont en cause que l’influence quotidienne, méthodique. Le matraquage incessant, le trouble qu’ils jettent sur le débat politique.

Si j’étais président, j’interdirais les sondages avant les présidentielles.