Le jour où François Hollande a oublié les femmes

Donc pour Manuel Valls, les femmes sont un sujet sanitaire.

Une broutille.

 

Le droit des femmes ne relève pas du ministère des « affaires sociales et de la santé »

Le premier gouvernement formé sous François Hollande par Jean-Marc Ayrault comprenait un ministère de plein exercice sur le droit des femmes. Puis, le premier gouvernement formé par Manuel Valls avait déjà élargi les compétences du ministère. La question des femmes se trouvait alors associée aux sport, à la ville et à la jeunesse. Aujourd’hui le droit des femmes relève d’un secrétariat d’état dans le giron du ministère des affaires sociales et de santé.EELV dénonce ce recul, rappelle qu’il s’agissait d’une promesse de campagne du candidat Hollande… Le droit des femmes n’est pas une patate chaude que l’on se refile parce qu’on ne sait pas trop où le positionner…C’est par ailleurs un message pour le moins ambigu qu’adresse Manuel Valls sur la question du droit des femmes : d’un côté Najat Vallaud Belkacem est nommée ministre de l’éducation nationale et c’est la première femme à occuper ce poste, d’un autre la question du droit des femmes est reléguée dans un ministère très large, noyée dans d’autres problématiques liées peu ou prou aux conditions de vie et de santé.

Le droit des femmes mérite mieux que cela et les mouvements récents contre les abécédaires de l’égalité ou encore l’avortement (qui a regagné en vigueur suite au débat parlementaire espagnol) rappellent combien en ce domaine des batailles peuvent être gagnées mais combien aussi la lutte doit être incessante.

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux.

Quand Hollande ne sera plus président

En 2018, François Hollande ne sera plus à l’Elysée. Je fais ma politique prévisionnelle. Chacun fait la sienne. Ceux qui s’accrochent à sa trajectoire en zig-zag, les autres qui s’assurent qu’ils perdra, tous font leur propre projection sur l’avenir, c’est-à-dire la prochain élection.

Il y a quelques "purs" qui ne raisonnent que "purement", sans prise en compte des contingences matérielles, politiques et donc essentielles. Nous les laisserons de côté quelques instants, les "purs" fatiguent vite car le débat se clôt rapidement.

Pour les autres, ils s’interrogent.

Je suis convaincus que Hollande ne sera plus là en 2018. Il sera ailleurs.

Je me permets de reprendre ce que j’ai répondu à un confrère, Dedalus, avec lequel nous avons eu de nombreux désaccords dans le passé. Des désaccords qui n’ont jamais empêché de parler. Je dis ça, je dis rien.

"Tu n’aimes pas cette gauche qui gouverne, comme moi. Peut être moins que moi. Mais quand même. Il faut répéter, encore et encore, que cela ne va pas. Car sinon, ils vont croire que cela va. La posture irresponsable du "je-m’en-lève-les-mains" est effectivement facile, mais je ne crois pas que la radicalité de gauche que j’étais le premier à critiquer après mai 2012 soit aujourd’hui criticable. Pour une raison simple, Hollande.  Il est parti ailleurs. Laissons le voler de ses propres ailes, seul et fragile. Il ne sera plus là en 2018."

Après Hollande, on fait quoi ?

L’avez vous entendu, cette question ?

Contre celles et ceux qui s’interrogent ou molestent l’actuelle équipe, nous entendons cette question pointée assez rapidement: "Mais quand Hollande aura perdu, que se passera-t-il ?"

Je vais vous livrer quelques conseils, personnels, subjectifs, provisoires.

1. On ne règle les problèmes qu’à fur et à mesure qu’ils se présentent. En l’état, personne ne sait à quoi ressemblera 2017. Donc c’est encore bien le moment d’exprimer ce à quoi on croit.

2. Hollande s’est métamorphosé en Schröder. Evitons nous l’épilogue Gazprom.

3. Le réflexe du vote utile est mort, décédé, enterré. Vous pouvez penser le contraire mais les élections les plus locales et proches qui existent – les municipales – ont eu lieu. L’électorat de gauche a déserté les urnes. A bon entendeur…

4. Si Hollande n’exerce aucune espèce de différence socio-économique avec l’équipe d’avant, à quoi bon ? Répétons: à quoi bon ?

5. Nous avons un scoop: il y avait des gens humainement bien dans l’équipe de Sarkozy. Ce n’est pas vraiment le sujet. Cette période de France fut indigne.

6. La droite est en vrac. L’UMP peut gagner par défaut comme Hollande en 2012. La crise de régime est plus grave qu’on ne le croit, mais comment l’explique-t-on ?

Un billet pro-Hollande

Je suis désolé.

Je reste assez stupéfait, mais positivement.

CE GOUVERNEMENT A QUELQUES MINISTRES JEUNES A DES POSTES CLES.

A force de fustiger une ligne politique, on occulte autre chose, pourtant essentielle. Oubliez quelques instants les désaccords.

La politique en France – comme d’ailleurs la direction des entreprises importantes – est trustée par un aréopage puissant et nombreux qui reste blanc, bourgeois et vieux. La droite est de ce point de vue là tétanisante. La gauche s’en sort mieux. Mais Hollande a fait plus fort, plus loin, plus gros que tous ses prédécesseurs réunis.

Il est si détesté ou contesté qu’on a oublié la chose, sauf peut-être chez Libération qui cherche encore à survivre: Najat Vallaud-Belkacem à l’Education, Fleur Pellerin à la Culture, (l’honni) Emmanuel Macron à l’Economie, (l’effaçable) Sylvia Pinel au Logement. -

Ce billet est un signal, court mais sincère. Il faut saluer ces mouvements là, au-delà des désaccords politiques. On n’oublie pas que l’équipe est dirigée par Valls, un premier ministre incapable de gérer une majorité et un pays.

 

Juan26aout14

Fais ton check-up "Valls" !

J’en ai félicité trois, l’une partait, deux autres étaient promues. Comme des amies, même si nous ne sommes pas si proches – loin de là – avec lesquelles les relations dépassent les choix politiques.

J’ai surtout fait mon "check-up" Valls, comme une voiture que tu amènes à la révision pour voir si tu dois en changer. En l’occurrence, la franche opposition à l’équipe Hollande/Valls dans laquelle nous sommes engagés dans ces colonnes a-t-elle une quelconque chance de s’amender ?

  • Manuel Valls est-il toujours premier ministre ? Oui.
  • Sa ligne politique domine-t-elle oui ? Oui (celle-ci est d’ailleurs aussi celle de François Hollande).
  • La ligne politique soc-lib du gouvernement a-t-elle une chance de changer ? Non.
  • La politique économique va-t-elle changer ? Non.
  • La réduction des déficits dans la justice sociale va-t-elle primer sur les exonérations de charges sociales massives ? Non.
  • Une relance, même ciblée, sera-t-elle discutée ? Non.
  • Les politiques de sécurité et d’immigration allaient-elles être enfin distinguées et amendées ? Non. (Il n’y avait pourtant aucun sujet fiscal ni économique à afficher comme un beau et grand symbole un début de commencement de générosité réaliste. Pourquoi la gestion migratoire restait-elle sous l’Intérieur, un ministère de la sanction, et non la Justice, le ministère des droits ? Ce geste-là, Valls et Hollande en furent incapables).
  • La lutte contre la pauvreté, le mal-logement et la précarité fait-elle l’objet d’une nouvelle priorisation visible ? Non.

Bref.

Mon check-up, ce mardi matin, fut franchement mauvais. Il fallait fuir, encore, ce mauvais virus dont souffre notre "gauche de gouvernement".

Manuel Valls, mardi soir, avait le regard fuyant.

Plus que 1000 jours.

Auteur de Sarkofrance (2007-2012); coulisses personnelles.

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