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#Voile d’été – #JeKiffeMonDecollete

Voile

Alors qu’une multitude de décolletés féminins (et quelques masculins) pullulent sur Twitter à l’initiative de l’essayiste Zorha Bithan, avec ce mot clé #JeKiffeMonDecollete, pour protester contre les agressions machistes, je vous conseille la lecture de cet petit ouvrage de Chadhdortt Djavann, « Bas les voiles! »

Elle donne son explication religieuse et culturelle de la signification et de l’importance du voile dans l’islam: « le corps de la femme, garant de l’honneur sexuel de l’homme, ce tabou non avoué,ne peut être dehors, libre, sous les regards illicites des autres hommes. » Je ne suis pas expert en islam. Autant le préciser immédiatement, je ne serai jamais un expert de cette religion. Les religions m’agacent, m’abiment, m’ insupportent, me gênent. Plus elles s’imposent dans l’espace public, plus elles me gênent. Donc je n’entrerai pas dans le débat de savoir ce dit ou ne dit pas l’islam. Je n’y arriverai pas.

Je suis plus intéressé par l’autre propos, qui frappe au cœur de l’une de mes interrogations: comment faut-il réagir au port du voile (pas simplement du foulard) de quelques femmes en France ? Mon athéisme me conduit à frissonner de rage quand je croise une femme voilée.

L’ouvrage date de 2003, et depuis nous avons eu les polémiques sur le burkini dans les plages et les piscines. J’en suis venu à penser qu’on nous bassine trop avec le port du voile en France. Les cas restent très visibles, et anecdotiques. Le « grand remplacement » n’a pas eu lieu, la vigilance est restée forte.

J’ai trop souvent eu le sentiment qu’on en a trop fait, inutilement, contre l’islam. Que les grands cris au moindre tissu de trop cachaient autre chose qu’une juste inquiétude pour la laïcité.Qu’il ne s’agissait que d’un racisme facilement rhabillé d’un déguisement laïc. Que les cris de quelques mâles contre le port du voile ressemblaient furieusement à des injonctions sexistes. Je préfère quand des femmes s’expriment sur le sujet plutôt que d’observer des débats machistes.

Qui sommes nous, hommes, pour exiger telle tenue et interdire telle autre ?

Il y a des limites à mon islamo-gauchisme. L’islam me fatigue, comme toutes les religions. Je laisse aux spécialistes le soin de nous expliquer pourquoi cette religion serait davantage arriéré pour d’autres raisons que géopolitiques et sociales.

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Chadhdortt Djavann développe un argumentaire très convaincant sur ce que signifie porter le voile en France: elle s’attarde moins sur ces femmes d’un certain âge, plus rares , qui portent encore un foulard par tradition, que sur ces jeunes femmes qui arborent cette tenue sombre par provocation.

« Elles affirment leur identité, disent-elles. Quelle identité ? Quelques midinettes parlent comme si elles avaient eu le génie d’inventer le voile ou d’en identifier les vertus. (…) les femmes voilées en France ou dans d’autres pays démocratiques attirent les regards; attisent les regards. Elles accèdent au statut d’image au même titre que ces femmes qu’on voit sur les couverture des magazines pour hommes. Être voilée, s’afficher voilée, c’est être constamment et avant tout la femme objet sexuel. Une femme voilée est un objet sr lequel un écriteau invisible se laisse lire: « interdit de voir, juste fantasmer.' »

Oui, porter le voile quand nulle contrainte familiale, culturelle, politique ou sociétale est de l’exhibitionnisme.

« Ce que je respecte, ce n’est pas la croyance de l’autre, une croyance à laquelle je n’adhère pas, mais c’est son droit à l’avoir, son droit à la liberté. »

Pas mieux.

Bonne lecture !

 

 

 

 

(Merci à Zap Pow pour cette découverte musicale, l’homme, artiste sud-africain, porte un foulard. La femme, artiste iranienne qui pratique le Oud, n’en porte pas. Clin d’oeil.

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Féministe ?

C’est en lisant quelques livres et articles, notamment une bio un peu longue mais instructive de Michelle Obama, que la question est revenue: « mais pourquoi faudrait-il être féministe quand on est un garçon? »

Me concernant, c’est venu tôt, mais de façon incomplète. Il n’y a que récemment qu’il me semble avoir compris que l’égalité femme/homme était un sujet autrement plus vaste que la simple courtoisie ou la lutte contre les inégalités salariales.

L’homme fatigue, littéralement. Il nous fatigue, il me fatigue. L’homme me fatigue depuis que je suis né. Il a cette façon si particulière d’avoir à s’imposer aux autres, depuis des millénaires. Placez des hommes dans une même salle – un vestiaire, une salle de douche à l’armée, une réunion de travail. Il y aura toujours un mâle « alpha« . Celui qui exprimera sa virilité et emmerdera les autres. Celui qui roule des mécaniques, celui qui cherche à abimer son prochain, son voisin, pafois son ami. Celui est naturellement homophobe.

Il y a quelques centaines de millions, peut-être des milliards d’hommes qui ne sont pas comme ce modèle dominant, mais c’est ce modèle qui crie, rote, et fait chier son monde qui domine les autres.

Parfois, quand vous pensez qu’un homme est sensible à l’autre genre, voici que vous le surprenez à parler trop fort, à interrompre, à rire gras.

L’homme cache ses faiblesses qu’il a trop nombreuses, il n’a officiellement jamais peur.

Il excuse sa laideur par la virilité.

Il croit bien sûr que « c’était mieux avant ».

Il est convaincu que les femmes sont plus fragiles.

Je pose la question: mais qu’y-a-t-il d’attirant dans tout ça ?

Le patriarcat est sans doute la chose la plus intime que j’ai pu vivre. Alors que j’en suis théoriquement le principal bénéficiaire, il m’insupporte, me hérisse, me fatigue.

Il est ringard, il abime l’Humanité.

Il fait honte.

Mais il existe encore.

Je reste stupéfait, aujourd’hui encore, malgré les « progrès » de l’humanité, de voir combien ce patriarcat résiste.  Et combien les résistances des mâles sont si variées .

 

Les derniers râles du patriarcat

La fin de l’épopée des Bleues à la coupe du Monde a permis quelques commentaires à nouveau sexiste. Forcément, l’irruption des dames dans l’univers footballistique médiatique visible a suscité un immense stress chez nombre de virils velus. Plutôt que de laisser le spectacle tranquille, plutôt que de s’abstenir de « politiser » une compétition qui ne demanderait rien d’autre que de se dérouler, il a fallu que quelques-uns se lâchent dans leurs commentaires machistes comme si le foot pratiqué par des femmes était une intrusion. Même Finkelkraut s’est lâché.

Je ne suis pas fan de foot, ni pratiqué par des hommes ni par des femmes.

J’ai même raté, volontairement, la finale de la Coupe du Monde l’an passé, c’est dire. Mais le foot est un sport simple qui fait rêver des centaines de millions de personnes dans le monde.

Il est presque si universel que ses coupes du monde rassemblent vraiment des pays du monde entier, à la différence de la totalité des sports collectifs. C’est dire son importance, et aussi l’importance qu’a revêtu les grognements salaces ou misogynes de quelques mâles à l’encontre cette compétition et, surtout, de sa médiatisation. Car cette coupe du monde a, en France, rassemblé de très belles audiences télévisuelles.

Il faut voir ces éructations mâles comme un chant du cygne, l’un de ces derniers râles, certes bruyants et désagréables, avant la fin du patriarcat.

 

Ce voile qui nous obsède

J’ai sans doute évolué sur la question du voile. Je m’explique.

1/ Il me semble que c’est aux femmes d’en parler en premier lieu, les hommes devraient se placer derrière le débat. Il ne s’agit pas de taire son opinion, ni ne s’interdire d’en avoir une, mais simplement de reconnaitre que l’avis positif ou négatif d’une femme sur le port du voile d’une femme a plus de signification et de portée car elle est davantage intimement concernée par le sujet. Le port du voile touche à l’intime, aux relations entre hommes et femmes, à la place de la femme dans la société. Je sais que des lectrices de ce blog et de nombreuses amies et proches haïssent le port du voile, et je respecte cet avis. Je ne cherche même pas à le contredire. Mais quand un homme me tient de grandes théories sur le sujet, je n’ai plus envie d’écouter. Personnellement, je suis aujourd’hui davantage choqué quand je croise un homme laïc portant la barbe longue et non taillée des musulmans ultra-pratiquants avec la tunique traditionnelle. J’y vois un signe de défiance et d’intrusion de la religion dans l’espace publique.

2/ J’ai de plus de plus l’impression que l’on fait fausse route à donner autant d’ampleur au port du voile: primo, c’est clairement une nouvelle forme empruntée par le racisme, qu’il soit « bien-pensant de gauche » ou outrancier d’extrême droite. Secundo, c’est contreproductif si l’on cherche à convaincre de l’émancipation des individus: interdire l’espace public à une femme voilée sous la contrainte de son mari ou de son père est une double peine pour elle.

3/ Ceci étant dit, le port du voile comme protection contre le regard des hommes me semble une régression individuelle, en plus d’être d’être une oppression patriarcale dans nombre de pays. J’ai du mal, même en France, à observer ces femmes surtout quand elles sont jeunes, voilées de la tête aux pieds, laissant seulement leur visage apparaitre. C’est un avis d’homme privilégié par la vie et la nature, rien de plus.

Après la tuerie raciste de Nouvelle Zélande dans deux mosquée, retransmise en direct par Facebook (un autre sujet), de nombreuses femmes, y compris des policières, ont porté le voile en signe de solidarité avec la communauté musulmane.

C’était utile, apaisant et bienvenue.

 

Les droits des femmes ont droit à leur journée…

Même si l’une de petites racailles devenue grande apprécie le garçon rappeur, j’ai conservé en travers de l’esprit sa fumeuse chanson, il y a une dizaine d’années, qui jouait paraît-il au second degré.

J’adore le rap, même parfois le rap français. Mais Orelsan, j’ai toujours quelques difficultés, moins à cause de son « flow » que de cette chanson.

Ce jeudi 8 mars 2018, les droits des femmes sont honorés d’un hommage de 24 heures, juste avant la journée mondiale du rein. Cette année, la journée internationale des droits des femmes coïncide même avec celle consacrée à l’audition

Tout un symbole…

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Bref…

 

 

Pourquoi les mecs ont-ils un problème avec les filles ?

J’aurais pu faire pire, facilement pire. Un titre plus « putaclic » que celui de l’Obs qui citait incorrectement Caroline de Haas récemment. La féministe s’est logiquement attirée tous ses contempteurs sur les réseaux sociaux, et bien d’autres encore.

Depuis que le mouvement #BalanceTonPorc est sorti, il était prévisible qu’il y aurait un mouvement de balancier inverse, un ressac porté par des effrayés et/ou des contrariés.  Nous avons déjà eu la tribune « Deneuve/Millet/Lahaie ». Voici un autre « backlash« , une vindicte contre une féministe bien en vue.

La longue liste des cris, railleries et éructations après ce mauvais titre fut édifiante.

Caroline De Haas s’en expliqué ensuite sur Twitter – non, elle ne sait fichtrement pas quelle est la proportion d’hommes agresseurs. Mais j’aimerai revenir sur le fond de son propos, qui est juste et interroge: si une femme sur deux a été harcelée ou agressée sexuellement (*), combien d’hommes en sont responsables ? Une petite minorité ou un très grand nombre ?

A votre avis ?

Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.

De Haas visait un problème, massif.

D’autres ont préféré s’indigner sur une caricature de propos.

Dommage.

 

 

 

(*) sondage.