Grâce à Nicolas Sarkozy, nous avons découvert, comme d’autres, la “bande de Tarnac“. Il faut les en remercier. Ces gars (et filles)-là savent écrivent, penser, inspirer. Fin mai, l’interview de Julien Coupat révélait déjà son lot de réflexions sur la fin du compromis historique. D’aucuns trouveront cela crétin ou facile. Coupat pointait juste. Nous vivons une curieuse période.

Jeudi 3 décembre, “Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Mathieu et Yildune” s’exprimaient, à nouveau dans les colonnes du Monde :

“Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires”

Le verbe est précis, le ton parfois railleur.L’arrestation récente de l’un d’entre eux a suscité cette réaction écrite. l’accusation est simple: “Sa mise en examen situe le point où une procédure ne se poursuit qu’afin de se sauver elle-même, où l’on inculpe une personne de plus dans le seul espoir de maintenir le reste des inculpations.” Les 9 de Tarnac décrivent la “liberté sous contrôle judiciaire“, une procédure pourtant indispensable, mais qui, sous leur plume, devient terrifiante:

‘Vous flânez sur un boulevard avec trois amis ; sous la plume des flics qui vous filochent, cela se dit : “Les quatre objectifs se déplacent en direction de…” Vous retrouvez après des mois de séparation un être qui vous est cher ; dans le jargon judiciaire, cela devient une “concertation frauduleuse”. Vous ne renoncez pas, même dans l’adversité, à ce que toute amitié suppose de fidélité ; c’est évidemment une “association de malfaiteurs”.’

Les 9 de Tarnac ne veulent pas jouer le rôle que veut leur imposer la Sarkofrance, celui d’ennemi public numéro 1. Depuis Mesrine et Carlos, la France sécuritaire se cherche des “intégrateurs négatifs“, des objets de fixation. La Monarchie sarkozyenne excelle à cette rechcrche permanente de bouc-émissaires. Les 9 de Tarnac sortent du théâtre, et laissent Nicolas le gendarme seul avec sa matraque.

Ils expriment aussi une autre idée, rarement soulignée: l’accélération du temps – médiatique, politique, économique – joue en faveur des puissants. Il empêche la concentration et le recul nécessaire à la constitution d’une alternative. Une fois encore, Nicolas Sarkozy est symptomatique de son époque. Son omni-présence médiatique, son mitraillage de communications diverses, d’annonces plus ou moins clivantes, de sondages commandés, concoctés et payés dans les bureaux de l’Elysée sont autant d’exemples de ce processus de contrôle politique et économique. Il faut réagir, à défaut d’agir.

“L’époque ne manque pas de richesse, c’est plutôt la longueur du souffle qui lui fait défaut. Il nous faut le temps, il nous faut la durée – des menées au long cours. Un des effets principaux de ce qu’on appelle répression, comme du travail salarié d’ailleurs, c’est de nous ôter le temps.”

Les 9 de Tarnac invitent chacun à participer à cet effort, à “désencombrer l’horizon“. Il faut effectivement neutraliser les bruits et les contraintes, pour réfléchir à autre chose. Mais il n’est pas sûr que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes. Les “inventeurs de système” me font toujours peur.

L’invitation reste sympathique.

Désencombrer l’horizon ? C’est un vrai programme.

Eric Zemmour n’a pas supporté qu’un extrait de l”une de ses interventions télévisées figure dans le documentaire La Domination Masculine. Le journaliste-éditorialiste a porté plainte.

La semaine dernière, l’un des soutiens du projet n’en revenait pas : “on ne l’a pas diffamé. C’est juste un extrait.” Tu as raison. l’extrait fait mal,  il est suffisamment long pour qu’on comprenne le propos. Quand on aime polémiquer, comme Zemmour le fait si bien, on assume. Zemmour n’aime pas le voisinage masculiniste dans lequel le film de Patric Jean le place. C’est son droit. Qu’il laisse le soin aux spectateurs d’être juges de l’affaire.

Le journaliste et polémiste Eric Zemmour a envoyé au producteur de cinéma Elzévir Films «une sommation d’huissier exigeant la cessation d’exploitation immédiate» du documentaire La domination masculine, estimant que ses propos, repris dans un extrait d’interview, ont été «déformés».

«Considérant que ses propos ont été déformés, Eric Zemmour veut censurer un film dont il ne partage pas le point de vue, alors que ses nombreuses prises de position publiques sur le sujet sont en parfaite cohérence avec les extraits de son interview montrés dans le film», estime le producteur dans un communiqué ce vendredi.

Sorti dans 40 salles le 25 novembre et déjà vu par 19.000 spectateurs, le film de Patric Jean «analyse notre culture occidentale contemporaine sous l’angle des rapports sociaux de domination entre hommes et femmes», rappelle Elzévir Films dans un communiqué.

«Les spectateurs sont invités à juger par eux-mêmes et il n’est naturellement pas question d’arrêter l’exploitation du film», dit la société. Evoquant la violence conjugale au Québec et en France, le réalisateur belge y déclare en voix off : «Ils semblent rares, ces hommes de plus en plus conscients de leur violence. Par contre certains, de plus en plus nombreux, en viendraient presque à justifier l’injustifiable».

Source: Libération

Ségolène Royal s’est invitée au Congrès du Modem à Arras, ce week-end, en leur proposant 5 places sur sa liste régionale en mars prochain.

La proposition a été sévèrement taclée : par les intéressés d’abord. La réponse a été venue quasiment “en direct”. Par le Parti Socialiste ensuite. benoit Hamon, invité de Dimanche+ le 6 décembre : ce n’est pas la ligne du parti. On le savait. Le PS reste sur son crédo “à gauche, toute !“, qui ressemble davantage à une posture qu’à autre chose. Par des blogueurs enfin: l’estimé Nicolas Jegoun est furieux.

“Mes billets d’hier et d’avant-hier étaient là pour dénoncer la stratégie du Parti de Gauche : ils ne veulent pas d’accord avec le PS puisque Martine Aubry a indiqué que des rapprochements avec le Modem en vue du deuxième tour étaient possibles.

Ségolène Royal envoie exactement le signal inverse de ce qu’il fallait faire. Liste commune au premier tour avec le Modem revient à un projet commun. Autant dire un sérieux coup de barre à droite pour le plus grand désarroi de tous ceux qui croient encore en la gauche.”

Nicolas était favorable à une coalition arc-en-ciel. Il s’est permis de critiquer la posture anti-Modem du Front de Gauche. L’initiative de Ségolène Royal le heurte car, selon lui, elle vient trop tôt et donner du grain à moudre à celles et ceux qui, à gauche, pensent que discuter même avec le Modem est dangereux pour la gauche.

Votre serviteur est plus basique. Seule compte la victoire contre la droite sarkozyenne. La gauche n’a pas montré qu’elle était suffisamment forte en son sein pour gagner seule une élection majeure. La situation est paradoxale, tant ses enjeux sont au centre des débats, comme la régulation ou la protection. Mais le PS, le Front de Gauche, et le NPA pèsent 30% tous mouillés. Avec ça, on fait quoi ? Le Parti Socialiste a eu un an, une année complète à disposition pour mettre en oeuvre sa “reconquête de la gauche.” Au lieu de quoi, le PS s’est rétrécit à souhait. Europe Ecologie devrait lui servir d’exemple : les portes sont grandes ouvertes aux débats de toutes natures. Et le positionnement politique reste très clair : Dany Cohn Bendit l’a dit et répété : il veut d’abord battre l’UMP lors des prochaines élections régionales. Et pour cela, il ne veut rien exclure, ni personne.

En politique, seule la victoire compte. Le reste n’est que posture.

On peut critiquer la dernière sortie de Ségolène Royal. Elle ferait peur aux plus gauchistes de l’électorat socialiste… On pourrait retourner l’argument : que dirait-on d’un(e) candidat(e) qui appellerait à une liste commune avec le NPA ou le Front de Gauche dès le 1er tour des régionales ? On imagine la réaction de la frange centriste….

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