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Le privilégié Mathieu a lancé la réflexion: êtes-vous pour ou contre le redoublement scolaire ? Papa de deux Racailles, je ne me suis pas posé la question. Lianne et Tarzan sont paraît-il surdoués, à en croire une psy qui est venue nous expliquer leurs excellents résultats scolaires. Ceci étant posé, le redoublement a quelques vertues désagréables et ambivalentes.

Mathieu rappelle que le redoublement au collège exige l’accord des parents, à l’exception du passage au lycée. Cette formule me semble stupide. L’enseignement vise à porter une classe à un certain niveau de connaissances. Les parcours individuels sont disparates. Les cultures familiales également. La reproduction des élites bat toujours son plein. Né bourgeois, j’ai pu apporter à mes propres enfants un soutien que d’autres familles plus modestes n’ont jamais pu apporter à leurs propres enfants.

Le redoublement est vécu comme un échec. Il suffirait pourtant de peu pour expliquer qu’à 40 ans, on se soucie peu de savoir si on a redoublé ou pas une classe de collège. Notre société gère mal l’échec. Pourtant, l’échec devrait être le meilleur apprentissage de la vie. On apprend mieux quand on trébuche, à condition que l’échec soit positivé et décrypté.

Le redoublement est une menace qui peut stimuler. Mes enfants ont toujours craints, comme leurs parents, cette sanction. Etudiant besogneux, je me souviens de stress à répétition. Les matières littéraires étaient mon point faible. Il fallait s’armer de patience.

Politiquement, je n’accorde aucune importance aux propos présidentiels suivant lesquels le redoublement devrait être une exception. Facialement, on pourrait être surpris que cette recommandation émane d’un président d’une droite si apte à louer le mérite. En fait, la démarche est bien facile. C’est une façon d’affaiblir la valeur de l’enseignement scolaire. Chers professeurs, vous n’avez faire votre job, semble nous dire le Monarque élyséen. Accepter le redoublement signifierait qu’on reconnait l’enseignement pour ce qu’il devrait être : apporter à chaque enfant/adolescent le niveau de connaissances nécessaires pour une vie épanouie.

 

J’entends encore quelques remarques désolées: il faudrait se résigner à laisser un second mandat à Nicolas Sarkozy. Une opposition désolante, l’absence d’alternative à droite, et même, chez certains pervers (dont je pourrais faire partie), la secrète envie de laisser Sarkozy digérer l’intégralité de son désastreux bilan: à partir de 2012, il va bien falloir passer à la caisse, élaborer un redressement des finances publiques. Pourquoi serait-ce à la gauche d’assumer le sale boulot ?

Je n’y crois plus. Depuis quelques semaines, quelque chose s’est cassé en Sarkofrance. J’étais resté sacrément pessimiste jusqu’à lors. Non pas que le bilan du Monarque fut bon. Mais une élection se gagne par des alternatives. Et celles-ci n’existaient pas. Quelques indices ces derniers mois devraient donner à chacun un peu d’espoir. Des “voies de passage” se dessinent, lentement mais, pour l’instant, sûrement.

A droite, contre Sarkozy.

L’opposition à droite refait surface. Si l’on se rappelle la situation politique de l’automne 2007, le constat est évident. Copé ou Villepin s’affirment un peu plus chaque jour. Le FN a ressurgit à l’occasion des affaires Polanski et Mitterrand. De surcroît, l’électorat décroche en partie. Les centristes sont à la peine. Même les supporteurs d’Hervé Morin se sont rebellés, en refusant, par exemple, de voter la taxation des indemnités pour accidents de travail. Cela ne fait pas un projet, ni un candidat. Mais il faut se rappeler une chose: la droite a été historiquement divisé en trois camp : centre-droit, droite, et extrême droite. Les forces entières de Sarkofrance sont mobilisées pour contraindre ces 3 camps dans l’étau sarkozyen. Mais le Monarque patine…

A gauche, l’espoir ?

L’opposition n’est pas redressé. Il n’est plus certain que le Parti Socialiste reste le pivot de l’opposition à gauche. Qu’importe. Une belle primaire fera le tri le moment venu. Ce sera Ségolène, Martine, Dominique ou quelqu’un d’autre. On peut espérer, il faut espérer que la rage contre le président sortant, alimentée comme jamais dans l’histoire de la Vème République, convaincra les plus réticents à faire barrage. Qui à gauche oserait à promouvoir le “vote révolutionnaire”, l’appel à ne pas soutenir le candidat d’opposition ?

A l’Elysée, le doute.

Nicolas Sarkozy est faible. Ces supporters ne comprennent plus pourquoi les polémiques se succèdent chaque semaine. La machine est enrayée. Le Monarque, malgré des soutiens médiatiques forts, ne convainc plus. On retient ses boulettes, même dérisoires, davantage que ses actes. Ses discours s’annulent les uns les autres. Sarkozy s’était fait élire sur des valeurs qui lui sera difficile de refourguer en 2012. Depuis mai 2007, il est apparu aux yeux de tous, même à droite, menteur, népotique, partial, cynique.

La partie n’est pas gagnée. Mais la Sarkofrance est telle un mur fissuré. A nous de creuser chaque trou pour élargir la brèche.

Dagrouik a écrit et publié un article excellent et complet sur Segolene Royal intitulé “Bewitched“. Il explique, stats et dépêches à l’appui, comment chaque intervention de Ségolène Royal suscite récriminations, railleries, et raccourcis faciles. A l’inverse, chaque billet de soutien en faveur de l’ex-candidate attire tout autant de commentaires de soutien infaillible.

1. Ceux de gauche devraient cesser de caricaturer les propositions de Ségolène Royal. Le conseil est facile. On pourrait me reprocher de caricaturer les propositions des uns et des autres. Sans doute. Lâchez vous. Je pense surtout que l’opposition n’est pas assez forte pour critiquer les quelques personnalités qui émergent. Laissez donc la droite s’engouffrer dans les critiques. Pourquoi faut-il qu’un sympathisant soit toujours le premier à dégainer contre l’ex-candidate. A force, l’exercice de caricature est devenue une seconde nature. Que Sego explique que le débat sur l’identité nationale est un vacarme infâme mais un débat utile en soi, et voici la charge lancée sur la première partie de l’argument. Même topo sur la taxe carbone. Il me coûte d’écrire ça. Ecolo, la taxe carbone était selon moi une mesure évidente. Ségo, et d’autres non-segolistes au parti socialiste, m’ont décroché du sujet. Je voterai sans doute encore écolo lors des prochains scrutins. Mais avec un sentiment minoritaire. Une première.

2. Ségolène Royal est chiante, mais… Marc Vasseur a écrit quelques lignes que j’aurais pu écrire. Ségolène Royal peut irriter, avec certaines expressions christiques, ses interventions à contre-pied, ses initiatives individuelles non concertées. Je l’ai rencontré une fois. Un dîner, quelques semaines après la défaite, grâce à un ami commun. Inutile d’être béat pour la soutenir. La politique est un exercice de combat et d’alternative. Marc Vasseur pointe à juste titre qu’elle “est la seule à être en capacité à avoir un projet qui ramasse du centre à la gauche de la gauche“, mais, ajoute-t-il, “c’est dommage qu’elle semble s’enferme dans une tour d’ivoire comme l’Autre“…

3. Parmi les soutiens à Ségolène, la riposte contre les critiques est trop violentes. Je suis gêné par des commentaires qui fusillent des arguments antisegolistes comme Robespierre envoyait hier ses opposants à guillotine. Donnez l’exemple. Laissons de côté nos rancoeurs. Elles sont nombreuses. Dagrouik, qui ne fut pas tendre sur l’immonde site Desir D’avenir, joue avec humour contre le Sego-Bashing. Il a raison. Si l’on veut s’unir

Je ne sais pas si je voterai Segolène Royal en 2012. Pour le moment, à ma plus grande surprise, aucune alternative n’émerge. Nous verrons le moment venu. Il est aussi possible que ce bordel explose bien avant.

Pour l’instant, à chacun de prendre sa hache. Il reste bien des arbres sarkozyens à abattre.

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Lianne et Tarzan 25 décembre 2008

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