Archives pour la catégorie Chroniques personnelles

Comment faire parler les poules ?

Voilà, la question est posée. François Ruffin s’interroge: comment faire parler celle qui disparait peu à peu à cause de la crise environnementale, c’est-à-dire la nature ?

Dans cette interview calme et fouillée de Denis Robert pour le Media, le député-journaliste expose qu’il faut une écologie de combat. Celle-là seule parviendra à casser les modèles qui épuisent la planète. Les débats « consensuels » entre riches et pauvres, pollueurs et pollués, puissants et faibles, sont des arnaques.

« On n’est pas tous sur le même bateau, ou en tout cas on n’est pas tous à la même place. »

Prenez EUROPACITY. Jeudi 7 novembre, Macron a enfin lâché EUROPACITY, une aberration commerciale et immobilière au Nord de Paris. Ce n’est pas dans le consensus mais dans le combat que cette demi-victoire a été possible. Grâce aux opposants au projet, EUROPACITY était devenu trop voyant, le symbole trop visible du double discours macroniste en matière d’écologie. Mais le combat, là-bas, n’est pas terminé: pour Bernard Loup, l’un des opposants historiques au projet : « on va voir ce qu’il compte faire, et en particulier s’il maintient un projet d’urbanisation du triangle de Gonesse. Notre objectif n’était pas simplement de faire échouer EuropaCity, mais aussi l’urbanisation du triangle. »

 

Islamophobe

La manifestation a donc eu lieu. Certains ont continué jusque tard pour tenter de pinailler sur le vocabulaire (oui, on sait bien que l’islamophobie est un terme mal choisi, même Mélenchon l’a répété publiquement. Mais pour le moment, on sait ce qu’il désigne dans le langage courant). D’autres ont cru qu’on défendait une religion (… que dire… ); d’autres encore, comme le Printemps Républicain, ont repris les mêmes accusations que Marine Le Pen, au mot près en dénonçant les manifestants comme des complices des islamistes.

Bref, aucun de ces critiques ne voulait comprendre. Ou plutôt, ils avaient très bien compris le fond du sujet mais ils ne voulaient pas l’entendre.

1. C’est le droit de tout un chacun de choisir avec qui manifester. Pour ma part, je le fais rarement. Je m’intéresse plutôt au sujet de la manifestation. C’est toujours difficile de faire le tri dans les manifs et les coups d’action. Je note qu’aucun tri n’a été réclamé, et c’était tant mieux, dans les manif de soutien aux victimes des attentats de Paris; ou après le meurtre de Mme Knoll.

2. L’appel à cette manifestation était vague par endroit, jamais indulgent ou explicitement supporteur de l’islam en tant que religion. J’ai écrit dans ces colonnes que je n’aime pas l’Islam. Mais je n’ai rien contre les musulmans. Je déteste simplement cette religion autant que les autres – ni plus ni moins. Il dénonçait un racisme, autant appeler un chat un chat, et exposait un ras-le-bol.

Dans son dernier rapport, la Commission nationale consultative des droits de l’homme note que « l’aversion à l’islam s’accompagne très souvent de méfiance envers les immigrés » et que ces derniers sont « surreprésentés parmi les victimes d’actes racistes ». Elle rappelle que « ce ne sont pas les événements en tant que tels qui pèsent directement sur les opinions des individus, mais la manière dont ces événements sont interprétés par le monde politique et médiatique ».

Vous pouvez débattre dans vos salons.

Il est peut être de reprendre une activité et de traiter des vrais problèmes.

 

 

Le mur de Berlin est-il tombé ?

Tout le monde célèbre à juste titre la chute du mur de Berlin, voici trente ans. Mais le repli sur soi est tel, et si massif, que j’ai du mal à conserver l’esprit de célébration bien longtemps. Je suis ravi bien sûr pour nos voisins d’Europe de l’Est qu’ils soient sortis de cette absurde dictature communiste, avilissante et ubuesque (visitez donc le musée de la RDA si vous allez à Berlin), mais les célébrations de la liberté retrouvée, de l’Europe enfin réunie, et la démocratie me rire jaune à l’heure où même en France, tous les gouvernements depuis vingt ans jouent de la peur de l’étranger (ou de « l’ennemi de l’intérieur », le musulman).

Triste et cocasse.

 

La fin des blogs

Cela fait longtemps que je ne me suis demandé pourquoi bloguer. Les blogs politiques, ces alternatives au discours médiatique dominants, sont morts ou affaiblis, comme les blogs en général. Il faut lire à ce propos le récit historique de l’ex-blogueur/influenceur @mry qu’il m’est arrivé de croiser à la regrettée et estimée émission Des Cliques et des Claques qui me réjouissait tant. Nicolas, un ancien blogueur politique, en parle aussi régulièrement, et encore récemment pour chambrer un ami. Les blogs ont été emportés, noyés, effacés, supplantés par les réseaux sociaux, ceux-là même qui encombrent désormais nos vies de centaines de notifications quotidiennes. Comment voulez vous survivre parmi les milliers de messages de Twitter ou Facebook ? Comment pouvez vous lutter contre Youtube, SNAP ou FB Watch ?

Les blogs politiques ont disparu, mais quelle importance ? L’ampleur des échanges sur les réseaux sociaux, au point que l’on s’inquiète des manipulations massives, révèle que le mouvement échappe à tout le monde. Certain(e)s d’entre nous continuent d’écrire non parce qu’il s’agit de s’accrocher, mais parce qu’on en éprouve le besoin. Je n’écris plus comme avant, même si la période ressemble fichtrement à la Sarkofrance qui n’avait fait sortir de mes gonds. Je ne chronique plus pour l’audience, ni pour convaincre les foules, ni pour contre-carrer le parti médiatique. Mon rythme s’est ralenti. Le quinquennat de Hollande a finalement été désagréable puisqu’il a fallu se chercher, puis se détacher, puis s’opposer.

 

Je chronique car j’éprouve ce besoin d’écrire le récit de ce que je vois et comprend. Comme dans une course de fonds. Parfois, je me fatigue, je suis tenté de cesser la course. Puis un fait d’actualité me rattrape. Ou la lecture d’un ouvrage. Et je pense à ce moment, plus tard, quand je pourrai regrouper ces textes et revivre cette période historique, stupéfiante.

 

Le Rassemblement national financé par les Emirats

Que c’est cocasse.

J’avais raté l’information il y a 3 semaines.

« Le Front national a pu boucler ses comptes de campagne en 2017 grâce à un prêt de 8 millions d’euros de l’homme d’affaires Laurent Foucher. L’argent a transité par les Émirats arabes unis. » (Marianne)

Personnellement, je m’en fiche un peu car cela ne change pas ce que je pense de ce parti.

Mais c’est cocasse.

Chanson du dimanche: barbare

(merci à Zap Pow)