Les talibans contre l’islam

Comment voulez vous réagir à cette information autrement que par l’horreur ?

« Les talibans pakistanais ont perpétré la plus sanglante attaque terroriste de l’histoire du pays dans une école d’enfants de militaires, tuant 141 personnes dont 132 écoliers, pour se venger des récentes offensives de l’armée dans leurs bastions ».

Pour ces fanatiques, c’est le but recherché. Horrifier l’ennemi – puisque la quasi-totalité des habitants du globe qui n’entre pas dans les clous de leur doctrine terroriste en est est; horrifier les autres pour qu’ils se taisent et suivent, tels sont les objectifs d’une telle représailles.

Les talibans de l’Afghanistan voisin ont condamné le massacre.

Que pouvaient-ils faire d’autres ?

Une gauche égarée.

Ras la casquette. J’en ai ras la casquette.

Ils ne comprennent rien, n’apprennent rien, ne voient rien. Ils sont aveugles, ou aveuglés, ou les deux.

Ils t’expliquent leur besoin de shopping le dimanche et de liberté tout court. C’est la vie moderne, celle du monde connecté.

Plutôt que de réfléchir aux souffrances, à comment les gérer ou les digérer; plutôt que de réfléchir à comment accompagner celles et ceux qui vont souffrir de ces évolutions, les mêmes n’ont qu’un argument – toujours le même: il faut vous adapter, c’est le monde qui change.

1. La gauche est née dans la révolution industrielle, quand la modernité de la machine et du progrès technologique ont précipité le monde agricole dans des usines ou les mines . La gauche est véritablement née à ce moment-là. Elle s’est construite pour défendre celles et ceux qui allaient souffrir, qui souffraient déjà d’évolutions technologiques et sociales du moment. La gauche est une résistance contre l’ordre du monde des puissants, et dieu sait que la réalité est puissante.

2. Nous sommes en 2014, la révolution est technologique, numérique. Elle propage des usages nouveaux, des pratiques qui secouent, des envies que l’on ne soupçonnait pas il y a deux décennies. Plutôt de comprendre les souffrances que ce choc entraine, une gauche veut les nier, les négliger, les minorer.

3. Le dimanche sacralisé est derrière nous: le commerce en ligne ou la multiplicité des réseaux sociaux maintiennent une activité ce jour-là parfois plus forte que les autres jours de la semaine.

Faut-il pour autant applaudir ? Non.

Faut-il accompagner, favoriser, faciliter cette destruction d’un moment de repos collectif contre laquelle les plus fragiles – celles et ceux à la recherche de revenus pour finir les fins de mois- ne pourront résister ? Non. C’est même une honte et une aberration que de supporter le contraire sans rien dire d’autres.

Car on aurait pu dire d’autres choses, on aurait du négocier autre chose. On aurait du penser aux familles déstructurées, aux étudiants précaires, aux foyers monoparentaux. On aurait du penser aux dégâts, à penser comment les réparer.

On n’a pensé à rien. Ils n’ont pensé à rien.

L’assouplissement du travail le dimanche n’est pas la fin du monde. C’est le symptôme de la fin d’un monde. Celui où une gauche a fini par se décrocher de ces fondamentaux, de sa mission, comme un iceberg qui se sépare de la banquise, juste avant de fondre à tout jamais.

Quelle misère.

 

Tu voteras pour qui ?

Lui (à droite): « mais quel bordel… Pourtant, je ne vais pas protester contre la suppression de l’Ecotax. »

Moi: « … »

Lui: « ça va me faire économiser. Mais quel bordel … »

Moi: « ah ça s’est sûr… »

Lui: « Et cette loi Macron, mais quel bordel… »

Moi: « …. »

Lui: « Et tu vas voter quoi ? »

Moi: « Ben Mélenchon ».

Lui: « … ah quand même. »

 

Zemmour et notre nausée

Pourquoi faudrait-il commenter les dernières frasques verbales d’Eric Zemmour ?

L’homme est prévisible. Souverainiste tombé dans la grande marmite fascisante et inquiète, il a commis un ouvrage dont les seuls comptes-rendus ont suffi à me donner la nausée. Chacune de ses interventions ressemble à la précédente et à la suivante. Le mythe du Grand Remplacement, la réhabilitation de Pétain, les caricatures sur l’immigration=insécurité, et tout le toutim, on connaît la chanson.

L’homme est prévisible, et pourtant, il faudrait le tacler à chacun de ses dérapages. Zemmour mérite un blog critique à lui tout seul.

« La France de Zemmour » ?

Mais il n’est qu’écrivain, journaliste, citoyen particulier et non élu. Pourquoi donc mériterait-il qu’on s’attarde ? Zemmour propage sur tous les plateaux une mauvaise haine. Il faut tacler, rappeler ce que veulent dire ces propos.

Le 12 décembre dernier, Jean-Luc Mélenchon était face à Zemmour, sur la radio qui employait ce dernier. Je ne peut qu’applaudir à cette phrase, extraite de l’une des réponses de l’élu aux interrogations énervées de l’écrivain-journaliste:

 » Le fait de devenir constituant forme le peuple lui-même. Contrairement à Éric Zemmour, je ne crois pas que le peuple français se constitue dans le ventre des femmes françaises mais à partir de l’école, de la politique et de la République. Et lorsque le peuple devient constituant, il s’approprie collectivement son avenir en définissant les droits qui sont les siens. Il faut donc, par cet acte-là, en quelque sorte, refonder la France elle-même, l’idéal républicain et le mettre en partage dans toute la population. On est plus intelligents à plusieurs qu’à un seul. Il faut une Assemblée constituante et il faut un pouvoir parlementaire et non pas cette grotesque monarchie présidentielle. »

Eric Zemmour, dans un entretien à un journal italien renommé, a expliqué comment et pourquoi il pensait possible et raisonnable de déporter 5 millions de Français musulmans. Mélenchon reproduit et traduit l’entretien sur son blog.

Etouffant.

Eric Zemmour : « Les musulmans ont leur code civil, c’est le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés de s’en aller. »

Question : « Mais alors que suggérez-vous de faire ? Déporter 5 millions de musulmans français ? »

Eric Zemmour : « Je sais, c’est irréaliste mais l’Histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 que un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France ? Ou bien qu’après la guerre, 5 ou 6 millions d’Allemands auraient abandonné l’Europe centrale et orientale où ils vivaient depuis des siècles ? »

Débranchez-moi.

La semaine dernière, François Hollande promet de réformer le droit de fin de vie. Sans aller jusqu’à promouvoir la légalisation de l’euthanasie, il a proposé que l’Assemblée créé un nouveau droit, à la sédation continue, c’est-à-dire, le « traitement conduisant à une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès, associé à l’arrêt des dispositifs de maintien en vie.« 

Je ne suis pas médecin, si spécialiste de ces choses-là. Je comprend de cette proposition qu’elle ressemble à un accompagnement vers le décès.

Les présidents aiment fixer quelques caps sociétaux. De Gaulle avait raté le coche, Pompidou également. VGE put compter sur le soutien de la gauche pour l’avortement ou l’abaissement de la majorité à 18 ans. Mitterrand a légalisé  l’homosexualité (si, si), et abroger la peine de mort. Chirac n’a rien fait, Sarkozy fut un recul. Hollande a légalisé le mariage pour tous.

Hollande ajoute la fin de vie.

Le Nouvel Obs a publié récemment le témoignage d’une médecin, catholique, qui était initialement opposée à la légalisation de l’euthanasie dans son pays, la Belgique, en 2002. Ce témoignage est précieux, il faut le lire.

Le sujet est délicat pour quiconque a perdu des proches.

Pour les miens, plus tard, je vous rassure et vous préviens: débranchez-moi.

 

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles.

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